La Perle Prend Une Autre Dimension Chez Chanel

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Une élégance sobre rehaussée par quelques rangs de perles … Le style de Coco Chanel perdure et continue d’inspirer les créateurs de la maison.

Fervente admiratrice de la joaillerie, elle est la première créatrice de mode, en 1932, à lancer une ligne de bijoux : quelques décennies plus tard, la ligne existe toujours et continue d’innover. Etincelantes sans être clinquantes, lumineuses sans être prétencieuses, les perles sont entrées dans l’histoire comtemporaine avec le défi d’éclairer la sobriété de la mode Chanel. Accessoire chic par excellence, elles sont d’abord timides, mais s’imposent sur la petite robe comme une référence à l’intemporelle élégance à la française. Elles subliment ensuite sacs à mains, souliers, lunettes, jusqu’à s’intégrer aux manches des célèbres tailleurs en tweed.

 Les quelques rangs de perles au cou de Gabrielle Chanel se dédoublent, viennent se poser sur son poignet ou à sa taille. Les perles prennent des proportions différentes, des éclats nuancés, et se baladent entre le lobe de l’oreille et l’annulaire des clientes charmées. Cette saison, la maison réinterprète l’emblématique perle blanche, qui sera XXL ou ne sera pas. Enserrée entre les deux luxueuses vis d’une somptueuse bague en métal doré irisé, c’est l’accessoire audacieux de l’été. Le bijou est un véritable objet d’art conjuguant tradition et modernité, où le nom de Gabrielle Chanel, élégamment estampillé sur les côtés, résonne.

La Boutique Éphémère Chanel, un Écrin de Magie

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Ouverte en 1918, elle incarnait déjà le nouveau concept de la boutique contemporaine, associant accessoires et parfums, bijoux et produits de beauté, vêtements et chapeaux. Le rez-de-chaussée accueillait et accueille toujours le prêt-à-porter, le premier étage la Haute Couture. Au deuxième, ce sont les fameux appartements de Gabrielle Chanel, et au troisième, le studio et les ateliers où travaille aujourd’hui Karl Lagerfeld. On ne peut oublier le légendaire escalier de style art déco et tapissé de miroirs, en haut duquel Coco Chanel s’asseyait pour surveiller les présentations de collections : elle pouvait ainsi voir sans être vue, scruter les moindres détails de ses créations sans être aperçue. 

Véritable fief de Mademoiselle, cet immeuble du XVIIIè siècle s’est allié au fil des années à cinq autres de la rue, organisant un véritable quartier général pour Chanel, du 21 au 31 rue Cambon. La maison prévoit aujourd’hui de nombreux travaux d’agrandissement de son espace, planifiés de 2014 à 2016. S’étant offert un immeuble au numéro 19 de la rue, le projet est d’offrir une boutique éphémère dédiée à l’horlogerie. Pour les fêtes, ce lieu d’enchantement se pare d’un décor de neige reprenant les caractéristiques principales du film de lancement de la nouvelle montre J12. Entourée du cerf, du lion et de la locomotive, cette boutique est un ravissement pour les yeux et le coeur. Avant que la magie ne s’évapore le 30 du mois, profitez de cet écrin Chanel.

Coco Noir de Chanel

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Après Coco, et Coco Mademoiselle, Chanel apporte un souffle d’antan avec son dernier parfum, Coco Noir.

Classique mais mystérieuse, la nouvelle création olfactive de la marque au double C intrigue. D’abord par son flacon qui reprend la forme iconique du parfum Coco mais  qui  arbore pour la première fois de la couleur. Finie la transparence, la mythique petite bouteille de verre sobre, nette et dépouillée s’orne d’un laqué noir encore jamais vu. En customisant le flacon, le directeur artistique de la maison réussit le pari de faire de la fiole un véritable faire valoir de la fragrance et non un contenant conventionnel.

Pari réussi également pour le célèbre nez Polges qui associe aux notes de tête de bergamote, pamplemousse et orange, un élégant et riche bouquet de jasmin et géranium. Mais ce qui fait toute la mysticité de Coco Noir est sans doute ses notes de fèves de Tonka qui donne à sa fragrance un coté velouté et gourmand.

Le parfum inspiré du passé et de Venise, ville byzantine visitée par Gabrielle Chanel après la mort de son amant Boy Capel, prône un certain esprit résolument sombre et baroque. Une orientation qui a plu à Jacques Polges qui révèle « La vision nocturne de l’Orient qui commence et se termine à Venise s’est imposée à moi, et c’est là que je voulais aller ». Certaines femmes disent que leur parfum influe sur leur façon de marcher, leur regard, leur port de tête. Nul doute que la femme qui portera cette fragrance opulente se révèlera aussi énigmatique qu’envoûtante.

La Collection 1932 de Chanel

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Celle qui était alors renommée pour ses créations Haute Couture et ses bijoux fantaisie se mit, dans les années 30, à métamorphoser des diamants, « la plus grande valeur sous le plus petit volume » selon elle. « Bijoux de diamants » ; telle fut baptisée, en novembre 1932, la première collection de Haute Joaillerie créée par Gabrielle Chanel, avant-gardiste absolue, possédant le don de comprendre les femmes si justement.

Présenté à l’hôtel de Rohan-Montbazon, au 29, rue du Faubourg-Saint-Honoré, l’appareil céleste s’incarne en pierres précieuses – un volume atteignant parfois 79 carats – brillant par l’unité de ses couleurs, la simplicité de ses formes, et s’admirant sur des mannequins de cire. Une révolution de plus initiée par Coco Chanel. En ligne de mire, des pièces majestueuses dont un collier sans fermoir – Comète – venant ceindre l’arrondi du cou. Un nouveau porté plus libre, coïncidant parfaitement avec sa vision de la femme : affranchie, détachée, libérée.

Malheureusement, une couturière faisant de la Haute Joaillerie dans un climat inédit de crise économique, le monde n’était pas prêt et l’exposition fit scandale. Mademoiselle dut renoncer à son art de joaillère, après avoir desserti une à une ses parures. Elle, qui désirait simplement « couvrir les femmes de constellations. Des étoiles ! Des étoiles de toutes les dimensions ». Des astres piqués au ciel parisien étoilé, une nuit qu’elle descendait les Champs Elysées.

80 ans plus tard, 80 pièces astrales. La collection « Bijoux de diamants », revue par la Maison aux deux C et rebaptisée pour l’occasion 1932, évince à nouveaux les frontières de l’ineffable. Autour du même thème, 1932 décline les pierres en comètes, rubans, soleils, étoiles. Le collier Comète se transforme en Étoile filante lorsque 85,5 carats de diamants viennent composer les longues chaînes voûtées à une étoile. Amovible, scintillante de pureté, elle vient se suspendre où votre guise en décide. Fluidité, souplesse, simplicité ; en un mot, des créations frôlant la perfection. Une chose est sûre, le lion majestueux, signe astrologique et animal préféré de Gabrielle, dernier né de cette collection onirique, veille, prêt à rugir.

Chanel N°5 : En Attendant Brad Pitt

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Une nouvelle fois, Chanel interpelle. « Pour la première fois, un homme s’exprimera sur le plus féminin… et légendaire des parfums » ; après Audrey Tautou, le N°5 est, cette fois, humé par Brad Pitt.

Car qui mieux que l’homme qui, maintes et maintes fois, avec ivresse et gourmandise, peut s’allier à l’effluve d’une femme, retrouvant aisément dans le présent un passé restauré ? Oui, la première impression que l’homme a d’une femme réside dans les particules de parfum et, lorsque cette senteur est le N°5 de Chanel, il semble que l’amour ne dure pas ; il perdure. Ici, Brad Pitt intervient : le nouvel ambassadeur sait être drôle, envoûtant profond, aimant, amant ; autant que ce N°5, déjà célébré par Warhol dans ses sérigraphies. Bref, la maison Chanel lui confie, le temps d’un spot publicitaire, un créneau de quelques secondes pour l’entendre conter une confidence.

C’est au parfum, dernier témoin de l’écriture féminine, que l’acteur semble, au second abord, se révéler. L’histoire défilera sur tous vos écrans le 15 Octobre à 19h. Une fois encore, le N°5, parfum de toutes les premières fois, bouscule les conventions, inspire, et, sans tapage, risque de faire des adeptes.

Chanel : la Montre Première

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Dans le Paris des années 80, dans ce Paris barbouillé d’individus à épaulettes, chaussant aux pieds baskets aux couleurs fluos, il est une institution qui se réinvente, loin du tumulte branché de l’époque. Oui, Chanel a toujours devancé son temps, et l’arrivée de Karl Lagerfeld en 1983 n’a fait que raviver le feu divin de la maison, asphyxiée par la mort de Mademoiselle. Elle était digne d’une pythie. Vivre vite, sans se préoccuper du temps. A bien y réfléchir, les heures contraignent, les minutes traînent quand les secondes pressent. Alors Gabrielle, elle, ne portait jamais de montre. Parfois elle enfilait autour de son petit poignet une montre d’homme, à gros boîtier ou à gousset. Comme ça, juste pour le style. Puis, vint sa mort et la relève. La maison aux deux C se dépatouille alors dans un univers loin de ses goûts. Vinrent Karl Lagerfeld et, plus tard, la propulsion de Chanel dans la sphère de l’horlogerie. Par l’émérite Jacques Helleu. 

Le directeur artistique de Chanel, pour les parfums et l’horlogerie, réalise un coup de maître en dessinant la montre Première. Dans cette époque pompeuse où la mode se charge. Lui la décharge par l’épure : un boîtier octogonal 18 carats surmonté d’un verre saphir à pans coupés, en or jaune ; deux aiguilles trottant sur un cadran laqué de noir ; un bracelet décalqué sur la chaîne du 2.55. Aucun chiffre, aucune trotteuse de seconde, il ne reste que le sigle Chanel. On y retrouve d’ailleurs l’essence de la Dame aux camélias. Le nom – Première – se donne et se prononce comme un matricule ; le verre saphir rappelle le miroir XVIIIe de sa salle à manger… Jacques Helleu imaginera d’autres garde-temps. C’est à la J12 qu’il restera fidèle, jusqu’à sa mort. 

Voici venue l’année 87. Pour annoncer l’entrée de ce nouveau-né dans l’espace public, le faire remarquer autant qu’il le méritait, la maison opte pour un baptême aussi racé que la montre. Pour cela, la rédaction du dossier de presse est confiée à Nicole Wisniak, femme-artiste qui ne vibre que pour le beau, l’élégant, le distingué, bref, l’exception. Conceptrice de la revue « spasmodique »  Egoïste, elle use du même esprit pour le réaliser. Collaborateurs tendances, doués dans leur domaine, elle laisse le soin au littérateur Sagan de signer un texte titré La Femelle du temps et charge François-Marie Banier de lui tirer le portrait. Mais la plus belle déclaration fut celle d’Inès de la Fressange, la parisienne par excellence. Au défilé de prêt-à-porter, en octobre de la même année, elle jette la sienne dans le public…  Il n’en fallut pas plus pour créer la légende de la Première.

Le Jeans par Chanel Printemps/Eté 2013

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Un tissu devenu classique et insolite à la fois, déclinable à l’infini et indémodable à travers le temps. Le denim s’est révélé tel un tissu éternel et universel ; il incarne un mythe, une icône et un style à lui seul. Né d’une collaboration entre Levi Strauss et Jacob Davis, le jeans apparut lors de la ruée vers l’or, en 1853. Dans un contexte où praticité et durabilité étaient de rigueur pour un vêtement, ce pantalon fait d’un tissu résistant et confortable était alors d’une précieuse évidence. Levi Strauss utilisa, de premier instinct, ses toiles destinées à confectionner tentes et couvertures de wagons. Il s’inspira ensuite d’un solide tissu de coton à armure de serge, fabriqué en France, à Nîmes. Le denim est un tissage renforcé et très serré, fabriqué à partir d’une trame écrue ou blanche et d’une chaîne teinte en un bleu indigo, le bleu de Gênes. Le succès de ce pantalon est immédiat auprès des paysans, mineurs et cheminots du pays. En 1873, Levi Strauss complète sa création de quelques détails : les surpiqûres faites d’un fil orange et les deux poches arrières rivetées, qui optimisent la solidité et la tenue du vêtement. Il dépose alors un brevet, et créé en 1890 le mythique 501, le jeans 5 poches.
Attribut du monde travailleur et du rêve américain, le jeans a su se féminiser et se populariser. Traversant les décennies et constamment réinventé, il est partout. Emblème de James Dean et des Beatniks bikers, révélateur de la sensualité voluptueuse de Marilyn Monroe, ou encore caractéristique de Joe Cocker dans ses années Woodstock, le jeans se façonne et se personnalise. Selon les sentiments d’appartenance identitaire et d’individualité de chacun, il peut être brodé, clouté, tailladé, ou encore délavé, brossé et impeccablement repassé : il est presque le reflet d’une âme. 
De par ses vicissitudes, le jeans transcende les genres, les styles et les âges. Une inclination et une multitude de possibilités que certaines maisons de couture, telle Chanel, ont perçu et investi avec précision. Dans le défilé Printemps-été 2013, Chanel présente une robe en jean particulièrement insolite. Elle apparaît telle une ré-interprétation de la première jupe en denim. Obtenue dans les années 60 en fendant un jeans et en cousant les empiècements évasés entre les quatre pans des jambes, elle fut le symbole de la féminisation de ce tissu à l’origine masculin. Aujourd’hui, Chanel la propose en une simple robe bustier, jouant sur la transition des catégories vestimentaires. Deux poches raglan en biais sont ajoutées sur les hanches, une ceinture de cuir ornée de perles perfectionne le haut du bustier : la jupe en denim devient une robe «couture». Autre singularité, les deux poches arrières emblématiques du jeans sont placées sur le devant de la robe, par un jeu fantaisiste entre le devant/derrière de pièces iconiques. Telle une exégèse contemporaine du jeans, la robe en denim de Chanel s’affirme tout en contraste et délicatesse, finesse et simplicité.