Coromandel, Nouvelle Haute Joaillerie Chanel

calligraphie_florale_1.jpg

« La Première fois que je vis un paravent de Coromandel, je m’écriais: comme c’est beau! Je n’avais jamais dit cela d’aucun objet. » La première fois, ce fut en 1910, au bras de son amour éternel, Boy Capel. Ces paravents, venus du confit de l’extrême Orient, habillaient alors l’hôtel particulier avenue de New-York… Dès lors, jamais la Dame aux Camélias ne se sépara de ses tréteaux de l’intime — du Ritz à sa villa de Lausanne, les paravents de Coromandel sont, pour Chanel, des paysages rêvés. Des mirages où son oeil d’esthète peut imaginer, exprimer, ressentir toute la poésie, toute la volupté d’une Chine fabuleuse, de ce lointain empire de Cathay et ces côtes des Indes orientales!  

« Je suis comme un escargot, moi, confia-t-elle à Claude Delay. Je porte ma maison avec moi… Deux paravents de Chine, des livres partout. Je n’ai jamais pu vivre dans une maison ouverte. La première chose que je cherche, c’est des paravents. » Et jamais Coco ne se lassa d’en rechercher de nouveaux. Cloués, collés, détachés, réduits, retouchés… Ses besoins et ses envies bientôt feront de ces paravents de Coromandel l’un des support phare de sa maison. Souvent, elle y épingle photos et dessins de ses amis artistes. Véritable théâtre de l’imaginaire, la couturière aimait tant s’y perdre…« Quand je regarde ce paravent, tiens, le soir, poursuit-elle, je vois des portes s’ouvrir et des cavaliers qui partent à cheval. »

Et si aujourd’hui ces cavaliers sont figés dans l’éternité de l’appartement de Chanel, 31 rue Cambon, les ateliers adjacents prennent l’occasion d’une nouvelle collection Haute Joaillerie pour faire revivre ces mirages sur des bijoux tout simplement grandioses! La collection ‘Coromandel’ distille donc cette magie autour de cinquante-neuf pièces joaillières. Vingt-quatre d’entre elles sont des pièces uniques… Les motifs chers à Chanel sont ici repris autour de trois thématiques — floral, animal et minéral. La première inspire une manchette entièrement réversible qui, autour d’un diamant jaune pivotant, reprenant la structure géométrique des paravents. La seconde joue avec ces oiseaux mythiques qui, comme directement sortis des paravents, sont sur le point de prendre leur envol sur une bague au diamant éclatant de plus de dix carats! Enfin, le thème minéral sur le plastron de la parure « Horizon Lointain » en or jaune, ponctué de nuages de nacre et de diamants. Les gemmes de la collection ‘Coromandel’ s’amusent aussi d’un vision enchanteresse — les voilà qui rappellent toute la gamme chromatique des laques de Coromandel.  Le vert des grenats tsavorites, des émeraudes ou d’une tourmaline de plus de trente-sept carat… Le rouge du spinelle de la bague des beads de rubis… La profondeur hypnotique de la laque noire transposée en onyx… L’inépuisable inventivité de la grammaire Chanel poussée à la virtuosité! 

Chanel et Deauville : La Volupté du Beige

capture_decran_2018-06-30_a_10.18.00.png

Dans la grammaire du 31 rue Cambon, nombre d’éléments découlent de la puissance d’observation de Mademoiselle. À Deauville, lors même que la maison se nomme encore Gabrielle Chanel, Coco pioche ça et là les codes d’un sceau qui deviendra celui d’un empire éternel. Nous sommes en 1913 lorsqu’elle découvre le lieu de villégiature qu’est déjà la petite ville normande. Au bras de Boy Capel, arpentant cette ville de bord de mer où déjà se réunissent têtes couronnées et élégantes du monde entier, Gabrielle est particulièrement attentive aux nuances de la nature – ces silhouettes corsetées et surannées l’agacent.

Dans sa quête d’une nouvelle élégance, Coco va trouver à Deauville les éléments indispensables à sa grammaire stylistique. La marinière, le pantalon à pont, le sac matelassé… C’est aussi et surtout sur la promenade du bord de mer qu’elle remarque la force et la volupté du sable caressé par l’écume – un beige profond et nuancé. Il n’en faut pas plus pour que Chanel décide d’en fait sa couleur de prédilection. Associé au noir qu’elle tient à dérober des tenues du couvent, Coco vient de déterminer sa couleur de l’élégance ; une association bi-colore.

« Je me réfugie dans le beige parce que c’est naturel. » Tout lui plaît dans cette teinte – ces nuances qui évoquent la peau nouvellement dorée par le soleil ; ces teintes d’une simplicité folle ; la sourde sensualité qui s’en dégage… Tout correspond à l’essence de ce qui deviendra le style Chanel. Car bientôt et à jamais, Coco teinte de ce beige nombre de ses confections. Surnommé beige Deauville, il colore d’abord ses pièces en jersey. En 1957, l’arrivée des souliers bicolores signe un tournant irréfutable : le beige allonge la jambe, le bout noir donne l’illusion d’un pied plus petit. Ces souliers, eux, deviennent instantanément des icônes de mode. Chanel, à l’époque de Deauville, est elle sur le point de conquérir le monde !

Inside Chanel Episode 23 : Coco à Biarritz

img_1628.png

Si à Deauville Gabrielle déjà révolutionnait les costumes de bains des élégantes, c’est à Biarritz que Chanel ancre définitivement sa maison de couture. En 1915, lors même que la Première Guerre mondiale éclate, s’apprêtant à renverser l’équilibre de tout un monde, Coco, elle, est sur le point d’imposer le nouvel ordre du chic. Sur la côté Basque, Biarritz alors attire l’aristocratie, la haute bourgeoisie et les artistes Européens en quête de sérénité – l’impératrice Eugénie y a ses habitudes ; Chanel bientôt y installera sa première maison de couture.

La première décennie 1900 met ainsi les femmes sur le devant de la scène ; palliant à l’absence des hommes partis en guerre, lors même qu’en Angleterre, les suffragettes font entendre leur voix – c’est dans ce contexte que Gabrielle Chanel initie une mode moins contraignante. Une attitude à son image. Elle les veut voir danser, et nager, sans entraves ; oser et aimer sans crainte des regards. A Biarritz donc, Boy Capel lui offrit son soutient financier, indispensable à l’acquisition d’un manoir du XIXe siècle, la villa de Larralde. Là, sur le trajet stratégique de la plage et du casino, Chanel inaugure sa première maison de couture – et c’est ici une autre bataille qui se joue.

En moins d’un an, les élégantes perçoivent le talent de Coco ; sa réputation est faite lorsque le magazine Harper’s Bazaar titre « la charmante robe chemise de Chanel. » A la fin de la guerre, en 1918, tout ce que l’Europe compte de tête couronnées, d’élégantes et d’esthètes s’habillent chez Chanel. Coco peut savourer sa victoire – elle est une femme célèbre, une couturière reconnue, une femme d’affaire, et une femme indépendante. Elle venait de rembourser les avances consenties par son amour Boy Capel. Le 22 Juin prochain, la maison Chanel diffusera ainsi l’épisode 23 d’Inside Chanel ; le récit de l’épisode Deauvillais de Mademoiselle, au fil d’images d’archives colorisées.

 

Le Tweed Chanel en Ballade, de Hambourg à Moscou

le-defile-chanel-des-metiers-d039art-paris-hambourg-photo-60.jpg

1917, alors que la Russie est en proie à la révolution du siècle, l’aristocratie fuit rapidement en direction de Paris – là, le compositeur Russe Igor Stravinsky, Sergueï Diaghilev ou encore la Grande-Duchesse Maria Pavlovna se mêlent aux avant-garde Parisiennes. Parmi elles, la couturière qu’est Coco Chanel ! Et la Dame aux Camélias soutient ses protégés – financièrement mais pas que. Alors qu’en 1924 la première représentation du ballet « Le Train bleu », œuvre de Diaghilev et Cocteau, fait fureur, l’assistance et le Tout-Paris remarquent surtout la confection des costumes. L’oeuvre est signée Coco Chanel.

Dès lors, Chanel deviendra bien plus qu’une maison de mode. Et en 2018, seize ans après le premier défilé Métiers d’art, Karl Lagerfeld poursuit l’engagement de Gabrielle dans la préservation des arts les plus nobles. A Moscou, la semaine passée, la déjà mythique collection Métiers d’art 2017/18 dédiée à Hambourg défilait au cœur du VDNKh, le Vystavka Dostizheniy Narodnogo Khozyaystva. En vedette – le tweed iconique de la maison travaillé dans un fil nacré. L’essentiel du vestiaire Chanel se compose ainsi dans une complexion hypnotisante de laine, rubans de velours et fils de lurex !

Une fois entrelacés, les fils forment des motifs quadrillés qui ne sont pas sans rappeler les entrelacs des canaux et des ponts de Hambourg… Ponctuées de touches bleutées, voilà ses couleurs qui distillent l’impression de containers qui s’imbriquent sur les docks de la ville – une invitation au voyage qui embarque en ballade le tweed jusqu’à Moscou !

 

Chanel et le Défilé Métiers d’Art s’en Vont à Moscou

le-defile-chanel-des-metiers-d039art-paris-hambourg-photo-40.jpeg

Coco Chanel partage plus d’une histoires avec la Russie – une histoire d’amour, de mécénat, d’art et de rencontre. Il faut dire qu’après la révolution de 1917, l’intelligentsia et l’aristocratie Russe trouvent refuge à Paris. C’est là que Gabrielle rencontra et hébergea le célèbre compositeur Igor Stravinsky et sa famille ; coopéra avec Sergueï Diaghilev et Jean Cocteau, avant de soutenir le Sacre du Printemps de Nijinski! A l’époque aussi, Coco succombe pour l’extrême sophistication du grand-duc Dimitri Pavlovitch, cousin du tsar Nicolas II…

« Tout Occidental doit avoir succombé au charme slave pour savoir ce que c’est. Je fus fascinée » racontait la Dame aux Camélias. Et d’art il est surtout question ici – l’esthète qu’elle est met un point d’honneur à défendre le travail et les performances éminemment visionnaires de ses amis Russes ! C’est ainsi que Karl Lagerfeld choisit Moscou afin de présenter une seconde fois les silhouettes Métiers d’Art 2017/18 de la collection Paris Hamburg. Une collection où la ville natale du Kaiser est mise à l’honneur.

Col marins, fantasmes et reflets Hambourgeois sur le tweed iconique – cette fois, les savoir-faire les plus précieux de l’époque furent mis au pli d’une collection hautement symbolique. Une collection où colliers, pendentifs, broches et sacs à main prenaient tour à tour des allures de conteneurs, de bouées ou autres images résultant d’une vision d’Hambourg ! Une collection différente et hautement référencée où travail des brodeurs Maison Lesage et Atelier Montex, le chapelier et le modiste Maison Michel, ou encore le plumassier Lemarié et le bottier Massaro subliment les souvenirs d’antan…

 

Inside Chanel N°22 : Coco à Deauville

1280_inside_chanel_chap_22_en_25052018.jpg

La vie, l’art et la création de Gabrielle Chanel sont intrinsèquement liés – son enfance, ses rencontres et ses voyages concourent à lui inspirer les grandes lignes de sa mode. L’épisode 22 d’Inside Chanel revient ainsi sur l’une des premières villes à avoir inspiré à Coco le style Chanel – l’une des premières villes à y succomber aussi. Deauville, au tournant du siècle, est alors une station balnéaire où la Belle Époque célèbre le bonheur retrouvé au lendemain de la guerre franco-prussienne. En 1912, âgée de 29 ans, Gabrielle y entre par la grande porte au bras de Boy Capel.

Tout ici l’inspire ! Du haut de sa suite de l’hôtel Normandie, Coco observe et pressent les bouleversements à venir – bouleversements des corps, des loisirs et des styles de vie ! C’est ici à Deauville que Chanel inaugure, en 1913, sa seconde boutique ; là même où la couturière se met à briser les carcans des élégantes, corsetées, entravées par des robes étroites, empêchées par des coiffes compliquées. Et alors même qu’elle forge à partir du vestiaire de Capel, qu’elle pioche sur le dos des garçons d’écurie et des joueurs de polos, les lignes et le jersey de sa mode, Coco Chanel s’approprie la teinte beige du sable mouillé par la mer.

Premier épisode d’une nouvelle série Inside Chanel dédiée aux villes clés de l’univers Chanel, l’épisode N°22 distille, en couleur, images d’époque et haut-faits de la couturière la plus célèbre au monde. Car c’est bel et bien à Deauville que Gabrielle, insoumise et anticonformiste, laisse sa peau se hâler en même temps qu’elle s’amuse aux spectacles de la danseuse Loie Fuller et des Ballets Russes… Un chic désinvolte conté avec poésie dans une vidéo de 2minutes 30 !

 

 

La Petite Veste Chanel Version Matelassée de l’Automne/Hiver 2018

chanel_automne_hiver_2018_icon_icon_sebastien_girard.jpg

La petite veste Chanel signe une silhouette aussi identifiable que le double C. Réinventée chaque saison autour d’un gimmick innovant, c’est en version matelassé car pensée pour une activité extérieure, que Karl Lagerfeld la conçoit pour la saison prochaine. Fluidité, souplesse, et chic, la petite veste Chanel incarne en effet tout de l’ADN de la maison de la rue Cambon. Et c’est à en Autriche, à Salzbourg, que Gabrielle Chanel la pense pour la première fois. Là, dans l’hôtel où elle séjourne, la dame aux camélias croise un liftier dont l’uniforme appelle à elle l’idée d’une veste à quatre poches…

            Ainsi, la petite veste Chanel de l’Automne/Hiver 2018/19 se pense au prisme d’un autre des codes mythiques de la maison. Teinte en noir et blanc, signature même de Gabrielle, la petite veste décline ici une inspiration un brin plus sportswear. Il faut dire que l’époque est à l’activité outdoor et, dans cet hymne à l’automne, Karl Lagerfeld n’oublie pas de célébrer une autre de ses textures sophistiquées et non moins iconiques. Ici adapté pour faire face à des températures fraîches, le matelassé vient en effet signer la pièce-phare de la saison prochaine. Devenu texture emblématique de la maison, Coco se l’est là encore appropriée d’après des gilets portés par les palefreniers qui travaillaient dans les hippodromes…

             Muée en doudoune ultra-chic, l’iconique petite veste de tailleur sans col signe ici l’intérêt même d’une pièce de la rue Cambon. Comme le précise Karl Lagerfeld « Chanel, c’est la vie même, des vêtements qui ont une possibilité de vie. » Portée par la mannequin Adesuwa Aighewi, la pièce phare de la saison prochaine devient donc porteuse de l’idéal de la mode Chanel – une mode qui se vit, se porte, se touche et se réinterprète à l’envie…

Les Sacs Boy, 11.12 et Gabrielle Chanel en Campagne avec Kaia Gerber

2018-handbags-ad-campaign-pictures-by-karl-lagerfeld_icon_icon_sebastien_girard.jpg

Pour introduire au public sa collection inédite de sacs Chanel Printemps/Eté 2018, Karl Lagerfeld a choisi de capturer l’aura et l’allure sans pareille de Kaia Gerber. La fille du top model Cindy Crawford incarne ici la femme Chanel — ou plutôt la relation, l’histoire et la passion entre une femme et son sac, fidèle compagnon parmi les fidèles. Il faut dire qu’un sac Chanel renferme un univers ; d’un 2.55 se dégage toujours une émotion, des souvenirs, une authenticité. Pour cette campagne, le directeur artistique de la maison de la rue Cambon a ainsi figé l’image de Kaia Gerber au cœur même de l’appartement de Gabrielle Chanel. 

Sur ce mythique canapé en daim couleur fauve, Coco avait l’habitude d’être entourée de ses mannequins ou de ses amis intimes… Cette fois, Kaia Gerber prend la pose devant l’objectif du Kaiser pour raviver la légende même de Chanel. Et les clichés sont un concentré de rêve — en même temps qu’ils mettent en vedette les nouvelles pièces sensationnelles de la collection Printemps/Eté 2018, les photos de la campagne Chanel illustrent une humeur, un chic, une élégance… 

Minutieusement façonnées, les pièces sont aussi l’illustration même de l’histoire de la maison. Car cette campagne met avant tout l’accent sur la diversité des sacs Chanel. Le sac 11.12, tantôt en tweed richement brodé ou ludique dans son corps de PVC coloré transparent, se fonde naturellement à l’atmosphère éternelle de l’appartement de Chanel. Le Boy quant à lui, témoigne de l’attrait de Coco pour le masculin/féminin… Dernier né des sacs de la Maison, le Gabrielle est lui aussi présent ici. Son volume et sa souplesse ainsi posés sur une base rigide viennent le distinguer des autres pièces de la maison. Avec une campagne composée comme un manifeste de mode, Karl Lagerfeld conte l’histoire d’un accessoire devenu indispensable — l’histoire d’une femme, de toutes les femmes. 

Les Icônes Chanel Inspirent les Aphorismes de la Nouvelle Campagne

-5.gif

En 2018, Chanel bouscule un peu plus les codes de l’advertisement jusqu’à mettre au point une campagne aussi subtile qu’emplie d’humour ; une campagne signée de nouveaux aphorismes très Gabrielle. Thomas du Pré de Saint Maur, le directeur créatif de la maison, admet avoir puisé dans l’héritage propre à la personnalité de Coco avec la volonté de faire surgir « que l’idée d’accomplissement, de liberté, d’autonomie passe avant tout par la décision d’être acteur de sa vie – comme l’a été Gabrielle Chanel. »

Du 19 au 25 Décembre 2017, l’esprit Chanel s’affichera en grand dans le métro Parisien à travers une campagne de neuf affiches – en vedette, les produits clés de la maison. L’iconique rouge et le poudrier, le mythique N°5 et sa déclinaison plus contemporaine, le parfum Gabrielle; les slogans, porteurs de bonnes résolutions, sont aussi empreints d’humour. Chanel semble en effet viser à concilier objet et esprit ; usage et intellect dans une campagne à la signature artistique et graphique iconique.

« Vivez d’amour et d’eau (N°5 L’Eau); Prenez les choses en main (La Crème Main); Appelez les choses par leur nom (parfum Gabrielle); Maquillez vos faiblesses (jamais vos émotions) » Autant de clins d’oeil qui invitent à être acteur de son destin, sur un ton léger, décomplexé et carrément subtil ; une série d’injonctions bienveillantes, avec l’humour en étendard.  En 2018, un seul mot : Osez !

Bleu de Chanel

bleu-de-chanel.jpg

Il est une couleur incontestablement profitable à l’imagination ; le bleu est insondable, le bleu est infini, le bleu est profond – frais comme la nuit à peine tombée, aussi enjôlant qu’une étendue d’eau, variant du ciel d’hiver au cobalt zénithal, le bleu est tout proche de l’ombre, le dernier degré avant le noir absolu. Gabrielle Chanel affectionnait tout particulièrement ce marine intense, autant que le blanc, le beige ou le noir. En 2010, les laboratoires de la maison Chanel édite ainsi un parfum de liberté : Bleu de Chanel, une eau comme une ode à la liberté d’improviser, composée pour un esprit masculin qui, à chaque pas, écrit le scénario de sa vie. En 2014, Jacques Polge propose une nouvelle interprétation de la fragrance. Une variation intense qui s’inscrit dans sa filiation tout en foulant un territoire ambré et sensuel – comme si le bleu se nourrissait à présent de la lumière du soir. Cette autre balade olfactive et visuelle, baptisée Eau de Parfum, ne se contente pas de concentrer dans une nouvelle formule les ingrédients clé de la première. D’emblée plus enveloppante, plus ronde aussi, le Bleu de Chanel Eau de Parfum conforte un homme d’une extrême liberté ; un homme fort et déterminé, débordant de confiance en lui, chez qui la fragilité reste un secret… N’est-ce pas toute la puissance du caractère de Gabrielle ?

Le parfum Bleu de Chanel puise sa fraîcheur en Méditerranée, dans les champs d’agrumes de Calabre, dans le feuillage des herbes aromatiques, au cœur des racines de vétiver, dans le fusant du bois de cèdre, et l’onctuosité du bois de santal. Mais cette fois, les bois ambrés, presque veloutés, prennent le dessus sur la fraîcheur aqueuse et aromatique ; l’Eau de Parfum est une émotion vive et soudaine. Au frisson du départ résonne l’écho des bois en cœur et en fond un cèdre aride oxygène et déleste la formule. Dans ce sillage, le bois de santal de Nouvelle-Calédonie s’amorce comme une musique lointaine : la fraîcheur fuse ! L’Eau de Parfum Bleu Chanel clame une sensualité virile. Irrésistible, elle donne envie de se rapprocher de la peau, de sentir au plus près de ce chant charnel. Elle est une fraîcheur insoumise, aiguë et rémanente… L’étendard olfactif de l’anticonformisme masculin.