Le Par-dessus Mystérieux Fun Fur de Fendi pour l’Automne/Hiver 2018

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À Milan, la maison Fendi présentait sa collection Automne/Hiver 2018 comme l’introduction d’un « uniforme romantique pour une femme du monde » pour reprendre la définition de Karl Lagerfeld. Et il est vrai que les silhouettes du défilé distillaient une certaine élégance mêlée d’éléments très power-suit. Pour Silvia Venturini Fendi, le vestiaire de la saison prochaine est celui d’une femme « qui a de plus en plus de poids dans la société, qui peut se jouer des codes masculins et assumer le pouvoir. » Mais en lieu et place d’épaules surdimensionnées, le duo à la tête de la création a préféré donner à la femme des pièces à forte sensualité. 

Parmi les silhouettes ayant défilé la semaine passée, le Par-dessus Mystérieux Fun Fur illustre l’équation Fendi de la prochaine saison. Dans cette silhouette oscillant subtilement entre les années 40 et l’esthétique des années 80, le par-dessus s’habille d’épaules structurées, carrées « comme pour donner des super-pouvoirs à cette Femme Fendi » explique Silvia Fendi. La taille marquée et la profondeur de ce bleu soulignent un peu plus la volonté de célébrer une femme cérébrale mais non privée de romantisme. D’ailleurs, le mouchoir brodé qui accompagne le Par-dessus Mystérieux Fun Fur indique tout le contraire…  

Ce mouchoir symbolise ou plutôt reprend « cet objet que les femmes d’autrefois brodaient à la main de leurs initiales et donnaient à l’homme qui partait en guerre devient un élément d’habillement certes romantique mais aussi de prise de pouvoir : cette femme-là ne reste pas à la maison à broder, elle est dans la vie, dans la rue, la tête haute » indique Silvia Fendi. Et il est vrai que parée de telles pièces, la femme Fendi ne peut que conquérir le monde ! 

Le Tailoring Tout en Mouvement de Chalayan pour l’Automne/Hiver 2018

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Pour la saison Automne/Hiver 2018, la maison Hussein Chalayan passe le périphérique ou, plutôt, questionne les conséquences sociales et politiques du mur de Paris. Connu pour ne jamais renoncer à questionner la société, Hussein Chalayan s’attache depuis longtemps à imprégner ses vêtements de sens, d’audace et de rêve conceptuel. Devenu sa signature, l’engagement couture du designer britannique se présente ici dans un mouvement des plus significatifs. 

En choisissant d’aborder la question de l’immigration, et plus particulièrement l’intégration, Hussein Chalayan, fait défiler à Londres une collection où la complémentarité des matières et des coupes donne vie à des silhouettes hautement élégantes. Dans cette collection intitulée Périphérique, le look d’ouverture fascine de par le mouvement de ses lignes. Une veste où la fourrure s’encastre dans le veau velours… Dans une dynamique semblable à celle du périphérique, elle entre et sort comme l’on entre et l’on sort d’une ville. Mieux, les coutures vives et tranchantes harmonisent plutôt qu’elles renversent l’attrait esthétique du vêtement ; ce, lorsqu’elles décalquent les traits de mouvements similaires à ceux d’une boucle. 

Car au cœur de la maison Hussein Chalayan, on retrouve évidemment la puissance d’un tailleur. Le raisonnement autour de la collection Périphérique est subtil — une ode à l’intégration démontrée à travers une pièce portable et désirable. Sculpturale, la silhouette l’est aussi très certainement ; on connait l’attrait de Chalayan pour l’architecture. D’ailleurs, le public fut une fois de plus conquis, si l’on en croit la salve d’applaudissements qui a suivi le dernier passage.