L’Imprimé Bohème de Chloé pour l’Automne/Hiver 2018/19

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Au sein des locaux de la Maison de la radio à Paris, la maison Chloé introduisait la seconde collection orchestrée par Natacha Ramsay-Levi. « Cette saison, la fille Chloé est magnétique, hyper sûre d’elle-même, et elle joue sur la diversité de sa propre personnalité » indiquait la directrice artistique. Et il est vrai qu’à la vue des looks ayant défilés la semaine passée, la fille Chloé ose les expérimentations pleines d’audace. Le procédé cette saison fut aussi simple que bien réalisé : prendre les pièces connotées bourgeoises et, par un stylisme habile et bien composé, dédramatiser l’ensemble pour l’intégrer à l’ADN bohème de Chloé. D’ailleurs, l’une des silhouettes vedettes de cette collection Automne/Hiver 2018/19 met en avant l’imprimé bohème sur une robe diaphane, rose beige poudré.

            Autant d’éléments iconiques de la maison ne pouvaient que signer l’une des pièces les plus désirables de ce défilé. En accumulant ainsi les matières nobles comme la crêpe de soie, la mousseline et la popeline – matières fétiches de Gaby Aghion déjà – Natacha Ramsay-Levi normalise cette robe au col V largement ouvert. Mieux, mêlant ainsi bleu, blanc et orange, les motifs bohèmes de Chloé gagnent en modernité… Bien qu’étant à première vue une pièce fluide et romantique, la robe est ici encanaillée par de magnifiques bracelets manchettes portés au-dessus du vêtement…

            Sensualité, confort et audace concordent ainsi à signer la silhouette phare du défilé Automne/Hiver 2018/19 – une silhouette éminemment cinétique. Il faut dire que Natacha Ramsay-Levi a travaillé la romance dans l’esthétique bohème des années 70 avec en tête, des films clés du cinéma. Des actrices telles Anjelica Huston, Sissy Spacek, Isabelle Huppert et Stéphane Audran… Isabelle Huppert qui d’ailleurs était au premier rang, aux côtés d’Alexa Chung et de Nicolas Ghesquière, pour assister à ce second défilé très attendu. 

La Bande Web Gucci En Version Sequin pour l’Automne/Hiver 2018/19

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Depuis longtemps déjà, le nom Gucci est indissociable de nombreuses signatures – parmi elles, la plus célèbre sans doute est la bande web, ou le motif vertrougevert. Élément introduit par Aldo Gucci après la mort de son père et fondateur Guccio Gucci, la bande web signe très vite nombre de pièces de maroquinerie. En tant que ceinture ou passementeries sur les vêtements, la bande vertrougevert sert aussi et surtout de lanière-signature pour les premiers sacs à bandoulière de la maison. Une fois de plus, c’est dans l’univers équestre que Gucci est allé puiser son inspiration — la rayure vert-rouge-vert provient du contre-sanglon traditionnel. Et c’est justement ce sens du détail qui figure la qualité et la création de la maison Gucci. 

Alors, lorsque l’actuel directeur artistique cherche à explorer, ou plutôt à définir les silhouettes post-humaines des cyborgs Gucci de l’Automne/Hiver 2018/19, c’est tout naturellement qu’il pense à revisiter l’icône absolue de la maison. En ce sens, la veste glitter et son motif bande vertrougevert honore la tradition Gucci en même temps qu’elle élève le symbole vers le romantisme et l’hédonisme de la jeunesse actuelle. Dans les années 50, les sacs à bandoulière sont aussi l’apanage de la jeunesse. 

Ainsi piquée de sequins, la bande vertrougevert gagne en désirabilité… Dans ce Gucci Hub, locaux milanais de la maison, Alessandro Michele a en effet présenté une collection comme autant de pièces rendant possible l’expression de diverses personnalités. « Nous sommes dans une ère post-humaine : nous avons évolué au-delà des simples fonctions de reproduction, nous sommes aujourd’hui capables de passer outre les lois de la nature. Et pour moi, les vêtements peuvent nous aider à devenir qui nous voulons être  » a-t-il expliqué en coulisses. En ce sens, la veste glitter et son motif bande vert-rouge-vert de l’Automne/Hiver 2018/19 fait entrer l’homme et la femme Gucci dans un monde où le sérieux gagne à se dérider ! 

Le Tailoring Ample de Dries Van Noten pour l’Automne/Hiver 2018/19

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C’est au sein de l’Hôtel de Ville de Paris que la maison Dries Van Noten introduisait sa collection de l’Automne/Hiver 2018/19. Et toutes les silhouettes mettaient à l’honneur la mode de l’anversois – justesse, tailoring et délicatesse inouïe. Il faut dire que Dries Van Noten parvient comme peu d’autre à faire dialoguer les époques et les références, tout en offrant à la femme d’aujourd’hui des toilettes éminemment efficaces. « J’ai pensé à une femme qui aime les vêtements et qui prend du plaisir à les assembler, à les superposer, de façon très spontanée. Les imprimés sont semblables aux gribouillages que l’on esquisse au stylo Bic quand on est au téléphone, et cette idée d’art brut, un art fait avec le cœur sans être bridé par une réflexion trop cérébrale » expliquait le designer.

            Silhouette phare de cette collection Automne/Hiver 2018/19, le tailoring de Dries Van Noten se fait ample et sans chichi, s’associe au glamour opulent des années 70. Sur ce noir captivant, les plumes flottent dans des teintes et des associations des plus désinhibées. Intense et profondément libre, la femme Dries Van Noten aime ici accompagner la rigueur de son tailleur-pantalon de plumes marabout et de fausse laine de Mongolie frisée… ça, c’est la spontanéité Dries Van Noten !

            Une fois côte à côte, les textures opposées, les textiles et les idées gagnent en désirabilité.  La couture plus masculine ; l’ornement fait pour donner « un sentiment flottant » – l’équation Dries Van Noten de l’Automne/Hiver 2018/19 fait la part belle à un glamour très Dietrich. Une rigueur et une sévérité ici largement décomplexée par un tailoring ample et une nonchalance très révérée…

La Chemise-Pantalon Veau Velours Tod’s de l’Automne/Hiver 2018/19

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Pour l’Automne/Hiver 2018/19, la maison Tod’s a choisi de centrer le propos de sa collection autour de son équation iconique.  Lignes fonctionnelles, élégance quotidienne et matières nobles — Tod’s introduit un luxe et une mode contemporaine pensés autour d’une palette chaleureuse : caramel, camel et moutarde. Renouant ainsi avec la quintessence de son style, la maison de Diego Della Valle propose nombre de pièces iconiques de son vestiaire ; évidemment revisitées au prisme d’une nouvelle saison.

Une collection pensée pour une femme toujours en mouvement. C’est ainsi que la Chemise-Pantalon veau velours voit le jour. Elément clé d’un vestiaire fonctionnel, les lignes se font pourtant raffinées et, avec le savoir-faire légendaire qu’on lui connait, Tod’s parvient à sublimer le vêtement de travail à coup de matières précieuses. Confortable et stylisante, la Chemise-Pantalon veau velours de l’Automne/Hiver 2018/19 illustre en effet tout de la griffe Tod’s — et notamment l’esprit casual chic si cher à la maison. 

Pratique et élégante, tout simplement. 

Les Roses Dior en Broderie pour l’Automne/Hiver 2018

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Depuis qu’elle est à la tête de la direction artistique Dior, Maria Grazia Chiuri n’a de cesse de revisiter les codes de la maison à l’aune d’un engagement féministe. La semaine passée à Paris, c’est l’anniversaire de Mai 68 et ses contrepoints stylistiques qui ont inspiré à la designer italienne une collection manifeste. « Tout est parti d’une exposition d’art sur Mai 68 à Rome. Mais aussi de cette expression inventée en 1965 par Diana Vreeland “Youthquake” » explique Maria Grazia Chiuri.  On retrouve ainsi une collection mettant en avant le point de croix, l’artisanat et la broderie. Pièce vedette de ce défilé, les roses Dior en broderie sur une robe diaphane signent un hommage à la vision de Monsieur.

            Fleur iconique de la maison du 30 de l’Avenue Montaigne, la rose était en effet la préférée de Christian Dior. À Granville, dans les jardins de la villa familiale qui borde la mer, Dior s’est forgé cette sensibilité et cette culture unique dans la roseraie aménagée par sa mère. Plus tard, le couturier cisèlera ses femmes en fleurs avec une sensibilité très particulière. Et c’est toute cette sensualité que l’on retrouve pour l’Automne/Hiver 2018/19 dans ces roses Dior en broderie sur une robe diaphane… Hommage stylisé à la fleur préférée de Monsieur, cette pièce honore en même temps la sérénité et l’allure des sixties !

            De cet imprimé de fleurs tiré des archives, Maria Grazia Chiuri a confié la réalisation de cette robe brodée aux ateliers du Vermont – une maison parisienne acquise en 2013. Entre les murs du musée Rodin, la maison Dior ancrait ainsi sa silhouette phare de l’Automne/Hiver 2018/19 dans une exploration des archives datées de 1968. Aux murs, des coupures de la presse mode datant de l’époque. Et, à défaut de le décalquer, Maria Grazia Chiuri parvient à insérer cet héritage dans les évènements actuels de la société – c’est peut-être ça, le Flower Power d’aujourd’hui.

Le Tailleur-Zippé Jackie O. de Moschino de l’Automne/Hiver 2018

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La collection Moschino par Jeremy Scott de l’Automne/Hiver 2018/19 explore la figure de la mode que fut Jackie O. À la façon des sérigraphies de Marylin Monroe par Andy Warhol, le défilé fut une succession de silhouettes mettant en vedette un tailleur-zippé et une Jackie Kennedy sous mille et unes teintes. Mais, là où Franco Moschino imposait la vision d’une mode détournant les codes de la couture avec ironie, Jeremy Scott a renversé la compréhension même de l’icône que fut Jackie. 

La trame de cette collection reprenait en effet une théorie du complot datant des années 60 — d’après ces dires, John Fitzgerald Kennedy aurait été assassiné par la CIA pour avoir confié la vérité à propos des extraterrestres à sa femme, Jackie. « J’ai poussé le raisonnement plus loin et j’ai questionné ‘Est-ce que Jackie était une alien ? Etait-elle une androïde ? Comment a-t-elle supporté la peine et la souffrance de l’assassinat ?’ » confie Jeremy Scott en coulisses. À travers ce défilé mêlant pop, luxe et humour, le directeur artistique de Moschino parvient une nouvelle fois à lier la vision iconique du fondateur à l’actualité — la récente déclassification autorisée par Donald Trump alimente en effet plus d’une théorie. 

Mieux, connue pour recycler certaines idées du pop-art, tout en présentant une mode irrévérencieuse et décalée, l’œuvre de Franco Moschino trouve ici un écho particulier. Pour l’Automne/Hiver 2018/19, le mythique tailleur de Jackie troque ainsi ses boutons pour des zips, et ses couleurs chastes pour un tangerine. Porté ici par Kaia Gerber. Une fois encore, Jeremy Scott parvient à décalquer les figures iconiques de la mode pour mieux les actualiser. 

Le Sac Banane Double T Tod’s de l’Automne/Hiver 2018

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Le sac double T de Tod’s fait sensation depuis sa première édition il y a de cela trois ans. La semaine passée à Milan, la maison Tod’s a introduit une version pour le moins contemporaine de son sac déjà iconique. En version banane maximale, le sac Tod’s se coupe dans un cuir naturel traité avec une finesse extrême. Là encore la collection témoigne de cette recherche d’élégance dans la fonctionnalité — définitivement pensée pour une femme en mouvement, la version banane du sac Tod’s de l’Automne/Hiver 2018/19 joue avec raffinement d’une tendance déjà au firmament. 

Et là encore la signature Double T se fait claire, précise et distincte. Le sac banane Double T de Tod’s est en effet une pièce pertinente. Il faut dire que la maison parvient comme nulle autre à remettre au goût du jour un savoir-faire presque éteint jusque là — dans la noblesse du cuir on devine un luxe qui se veut l’apanage du quotidien. Ni banale ni évidente, l’allure du sac Banane Double T signe là une silhouette élégante, féminine, urbaine et indéniablement racée. 

Les Post-Humains Gucci Arborent la Blouse Fluide Motif Flora pour l’Automne/Hiver 2018

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À Milan cette semaine, le défilé Gucci a une nouvelle fois fait sensation. Et c’est peu dire aux vues des répercussions médiatiques engendrées par une telle collection. Au sein du Gucci Hub, locaux de la maison, Alessandro Michele avait fait installer un podium autour d’un bloc opératoire – lumière blafarde, murs recouverts de PVC vert, et au centre une table d’opération… Le parallèle avec le métier de designer est dès lors posé : « Notre métier est chirurgical : couper, assembler et expérimenter sur une table d’opération » a déclaré le directeur artistique de la maison. Côté podium, les néo-femmes et hommes de Gucci défilaient dans des silhouettes toujours aussi savamment extravagantes – mais pour l’Automne/Hiver 2018, certains mannequins portaient en accessoire une réplique fidèle de leur propre tête. Pour « surveiller sa propre tête et ses pensées » explique Michele.

            Dans ce futur déroutant, Alessandro Michele n’oublie cependant pas d’habiller ces femmes et hommes de tenues oniriques, faisant la part belle à l’héritage de la maison Gucci. En vedette dès l’ouverture du défilé, on retrouve ainsi une blouse délicate et fluide reprenant le mythique motif Flora. Dans ce monde de cyborgs post-humains, où la science domine le présent, les hybrides Gucci piochent toujours dans la gamme iconique de la maison les éléments d’un vestiaire qui repense un peu plus les normes du beau et du laid. Le Flora des années 70 incarne en effet la nature dans toute sa beauté, pour reprendre l’expression de Charlotte Casiraghi.

            Ainsi superposées, les pièces témoignent d’époques passées ici enchevêtrées dans une harmonie follement convaincante. Inspirations médiévales, motifs clés des années 70, lignes de la décennie 80 et gimmick d’un futur science-fictionnel… Un savant mélange de cultures et de symboles. Cagoule, robe de velours bordeaux et veste en lurex or… La Blouse Fluide motif Flora, épouse ainsi naturellement les carreaux marronés dans une équation très Michele. Mais, comme le dit l’actrice Chiara Mastroianni en coulisse : « Sa collection est si riche qu’il faudra du temps pour tout comprendre. » Les autres invités que sont Donatella Versace, Giorgio Armani, Pierpaolo Piccioli et Silvia Venturini Fendi ne pouvaient qu’être scotchés.

La Hogan Galaxy de l’Automne/Hiver 2018

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Forte et fière de son élégance moderne et sophistiquée, c’est sans mal que l’iconique basket H de la maison Hogan s’acclimate du style et de l’audace de l’époque. Il faut dire   que la pièce, inspirée de l’univers du cricket, est adaptée à toutes les circonstances. Des days-off aux virées inopinées, la Hogan a très vite conquis ses galons d’icône de la sneaker. Basket en toile avec ses huit œillets métalliques et semelle contrastante, voilà qu’aujourd’hui l’esthétique originale s’envole pour la quatrième dimension. Concise et précise, la basket H, pensée comme le premier exemple de casual luxury, voyage vers des galaxies inexplorées. Et côté design, la H côtoie évidemment les éléments futuristes.

            La Hogan Galaxy lie ainsi paillettes, scintillement et éléments iridescents – un charisme magnétique qui viendra illuminer n’importe quelle silhouette. La collection de l’Automne/Hiver 2018 puise ainsi dans une grammaire intense et sophistiquée un nouveau motif pour sa basket vedette. De l’argent à l’or en passant par un rose strident, la Maxiplateform H222 s’habille aussi de cuir métallique quand sa plateforme se teinte des couleurs d’un arc-en-ciel galactique – comme brillant sous une poussière de Lune. Autre pièce phare de cette nouvelle collection, une paire de maxi boots lacées et son cuir argenté, avec scintillement doré.

            Dans cette quête du soulier idéal fait pour conquérir la galaxie, Hogan a aussi imaginé pour l’iconique Interactive et la H340 une semelle incurvée réalisée d’un seul bloc ! Aidée d’une nouvelle technique de trempage consistant à métamorphoser les souliers comme s’ils avaient été trempés dans une substance extraterrestre blanche et caoutchouteuse, Hogan distille ici un élément clé de la silhouette à venir. Des morceaux de violet et de vert astral viennent s’appliquer çà et là de façon à magnifier un peu plus les lignes déjà psychédéliques de la collection Hogan Automne/Hiver 2018.