La Minaudière Fusée Chanel Automne-Hiver 2017-2018

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Une fois de plus, le défilé Chanel a clos la Fashion Week Parisienne en mettant tout le monde en émoi : sous la verrière du Grand Palais, ce n’est ni plus ni moins qu’une fusée que Karl Lagerfeld a fait décoller en clôture de son défilé Automne/Hiver 2017-2018. L’installation d’un engin spatial immaculé en PVC de 37 mètres de haut ne pouvait qu’être inspirée par la mission réalisée par l’astronaute Français Thomas Pesquet au sein de la Station spatiale internationale. Karl Lagerfeld a ainsi imaginé les classiques de la griffe de la rue Cambon sous le prisme d’un futurisme aussi maîtrisé qu’imagé.

« Je le trouve très sympathique » a commenté Karl Lagerfeld après le défilé. « Voyager aussi longtemps dans un machin comme ça, moi je serais claustrophobe, mais lui a l’air de s’en sortir très bien, il fait des blagues, j’admire ! » Et c’est ainsi vers le cosmos que la femme Chanel se tourne – un ailleurs mystérieux et optimiste, mais surtout un ailleurs offrant une pléthore d’allégories tant chéries par la griffe Chanel. Ainsi parmi tous les looks ayant défilé, c’est la minaudière fusée qui se fait pièce must-have de la saison à venir. La Minaudière fusée Chanel noir et argent joue ainsi des codes de la maison pour illustrer les rêves d’avenir!

La Veste Sanglée Péplum Automne/Hiver 2017-2018 de Louis Vuitton

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Nicolas Ghesquière a annoncé vouloir « s’affranchir de toutes les frontières et emporter le vestiaire dans un esprit nomade » – fidèle à l’héritage de la manufacture Louis Vuitton, héritage fort de ses inspirations de voyages, le directeur artistique de la griffe livre donc pour l’Automne/Hiver 2017-2018 une collection multiple mais concentrée autour des contrastes. En abolissant un peu plus la distinction entre le vestiaire de jour et l’habit de nuit, Nicolas Ghesquière livre à ses femmes le parfait combo – patchworks de matières et coupes brièvement avant-gardiste, voici qu’une fois de plus il ouvre la sensualité féminine vers de nouveaux horizons.

Techniquement, cela se traduit au travers de patchworks de matières venant accompagner des associations d’imprimés fleuris aussi inédits qu’ils sont audacieux. Fidèle à son esthétique, mais piqué de la légende Louis Vuitton, Nicolas Ghesquière délivre dans la cour Marly du Louvre une femme urbaine naviguant entre les mondes et les styles, mêlant avec une facilité toute Parisienne le sportswear et les inspirations ethniques.

Ainsi, la silhouette phare de ce défilé adopte une attitude neo-masculine dans la coupe et le choix des matières, puisqu’ici c’est le noir et l’allure conquérante qui guident la taille, ici soulignée par une veste péplum. Mais, c’est bel et une ceinture toute sportive qui vient enlacée la taille tandis que la ligne s’affûte au contact d’épaules aiguisées venant donner tout le caractère à cette femme Vuitton.

 

 

La Robe Origami en Cuir Automne/Hiver 2017-2018 de Balmain

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Chez Balmain, il y a longtemps déjà que l’on a décidé de faire du glamour et de la sexyness le cheval de bataille de la femme. Hyper-taillées, hyper-courtes, hyper-architecturées, les robes imaginées par Olivier Rousteing trouvent aujourd’hui un écho tout particulier dans les paroles du groupe Nirvana. Puisque « La femme Balmain est une aventurière des temps modernes », comme le soulignait en backstage Olivier Rousteing, c’est au son de I Feel Stupid de Nirvana, le groupe grunge culte des années 1990, que la Balmain army s’est élancée sur le podium. « La musique et l’esprit de rébellion de ce groupe mythique font aujourd’hui encore écho en moi, constate Olivier Rousteing. Il y a quelque chose de libérateur dans le fait de sortir du cadre, d’aller là où l’on ne vous attend pas. Cette même énergie vitale habite les femmes fortes d’aujourd’hui. »

Justement, ces guerrières triomphantes embarquent dans un road trip à travers le monde – en Amazonie, dans le parc national de Serengeti en Tanzanie… En longues cuissardes, et minijupe origami en marqueterie de cuir, la pièce maîtresse de cette collection Automne/Hiver 2017-2018 déborde de références stylistiques aussi sauvages que fascinantes ! Garni de chaînes d’or, parsemé de perles grenat ou de paillettes d’or mat, velours étincelant, blasons et autres motifs – le maximalisme l’emporte vers une palette composée sur des notes de tribalisme.  Des mini-robes en croco comme découpées au laser sur le corps, la silhouette aussi galbée que sublimée, les voilà qui semblent prêtes à s’élancer, dans des pièces composées de tressages précieux, à l’assaut de la jungle urbaine. Une chose est certaine, les femmes Balmain par Olivier Rousteing n’ont d’ordre à recevoir de personne. C’est ici une féminité rutilante et une flamboyance assumée, et très contagieuse.

 

Le Soulier Bicolore Automne/Hiver 2017-2018 de Chanel

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Sous la verrière du Grand Palais, la maison de la rue Cambon amène ses femmes et leur public dans un voyage interstellaire – inspiré de l’actuelle mission de la Station spatiale internationale, Karl Lagerfeld compose un vestiaire plus que moderne. Des silhouettes faites pour aujourd’hui, mais inspirée des voyages de demain. A l’heure où les premiers voyages lunaires trouvent leur public, la griffe propose une collection Automne/Hiver 2017-2018 plus galactique que terre-à-terre. 

Portée par cette inspiration, la femme Chanel adopte à ses pieds des bottes argentées scintillantes à petits talons avec des collants qui brillent comme la voie lactée. Des souliers bi-colore réinventés donc comme plongés dans l’infini du ciel. Les souliers bi-colore stellaire Chanel se pensent ainsi dans le scintillement infini de ces paillettes aux milliers de reflets iridescents –  un infini plein de mystère qui prend ici des airs de constellations de diamants !

 

La Robe Elfique McQueen Automne-Hiver 2017-2018

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Alexander McQueen a laissé derrière lui une maison riche de légendes, de silhouettes et de jeu de matières aussi osé que distingué. Pour la saison Automne/Hiver 2017-2018, c’est ainsi la nature de Cornwall et la spiritualité païenne qui a inspiré la directrice artistique de la maison, Sarah Burton. En faisant l’éloge de la matière tant adorée par Alexander lui-même, la voici qui fait se juxtaposer sur le podium du cuir souple, de la maille confortable, de la mousseline aérienne, ou encore de la fourrure colorée !

Au commencement de cette collection est ainsi la Cornouaille, son mysticisme, ses ruines médiévales et son paganisme. Puis, Sarah Burton est allée puiser dans les riches archives de la griffe, tout empruntes d’un savoir-faire très particulier, presque disparu. Là, les ateliers McQueen ont travaillé une nouvelle vigueur, et une inspiration sur mesure pour ses pièces auréolées de rites et de surnaturel – les femmes chez Alexander McQueen deviennent ainsi des prêtresses, avides d’esprit et de styles.

Indéniablement, la pièce maîtresse de ce dressing se comprend comme une ode à la sensualité perchée de McQueen : une certaine magie se dégage de cette longue robe ornées de sequins, et finie sur de belles plumes d’autruches. Une belle démonstration de la quintessence du fait main et de la précision virtuose qui sont au fondement même du style McQueen!

 

La Cape Hermès Automne/Hiver 2017-2018

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Nadège Vanhee-Cybulski faisait défiler à Paris une palette de couleurs rétro faisant dialoguer le vert émeraude, le lilas et le caramel. Dans des looks comme assemblés, les détails ici signés pour la maison Hermès donnaient une dynamique particulière, et une modernité à l’ensemble. La directrice artistique de la maison s’est par exemple inspirée des tabliers de cuir portés par les artisans de la manufacture Hermès pour mettre au monde des robes à taille haute, coupées dans du daim.

Mais là où Hermès fait réellement preuve d’audace, c’est dans l’utilisation de matières aussi nouvelles qu’inattendues – du patchwork tricoté aux détails œillet à la taille, le résultat se comprend comme des formes et des détails inhabituels comme les zips. En puisant aussi dans les archives, elle fait ressurgir les imprimés iconiques en soie iconique : les clés de 1965, les mains, les clous et les impressions cachemire des années 1960-1970, se trouvent ainsi apposés sur des chemisiers de soie à la féminité maîtrisée, et à la noblesse assumée.

Mais la pièce phare de ce défilé n’est autre que la cape bordée de cuir. Fidèle à l’inspiration première de la maison Hermès, Nadège Vanhee-Cybulski mue ainsi les couvertures d’équitation traditionnelles en de véritables manteaux ultra désirables. Une façon tout en retenue de twister l’allure de la femme Hermès pour la saison à venir.

 

 

Le Smoking Saint Laurent Version Automne/Hiver 2017-2018

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« L’approche subversive de vêtements de Monsieur Saint Laurent » ainsi le défilé du Mercredi 1er Mars s’annonçait sur cette note. Il faut dire qu’Yves Saint Laurent a longtemps traduit l’énergie des soirées parisiennes, et le tourbillon de la vie de la jet set dans des vêtements injectés de fantaisie, de glamour et d’androgynie. La subversion donc, le masculin-féminin, les seins nus, les robes des années 1980, c’est finalement cette fascination pour le romantisme transgressif du fondateur qui se distille ici le long de pièces tantôt ingénieuses, tantôt audacieuses. Mini robes du soir en cuir drapé, la femme Yves Saint Laurent se mue ici en créature sexy et guerrière, lorsque une échauffée de gants si longs qu’ils forment des manches-sculptures, viennent accompagner son mouvement.

Le tout dessine ainsi une silhouette graphique définitivement ancrée dans ce qu’Anthony Vaccarello définit comme « un romantisme sombre teinté de perversité. J’ai voulu cette collection comme une relecture, un fantasme radical de cet héritage. » Radical donc, le mythique Smoking d’Yves Saint Laurent imaginé pour donner au femme la poigne dans une extrême sensualité se pare ici de revers à strass – un exemple de pièce extraite du classicisme de la griffe et rehaussé d’un style somme toute très impertinent. Un smoking Automne/Hiver 2017-2018 pensé pour accompagner une soirée dans les clubs les plus branchées des capitales du monde !

 

 

 

La Robe Lanvin Automne/Hiver 2017-2018

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« Je me suis inspirée de la danse, de la poésie, de la dentelle, des paysages » annonçait la directrice artistique de la maison Lanvin, Bouchra Jarrar. Pour sa deuxième saison à cette position, la Française signe une ligne de palette strictement monochrome, tantôt alluré d’association iconique, tantôt piqué de matières nobles car atypiques. C’est ainsi qu’un doux rose pastel, un bleu foncé, ou quelques traits de vert et de violet viennent habiller les chemisiers et les costumes coupés dans du satin. Ce sont ici des vêtements pensés pour la femme Lanvin qui se rend à des cocktails – extrêmement soignée. Joliment coupés, les pantalons gabardine taille haute, les jupes et vestes sur mesure se décoraient de volants de tulle et autres insertions…

Un style, une allure, une silhouette purement Parisienne, qui vient ici célébrer les hautes heures de l’élégance Française. Si admirée dans le monde entier, Lanvin est en fait la figure de proue de cette ligne – et aujourd’hui, c’est dans une robe diaphane couleur ivoire, piquée d’empiècement tulle et dentelle que la femme Lanvin veut se glisser. Mais attention, cette femme là s’est entre temps épris d’un mélange des genres somme toute très distingué. En amenant dans l’illustre maison Lanvin sa passion et son remarquable savoir-faire sur le cuir, Bouchra Jarrar fait ainsi subtilement se télescoper le perfecto et la sensualité d’une robe qui n’en finit pas, le tout pour mettre au monde une tenue de soirée pour les femmes qui ont besoin de passer d’un bureau en marbre au petit salon.

 

La Robe Emilio Pucci Automne-Hiver 2017-2018

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Pucci, c’est le chic tout aristocratique d’une maison Italienne où Emilio Pucci, fondateur de la griffe, habillait les riches jet-setteuses en villégiature à Ibiza ou à Marrakech. Mais ça, c’était avant. Notamment avant l’arrivée de Massimo Giorgetti à la tête de la direction artistique de la maison en 2015. Depuis, l’homme aime à reprendre les codes iconiques de la griffe pour les fondre dans une silhouette intemporelle car jouant sur la sensualité simple et vaporeuse.

Glamour, la collection se compose ainsi autour d’une explosion de couleurs ! Orange, vert pomme, rose, les couleurs respectent au pigment près celles des archives ; des couleurs tourbillonnantes dans le style original qu’était celui d’Emilio Pucci. Pour l’Automne/hiver 2017, la femme Pucci reprend ainsi son rôle de jet-setteuse, incontestablement flamboyante dans des toilettes fraîches et légères…

Jamais statiques, les iconiques motifs Pucci viennent ici prendre forme sur une robe vague, sensuelle où se dessine ainsi les ondulations sérigraphiés… Une pièce qui attire le regard et monopolise l’attention tant elle incarne tout du récit d’Emilio Pucci, « le prince des imprimés » qui fit de Capri la destination où le style et le plaisir s’allièrent dans l’exercice du vêtement !

 

Le Flora Suit Automne/Hiver 2017-2018 de Gucci

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L’originalité de Gucci semble définitivement de retour. Ancré dans la tradition Italienne, mais en adorant tout autant ce qui fit la grandeur de la mode par Gucci, Alessandro Michele déploie sa créativité débridée le long d’une ligne Automne/Hiver 2017-2018 mettant en scène pour la première fois des hommes et des femmes aux allures de caractères cinématographiques.

Le directeur artistique de la griffe continue en effet d’enrichir sa partition romantique aux accents rétro, mais cette fois-ci, c’est sur fond d’inspiration bucolique qu’Alessandro Michele compose une ligne postmoderne où les références tirées d’époques aussi diverses que variées se télescopent avec génie. En inaugurant ainsi la Fashion Week de Milan, l’homme a en réalité repositionné un peu plus la ville dans les rails de la planète mode : détachée, rêvée et incommensurablement allurée !

Et parmi la profusion de looks ayant défilé, la silhouette numéro 5 retient une attention toute particulière. En apposant en effet le mythique motif flora sur un costume aquarelle presque onirique, Alessandro Michele mêle à l’héritage de la maison la décomplexion des jeunes générations du nouveau millenial. Avec la main d’un alchimiste, transformant le très beau et l’étrange en des vêtements d’un pragmatisme aussi sublime que facile, il signe ici une collection Automne/ Hiver 2017-2018 au coffin du chimérique.