La Robe Gipsy Isabel Marant

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Une garde robe toute à la Française, ou, à la Parisienne comme on aime à le répéter. Les pièces présentées dans le Jardin des Plantes distillent en effet un sens du détachement tout Marantien. Romantique, épurée dans l’inspiré, la collection de l’Automne/Hiver 2017 précise une femme tout simplement canon. Sensualisée dans de longues robes, racée dans la précision des mélanges, la femme inspirée par Isabel Marant déploie une classe échevelée.

Il se trouve en effet qu’elle aime à travailler le sens du détail, et la tendance ici se précise –  la maxi ceinture à grosse boucle vient urbaniser des robes vaporeuses, ou rendre le chic à un blazer croisé. La silhouette maîtresse du défilé : en amorçant instinctivement la composition des ces pièces, Isabel Marant signe là un complet idéal pour les soirées – pantalon noir avec bande de strass, accompagné d’une veste plus que cintrée. Voici en quelques mots l’équation du look iconique de la collection Isabel Marant Automne/Hiver 2017 – le glamour suavement cosy rock.

Mais ça, on le savait déjà. L’une des pièces maîtresse du dressing Isabel Marant de la saison à venir est bel et bien cette pièce ultra désirable – une robe gipsy un peu champêtre à la romance plutôt dark qui touche du doigt ce que les cool girls recherchent. Sur les épaules du mannequin Edita Vilkeviciute, la robe est ici associée à des maxi bottes signature même de la griffe – assurément, voici la silhouette must have et une tendance de l’hiver à venir !

 

La Robe Extra-Longue Ann Demeulemeester Automne-Hiver 2017-2018

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Ann Demeulemeester n’est aujourd’hui plus à la tête de sa maison, mais sa griffe, elle, poursuit cette exploration des sentiments et des rêves sous le trait de crayon de Sébastien Meunier, et ce, depuis 2013. En poursuivant ainsi la composition pragmatique de la poésie et du romantisme, le designer travaille une approche personnelle – après tout, Demeulemeester est un label de créateur, fait pour que les gens y puisent leur style.

Pour l’Automne/Hiver 2017-2018, Sébastien Meunier a ainsi travaillé la ligne directrice et iconique de la griffe en développant l’idée d’ « une fille très romantique qui mélange sa dentelle et ses vieux vêtements. Elle veut faire la fête mais dans un mood différent. » En toile de fond, les paroles imagées des Velvet Underground & Nico chantant All Tomorrow’s Parties accompagnent les hédonistes sublimés par Ann Demeulemeester. Dans cette robe extra-longue, fluide et exceptionnellement sensuelle, la fille Demeulemeester de la saison prochaine traîne avec elle une sorte de mélancolie intellectualisée.

Une pièce maîtresse de ce vestiaire extrêmement complexe mais d’où ne se transmet qu’une sensation d’extrême simplicité, une fois de plus. Une émotion rare et une beauté déverrouillée, qui est la signature même de la maison Anversoise. Affranchis de la délicatesse toute punkish de la fondatrice, Sébastien Meunier forge encore un peu plus une certaine nonchalance poétique, sans pour autant fouiller dans les archives. Il y a du noir, du blanc, de la dentelle délicatement brodée presque ton sur ton et des envolées de fleurs en transparence, qui provoquent les applaudissements, à juste titre !

La Pièce Ludique Courrèges de l’Automne/Hiver 2017-2018

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Depuis qu’ils sont à la tête de la direction artistique de Courrèges, Sebastien Meyer et Arnaud Vaillant semblent réinjecter une dose efficace d’avant-gardisme et de style aux codes iconiques de la maison. Expérimentation, science-fi et véritable amour du vêtement et de la matière, le duo de designers s’attache à dépasser les limites du corps pour inventer ou plutôt pour réinventer des silhouettes aussi uniques que désirables, et ce à chaque saison.

Il y a exactement cinquante ans, Courrèges débutait la production de sa collection éponyme au même endroit – dans ces ateliers Rue François Ier, en 1967. Pour l’Automne/Hiver 2017-2018, le duo a ainsi fait le choix d’une présentation-exposé, qui n’est sans rappeler l’apostrophe du tout premier défilé ! S’ils ont pris le temps d’expliquer au par-terre présent leur démarche créative, c’est principalement car  Sebastien Meyer et Arnaud Vaillant  aiment à mettre le vêtement, sa construction, sa technicité et son intellectualisme au cœur de toute l’activité de la griffe. Photographiés par Reto Schmid, les portraits qui en résultent ont été exposés dans la pièce, fermant le cercle d’un spectacle progressif.

Ingénieusement repensées, les célèbres faits de Courrèges se trouvent ici quelque peu modernisés, ou plutôt conjugués à l’écriture Meyer et Vaillant – ce sont des couleurs, des pièces tantôt urbaines tantôt décalées qui charment aujourd’hui l’audience. Des blousons croppés aux mini-jupes colorées en vinyle, aux trench-coats devenus vestes, aux manteaux techniques et aériens, toujours vernis : ici se construit une collection comme un dialogue avec les icônes de la griffe. Pièce maîtresse de ce défilé Automne/Hiver 2017-2018, cette robe aux découpes flatteuses et bien pensées qui assure d’être le must-have Courrèges de la prochaine saison!

La Robe Chaste Pièce Maîtresse de Valentino Automne-Hiver 2017-2018

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Epoque Victorienne et Groupe de Memphis. Telles sont les deux antagonismes que Pier Paolo Piccioli a tenté de rassembler dans au cœur de la collection Automne/Hiver 2017-2018 imaginée pour la maison Valentino. Et il est vrai que le gouffre est sans nom – sans entrer dans les détails, le directeur artistique de la maison Romaine conjugue ici la douceur et le monochrome des lignes antiques aux expérimentations drôles, enfantines et surtout axées sur la couleur tant travaillé par le Groupe de Memphis – mouvement de design et d’architecture Italien initié dans les années 80.

Et justement, dans sa note d’intention, la maison Valentino dévoile l’envie de réunir les contraires, de créer une harmonie pour faire dialoguer ce qui ne s’impose pas comme une évidence : « le victorien et Memphis, la fantaisie et les mathématiques. » Et le pari fut merveilleusement tenu ! Dans des pièces plus désirables les unes que les autres, les femmes de la saison prochaine se saisissent de cette espièglerie intellectualisée pour se sublimer dans des pièces à la coupe aussi vaporeuse que flatteuse. Des vestales pop art, quoi qu’il s’agit là du mouvement Memphis !

Ainsi, la pièce maîtresse de cette collection demeure cette robe chaste et éblouissante des rêves futuristes Italiens – ornementée à la manière de hiéroglyphes postmodernes, on y voit des mains, des bras, des chiffres, des fleurs et tant de couleurs qu’on ne peut qu’admirer une pièce composée comme un conte de fées ! Une pièce flottante, vaporeuse et sensuelle, absolument cosmique.

 

 

Le Manteau Smoking Céline Automne/Hiver 2017-2018

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On le sait, la femme Céline est une cérébrale, de celle qui pousse l’intellectualisme jusque dans les coutures de ses vêtements. Elle, c’est la féminité définie par Phoebe Philo ; ou plutôt une attitude, celle d’agir comme bon lui semble, hors des tendances, hors des catégories. Pour l’Automne/Hiver 2017-2018, c’est ainsi une collection épurée mêlant un maximalisme maîtrisé qui défilait sur le podium Parisien. Avec ses monochromes élégants, et ces touches de couleurs inattendues notamment dans des écharpes XXL d’un vert étourdissant, la silhouette Céline  se travaille dans une radicalité décomplexée.

Plus qu’un défilé de mode, les shows Céline relèvent d’une véritable expérimentation physique et sensorielle. Fond sonore dissonant, scénographie brute : Phoebe Philo semble vouloir confronter la justesse de ces créations à un espèce de chaos finalement très proche de la réalité urbaine. Dans l’enceinte du Tennis Club de Paris, les femmes Céline expriment ainsi une déclinaison de l’habituel workwear.

Piège maîtresse de ce dressing, un magnifique manteau smoking élégant et aux propositions percutantes. Au contact d’une épaisse ceinture nouée autour de la taille façon japonisante, la juxtaposition gagne en coolitude – une façon d’exposer une fois de plus que l’intellectualisme rime souvent avec allure et l’avant-garde ; du moins, entre les mains de Phoebe Philo.

 

 

 

 

 

 

 

La Robe Baby Doll Automne-Hiver 2017-2018 Balenciaga Réinventée Par Demna Gvasalia

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Les défilés Balenciaga sont depuis toujours l’occasion de réinventions : déjà sous l’ère Nicolas Ghesquière, et à présent sous le joug de Demna Gvasalia, les pièces vedettes de la griffe se réinventent toujours avec un soupçon d’avant-gardisme. Pour la saison prochaine, à l’occasion du centième anniversaire de la maison, tout est parti d’un geste – un geste exhumé de photos d’archives. Le directeur artistique a en effet remarqué à quel point les femmes en Balenciaga aimaient à chalouper leur manteau ou leur veste sur une épaule. Alors il plaça les boutonnages haut sur l’épaule pour une gestuelle « très madame, très rétro » selon les mots de Gvasalia lui-même. Ainsi, le vêtement se construit autour de ce point de gravité pour donner naissance à un port du vêtement somme toute inédit, inspiré pour des horizons plus contemporains.

Trois décennies d’archives de Cristóbal Balenciaga furent ainsi explorées pour imaginer la collection Automne/Hiver 2017-2018. Et puisque Demna Gvasalia est avant tout là pour bousculer les codes, et innover le vêtement plutôt que la mode, il est presque rassurant de découvrir des jupes couture  comme coupées dans des tapis de voiture. « Une fusion entre élégance et modernité » dit-il à l’issue de son défilé. Les volumes sont basculés, bousillés, vrillés, mais les archives guidant cette exploration, le designer a fini par adopter les pièces iconiques du vestiaire Balenciaga.

Petit à petit, l’alchimie entre ce designer sociologue et la maison de couture semble prendre forme de façon très intéressante. Pièce-vedette de ce défilé, la Robe Baby Doll en satin, fluide et maximale, se révèle des plus désirables ! Une attitude finalement en phase avec l’époque, qui prône une révolution quant au classicisme ambiant. Assurément, elle est ici l’icône de demain.

 

Le Manteau Follement Sixties de Chloé Automne/Hiver 2017-2018

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« Je voulais qu’on se souvienne de moi pour avoir introduit une touche britannique à cette maison française. Ils ont toujours eu des créateurs anglais, mais je souhaitais apporter l’influence et les références culturelles avec lesquelles j’ai grandi. J’arrive aujourd’hui avec ces pantalons de sport, ces chemises de bûcheron et ces références musicales qui sont importantes en Angleterre. Je voulais que tout cela fasse partie des codes de Chloé » annonçait  Clare Waight Keller. Il faut dire que la directrice artistique a clairement réussi son pari. En injectant une dose de ce cool Britannique à l’esthétique de la fille Chloé, Clare Waight Keller a définitivement rajeuni l’esprit de la fondatrice,  Gaby Aghion. Backstage, elle décrit d’ailleurs la fille Chloé à son arrivée en 2011 comme « beaucoup plus douce qu’aujourd’hui » ; pour sa dernière collection, c’est ainsi une attitude un brin psychédélique et encanaillée qui accompagne la fille Chloé.

Oui, « la fille Chloé reste une fille. Ce n’est pas une femme. Une fille très sûre d’elle et très féminine » et c’est à ce titre qu’elle se déploie dans une garde-robe inspirée du film d’animation Yellow Submarine de 1968 – assumant ses délires psychédéliques et ses rêves éveillés. On retrouve les contours des visages sur de grosses mailles, les volutes hippies à travers les imprimés moutarde et kaki (dessinés à la main) des robes courtes et légères.

Dans les pièces, cela se traduit aussi et surtout dans ce manteau aux ondulations légères, et à la teinte friande – court et alluré de boutons bambou, coupé dans un ton pastel d’eau, le must have de la saison Automne/Hiver 2017-2018 se comprend ici avec une attitude chic et cool… Légère et un côté un peu tomboy, un mix féminin-masculin, la pièce maîtresse du vestiaire de Clare Waight Keller promet de ravir les aficionados de la maison Chloé, au moins une dernière fois.

 

 

La Nouvelle Equation Paco Rabanne Automne/Hiver 2017-2018

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Parce que l’héritage Paco Rabanne réside dans une curiosité intellectuelle et un enthousiasme certain lorsqu’il en vient à explorer les matières, la tâche de composer un vestiaire cohérent pour l’automne-hiver 2017-2018 avec une base expérimentale, et presque naïve des années 60, aurait pu s’avérer un brin casse gueule. Mais voilà que le nouveau directeur artistique de la maison prend le pari d’éviter le cliché et, avec émotions et sincérité, vient présenter à Paris une vision sophistiquée, crédible et finalement très pop des icônes Paco Rabanne  !

Lorsqu’en 2013 Julien Dossena rejoint la maison en tant que directeur artistique, il reprend en effet une griffe à l’agonie – une signature futuriste qui ne faisait plus rêver grand monde. Aujourd’hui, quelques quatre années plus tard, Julien Dossena fait de Paco Rabanne la griffe  d’un casual avant-gardiste qui fit son succès au siècle passé. Cette saison, les coupes de ses silhouettes asymétriques, où se mêle différents matériaux, viennent draper et libérer les épaules pour un style tantôt sportif, tantôt technique, mais hautement désirable !

La pièce vedette de ce défilé résume à peu près tout de l’idée de Dossena : confortable et praticable, la robe se compose de deux tissus différents pour un côté enveloppant et body-conscious – une maille moelleuse développée dans un esprit de vêtement de danseurs. Mieux, une fois retranscrit dans l’ordinaire de la rue, il est à parier que cette tenue ne devienne hyper pointue – comme un spectacle d’une simplicité d’enfer, en fait intégré à l’esprit visionnaire de Paco Rabanne ! Toute l’équation du must have de la saison prochaine en somme.

 

 

 

La Veste Voie Lactée de Chanel pour l’Automne/Hiver 2017-2018

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La nouvelle collection a été baptisée Chanel Ground Control – et il faut dire que l’immense verrière de la nef du Grand Palais avait en effet tout d’une rampe de lancement. Mais il s’agit avant tout de mode et non de technologie, alors c’est vers les cieux et notamment la poésie des étoiles que Karl Lagerfeld a choisi de mettre en avant lors de cette collection Automne/Hiver 2017-2018.

Sur un podium blanc immaculé, autour de l’imposante fusée, « pour décoller de la réalité » a ainsi défilé toute la fantaisie spatiale de l’un des derniers grands couturiers de la mode Française. L’une des pièces les plus mémorables de cette collection, c’est cette veste en tweed bleu nuit étoilée rehaussée de galons perlés, comme décalquée de la voûte céleste. Une silhouette habillée, originale et hautement désirable – une pièce à l’émotion certaine ! 

 

 

 

Le Tailleur Chanel Version Automne/Hiver 2017-2018

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La saison prochaine, Chanel va littéralement dans l’espace – et Karl Lagerfeld a même pensé à la fusée ! Après sa collection Data Center pensée pour le Printemps/Eté 2017, l’idée d’une femme Chanel dans l’espace a comme éclos dans l’esprit du directeur artistique. Dans le décor du Centre de lancement N°5 disposé au coeur du Grand Palais, au pied d’une immense fusée de 37 mètres de haut, près de 90 mannequins ont présenté le chic absolu lorsque l’on vient à penser à quelle tenue prendrions-nous dans l’espace. « C’est un voyage dans le ciel, au coeur des constellations, dans le sillage de l’astronaute Thomas Pesquet » explique Karl Lagerfeld.

Futurisme et touches rétro donc, l’iconique tailleur Chanel se réinvente comme pour accueillir le casque indispensable à une virée en apesanteur. Dans un trompe-l’oeil subtil mais ultimement technique, ses manches aux épaules carrées semblent sortir d’un gilet superposé. Les poignets sont couverts de longues mitaines argentées. Mais le plus frappant, c’est cette anneau rigide pensé comme sur la tenue des astronautes, reproduit ici comme une équation inédite du col de la pièce mythique. Comme s’il était prêt à recevoir des casques à l’heure d’une sortie dans l’espace, fixé au vêtement, il donne une touche de modernité au classique des classiques.