La Robe Chemise d’Opening Ceremony Automne-Hiver 2015-2016

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Opening Ceremony tire son nom de la légendaire cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Nom emprunté à la métaphore même de l’ouverture sur le monde, Opening Ceremony part à la conquête de nouvelles cultures, s’attachant à mêler l’art à la mode, dans une modernité absolue. La créativité bicéphale de la maison new-yorkaise s’énamoure ainsi du travail photographique de Spike Jonze, réalisé de 1985 à 2005, et en vient à réifier dans des vêtements fonctionnels tout l’art du Kodak et des couleurs surannées, ou surexposées, on ne sait plus trop.

Parmi les 28 pièces ayant défilé, la robe chemise d’Opening Ceremony renferme et expose l’inattendu de la collection. Une robe chemise donc, à la coupe minimaliste qui, avec son allure de shirt jacket, capture le regard par son teint orange pastel. Mieux, moucheté par la trempe du tissu d’un matériau inattendu, la robe définit une silhouette détendue et habillée. En somme, un beau formalisme des années yé-yé !

L’Imprimé Habille la Femme Pucci Automne-Hiver 2015-2016

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On raconte que Peter Dundas a puisé l’inspiration de sa collection automne-hiver 2015-2016 de ses heures passées à observer les étoiles. C’est sans doute pour cela qu’il déclara qu’il s’agissait là d’une « collection très personnelle ». Et en effet, là-haut, au milieu des orbes brillants et de la mystérieuse Voie Lactée, Dundas tire des imprimés où le noir et le blanc se mêlent à la couleur – cette couleur héritée de ses souvenirs d’enfant où sa mère, célèbre violoniste, arbore à tout jamais des tenues chatoyantes. Ainsi donc, sans s’éloigner de l’esprit seventies qui plane sur l’hiver prochain, le directeur artistique de Pucci habille sa femme d’imprimés enivrants.

Psychédélique, on se croirait tout droit envoyé dans les méandres du passage d’Alice aux pays des merveilles. Les imprimés se portent de la tête aux pieds, même sur les cuissardes. Les couleurs vives et chatoyantes s’entremêlent et se démêlent sur des pièces à la longueur démesurée et, quand la femme Pucci ose encore et toujours plus, c’est invulnérable et le pas allongé qu’elle trace sa route. Dans ces imprimés géométriques et ce kaléidoscope de couleurs, une certaine aristocratie demeure ; mais une aristocratie tout Puccienne, caractérisée par des tissus vaporeux et des pantalons larges taille haute. C’est donc ça, la bohème à la Pucci.

Le Poncho Chloé Automne-Hiver 2015-2016

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C’est certain, la saison prochaine, la fille Chloé ne craint ni de revendiquer son romantisme, ni d’exacerber sa féminité. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Chloé est élégante, un brin hippie, mais c’est surtout un esprit terre-à-terre qui aime mêler le masculin au féminin. Ainsi donc Clare Waight Keller se prend à la glisser dans des vêtements aux accents folkloriques ; fluides et aériennes, les pièces scandent toute sa séduction. Car oui, la femme Chloé séduit sans en avoir l’air, la nonchalance chevillée au corps.

Dans une robe poncho en patchwork de maille géométrique, Chloé n’a pas son pareil pour incarner cette féminité légère et naturelle. La coupe est fluide, les couleurs sont douces, et les détails sont si soignés que le mix & match n’en devient que plus que désirable. Cette pièce est délicieuse et réconfortante – preuve en est, ces manches si longues qu’elles ne laissent percevoir que le bout des doigts. La collection Chloé est ainsi ; le vêtement donne un état d’esprit. L’hiver prochain, donc, les westerns girls de Chloé se font encore plus désarmantes de naturel.

Le Blazer Pailleté Roberto Cavalli Automne-Hiver 2015-2016

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Roberto Cavalli reste fidèle à son ADN en présentant des silhouettes résolument séduisantes. Le designer italien résiste à l’appel des seventies, préférant, lui, exalter l’étranger. En prétextant le voyage dans l’ailleurs ou, plus précieusement, vers l’Orient, la collection Cavalli recèle des influences chinoises. Et c’est ainsi que le designer glorifie les imprimés et les matières qui, inspirés par le film « In the Mood for Love » de Wong Kar-Wai, prolifèrent de la même manière tout au long de sa collection.

Et parmi les 53 silhouettes ayant défilé, le blazer pailleté relève absolument de cette inspiration. Il faut dire que Roberto Cavalli n’a pas son pareil pour ensorceler le caractère urbain de ces silhouettes – ici, le couturier intègre à une couture plus masculine la sensualité des paillettes. Le blazer pailleté Roberto Cavalli est une veste très structurée qui se promène sur une silhouette hivernale noble et élégante. Le revers satiné et poches plaquées achèvent, eux, de l’élever à une élégance subtilement décontractée.

Le Trench Imprimé de Burberry Automne-Hiver 2015-2016

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On le sait, Christopher Bailey est fasciné par le rythme et le changement du monde. Pour autant, voici que le directeur artistique de la maison Burberry s’éprend, s’amuse, et éprouve même un certain bonheur à l’idée de ralentir la marche du monde – du moins, à son niveau. La collection se nomme Patchwork, Motif et des Tirages… C’est ainsi qu’il se mit à réfléchir sur le trench au prisme d’une réalité : il est une pièce qui se transmet de génération en génération, un héritage qui parfois remonte à son statut de manteau des tranchées… Le voici qui se confie alors sur son désir de léguer de nouvelles pièces patrimoniales.

Dans ce vestiaire post-hippie, la palette est chaude : du bordeaux au bleu canard, on passe par des nuances vert bouteille et ocre. Le kaki, l’orange et le vert turquoise se déclinent et s’entremêlent sur des pièces résolument ethniques. Et le fameux trench ceinturé se revisite sous des influences bohèmes. Inspirée des artisanats nationaux, l’esthétique hippie est portée à un tel degré de raffinement que le trench à motifs fleuris est un véritable hommage à scène folk des années 60-70… Un témoignage de la richesse et de la force de proposition de la griffe.

Le Manteau Bestiaire de Fendi Automne-Hiver 2015-2016

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C’est en toute discrétion que Karl Lagerfeld a présenté la semaine passée sa cinquantième collection pour la maison Fendi ; une collection un peu particulière, puisque c’est à l’architecture du Palazzo della Civilta Italiana, palace italien symbole du fascisme, que les pièces empruntent leurs lignes si structurées. L’analogie peut surprendre, mais en réalité, l’édifice sert aujourd’hui de siège à Fendi. Alors, oublié le passé, les formes structurées et les motifs géométriques subliment désormais la femme Fendi d’une allure noble et chic. Karl Largerfeld use ainsi de cette maîtrise absolue de la découpe pour composer une collection bluffante et épatante, tout simplement.

Et parmi la multitude de pièces ayant défilé à Milan, la femme Fendi dévoile sa flamboyante nature dans un manteau bestiaire agréablement subversif. Si l’allure Fendi a du caractère, elle s’adoucit néanmoins et se féminise au grès de longues coupes. C’est ainsi un long manteau en fourrure de renard, teinté d’un blanc crayeux, qui vient littéralement protéger Lindsey Wixson. La pièce est spectaculaire : une coupe très volumineuse, luxueuse et ô combien audacieuse. Une chose est certaine : la femme Fendi est une femme à tempérament raffinée au possible.

La Cape Oversized de Mulberry Automne-Hiver 2015-2016

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Depuis les collines du Sommerset où sied la manufacture de la marque depuis sa création par Roger Saul en 1971, Mulberry distille un esprit anglais, entre chic et fantaisie, à travers le monde. Johnny Coca ne prendra ses fonctions de nouveau directeur artistique de la maison qu’à partir de l’an prochain. En attendant, l’équipe en place a uni ses forces, son talent et ses savoir-faire afin de composer une collection automnale très patriotique. Pour la saison 2015-2016, Mulberry allure ainsi ses belles de pièces discrètes et élevées, centrées autour de motifs tantôt inspirés par la campagne anglaise, les demeures et les cottages de l’époque géorgienne, tantôt imprimés feuille de chêne, référence à William Morris et à son mouvement Arts and Crafts. Au fil des passages, sur des vêtements frôlant sans façon la perfection, broderies et imprimés côtoient les tissus jacquard d’antan – absolument élégant !

Du bleu au rose poudré, en passant par les coloris Earl Grey, les couleurs associent à des tons unis et neutres une nuance rouge brique des plus British. Et on la retrouve justement sur la cape oversized aux lignes graphiques ; en filigrane, sur un ton plus froid – le blanc cassé – les ateliers prennent soin de la peindre à la main sur du cashmere tricot Donegal… Une pièce à l’élégance mystérieuse, piquée par une capuche et un cordage fin et délicat : l’équation du raffinement Mulberry.

La Maille Missoni Automne-Hiver 2015-2016

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« La collection fait allusion au monde du dessin, des costumes parfois exagérés façonnés par de célèbres artistes d’opéra. » Angela Missoni livre pour la griffe une collection éprise d’Orient ; de ses propres mots, « l’ambiance révèle une charmante jeune fille de Shanghai éprise de la tradition chinoise. » C’est ainsi emprunt d’audace et de graphisme que le designer appose l’iconique zig-zag italien sur des silhouettes tantôt oversize tantôt ultra-moulantes. Mais, l’hiver prochain, les couleurs s’électrisent : du blanc, du noir, du rouge vif à la lumière orange et du vert de chaux, le tout adoucit dans des tons pastel et poudrés allant de l’abricot au bleu, en passant par le gris.

Ainsi donc, la maille Missoni investit vestes longues et capes à la coupe masculine piquée par endroit de revers étroits. Parfois, on aperçoit un motif jacquard se dilatant comme jamais, dénaturant de la sorte l’identité abstraite, spectaculaire et emblématique du zig-zag Missoni. La femme de l’hiver prochain est, en somme : ultra féminine, joueuse, et pleine de liberté !

Le Gant Manche Martin Margiela Automne-Hiver 2015-2016

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Tout droit sortie de l’univers rétro-futuriste des années 90, la collection Automne-Hiver 2015-2016 de la ligne MM6 relève d’une expérience chimique très compliquée. Tout au long du défilé l’on découvre en effet des pièces très techniques mais néanmoins poétiques. En concentrant l’ADN de cette collection autour de la notion de survie, la ligne MM6 Martin Margiela ne pouvait mieux sied son temps et l’engagement de son fondateur. Ainsi, le concept de survie relève tantôt de la réutilisation de matériaux récupérés tels que la bâche de camion ou le caoutchouc recyclé, tantôt de la recherche d’effets montrant le passage du temps, comme les éclaboussures de peinture sur les uniformes de travail.

Le résultat vient ainsi à concilier deux mouvements : le conceptualisme Margiela et le classicisme des pièces, à l’instar du gant d’opéra. Le gant manche MM6 a cela de l’exécution parfaite : en cuir noir, remontant le long du bras, il incarne parfaitement l’idée des textures abritantes. Mieux, sa forme rigoureuse touche à l’hybridation, fusion réussie d’une mode qui réinvente le genre.

La Maille Rayée Sonia Rykiel Automne-Hiver 2015–2016

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Runway en moquette bleue, imprimé de bouches et raisins carmin, pour son second défilé à la tête de la griffe du chic parisien, Julie de Libran imagine une collection d’inspiration Nouvelle Vague. Combinant le fun au chic, le classicisme au futurisme, la nouvelle directrice artistique de la maison Rykiel ordonne de jolies silhouettes qui fonctionnent sans une once de préciosité. Et, puisque la maille est l’ADN même de Sonia Rykiel, l’Automne-Hiver 2015-2016 est l’occasion de recontextualiser l’icône de la maison.

Du lamé, du noir et du bleu marine : la femme Sonia Rykiel est un oiseau de nuit subtilement apprêté, qui ne veut surtout point trop en faire. Ainsi, en sequin ou tissées dans la maille, les rayures jouent à se fondre et à se confondre dans la matière de prédilection de Sonia Rykiel, quand les couleurs ressemblent au noir sans être du noir… Le tout donne une allure décontractée, efficace, et puissante ; une silhouette emblématique et chère au clan Rykiel.