Le Mocassin Héritage Gucci Printemps-Été 2016

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Inspiré par la nature et ses faits, Alessandro Michele livre une collection tout en excentricité contrôlée. Sa vision de l’héritage Gucci, Alessandro Michele la déploie dans une imagination, dans une poésie qui s’éprend de n’avoir pour autre jugement que l’esthétique seventies ; une émotion toute savante et sans prétention. Il est vrai que les femmes Gucci ressemblent cette fois-ci plus à des filles conscientes de leur quotient sensuel que de leur portée sexuelle : c’est au gré d’un vocabulaire stylistique riche qu’il signe une silhouette citadine et appliquée. Et c’est ainsi qu’avec un brin d’insolence rétro, l’iconique mocassin à mors se réinvente sur les bases du chic Gucci.

Il faut dire qu’Alessandro Michele sait y faire : à la tête des accessoires depuis 2002, il a su se faire l’expert du cuir et du style de la maison. Mais cette fois, il impose le raffinement kitsch de sa signature. Un stylisme audacieux qui l’amène à imaginer pour le Printemps/Eté 2016 le néo-mocassin Gucci. Reprenant l’emblème du mors de la griffe, qu’il appose avec grâce sur un demi-mocassin, le voilà qui élève le soulier au rang de must-have absolu. Embellie d’une sagesse particulière, Alessandro Michele parvient à le faire entrer dans une contemporanéité bien choisie.

La Nano Malle Louis Vuitton Printemps-Été 2016

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Ce fut une collection futuriste qui défila la semaine passée à Paris sous la bannière Louis Vuitton – une collection composée comme la fusion des derniers résultats de la technique jumelés au savoir-faire ancestral de l’artisanat Vuitton. Et, pour la première fois depuis son arrivée au sein de la direction artistique de la maison, l’un des designers les plus intrépides de sa génération impose sa patte cybernétique au sein de l’identité Louis Vuitton. Le luxe se fait urbain, comme une évidence. Entraîné dans une néo-métropole, le futur engageant imaginé par Nicolas Ghesquière est tout simplement fascinant : une allure futuriste mais réelle, accentuée par des motifs galactiques tirant vers le gris et le bleu, à l’image du cosmos. Sur ces silhouettes très conquérantes, Ghesquière vient pourtant imposer le monogramme LV, estampillé sur des vestes et des blousons en cuir… Oui, le Printemps-Été 2016 est tout de cuir et de métal chez Louis Vuitton.
Conquérantes, dynamiques et incroyablement censées, les silhouettes ayant défilé la semaine passée jouent des contrastes et des superpositions chères à Nicolas Ghesquière : les cuirs souples jamais agressifs élèvent l’allure Vuitton vers un pragmatisme très avant-gardiste. Et c’est ainsi que les looks s’affranchissent des carcans de la féminité. Les silhouettes ont en effet un côté androgyne, avec des gilets d’homme, des pantalons ou bermudas fluides… Et comme à chaque saison depuis son arrivée, Ghesquière aime actualiser les pièces iconiques de la maison Louis Vuitton au contact d’un flow crazy-cool. Pour la saison prochaine, la mini-malle LV imaginée l’an passé se présente cette fois-ci dans une version nano : des courbes inédites, à portabilité extrême. En cuir épi, décoré ou non, la nano-malle Louis Vuitton possède des coins circulaires ; une forme inédite et fantaisiste donc, qui se porte du bout des doigts au travers d’une hanse pas plus grande que cela ! L’espièglerie assumée de Ghesquière vient donc ici mettre au monde un nouveau sac iconique pour la maison Louis Vuitton – assurément !

Le Ballet Russe, Eternel Icône, par Yulia Yanina

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La maison Yanina couture a cela de grandiose qu’elle jouit d’un charme unique, et d’une aura emprunte de mystère – sans la fondatrice, Yulia Yanina, rien de cela : imprégnée de l’essence de la grande Russie d’antan, poètes et chorégraphes semblent aujourd’hui guider son crayon vers un amour immodéré pour les belles matières. Un romantisme assumé jusque dans les détails de la collection automne-hiver 2016.

Pour ouvrir le défilé, Déborah Hung, femme d’un milliardaire chinois, incarne l’idéal Yanina en robe blanche très couture. Oui, la maison invite au ballet russe, très stylisé : l’interprétation couture du Lac des Cygnes orchestre ainsi des silhouettes au port de tête altier et des robes composées de sublime agencement de tulle à tutus, de broderies, de taffetas et de velours… 

Enchantée et poétique la mise en beauté est légère et aérienne, tandis que le graphisme des robe atteint le paroxysme des arabesques. Élégant, le tissu s’emporte de gris perle et argenté, tandis que dans des teintes nuageuses les broderies élèvent la collection au rang de fantasme réifié. Un succès.

La Robe Oroton par Versace

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Gianni Versace fut un couturier hors-norme : du laid, l’Italien fit le beau, le sublime même ; l’attrait de tout ce qui brille l’amena ainsi à créer au plus près du style de la Calabre, cette région italienne située à l’extrême sud-ouest de la péninsule. De cet héritage, Gianni a bâti l’empire Versace, résumé par la volonté d’élever le corps au rang des idoles italiennes. Il aimait d’ailleurs à dire : « J’aime le corps humain. J’aime créer tout ce qui pourrait toucher au corps humain. » Et il le fit.

Dans les années 80, la mode est à l’excessif, au baroque et aux possibles. Dans cette fashion sphère, Versace domine : en 1982, le couturier à l’idée d’une création qui donnerait l’illusion que celle qui la porte est couverte de métaux précieux liquides. Et c’est ainsi que cette fascination pour le métal est née la robe Oroton. Avec un artisan allemand, appelé à travailler une matière couplant la souplesse de la soie et la texture unique du métal, Gianni Versace mis au monde des pièces si sensuelles qu’elles devinrent l’apanage des héroïnes eighties.

La technique consiste à assembler sans les relier de petits disques de métal entre eux, en les attachants en 4 points à une maille de métal. La fluidité de la matière donne ce sentiment très spécial que le corps est paré d’un métal liquide. Le tissu doux tombait à la perfection. En plus d’avoir créé une matière absolument unique, Versace se fera prodige en la travaillant comme n’importe quel autre tissu, faisant fi des difficultés de montage. Avec un sens de l’artisanat d’exception, l’artiste su ainsi célébrer les formes féminines, donnant le pouvoir à toutes les femmes du monde. Ce fut dans les 80’s Naomi Campbell, quand aujourd’hui Lara Stone, ou encore Karlie Kloss porte haut l’héritage de la maison.