Une Porsche, Mais Une 911

« La Porsche 911, c’est un corps, une créature incarnée » disait d’elle Ferry Porsche, fondateur de la maison. Il est vrai qu’elle a l’aura d’une icône.

Il y longtemps déjà que la Porsche 911 est bien plus qu’une simple voiture — véritable mythe automobile et populaire, la voiture jouit d’un culte pareil à nul autre. La Porsche 911 est unique.

La Porsche la Plus Recherchée

Dès sa présentation en septembre 1963, si la Porsche 911 détonne par sa beauté, mais aussi par sa puissance, c’est que les concepteurs de cette voiture iconique sont partis d’une feuille blanche. Le cahier des charges était à l’image de l’écurie — réalisable, mais non par n’importe qui.

Ferry Porsche, le fondateur, voulait là encore une voiture alliant design et fonctionnalité, tradition et innovation, sportivité et utilisation quotidienne. Une voiture exclusive mais populaire. Versé dans l’imaginaire de son père, ce fut donc le talent de Ferdinand Alexander, alias Butzi, fils de Ferry, qui donna naissance à la Porsche 911.

Sa différence en fait la voiture la plus charismatique de la galaxie — le coffre à bagages installé à l’avant, et le moteur à plat à l’arrière. Et c’est encore Ferry Porsche qui capture le mieux le statut iconique de la Porsche 911… « La 911 est la seule voiture au volant de laquelle on peut rentrer d’un safari en Afrique pour aller au Mans, puis se rendre au théâtre ou évoluer sur l’asphalte new-yorkais. »

La Cote de La Porsche 911

Comme finissent souvent les belles voitures, la Porsche 911 devient rapidement l’étalon de mesure de l’univers automobile. Et quelle référence!

La 911 a pratiquement remporté toutes les courses du monde. Des 24 Heures du Mans en 1979 au mythique circuit de Monte-Carloou encore le Paris-Dakar… Peu de circuits eurent raison de son audace.

La Porsche 911 compte ainsi quatre titres de championnats d’Europe des rallyes entre 1966 et 1968. Plusieurs victoires clés dont quatre à Monte-Carlo en 1968, 1969, 1970 et 1978. A cela vient s’ajouter trois titres en Suède – 1968, 1969, 1970. Et les fameuses 24 Heures de Daytona en 1973, 1975 et 1977…

Peu étonnant de savoir que ces exploits sportifs servent aujourd’hui la cote de la 911 — une voiture de collection, certes, mais surtout l’incarnation de l’excellence automobile. L’objet du désir est aussi un objet de convoitise.

Une Voiture de Cinéma

La Porsche 911 possède une aura — son design quasi-inchangé depuis 1963 sert ainsi aux récits les plus chaloupés de l’histoire du cinéma.

Voiture la plus connue du monde, la 911 est aussi celle qui immédiatement contextualise une histoire. Sa présence dans le 7ème art en fait l’une des voitures les plus cinématographiques; des films iconiques où elle joue son propre rôle, comme Le Mans (1971) avec Steve McQueen ou encore Cars (2006)… elle est aussi la voiture épitomé du cool.

Flashdance (1983), Pretty Woman (1990) ou plus récemment dans la sulfureuse série HBO Californication, le charisme de la 911 sert bien souvent celui des personnages. Et puis, quand ce n’est pas elle, c’est son design qui sert le cinéma — comme dans le dernier Star Wars : L’Ascension de Skywalker. L’un des chasseurs de combat des rebelles est en effet l’oeuvre des designers de Porsche. Comme on le devine, c’est cette voiture de légende qui a prêté ses lignes au vaisseau. De quoi lui promettre un avenir encore plus stellaire !

Le Grand Prix de Monaco, Un Circuit Légendaire Enserré de Glamour

Un circuit iconique où se révèle la haute virtuosité des pilotes depuis 1929.

Alain Prost. Ayrton Senna. Niki Lauda ou encore Michael Schumacher. Autant de pilotes qui se sont révélés sur un circuit au tracé quasi-inchangé en 90 ans. Oui, cette édition 2019 marque le 90e anniversaire du Grand Prix de Monaco. Un GP où vrombissent les Formule 1 depuis 1950 — un circuit où les voies, sinueuses, étroites et bordées de rails, requiert une concentration absolue. « On a l’impression de rouler à 1000km/h au milieu des immeubles. C’est très simple: Monaco c’est zéro erreur » à en croire les mots mêmes d’Alain Prost. Si le Grand Prix de Monaco fait aujourd’hui figure d’évènement iconique par-delà l’univers des courses automobiles, c’est que le 26 mai est devenu une étape obligée pour les A-listers du monde entier. Et cela, le Grand Prix le doit beaucoup à son tracé et son cadre idyllique! 78 tours nichés sur le Rocher le plus glamour de la galaxie…

« Monte-Carlo est un circuit très physique parce que bosselé et qui fait très mal, les épaule, le cou etc… Il fait vraiment mal, mais j’ai gagné, je suis heureux » Ayrton Senna. Dès le départ, la piste s’ouvre sur le virage de Saint-Devote. Un véritable entonnoir toujours considéré comme l’un des passages les plus dangereux au monde… Les pilotes, lancés à plus de 300km/h sont obligés de ralentir et, débarquant d’une ligne droite, se sentent aspirés dans un espace très ouvert et hautement impressionnant ! Autre point clé du tracé, le virage dit du Casino. Le Casino de Monte-Carlo, connu pour avoir été l’antre de La Belle Otéro, mais aussi le lieux de rencontre des génies qu’étaient Coco Chanel, Serge Diaghilev et d’autres, borde en effet l’un des points iconique de ce circuit. « C’est le virage rapide du circuit. Lors de la montée qui précède, on passe les vitesses progressivement, jusqu’à la 7e. C’est une sensation très grisante : tu as l’impression de décoller, de ne voir que le ciel. On arrive sur une plateforme et, là, on met le pied sur le frein pour ne pas « taper » sur le rail. Il y a un virage à gauche qu’on passe à l’aveugle et il faut rester à l’intérieur pour enchaîner avec un virage à droite. C’est l’une des seules courbes qui permet d’avoir une réelle sensation de vitesse sur le circuit » raconte le pilote Français Franck Montagny.

De 1983 à 1993, Monaco est le terrain d’affrontement de deux titans de la F1: Alain Prost et Ayrton Senna. Entre performances, exploits et victoires, ils ont contribué à forger la légende de ce circuit, décrochant à eux deux le plus grand nombre de victoires. Six pour Senna, quatre pour Prost. « C’est un vrai défi de rester extrêmement précis sur ce tracé, c’est beaucoup plus intéressant que d’avoir simplement à rouler vite » Michael Schumacher, avec cinq victoires en Principauté, se hisse à la deuxième place de son histoire. C’est dire l’importance de ce circuit pour les prodiges de la F1.

La nouvelle génération n’est pas en reste. Lewis Hamilton, en 2008, raffle sa première victoire pour Mercedes — s’enthousiasmant de son succès au Grand Prix de Monaco : « c’est ma plus belle victoire, sur mon circuit préféré, celui où je voulais gagner plus que sur n’importe quel autre. » A 21 ans, le très prometteur Charles Leclerc, natif de Monaco, compte bien cette année raffler la mise: « c’est un rêve depuis tout petit et c’est pour ça qu’on travaille. C’est là où Ferrari mérite d’être. Ça ne va pas être un Grand Prix facile mais j’espère bien sûr une victoire à la clé. » Chaque édition amène son lot de moments et d’images devenus cultes dans l’histoire du Championnat de F1. Du crash d’Ayrton Senna à sa finale au coude à coude avec Alain Prost, en passant par les éditions complètement hallucinées sous des pluies torrentielles… Ce dimanche 26 mai, le GP écrira sans doute une nouvelle page de l’histoire.