Le Grand Prix d’Horlogerie de Genève Récompense Chanel

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Le Grand Prix d’Horlogerie de Genève se destine à saluer l’excellence des productions

horlogères internationales. Chaque année, c’est au mois de novembre que le comité rend sa décision – les créations les plus époustouflantes et ingénieuses se voient ainsi honorées en même temps que les acteurs les plus marquants de l’univers horloger. Mais attendant la décision finale, le GPHG emporte les montres présélectionnées aux quatre coins du monde, pour une exposition itinérante – à Séoul, Rome, Dubaï et Genève, le public peut ainsi découvrir et admirer les pièces les plus abouties de l’horlogerie contemporaine.

Le 8 Novembre dernier, le Grand Prix d’Horlogerie de Genève fut ainsi décerné à Chanel, pour la quatrième fois. Et c’est la montre Première Squelette Camélia Calibre 2 qui remporta le précieux trophée dans la catégorie ‘Dames’. Il faut dire que pour les 30 ans de la montre Première, Chanel a un peu plus repoussé les limites de sa vision de la Haute Horlogerie. La Première Squelette Camélia est ainsi cette pièce d’exception animée par le deuxième mouvement maison de Chanel, le Calibre 2. Sa particularité ? Sa géométrie aérienne dessine une fleur de camélia.

Imaginé par le Studio de Création Horlogerie de la place Vendôme, le Calibre 2 est conçu avec une complexité de mouvement permettant aux différents mécanismes de se superpositionner de façon à ne laisser visible que la fleur de camélia en trois dimensions. Coulé dans un noir absolu, ce mouvement squelette donne ainsi vie à l’un des grigris de la maison Chanel. Un savoir-faire d’exception qui se mêle ici à la tradition de la maison de la Rue Cambon.

Le Parfum Bois d’Argent par Christian Dior

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« On n’imagine pas à quel point créer un parfum demande du savoir-faire et de la précision. Le processus créatif est si prenant, si exigeant, que je me sens autant Parfumeur que Couturier. » Dès 1947, Christian Dior bouleverse et retourne les codes de la silhouette avec sa première collection couture. Dès 1947 aussi, l’artiste du vêtement assume de parfumer les salons de son premier parfum, l’éternel Miss Dior. Couturier Parfumeur, dès ses débuts Monsieur Dior voit dans le parfum un supplément d’allure, la « finishing touch », ce je-ne-sais-quoi qui fait la différence. En 2015, comme un hommage à la vocation visionnaire de la maison, le nez François Demachy imagine une collection d’eaux singulières, où l’on embouteille le New Look, où l’on voyage vers les maisons chères à Christian Dior, de Granville à Milly-la-Forêt, où l’on croise celle qui fut sa muse, Mitzah Bricard…

Aussi, constante dans l’histoire de la Parfumerie Dior, l’utilisation des notes florales se fait également le fil conducteur de cette collection. De l’Oriental à la Cologne, du féminin au masculin, chacune des onze fragrances est composée avec les matières les plus nobles et les plus précieuses de la parfumerie. Ces parfums, fabriqués et conditionnés à la main, furent manufacturés comme des artefacts, suivant scrupuleusement tout le savoir-faire et l’expertise des ateliers de la maison. « Des matières rares, des parti-pris olfactifs osés, une création sans limite… Cette collection est le reflet d’une liberté que seul le vrai luxe peut permettre » résume François Demachy. Parmi ses senteurs, Bois D’argent souffle un vent intime et intimiste. Un parfum laissant sur son passage flotter des notes enveloppantes et singulières. Au cœur de ce bois, l’Absolu d’Iris de Florence, véritable fantasme de parfumeur, répand ses senteurs poudrées, à peine boisées, dans le ton d’un accord sensoriel ambré, épicé autour de l’Encens du Yémen et la Myrrhe de Somalie. A l’instar des mots de son compositeur, « Bois d’Argent se dessine comme un trait… Epuré, extrêmement contemporain. C’est un parfum qui, sous sa tendresse, cache une composition de haute précision. »

Massaro, Chanel et la Sandale Bicolore

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En effet, c’est de l’opportunité entre Raymond Massaro et Gabrielle Chanel qui, à l’époque, entretenaient une relation de travail forte qu’est née une véritable icône au sein de la maison rue Cambon. De cette étroite collaboration naquit à la fin des années 50, la renommée sandale bicolore Chanel. Massaro proposa alors à Mademoiselle Chanel de laquelle il dit encore aujourd’hui « Elle était d’une intelligence hors du commun », de lui façonner un soulier décomposé, une partie beigne accompagnée d’un bout délicatement carré de couleur noire. Ce soulier à la fois pratique et élancé, du haut de ses 6 centimètres de talon, est comme toute création provenant des ateliers Massaro confortable et chic. Le fruit de cette collaboration fut rendu possible grâce à la formidable acuité de Massaro dans la création, non seulement dans la confection du soulier au travers des dessins, des formes, mais aussi dans la prise en compte du vêtement qui sera assorti à celle-ci. Une aubaine pour Chanel alors au sommet de son art dans la couture. Une ligne directrice commune pour les deux artistes associés, apporter l’excellence à leurs clientes.

Chez Massaro, que le soulier soit fait d’une des dizaines de peausseries luxueuses présentent en atelier, qu’il soit mat ou brillant, le raffinement issu de la main du maître artisan perpétue sans cesse l’héritage bottier français ; la sandale bicolore concoctée pour la maison Chanel n’y fait pas défaut. Massaro, bottier d’exception et maître d’art français sait faire rêver toute personne amoureuse de chaussures luxueuses. Avec son style graphique propre, il fait de la sandale bicolore un objet phare, porté par les grands de ce monde, de Marlène Dietrich à Catherine Deneuve en passant par Romy Schneider. La sandale bicolore, coupée dans un chevreau beige et accompagnée de sa pointe en satin noir permettant d’allonger la jambe sans détirer le pied, reste une référence de la maison Massaro ainsi que de son époque, et l’influence du vestiaire masculin cher à Chanel s’y retrouve pour offrir au monde de la mode, une véritable référence en matière de souliers féminins.

Aujourd’hui encore, les souliers bicolores continuent d’être réinventés rue Cambon et Massaro fait dorénavant partie des « métiers d’arts » acquises par Chanel.  Ce qui fait de la maison Massaro une maison à part depuis sa création en 1974, tout comme pour la maison Chanel, réside dans le savoir-faire artisanal mais aussi dans l’esprit familial. Au delà de la forte notion d’artisanat et d’héritage, le bottier Massaro, souligne l’importance de la relation, partant de la prise d’empreintes et la mesure du pied jusqu’à la réalisation du prototype puis les essayages et ajustements, le tout pour une trentaine à une cinquantaine d’heure de travail pour finaliser une paire. Durant ces six semaines de patience et de labeur, la confiance qui s’installe entre le client et l’artisan est primordiale autant pour l’heureux requérant de rareté que pour le bottier qui se remet perpétuellement en question pour parfaire son art. Dans cette recherche constante d’excellence, fort similaire à l’activité de la maison Chanel, autant aujourd’hui que du vivant de Gabrielle Chanel, le bottier écoute et pourvoit à chaque caprice de ses clientes, que ce soit des particuliers ou bien pour des collections hautes coutures. La rigueur est bien le maître mot du métier, un mot bien connu, en son temps, par Gabrielle Chanel qui, comme Raymond Massaro insistait sur le fait que, le soulier tout comme l’habit, ne sont que détails signant une allure, la silhouette de celle qui les porte.