L’Escarpin Hangisi Par Manolo Blahnik

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C’est en 1970 que Manolo Blahnik croise le chemin de Diana Vreeland. Intéressée par son talent, le « Big Chief Forever » lui conseille de se concentrer uniquement sur le soulier. C’est ce qu’il fera, à partir de 1972. Cette année-là, le designer anglais Ossie Clark commanda à Manolo Blahnik la réalisation de toutes les chaussures de son défilé : c’est la révélation. Blahnik passera maître de l’art de la cambrure à la perfection, préférant imaginer des souliers au style et au confort incomparables. Pour lui, chaque chaussure se doit d’être parfaite – Manolo Blahnik se bat pour la qualité, et rien d’autre ! Et c’est ainsi que les Hangisi sont nés. Ces escarpins en satin, à talons aiguilles et à bout pointus, sont identifiables de par leur large boucle carrée ornée de strass – sans doute la création la plus luxueuse jamais créée pour les pieds. Pourtant, l’emblème Blahnik n’aurait sans doute que peu joui de cette notoriété sans une publicité d’enfer pour le chausseur plutôt discret, celle d’une Carrie Bradshaw totalement accro aux créations de Manolo.

L’équation Blahnik a tout du produit iconique : l’équilibre sophistiqué et modérée de l’ensemble du soulier élève ses créations au rang d’oeuvre complète juchée sur un talent ni trop élégant ni trop élancé. Unique en son genre, la griffe Manolo Blahnik permet tout à la fois d’obtenir une cambrure chic et sexy, et de tenir en parfait équilibre sur ses talons. Ingénieuse, la maison l’est, et c’est ainsi qu’elle s’attache à réinventer sans cesse la chaussure féminine par des formes innovantes, des mélanges de matières ou de couleurs… Madonna un jour est même allée jusqu’à décrire l’expérience comme « mieux que le sexe .» Un exercice de précision, d’équilibre, de savoir-faire et d’amour du luxe anime donc l’artiste qui, à l’instar des Dieux, veille sur notre particularité, et puis, comme lui-même le dit : « Vous n’avez pas été fabriqués en série, alors soyez unique ! »

L’Escarpin Virgule, Pièce Iconique de la Maison Roger Vivier

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Christian Dior disait : « Beaucoup de femmes pensent que les chaussures ne sont pas importantes, mais la vraie preuve qu’une femme est élégante est sur ses pieds ». Cette phrase illustre à elle seule toute l’importance que portait l’instigateur de la haute couture française pour les souliers féminins. Plus inventeur que chausseur, l’esprit créatif et avant-gardiste de l’artiste Vivier sied tant aux collections de Monsieur Dior qu’il ne fera appel à personne d’autre pour confectionner ses souliers. En fait, ce que Christian Dior admire chez un chausseur, c’est justement cette capacité à manufacturer des “ sculptures de pied“ ; et c’est exactement ce que Roger Vivier fait. Il voit en effet la chaussure comme une sculpture dont il ne cesse de questionner la forme : « Depuis toujours la ligne me passionne, confiait le bottier, cinq cents fois, je refais mon dessin pour vérifier la justesse de l’idée et respecter l’architecture du pied. » Les talons sont ses lignes de force, du talon aiguille, qu’il fut le premier à lancer en 1954, au talon Etrave (1958), et du talon Choc (1959), jusqu’au sinueux talon Virgule, voulu comme le manifeste de sa griffe éponyme. Cette forme atypique qui vient ponctuer la silhouette lui permet d’obtenir une identité artistique indépendamment des grandes maisons qui utilisaient ses créations.

            Depuis 2003, la maison du “Fabergé du soulier“ a été rachetée par le groupe Tods. Bruno Frisoni, directeur artistique de la griffe, a alors l’intelligence de ne pas seulement inventer à partir de sa personnalité et de sa créativité, mais de partir des archives et des fondements de Roger Vivier afin de se réapproprier les pièces cultes de l’histoire de la maison. En s’inspirant d’anciennes collections portées par les icônes du temps d’avant, aussi bien cinématographiques que monarchiques de l’époque, Bruno Frisoni modernise et fait du talon Virgule un objet artistique, adoré des icônes d’aujourd’hui, à l’instar d’Inès de la Fressange et Carla Bruni Sarkozy. Le talon courbé au fil du temps s’est fait l’emblème du chic et de l’élégance à la française. La Virgule n’incarne pas un type de chaussure classique ; avec son design unique, il représente pour les personnalités de la mode, et pour les clients Roger Vivier, un objet de collection.

           C’est finalement comme ça que le soulier a été présenté le long de l’exposition qui lui a rendu hommage en 2013, au Palais de Tokyo, sobrement intitulée « Virgule, etc. » Une ribambelle de chaussures Vivier s’est vue rassemblée autour de collections intergénérationnelles, se fondant gracieusement dans l’assortiment de tableaux et d’antiquités servant de décor au musée. L’objectif de l’exposition fut atteint, tant il était devenu impossible de faire la distinction entre la dimension artistique des sculptures égyptiennes et celles des sculptures du pied en forme d’apostrophe. En feuilletant les numéros classiques de Vogue, la Virgule dorée ou multicolore, unie ou quadrillée, en satin ou en cuir, on s’aperçoit à quel point celle-ci vient illuminer les tenues des shootings des photographes comme Peter Lindbergh ou Mario Testino. Cet objet iconique est une touche de féminité, et de légèreté ; un instrument fait pour se sentir sexy, gracieuse. Une chaussure certes, mais de celles qui portent en elles « l’esprit de Roger Vivier ».

Le Rouge de l’Amour

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Escarpins, bracelet, sacs à main : une sélection d’objets de désir pour célébrer Cupidon. Du maquillage pour habiller votre peau jusqu’aux accessoires qui habillent vos tenues, tout notre look se pare de rouge pour la Saint-Valentin. La fête des amoureux s’annonce bien.

2012 Fashback : L’Escarpin Dolly Art Basel par Charlotte Olympia

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Du 6 au 9 Décembre, l’endroit où il faut être est Art Basel, la foire d’art des XX° et XXI°s, qui se tient à Miami Beach. La créatrice Charlotte Olympia l’a bien compris et édite à cette occasion une collection capsule autour de son escarpin phare : le Dolly. 

En effet, elle pare ici le soulier aux 15cm de talons et reconnaissable par sa plateforme dorée d’une toile de peintre et s’entoure de la body-painter Boyarde pour nous livrer une édition limitée célébrant sa passion pour l’art moderne, vendue exclusivement chez Neiman Marcus durant le Salon.

De Van Gogh à Mondrian, six artistes passent sous le pinceau de l’artiste mettant chacun à l’honneur un mouvement artistique majeur du XX°s, comme un écho aux œuvres présentées dans les galeries de Miami Beach cette semaine.

Sous la houlette de Charlotte Olympia, les « high heels » se muent en « high arts » et la bulle sur le soulier en l’honneur de Roy Lichtenstein nous dit « just one more pair » comme verbalisant nos désirs les plus chers.