Les Livres A Lire Pour Parfaire Sa Culture Mode Et Luxe

Plus intéressant encore que les livres d’histoires, les biographies des couturiers sont de parfaits ouvrages pour comprendre la mode et le luxe dans leur contexte.

Parce que la vie des couturiers est intrinséquement liée à une époque, à une culture — les livres traçant leur biographie fourmillent de détails et de petites histoires qui font la grande.

Pour connaître l’âme des maisons, il faut sonder l’âme des couturiers

Parfois, c’est le couturier lui-même qui offre à la postérité une lecture précise de sa mode. C’est par exemple le livre Christian Dior et moi, publié après la disparition soudaine du couturier en 1957. Christian Dior y livre avec l’espièglerie qu’on lui connait le récit de son destin. Haut en élégance !

On passe ainsi les portes du 30 Avenue Montaigne avec le maître des lieux. En 1994, Marie France Pochna s’est elle penchée avec son oeil d’experte reconnue dans la mode et le luxe sur la figure désormais mythique du couturier de la femme-fleur.  Et c’est Christian Dior le premier couturier de l’industrie du luxe qui l’intéresse… Une plongée au coeur de l’économie de la mode, à travers la maison Dior — une lecture très instructive !

L’autre figure tutélaire de la mode, c’est Coco Chanel. Et les ouvrages ne manquent pas à son sujet. Ceux qui font la différence?

Le Temps Chanel et L’irrégulière: ou, Mon itinéraire Chanel publiés en 1974 par Edmonde Charles-Roux. Ayant aussi participé à la création du magazine ELLE, Madame Charles-Roux fut une proche de Chanel. Révérant toujours le même habit: son tailleur Chanel, et ses perles blanches .

Le Coco Chanel, 2011, de Lisa Chaney, en ce qu’il explore la relation de Chanel avec l’art moderne. Une facette souvent peu connue de Chanel.

Celui écrit par Justine Picardie, intitulé Coco Chanel, Sa Vie (2011). Parce qu’il fut rédigé avec la contribution et la complicité de Karl Lagerfeld. En plus d’être richement illustré de ses dessins.

Chanel par Henry Gidel, en 2000. Un livre rédigé suite à une consultation minutieuse de sources inédites, et des entretiens menés auprès de témoins ayant connus Coco Chanel… Une biographie filée en somme !

Autre personne éclatant de la mode Française, Yves Saint Laurent. Un personnage qui se dévore autour de deux biographies bien ficelées. Saint Laurent, Mauvais Garçon de Marie- Dominique et Yves Saint Laurent de Laurence Banaïm…

« J’ai rencontré Yves Saint Laurent en 1986 à travers son métier, et c’est seulement un an plus tard que nous avons été présentés. Publiée en 1993, cette biographie a été rééditée en 2002 lors de la fermeture de la maison Yves Saint Laurent, puis en 2010. Un jour il m’avait lancé: « Mais vous connaissez bien mieux ma vie que moi…. » Faux, évidemment. Car écrire la vie de cet  homme de son vivant, c’est refuser de tomber dans certains pièges.  » Je n’ai jamais cherché à éviter ses zones d’ombres, mais à privilégier sa lumière, ce qui l’a rendu si différent. » Un livre qui dit beaucoup d’un artiste, et de ce qu’il faut d’instinct pour faire de la mode un art.

Dans le même esprit, le livre Hubert De Givenchy de Jean-Noël Liaut. Un roman biographie comm une fable d’élégance et d’excentricité où se mêlent des conversations intimes et des souvenirs inédits… Le tout bercé dans la Cafe-Society. D’ailleurs…

Les livres pour comprendre des époques

Parce que les courtiers baignent souvent dans des milieux mondains mais secrets, trois ouvrages ouvrent des perspectives pour comprendre le contexte socio-culturel donnant naissance aux mythes de la mode et du luxe.

Le brillant livre Beautiful People d’Alicia Drake — pour saisir les années 50, 60 et 70; des époques phares pour comprendre la mode d’aujourd’hui.

Ou encore Tout sur le Ritz de Claude Roulet. A lire en même temps que l’ouvrage de fiction biographique dédié à Jeanne Toussaint, La Panthère de Cartier, par Stéphanie des Horst.

Pour comprendre et vivre les années folles, le luxe et le tourbillon de la mode, et l’ entrée fracassante de celle-ci dans la modernité. Chanel, Cartier… Dans la modernité d’après-guerre. Des ouvrages de référence à lire pendant en prenant le temps !

La Maison Dior En Campagne Pour Le Printemps/Eté 2020

Cette saison, Dior met au coeur de sa narration la passion de Monsieur pour les fleurs et les jardins bucoliques — une passion qu’il partageait avec sa soeur, Catherine Dior.

Les Fleurs Et La Famille Dior

La passion du beau est souvent un héritage familial. A cela, l’amour de Christian Dior pour les fleurs, et principalement les roses, lui vient de sa mère. Sa mère qui, dans la villa de Granville, avait aménagé une roseraie où Christian et sa soeur Catherine aimait à passer du temps.

Souvenir ineffable et surtout ancré dans la mémoire de Dior, plus tard, Monsieur en fera la ligne de sa révolution — oui, le New Look est avant tout la ligne corolle. La femme-fleurs, en somme. Magistralement incarné dans le parfum Miss Dior , ainsi nommé pour Mademoiselle Catherine.

La Campagne Dior Printemps/Eté 2020

Alors, pour narrer la collection Dior Printemps/Eté 2020 inspirée par cet amour familial pour les fleurs, Maria Grazia Chuiri poursuit la filiation autour d’un mini-film poétique et bucolique.

Le make-up est tout autant une ode à la nature et au naturel  —  une mise en beauté délicate signée de Peter Philips, directeur de la création maquillage Dior.

Les femmes Dior évoluent ainsi dans une atmosphère éthérée et aérienne — un univers végétal où l’élégance du raphia se mêle aux imprimés floraux qui viennent habiller les icônes. Les sacs 30 Montaigne,  le Saddle ou encore le nouveau Lady D-Lite… Voici une ode à la beauté Dior !

La Veste Bar De L’Automne/Hiver 2020

Maria Grazia Chuiri ancre un peu plus l’héritage Dior dans sa démarche féministe – en tête cette saison, le tailleur bar épouse le pantalon et la maille. Une première. 

L’Icône Dior En Version Maille

Cette saison, Maria Grazia Chuiri embrasse un peu plus la cause féministe en ancrant son propos en droite ligne de celui né dans l’Italie des années 70. Affirmation de soi et dépassement des impératifs stylistiques, les femmes étaient à l’époque à l’avant garde des mouvements sociaux.

Et cette fois encore, Maria Grazia Chuiri imprègne les icônes Dior d’un souffle de rébellion. Tout autour du podium où ont défilé 84 looks, le collectIf artistique Claire Fontaine avait installé des néons reprenant notamment les mantras de Carla Lonzi. Critique d’art et éditrice, elle avait fait de la formule « je dis je » le cœur de son manifeste de 1971.

Ainsi nommée à son tour, ‘Je dis je’, la collection Dior propose un vestiaire tout en action, réinterprétant le légendaire tailleur bar autour d’une matière jusque là peu utilisée sur l’icône. Une maille souple et travaillée. L’intérêt?

Le tailleur bar pantalon épouse les mouvements de la femme, active et combattante. Plus Marc Bohan que John Galliano, la vision de Maria Grazia Chuiri fait la part belle aux matières et silhouettes qui viennent accompagner la femme plutôt qu’elles ne la parent.

Autre code clé travaillé, les carreaux. A l’instar du pied-de-poule et du cannage, Monsieur Dior trouvait dans les carreaux le ressort idéal à l’élégance qu’il voulait exprimer. Il notait en effet dans son Petit Dictionnaire de la Mode: « J’aime beaucoup les carreaux qui donnent un ton jeune, apportent une note de fantaisie à la fois élégante et décontractée. »


Maria Grazia Chuiri les distille ainsi autour de silhouettes non moins précises — combats boots et collants cannage enjupe finement travaillée en transparente ou en pantalon doublé… La femme Dior de l’Automne/Hier 2020 s’apprête à lancer le dernier assaut à la conquête de ses droits. Toujours vêtue du chic de l’Avenue Montaigne.

La Toile Oblique De Dior, Signe De Désir

Une toile oblique imaginée en 1967, devenue cette année l’une des plus recherchées — le Canvas oblique Dior est une icône luxe et pop.

La Toile Oblique Et Marc Bohan

Le couturier à la tête de la création la maison Dior durant trois décennies est certes un peu moins populaire qu’Yves Saint Laurent ou John Galliano, mais il n’en reste pas moins derrière l’une toiles les plus iconiques de la galaxie.

C’est lui qui, en 1967, tire des archives de la maison Dior cette toile évènement. La toile oblique tire son nom de la collection du même nom, dessinée par Christian Dior pour l’Automne/Hiver 1950-1951. Mais elle n’apparaît en boutique qu’en 1969, lors de la collection Printemps/Eté.

L’imprimé signe alors ce cabas tiré de la collection. Dès 1974, la toile oblique devient l’élément clé de la boutique homme de Christian Dior — du sol, aux marches de l’escalier, elle devient l’élément de la grammaire Dior Monsieur.

La Toile Oblique, L’Icône Populaire

Si elle reste quelques années de côté dans les tiroirs de la maison, c’est John Galliano qui va l’introduire définitivement dans l’univers de la pop culture. En renversement l’échelle des valeurs de la maison, il imprime à tout va la toile Oblique sur des pièces en accord avec l’époque.

Dans les années 2000, elle est partout — sur des publicités sugestives, sur l’icône qu’est le Saddle Bag, des clips de MTV aux jambes des starlettes de l’époque… La toile Oblique atteint le paroxysme de sa notoriété sur cette publicité du Printemps/Eté 2000 avec Gisèle Bundchen.

Et c’est tour à tour Maria Grazia Chuiri et Kim Jones qui vont remettre au goût du jour cet imprimé emblématique. La directrice artistique de la maison n’hésite à en imprimer d’autres icônes — le Saddle Bag, mais aussi le nouveau Book Tote…

Kim Jones quant à lui en fait un élément clé de sa couture streetwear — apposée par touche sur des sneakers ou en all-over sur des sacs et des complets, la toile Oblique est de nouveau au firmament du désir.

Symbole d’un savoir-faire sans cesse en accord avec son temps, la toile Oblique Dior va de paire avec une obsession pour les codes Dior. Des codes qui, à l’instar du gris Montaigne, du cannage et du léopard, ont encore beaucoup à apporter à la mode contemporaine.

Le Sac Lady Dior, Must Have Absolu

Un concentré de la couture de la maison Dior, avec ses charms et son cannage, le Lady Dior doit beaucoup au hasard.

Diana, Lady Di Et Le Lady Dior

1994. Un petit nouveau entre au répertoire maroquinerie de la maison Dior – en interne, on l’a baptisé Chouchou. En 1995, le dossier de presse de la maison Parisienne annonce: “Lady, Lady Di, Lady Dior“. Que s’est-il passé entre temps?

Diana Spencer, Princesse de Galles, s’est entre temps rendu à Paris, pour assister au vernissage de l’exposition Cézanne au Grand Palais, en 1995. Bernadette Chirac, alors Première Dame, demande conseils à la maison Dior pour offrir un cadeau à son invité…

Ce jour de 1995 donc, vu entre les mains de Lady Di, le sac Dior est littéralement intronisé. Désormais appelé Lady Dior, transcendé par la grâce d’une Lady Di à la réputation infaillible, il se vend à 100.000 exemplaires cette seule année.

Dans ce léger jeu de mots en cascade où l’égérie s’énonce là sans être, Lady Diana comme un nom escamoté – c’est à la fois le climat d’une époque éprise de statut, et le prestige d’un nom de la haute couture et du luxe qui se concentrent.

Ce sac, on le dirait dessiné par le maître lui-même. Par sa grande technicité, le Lady Dior s’ancre en complet écart avec le minimalisme environnant des années 90.

L’Emblème De La Couture Dior

Mais si le sac est devenu si iconique, c’est que la pièce emprunte nombre de ses gimmicks au vocabulaire déjà iconique de la maison de Monsieur. Il y a d’abord ce porté main – démarche très couture initiée, sinon inventée, par Christian Dior. Vient ensuite son caractère audacieux, en rupture avec les codes de l’époque. Comme elle le fit dans l’après-guerre en rendant aux dames cette allure de femme-fleurs, la maison Dior initie avec Chouchou une véritable révolution dans l’allure des sacs à mains – le porté épaule et les sacoches sont alors légion.

Chouchou respire aussi toute l’élégance et le raffinement du 30 Avenue Montaigne. Sa surpiqûre cannage, signature même Dior, est ici constituée d’un réseau de coutures obliques et perpendiculaires. Sa poignée en forme d’arceau, symbole du geste féminin, confère à la pièce sa gestuelle couture quand, les charms qui l’ornent égrainent magnifiquement les quatre lettres qui font toujours autant rêver le monde. D.I.O.R.

Pour fabriquer ce miracle couture, il ne faut pas moins de 130 pièces… À l’instar d’une parure sur mesure, ces différentes pièces sont assemblées autour d’un moule. Pour plus de précision, collées entre elles, les faces seront ensuite cousues à la piqueuse pilier.

Rien n’est laissé au hasard. Les œillets sont pressés, puis ajustés pour être parfaitement à l’horizontal. Comme les poignées sont lourdes, des renforts entre les deux épaisseurs de cuir viennent structurer le sac pour ne pas qu’il s’affaisse. Enfin, le huitième (un signe Dior) et dernier artisan s’assure, lui, de la perfection de l’objet : 1 à 2 % des sacs ne passent pas ce test. Il faut donc neuf heures, en comptant le temps de séchage, pour concevoir le Lady Dior.

Le Lady Dior, Un Objet d’Art

Le Lady Dior est si pur qu’il constitue une toile très facile à réinventer. En 2014, la toile se pare ainsi du mythique léopard Dior.

En novembre 2016, à Art Basel Miami, la maison Dior introduit le projet Lady Art. Le plot? Un sac iconique revisité par des artistes de renom.

Les beaux-arts sont depuis longtemps au cœur de la création Dior – déjà du temps de Monsieur, nombre de ses amis comptaient parmi les artistes les plus influents de leur temps. Des noms comme ceux de Max Ernst, Alexander Calder, Alberto Giacometti et Pablo Picasso furent en effet exposés dans la galerie de Christian Dior.

C’est cet héritage que retravaille désormais Maria Grazia Chiuri. Avec des artistes contemporains, tels Hong Hao, Friedrich Kunath, Jamilla Okubo, et Spencer Sweeney ou encore Daniel Gordon, le Lady Dior achève son statut de légende de la mode.

Hypnotique, perforé, graphique, conceptuel, volumineux, romantique, en velours imprimé en relief et nuage en cuir d’agneau… Le Lady Dior se prête à toutes les audaces !

Un caractère particulier qui se dévoile au fil de campagnes publicitaires éminemment inspirées — avec pour égérie, Marion Cotillard, depuis 2008. De quoi ravir les générations à venir, tant le Lady Dior incarne un concentré diorifique, indémodable.

Le Tailleur Bar, Le Manifeste Dior

En 1947, au lendemain de la seconde guerre mondiale, Christian Dior envoie valser l’image de la femme-soldat d’usine — la femme-fleur est née, le Tailleur Bar en étendard.

Comment Le Tailleur Bar de Dior Est-Il Né?

Christian Dior, aux côtés de l’industriel du textile Marcel Boussac, s’engage pour que se fasse le « retour à un idéal de bonheur civilisé ». Par son refus du compromis, par son engagement en faveur du retour des vêtements seyants, Monsieur Dior pense une première collection qui renoue avec l’idéal de beauté.

Lui qui aimait passer boire un verre en fin d’après-midi au Plaza Athénée, c’est le bar du palace même qui lui inspire sa création phare. Epaules droites, légèrement tombantes de profil, jupe extrêmement large et couvrant le mollet, taille très fine et resserrée, constituant le point d’ancrage de toute la tenue — l’ensemble Bar fait fureur ce jour de 1947, dans les salons du 30 Avenue Montaigne.

La ligne se veut symbole de la féminité et de l’absolue élégance.  Le couturier assurait vouloir «  que mes robes fussent construites, moulées sur les courbes du corps féminin dont elles styliseraient le galbe. J’accusais la taille, le volume des hanches, je mis en valeur la poitrine. » En harmonisant le tout grâce à une doublure de trois mètres de percale et de taffetas, Christian Dior renouait ainsi avec une vieille tradition.

La silhouette galbée du Tailleur Bar évoque déjà les crinolines du XIXe siècle; la veste est un emprunt à l’âge d’or de la mode masculine, emprunt permis par la démocratisation du complet veston.

Mais en cette veille de défilé, les premiers essayages sur le mannequin Tania vont d’échec en échec. Les basques tombent à plat. L’effet sur les hanches est insignifiant… Dior a alors l’idée d’utiliser des plaques de coton chirurgical qu’il plie en accordéon pour créer le volume désiré. Ça marche !

Le tailleur-bar est né. Emerveillées, nombreuses sont les mondaines à s’être précipitées vers cette nouvelle signature de la mode Française. Dès 1947, le Tailleur Bar est reproduit dans tous les magazines; aux quatre coins du monde, les femmes s’habillent en Dior.

Le Manifeste Dior, Une Modernité Radicale

En ce qu’il constitue une balance parfaitement harmonieuse entre courbes et lignes, les proportions du Tailleur Bar magnifient les courbes naturelles d’une femme. Et c’est en cela qu’il est un chef d’oeuvre absolu de la maison.

De John Galliano à Raf Simons en passant par Maria Grazia Chuiri, le manifeste inventé par Christian Dior est une merveille à réimaginer. Toujours en avance sur son temps, le Tailleur Bar est devenu le basique des femmes — élégantes et de pouvoir… Un basique capturé à merveille par le photographe Peter Lindberg.

Car là où John Galliano en faisait une version extravagante toute en tissus et volumes imposants, Raf Simons a très vite prouvé qu’il était aussi efficace dans une version minimale.

Noir et coupé au cordeaux, le Tailleur Bar épousait ainsi en 2012 le pantalon dans une version des plus désirables !

Maria Grazia Chuiri a elle aussi beaucoup réinventé le Tailleur Bar ces dernières années — piochant dans ses lignes accentuées, une grammaire néo-féministe des plus radicales. Une légende qui résiste, finalement, à tous les changements d’époque.

Le Cannage: De L’Assise Napoléon III A La Mode Dior

LPrésent depuis le premier défilé de Christian Dior, le cannage est à la maison Dior un motif idéal — des atours au Lady Dior, l’icône distille prestige et majesté.

L’Assise d’Une Chaise Napoléon III

Deux époques furent très chères à Christian Dior dans l’élaboration de l’esthétique de sa maison — le XVIIIe siècle, et la Belle Epoque. S’il emprunte des codes devenus iconiques de sa couture à la première, notamment le noeud et la ligne corolle, c’est dans l’assise d’une chaise Napoléon III qu’il lit la pertinence du cannage.

Cette chaise faisait en fait partie de l’aménagement de l’hôtel particulier du 30 Avenue Montaigne, organisé en collaboration avec le décorateur et ami Victor Grandpierre. Le siège historique de la maison de couture de Monsieur était, du sol au plafond, l’exacte reflet du goût Dior. Tandis que le Gris Montaigne colore les murs d’une élégance subtile, le mobilier souligne, lui, le panache de la couture.

Il y a encore aujourd’hui, dans les grands salons de sa boutique avenue Montaigne, ces chaises Napoléon III dont le cannage est depuis devenu un motif égrené ça et là dans la mode Dior. Destinées dans un premier temps aux invités de ses  défilés Haute Couture, ces chaises deviennent un symbole fort de la maison.

Un motif géométrique fait de carrés et de diagonales empruntés au travail de tressage de la fibre végétale, le cannage Dior réalisé en matelassé est omniprésent dans les créations, et notamment sur le mythique Lady Dior.

Mais c’est Marc Bohan qui le première l’insert littéralement des robes et un manteau, en 1961. Parmi lesquelles cet iconique manteau Rolls Royce.

Directeur de la maison Dior trois décennies durant, il est aussi derrière la toile Oblique — icône absolue !

Le Cannage Dior Aujourd’hui

Depuis ses successeurs n’ont eu de cesse de rappeler la puissance esthétique du cannage. De John Galliano à Kim Jones qui, pour le Printemps/Eté 2019 en fait un sac très désirable, le cannage épouse nombre de créations avec une évidence rare…

Montres Grand Bal, lunettes My Dior Electric Rubber où le cannage se taille dans du caoutchouc, foulards, joaillerie..

Justement, en 2012, le cachet fou du cannage Dior se révèle sur les créations joaillières de Victoire de Castellane. Intitulée My Dior, la collection est née d’un souvenir d’enfance, celui de Victoire de Castellane qui accompagnait sa mère dans cette même boutique Dior de l’Avenue Montaigne…

Il en résulte une ligne de bijoux raffinés et avec beaucoup d’aplomb — des manchettes, de simples anneaux, des bracelets-joncs, délicatement tressées d’or jaune, rose ou blanc, au maillage très graphique et glamour. L’élégance et le raffinement de Dior, tout simplement.

Le Noeud Dior, Une Grammaire Élégante


L’esthète que fut Christian Dior a longtemps été inspiré par le patrimoine de la mode Française — notamment du temps de la cour… Le noeud, icône Dior, tient de cela.

La Duchesse de Fontanges, Christian Dior Et Le Noeud

On le sait, la mode de Christian Dior doit beaucoup à son enfance passée à Granville. Là, où, les dernières traces de la Belle Epoque pouvaient se lire sur la toilette des élégantes. Quelques rares photos de la famille Dior montrent ainsi tout le romantisme de la mode des années 1900. Une photo accroche cependant l’oeil — celle d’un jeune Christian Dior portant un noeud. Ce nouer aurait pu être anodin si, des années plus tard, il n’était au coeur de la couture de Monsieur.

Cultivé et inspiré du patrimoine Français, Dior a en effet pioché plus d’un tics de sa couture dans ce répertoire. Le noeud, à l’instar de la ligne corolle , est directement lié à sa fascination pour l’apparat de cour. La Duchesse de Fontanges, icône de mode de l’époque, lui aurait donc inspiré tout le charme des noeuds. Elle-même laissa son nom à la postérité dans ce que l’on nomme une fontange. Dans cette iconographie, Dior repère aussi la passion de Marie Antoinette pour les noeuds et les rubans; d’une folle délicatesse …

Il y a dans ces noeuds toute la sophistication que Christian Dior veut, au lendemain de la guerre, rendre à la femme moderne. « J’aime que les noeuds finissent un décolleté, garnissent un chapeau, ferment une ceinture. Petits, grands ou énormes, je les aime dans tous les styles et toutes les matières » a-t-il un jour déclaré.

Miss Dior Et Le Noeud

Pourtant, avant d’apparaître dans la couture même de la maison Dior, le noeud est vu pour la première fois dans une publicité. Une illustration de René Gruau pour le lancement du Miss Dior met en scène un cygne voguant avec délicatesse, un ravissant noeud noir autour du cou. Immédiatement, le noeud vint symboliser le Miss Dior.

Inspiré du dessin, c’est en 1950 que Christian Dior décide de modifier l’apparence de sa bouteille — désormais, l’imprimé pied-de-poule gravé sur le fond de la bouteille, un noeud vient en twister l’apparence. La bouteille comme nous la connaissant aujourd’hui était née.

Mais entre 1948 et 1949, le noeud commençait à entrer dans la couture de Monsieur. Le New Look ayant déjà fait sa révolution à coup de lignes strictes mais fluides, le noeud venait en fait adoucir encore un peu plus l’allure Dior. Avec le muguet, le noeud devient essentiel à Christian Dior — féminin et frivole, il signe le plus souvent des robes cocktail et robes du soir d’une préciosité jamais affectée.

Le Noeud Dans La Couture Dior

C’est néanmoins à Yves Saint Laurent que l’on doit au noeud Dior d’être devenu iconique. Le jeune couturier, remplaçant Dior tout juste défunt en 1957, organise rapidement une vision plus romantique encore.

Sa vision d’une femme féline et romantique trouve dans le noeud une signature évidente — souvent utilisé en combinaison avec un autre emblème de la maison, le noeud devient le ‘Noeud Dior’. Broderies, lignes envolées, froufrous, volants et dégringolades de fleurs magnifient ainsi des drapés à nœuds vraiment sublimes.

Plus tard, c’est John Galliano et sa vision théâtrale, baroque et ô combien inspirée là encore de la cour, qui redonne un souffle inédit au noeud Dior. Extravagance et provocation se mêlent et font du noeud une icône explorant les extrêmes. Très audacieux, les noeuds à la Galliano se taillent dans des matières et des tissus inédits, tels le plastique ou le denim.

En 2009, pour le Printemps/Eté, Galliano dédie une collection entière au noeud Dior. Le résultat? Une pléthore de robes follement sophistiquées, démontrant toute l’efficace de la touche Dior — les noeuds sont ici immenses !

Un an plus tard, c’est dans la joaillerie que Victoire de Castellane fait du noeud un atour des plus désirés. La bague Tralala, célèbre l’esprit romantique de Dior et surtout sa passion des noeuds. Cette fois, c’est entièrement incrusté de diamants que le noeud sert une nouvelle symbolique: celle du lien amoureux…

Succédant au génial Galliano, Raf Simons et Maria Grazia Chuiri auront tous deux une vision un brin plus minimale, amenant le noeud à sortir des silhouettes pour venir ponctuer les accessoires. D’ailleurs, c’est en 2012 que celui-ci vient égayer pour la première fois l’icône Lady Dior .

Dans sa recherche de l’essentiel, dans son voyage dans les codes et les racines les plus chers à Dior, Maria Grazia Chiuri offre au noeud de s’épanouir sur des pièces simples. Pour la collection Haute Couture Printemps/Été 2017, les noeuds viennent enrubannés des souliers mémorables.

De quoi rappeler le romantisme de la femme Dior, marchant portée par la délicatesse du Noeud Dior.

Leopard Et Pied-De-Poule, Motifs Iconiques De Dior

Des imprimés présents depuis la création de la maison qui, une fois encore, ont révolutionné la mode.

Le Léopard, Mitzah Bricard Et La Femme Dior

Si le léopard apparait aujourd’hui anodin, il fut longtemps considéré comme vulgaire et inadéquat. Mais ça, c’était avant. Avant Dior exactement. L’homme derrière la révolution du New Look fut aussi à l’origine du renversement de la valeur accordée au motif léopard. Dès les débuts de la maison, le léopard fait partie de la grammaire Dior.

Et ces origines, on peut aisément les faire remonter à 1947. Car lors de son défilé évènement, Christian Dior déjà introduit deux silhouettes en léopard. Un fourreau baptisé ‘Jungle’ et une robe du soir nommée‘Afrique’. Expression de grâce féline, l’imprimé trouve un écho un brin particulier dans la création Dior. Monsieur le doit en effet à sa muse, Mitzah Bricard.

Rencontrée à son arrivée à Paris, Mitzah Bricard devient rapidement une muse et un amie pour Christian Dior. Son style? Lèvres carmin, manteau ou foulard léopard. On raconte qu’elle avait pris pour habitude de nouer une mousseline en panthère à son poignet, afin d’en cacher une cicatrice… « Le foulard est à la femme ce que la cravate est à l’homme, et la manière de le nouer exprime votre personnalité » écrivait Christian Dior dans son Petit Dictionnaire de la mode.

En charge des collections de chapeaux pour Dior, elle est celle qui imagine l’iconique chapeau léopard en 1950. Elle aussi qui inspire à Dior le nom de son parfum Miss Dior, un jour qu’elle s’exclame, en voyant débouler Catherine Dior: « Tiens, voilà Miss Dior. »

Ains devenu chic et convenable entre les doigts et le style impeccable de la maison Dior, le motif léopard devient totémique. On le retrouve partout, et c’est en Haute Joaillerie qu’il se travaille à ravir. Habillée d’un pelage d’or ou de diamants, tachetée de laque noire ou chocolat, la bague se fait animale, mystique et féline, à l’image de la muse Mitzah. Une merveille imaginée par Victoire de Castellane pour Dior, en 2013.

Mais attention, Christian Dior précisait tout de même: l’imprimé léopard ne convient qu’à une femme sophistiquée.

Le Pied-De-Poule, l’Angleterre et Dior

De son enfance à Granville, sur la côte Normande, Dior retient aussi ce contact avec la Grande Bretagne voisine. Anglophile depuis l’enfance donc, il a pioché chez ces élégantes qu’il observait quelques tics qu’il incorpore plus tard dans sa couture… L’un d’eux? Le pied-de-poule, devenu synonyme de la maison Dior.

Et déjà en 1938, alors qu’il travaille pour la maison Robert Piguet, le jeune Christian signe une première — sa robe au motif pied-de-poule, ponctuée d’un jupon de lingerie dépassant… Il la nomme ‘Café anglais’. Ce motif, emprunté largement aux aristocrates Britanniques, et notamment popularisé par le duc de Windsor — ce motif donc entre dans la grammaire Dior jusqu’à en devenir l’un des codes emblématiques.

C’est simple, on le retrouve partout ! C’est que sa géométrie architecturée et sobre, ce graphisme noir et blanc ont tout pour plaire à Christian Dior. Une simplicité et une élégance qu’il aime insérer ça et là…. gravée dans le verre du flacon de Miss Dior, tissée dans une étoffe, imprimée sur l’eau de Cologne Diorissimo ou sur un soulier Roger Vivier imaginé pour Dior en 1959.

C’est surtout ce manteau légendaire, issue de la collection 1948, qui marqua les esprits. Et aujourd’hui encore, le pied-de-poule a de quoi allurer nombre de pièces signées Dior.

Le Rouge Dior, L’Ultime Geste Couture

Christian Dior a pensé le rouge Dior pour souligner le sourire des femmes — 67 ans plus tard, le geste est partout.

Le Rouge A Lèvres Dior

1953. Six ans après avoir renversé le monde de la mode avec la révolution du New Look, Christian Dior ponctue son allure couture d’un ultime geste — le rouge à lèvres. Il veut « habiller le sourire des femmes. »

Dans une formule enrichie en acide hyaluronique, dans une volonté d’apposer sur les lèvres une couleur intense, une sensation de confort absolu, Dior fait du rouge sa couleur. Le rouge, c’est la couleur de la joie, du bonheur. Un rouge carmin.

Avec Monsieur Dior, la mode ne se limitait pas à son champ spécifique. La mode Dior flirte avec le septième art… Connu pour avoir été costumier de cinéma, notamment pour Grace Kelly et Marlene Dietrich dans les films d’Alfred Hitchcock, Dior a ainsi poussé ses studios de création à s’inspirer des techniques d’éclairage des plateaux de cinéma.

Dès lors, le lipstick, avec son complexe “Couleur“ – le Color Reveal – crée comme un écran de lumière qui, sur des lèvres hydratées de l’intérieur, sur des lèvres parfaitement galbées, projette une couleur pure, aux mille lueurs.

 Les lèvres chamarrées de ce rouge glacé, la femme Dior distille un charme hypnotisant… Inspiré par ses tissus, Dior distille ainsi tout la fougue et le raffinement de sa couture dans des teintes « spécialement choisies pour s’harmoniser avec chaque carnation, chaque couleur, chaque tissu, chaque heure… »

Une Teinte Pour Toutes Les Femmes, Le Rouge Dior

La teinte 999 Dior est sans doute l’icône absolue du maquillage Dior. Il faut dire que ce rouge découle de la vision première du couturier-fondateur.
Dans son Petit Dictionnaire de la mode, il écrit: « Très tonique et avantageuse, c’est la couleur de la vie. J’aime le rouge. A mon avis, il convient à presque tous les teints. On peut également le porter à toute heure. »

Désormais sous la houlette du génial Peter Philips, le maquillage Dior  dévoile des couleurs aux pigments audacieux, toujours en adéquation avec les collections imaginées par Maria Grazia Chuiri.

32 teintes allant du rouge au rose en passant par le beige, voici ce que propose aujourd’hui le Rouge Dior. Une légende qui, aujourd’hui encore, illumine le sourire…