Dior et Sennheiser, l’Association Sophistiquée

diorsennheiser.jpg

Kris Van Assche, directeur artistique des collections Homme de la maison Dior, précise une saison Printemps/Eté 2017 placée sous le signe de la musique – avec Dior Rave, il fait entrer l’univers et la sophistication Dior dans l’avant-garde et la liberté retrouvée des soirées électro. Ainsi, l’annonce de cette collaboration avec l’Allemand Sennheiser sonne comme une nouvelle façon de combiner mode et musique. « La musique a toujours fait partie de mon processus créatif et constitue un élément essentiel de mes défilés. Cette collaboration avec Sennheiser s’est imposée naturellement, comme une évidence » souligne d’ailleurs Kris Van Assche.

En alliant ainsi haute performance, savoir-faire et sophistication sans pareille, la maison de haute couture et le spécialiste de l’audio ont mis au monde une collection au caractère rare donc exceptionnelle. Les trois produits emblématiques de la manufacture – les amplificateurs de casque HD 800 S et HDVD 800, le casque sans fil PXC 550 Wireless et les écouteurs intra-auriculaires IE 800 – furent ainsi conjugués à l’ADN Dior Homme de Kris Van Assche. Le résultat fait se rencontrer performance auditive et design hyper pointue – et les trois produits audio s’habillent de noir, de gris anthracite et de notes de rouge, signature même du designer.

Mieux, Kris Van Assche eut aussi l’idée d’ajouter une ligne de sacs et de sacoches assorties à l’édition collector des produits Sennheiser. Une collection unique donc pensée comme un complet : la Travel Solution du casque PXC 550 Wireless est composée du casque bien entendu, mais également d’un sac à dos Dior Homme en cuir… Pour la Daily Solution, Kris Van Assche a imaginé une pochette en cuir souple pour le PXC 550 Wireless. Enfin, la Pocket Solution, idéale pour les hommes n’aimant que peu s’encombrer, pense la solution la plus nomade de cette édition collector – à l’intérieur de cette pochette en cuir souple griffée Dior, les écouteurs IE 800 avec leur câble tricolore ! Une ligne exclusive à découvrir sans plus attendre…

Dior Homme Printemps-Été 2014

dior.jpg

Les débuts de Kris Van Assche ne firent pas l’unanimité, entre les détracteurs nostalgiques de l’ère Slimane qui ne souhaitaient pas que la marque évolue et ceux qui lui reprochaient de calquer Dior Homme sur sa propre ligne de vêtements. Depuis son premier show en clair-obscur avec orchestre, le créateur belge n’a cessé de multiplier les tentatives, dégageant au fil des ans une nouvelle identité pour Dior Homme, loin des coupes étriquées et des accents pop-rock de son prédécesseur. Aussi, lorsque la collection hiver s’apparentait à une parenthèse futuriste mâtinée d’ésotérisme sur fond de musique post-punk new wave, le printemps-été Dior Homme aura été annoncé comme ambivalent, à la fois hautement conceptuel et surprenant de décontraction à travers cette apparente rigueur.

KVA explique avoir été inspiré lors d’un voyage en Floride, d’où cette idée de smoking en bord de mer, le pantalon se faisant short et la veste perdant ses manches : « Tout a commencé à Miami, où je me suis senti vraiment ridicule en smoking sur la plage. J’ai donc voulu mixer le formel et l’informel ». C’est ainsi que les smokings rencontrent le sportswear, et que la rigueur flirte avec la légèreté, sans pour autant manquer au double impératif de sobriété et de distinction qui caractérise aujourd’hui la ligne Dior Homme.

Ce qui fascine dans cette collection, c’est l’aisance avec laquelle Dior parvient à nous proposer sans nous choquer des basiques d’élégance masculine abruptement coupés pour les adapter au contexte estival. Et puis voilà que l’on constate une palette étendue de couleurs, maintenant évidemment le noir, auquel s’adjoignent prune, bleu de Prusse, gris Montaigne, tantôt utilisés en surface, tantôt seulement à titre de patchwork rappelant Mondrian. Ces blocs de couleurs, greffés sur les vêtements, semblent s’emboîter les uns aux autres, non pas pour nier la singularité de chaque vêtement, mais bien plutôt pour en affirmer l’interchangeabilité. Il n’y a rien d’anodin à ce que le décor soit un décor soit un labyrinthe de miroirs au travers duquel les silhouettes semblent s’emboîter les unes aux autres.

Le Ready-To-Wear Saint Laurent Paris d’Hedi Slimane

50ad0a414448b.jpg

Hedi Slimane aime à adapter ses nouveaux cocons de créations. « Directeur de la création et de l’image » de la Maison Yves Saint Laurent, il ose : dans son sillage, ne suivant que son instinct, la maison réintègre le premier nom de St Laurent avant les licences : Saint Laurent Paris signe le retour d’Hedi. Aussitôt, les réseaux sociaux, et une large part du microcosme de la mode, s’indignent, quand ils ne crient pas à l’audace teintée d’aucune retenue. Un coup d’éclat qui rappelle à Pierre Bergé l’année 1966 où Yves et lui avaient décidé d’apposer le nom de « Saint Laurent » à la ligne de prêt-à-porter.

Qu’importe, Hedi Slimane n’est pas genre à prendre en considération les hâtifs jugements. En 2000, il opère la même transformation à la griffe Christian Dior Monsieur, Dior Homme se rafraîchit ; retirant l’intimité du prénom, il lègue un peu de sa personnalité à travers des coupes ultrafittées. Slim, blazers, cravate fine deviennent la parure masculine. Lui qui jamais ne s’est demandé si un vêtement était masculin ou féminin, parvient rapidement à imposer sa patte : en photographe ou en créateur, Slimane suinte toute l’impertinente mélancolie du rock. Lui, « vend plus une allure qu’un vêtement »1.

Taciturne quant à sa nouvelle prise de fonction, il n’en est pas moins membre permanent. En 1996, il décroche le poste de directeur artistique chez YSL. Durant quatre années, il excelle dans l’art de retranscrire, avec une sorte de respect, l’harmonie du « petit prince de la Haute Couture ». Aujourd’hui, plus mûr, proche de l’âge d’or de sa création, l’enfant prodige du smoking façon XXIème sème le doute quant à la réinterprétation qu’il fera des pièces mythiques « saint-laurentiennes », telle la safari jacket ; mais avant tout, quelle parisienne délivrera-t-il du studio de Los Angeles ? Rendez-vous lundi soir pour un début de réponse.

1- Heidi Slimane