La Coupe, Maîtrise Absolue d’Hussein Chalayan

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Hussein Chalayan est l’un des designers les plus aboutis de sa génération – un designer mêlant très tôt la haute technologie à la mode dans des pièces au succès commercial jamais contesté. Au tournant du XXIe siècle, Time magazine le place parmi les 100 innovateurs les plus influents du nouveau siècle – il est alors le seul designer mode cité. Ses défilés ne sont pas seulement reconnus pour leur créativité. C’est aussi et surtout le génie de la coupe et de la couture qui laisse pantois nombre de rédactrices mode. Justement, pour son défilé Printemps/Eté 2018, la maison Chalayan replace au cœur de son propos la coupe et la puissance la simplicité.

Pièce majeur de cette collection, ce costume coupé en gris ardoise et piqué d’un châle ultra-léger noir. Pensée comme une célébration de sa légendaire réputation, la pièce maîtresse démontre le talent exquis de Chalayan – un talent qui une fois de plus pioche dans l’art le contre-propos du temps. Ce voile, à ne pas s’y méprendre, n’a rien à voir avec l’Islam, des mots mêmes du designer. C’est plutôt du côté de Magritte qu’il faut chercher la référence : Hussein Chalayan interroge en fait l’identité à l’heure du tout digital. Derrière ce voile en mousseline noir, c’est donc l’identité en construction qui s’incarne ; une identité tant malmenée par le désir de se faire remarquer pour exister, dans un monde digital régit par la crainte de manquer quelque chose. Le FOMO en anglais.

Représentant les filtres sociaux, le voile noir accompagne ici une draperie exquise où l’habilité du couturier libère une silhouette douce au raffinement extraordinaire. Pourtant, rien ne dépasse, rien ne bronche : le tissu semble à peine travaillé… Et c’est bien là que s’incarne toute la magie Hussein Chalayan pensée pour la saison Printemps/Eté 2018. Une magie toute faite de savoir-faire et d’intellectualisme à l’heure d’une vulgarité si facilement érigée en avant-garde.

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Les Editions Limitées Du Mocassin Tod’s Leo Clamp

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Symbole de luxe et d’élégance, le mocassin Gommino, emblème de la Maison, est un indispensable du vestiaire masculin. Semelle légère, ornée de 133 picots de caoutchouc, l’icône représente aujourd’hui plus de la moitié des ventes de Tod’s. Un modèle de savoir-faire et d’art de vivre à l’italienne. A l’occasion de la design week de Milan, la pièce phare de la saison printemps/été 2016, le mocassin Tod’s Leo Clamp, a été décliné en cinq éditions limitées, imaginées par de jeunes artistes du studio Giulio Cappellini : Lanzavecchia+Wai, Leonardo Talarico, Mist-O, Studio Zanellato/Bortotto et Zaven.

Pour écrire la collection spéciale “Looking at Tod’s Leo”, les designers sont partis d’un détail : la boucle en métal et cinq matériaux pour réinventer le Mocassin Leo Clamp. Chacun livre des réinterpretations contemporaines à l’esthétique affirmée et sans ostentation… à l’instar de la céramique et du bois qui soulignent la pureté de la forme et la souplesse du Gommino ou du marbre et métal qui témoignent de la technique et de la précision des artisans des ateliers Tod’s. Les designers ont aussi joué la carte des couleurs. Le Gommino se pare de subtiles teintes. Tantôt audacieuse en rouge et bleue, élégante et chic en blanc et noir, la Leo Clamp gagne en épure en noir et argenté ou encore dans un camaïeu de bruns.

Les cinq éditions limitées du mocassin Tod’s Leo Clamp seront présentées à Milan aujourd’hui, au sein de la boutique de Via Della Spiga, lors d’un cocktail exclusif, réunissant tous les artistes et seront disponibles dans les boutiques Tod’s et au musée Mudec de Milan. La marque aux picots poursuit sa conquête de l’Homme moderne, avec un talent toujours intact…

La Fourrure Fendi Automne/Hiver 2016/2017

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De ce défilé Automne-Hiver 2016-2017, l’inspiration, venue tout droit du Japon, a guidé le duo de designers vers l’utilisation riche et variée d’un motif vagues – ou plutôt un motif d’ondes. Sensorielles, elles le deviennent au contact d’une fourrure travaillée dans une modernisation du style seventies, associées à des silhouettes d’inspiration victorienne.

Ainsi les ondes se sont-elles gravées dans une palette très colorée pour la saison prochaine. Du jaune moutarde à l’orange, en passant par de magnifiques nuances de bleu, de violet, ou de bronze, la fourrure se pare d’une touche cool et funky ! Loin d’être trop travaillée, la fourrure chez Fendi apporte ici une légèreté obtenue par un mélange inattendu des couleurs, piquée de rayures arc-en-ciel. Une intention très moderne qui, assurément, séduira les filles en quête réjouissance stylistique !

 

Le Parfum L’Interdit de Givenchy

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L’Interdit est un parfum d’amitié, un parfum capturant dans une essence sans pareille la rencontre imprévue mais sublime entre un couturier et sa muse, entre un homme et une femme : Hubert de Givenchy a 27 ans lorsqu’il fait la connaissance d’Audrey Hepburn. L’actrice, tout juste découverte, se pose en figure de proue d’une nouvelle féminité. Il faut dire qu’Audrey est en rupture avec la vogue des années 50 : filiforme, quasi-androgyne, gracieuse et gracile, elle est à mille lieues des femmes voluptueuses et autres pin-up blondes que le tout Hollywood s’arrache, à l’instar de Marilyn Monroe et Jayne Mansfield. Audrey Hepburn est différente : elle est chic, sophistiquée et romantique. Et c’est ainsi que la composition olfactive d’Hubert de Givenchy ne put être autrement faite.

 «Sans être sulfureux, l’Interdit évoque une séduction passionnelle » Françoise Donche, olfactologue chez Givenchy. Comme Audrey, la fragrance est outrageusement féminine. Imaginée pour une femme de charme, d’esprit et de style, elle est aussi le parfum d’une femme exclusive. Lorsque Hubert de Givenchy décide de commercialiser ce parfum, la star qui le porte déjà depuis trois ans lui répond : « Mais, je vous l’interdis. » Une sentence presque sans appel qui baptise du même coup ce parfum : ce bouquet de fleurs moderne annonce un style.

Là encore, le couturier, l’air de rien, est en réalité en train de transgresser l’image trop lisse, trop sage des senteurs romantiques. Pour ce cadeau à Audrey Hepburn, il fait appel au laboratoire Roure Bertrand Dupont, aujourd’hui Givaudan, qui imagine, avec les aldéhydes, un départ très lumineux. « Une ambiguïté troublante, le côté espiègle des notes de tête se révèle finalement très sensuel, l’œillet n’est pas si sage et le clou de girofle, une épice brûlante, apporte une touche clairement enivrante. » explique Françoise Donche. Le tout est capturé par le designer Pablo Reinoso, dans un flacon aux lignes rectangulaires paré d’un cartouche champagne rosé !

 

L’Edition Limitée du Parfum Alaïa

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Cercles, demi-lunes ou triangles, ces motifs géographiques, Azzedine Alaïa les projette depuis longtemps déjà sur ces créations coutures. Que ce soit sur une robe, au revers d’une chemise, incrusté sur une pochette ou un sac, le perforé est le sceau même du couturier – constellé pour qu’à travers lui se devine la peau, le jeu intriguant de voilé-dévoilé vient aujourd’hui accompagner la première senteur du créateur.

 Une matière dont les ouvertures cachent autant qu’elles révèlent, une signature visuelle apposée depuis sa première application sur le cuir d’une ceinture-corset conçue dans les années 80.

Et c’est ainsi qu’Azzedine Alaïa, le designer Martin Szekely et des artisans verriers ont mû l’écrin de l’eau Alaïa en un photophore emplis de mystère. Le motif perforé, d’apparence opaque, révèle ici sa magie une fois le flacon mis en lumière. Une création d’exception, qui, sans tapage, atteint la précision parfaite d’une création Azzedine Alaïa.

 

Quand Alber Elbaz Crée…

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“La main, c’est le toucher de la matière… ce que j’aime plus que tout. D’abord elle est unique, c’est celle du couturier, puis plurielle avec tout l’atelier. J’imagine une histoire mais elle s’écrit à plusieurs” Alber Elbaz

Le Fauteuil Transat d’Eileen Gray

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Dans les années 1920, elle crée la Galerie Jean Désert à Paris, probablement au nom des souvenirs de ses périples maghrébins. Elle s’y entoure des meilleurs artisans dans l’idée de toucher à l’excellence des nouveaux savoirs qu’elle adopte. Abandonnant la laque, l’artiste décide de se tourner vers des matériaux plus novateurs et exclue désormais de son champs d’action l’ornement et la richesse des matières. Son travail est alors relayé par les artistes, littéraires et penseurs du temps tels que Boris Lacroix, Henri Pacon, Loïe Fuller ou encore Elsa Schiaparelli et cette direction empruntée du fonctionnel et du souci du corps rappelle une autre designer de l’époque aux prérogatives similaires : Charlotte Perriand. Riche de ses excursions du côté de l’Art Déco ou de mouvements modernes dans lesquels se croisent De Stijl ou encore Gerrit Rietveld, Eileen Gray n’appartient à aucun courant et s’épargne les contraintes de manifestes enclavés tout en gardant cette approche si moderne impulsée dans la société de l’époque.

Sort de cette création aux traits simples mais adroits une pièce majeure de sa composition : le Fauteuil Transat. Conçu pour la villa « E1027 », elle-même construite par l’irlandaise et son compagnon l’architecte Jean Balducci, elle cherche le mobilier adéquat en s’imaginant un habitant fictif : un homme seul qui aime faire du sport et recevoir ses amis. Traduit de façon simple et d’une épure associée à la création des années 20, le Fauteuil Transat fait référence pas son patronyme aux fauteuils pliables des transatlantiques, référence légitime quand la maison est conçue en rappel aux paquebots. Ainsi, parallèlement aux recherches de Le Corbusier et Charlotte Perriand notamment, elle remet à plat les codes du design, composant cette pièce de tasseaux de bois carrés et rectilignes mêlés à une esthétique métallique prévue comme soutien à une assise de cuir avec un appui-tête articulé de façon à suivre les mouvements et les besoins du corps de l’utilisateur. On retrouve tout comme sa consœur Charlotte Perriand, cette prérogative de l’importance d’un corps soigné et enveloppé dans ces espaces redimensionnés. Mais contrairement à cette dernière, elle ne crée pas dans une rondeur absolue et tend plutôt à opposer la géométrie d’un corps de soutien à une assise souple et fluide.

Alors que le Centre Georges Pompidou livrait récemment le premier grand hommage de la ville à cette artiste totale dans une grande rétrospective chronologique, on se rappellera la fuite d’Eileen, assoiffée de sobriété, lorsque Le Corbusier peignit de grandes fresques colorées dans la fameuse villa sans le consentement de la designer-architecte. Sobriété qui plût d’ailleurs au Maharajah d’Indore qui fit installer dans sa chambre le Fauteuil-Transat par les soins de l’architecte allemand Eckart Muthesius touchant à la modernité Gray même les pays les plus éloignés.

Le Top Shocking

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En souvenir de l’époque flamboyante où Elsa Schiaparelli faisait sur le monde de la mode régnait l’art surréaliste, le nouveau directeur artistique de la maison aime à reprendre les références de cet apogée. Avec des lignes plus longues et des concepts modernisés, Bertrand Guyon s’amuse ainsi du Théâtre d’Elsa. Formé chez Valentino, premier assistant d’Hubert de Givenchy, Bertrand Guyon signe ici une première collection dramatique et pleine de fantaisie. De ce rose fuchsia couleur signature d’Elsa, le designer en fait le fil d’Ariane d’une réinterprétation surréaliste. Une réinterprétation résumée à merveille dans un Top sans dessus dessous.

            « C’est un équilibre entre simplicité et extravagance. » C’est en fait une équation entre design moderne, coupes traditionnelles et complexion des tissus. Le Top shocking joue sur les contrastes, tout comme le surréalisme se joue des trompes l’œil et des rêves. Le pull est ainsi un chemisier lavallière aux manches bouffantes qui, comme une évidence, s’amourache d’un corps en fourrure. Rose, évidemment ! Mieux, au lieu de dessiner une collection couture dont on se languit d’une somptuosité inaccessible, Bertrand Guyon s’amuse à faire défiler une collection prêt-à-porter ; pardon, “prêt-à-couture.”

La Grande Reverso Ultra Thin 1931 Édition Spéciale Londres

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De l’Exposition universelle de 1851 à Londres, où Antoine LeCoultre obtenait sa première médaille d’or pour sa contribution majeure au développement de l’industrie de l’horlogerie, à l’élaboration de la Calibre 101, montre portée par la reine Elizabeth II le jour de son couronnement, en passant par la création de l’iconique Reverso pour les officiers britanniques joueurs de polo en Inde ; nombreux sont les exemples illustrant les liens très particuliers qu’entretiennent depuis plus d’un siècle le Royaume-Uni et la Manufacture de la Vallée de Joux.

Aujourd’hui, pour célébrer l’ouverture de son flagship Londonien et rendre hommage à cette amitié sempiternelle, Jaeger-LeCoultre édite la série la plus limitée dans la collection Grande Reverso Ultra Thin tribute to 1931. Avec seulement 26 pièces, la Grande Reverso Ultra Thin 1931 édition spéciale Londres se présente dans un cadran d’un beau vert foncé laqué, évocateur de la campagne britannique et clin d’œil à la légendaire couleur sportive. Mieux, le ravissement est complet lorsque l’on découvre au dos du boîtier un subtil dessin du Palais de Westminster, représentant la célèbre tour de l’horloge, Big Ben. Dessiné, ou plutôt gravé par Janek Deleskiewicz, le directeur artistique de la manufacture…. La boutique du 13 Old Bond Street détient ainsi la collection la plus complète de la maison au Royaume-Uni. Des pièces exceptionnelles y seront présentées, donnant à intervalles réguliers une raison d’y retourner.

L’Egg Chair : une Icône Danoise

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Le design scandinave rayonne par son style confortable et son esthétique épuré, à l’instar de la Beetle Chair engendrée par le duo progressiste Italo-danois GamFratesi, la Egg Chair est elle aussi un icône de la créativité danoise lorsqu’il s’agit de pièces design.

C’est tout en rondeur qu’Arne Jacobsen imagine le fauteuil Egg. Présentée dans une forme enveloppante et ergonomique, la pièce fut fabriquée en 1958 dans le but de meubler la réception et le lobby du Royal Hôtel de Copenhague. Le designer voulait alors créer un fauteuil contrastant avec les lignes très droites de la bâtisse. Forcé de répondre à ses propres exigences de confort, d’esthétique et de simplicité des lignes, l’artiste trouve le parfait équilibre dans ce fauteuil aux courbes simples et irréprochables. Pour se faire, Jacobsen s’est mis dans la peau d’un sculpteur : son fauteuil intimiste s’inspire d’un œuf, un œuf dont la coque se construit autour d’une ossature composée d’une mousse très dure, rembourrée, et recouverte de tissu ou de cuir. Un dossier de 107 cm achève de léguer à la pièce une allure atypique et révolutionnaire.

La Egg Chair se fixe sur une base en aluminium poli ; inclinable et pivotable, elle reste la même. Enfin. Le chef d’œuvre du design moderne se décline en nombre de matières et coloris. Si la première Egg Chair était revêtue d’un cuir brun, le modèle le plus répandu est le rouge. Pour son cinquantième anniversaire, l’icône fut déclinée en une série de patchworks colorés qui revisitent cette anthologie du design autour de pièces uniques et non conventionnelles. 50 pièce exactement. 50 Egg Chair imaginées par l’artiste-peintre Tal R au travers de ses pérégrinations visuelles. Des villes aux tissus puisés dans des endroits insolites, des friperies danoises aux Kibboutz israéliens, Tal R a su lui rendre toute sa modernité : « A travers cet habillage, je voulais raconter une multitude d’histoires. Pour cela il me fallait des étoffes empreintes de vies. »