Deauville, Ville d’Art et De Plaisirs


Elle a inspiré Monet et Chanel, Proust et Sagan. Sortie de terre au milieu du XIXe siècle, Deauville distille un art de vivre bien à elle.

1858. Lorsque le Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, sur les conseils de son médecin, découvre les bains de mer à Trouville, la vogue pour les ‘douches de vagues’ est déjà bien installée. C’est sur cette plage, en 1836, que Gustave Flaubert fait la rencontre d’Elisa Schlésinger. Un amour absolu mais impossible qui hante son premier roman, Mémoires d’Un Fou. Là aussi que Flaubert, enfant de la côte Normande, plante le décor de son roman iconique Madame Bovary. Mais lorsque le Duc de Morny séjourne à Trouville ce qui le frappe, lui, c’est cette bande de sable vierge, 160 hectares complètement vides. C’est décidé, Morny veut y faire construire la “ville chic des plaisirs“.

Il confie à l’architecte Breney, déjà derrière la réalisation du casino de Trouville en 1847, la construction de sa ville. Deauville. Se basant sur le principe développé par le Baron Haussmann à Paris, Breney conçoit Deauville sur ces mêmes codes urbains; de façon à ce que « la haute société se retrouve pour ainsi dire chez elle » selon l’expression consacrée de Pierre de Régnier. Juillet 1863 marque ainsi l’inauguration de Deauville — son golf, ses bains, et surtout son hippodrome. Tout juste sorti de terre, l’endroit devient le rendez-vous de la saison. Et pour cause! Morny, dandy et entrepreneur, s’est assuré la promotion de tout ce que Paris compte de gens importants. Têtes couronnées et banquiers, mondaines et demi-mondaines, actrices et personnalités en vues gravitant autour du luxe et de la mode — le Tout-Paris est là, et déjà, le Tout-Paris veut faire construire sa villa. Les plans s’enchaînent, et en 1897, le Figaro écrit: « La terrasse du casino semble un prolongement du boulevard des Italiens. »

L’hippodrome devient un podium géant, où il n’est pas rare de croiser Jeanne Paquin et ses modèles. Déjà Deauville a tout de la vie mondaine Parisienne — mais plus calme, sans doute. Monet y peint. Proust, habitué de l’hôtel Les Roches noires, y trouve l’inspiration de son mythique A La Recherche Du Temps Perdu. Plus tard et jsuqu’à la réhabilitation de l’hôtel, c’est Marguerite Duras qui trouvera sur les plages de Deauville l’écho à son Indochine natale. Mais voilà, avec la chute de l’Empire à la fin du XIXe siècle, Deauville, connotée frivole et impériale, tombe en désuétude. C’est en 1910 avec l’arrivée de Cornuché que la ville que l’on connaît et admire tant aujourd’hui prend sa forme quasi-définitive.

L’homme derrière la glorieuse réputation de Maxim’s y plante le “plus bel hôtel du monde“, le Normandy, mais aussi Les Cures Marines, et le merveilleux Casino de Deauville. Son théâtre, inspiré du Petit Trianon de Versailles, accueille pour l’inauguration non moins que Diaghilev et Nijinski en personne pour une représentation inédite des Ballets Russes. C’est d’ailleurs à cette époque, nichée dans l’artère creusée à l’arrière du Normandy que Coco Chanel inaugure sa seconde boutique, avec l’aide de Boy Capel. Là encore que la jeune couturière trouve tour à tour un public influent sensible à ses créations, et l’inspiration de ses codes les plus iconiques. Le beige Chanel. La marinière. Le jersey.

Là encore que les années folles battent leur plein — la vedette Mistinguett en goguette! Deauville avait là tout pour devenir la ville cinématographique qu’elle est aujourd’hui. Pas moins de cinquante films y furent tournés. ‘Les Liaisons Dangereuses’ de Roger Vadim en 1960, avec Jeanne Moreau et Boris Vian. Mais aussi et surtout l’icône absolue du cinéma Deauvillais, ‘Un Homme et Une Femme’ de Claude Lelouch. L’icône de la Côté Fleurie avait alors tout pour accueillir un festival d’envergure. En 1975, c’est Deauville qui fut choisie par André Halimi et Lionel Chouchan pour être le théâtre du Festival du Cinéma Américain!

Dès lors, le passé Belle Epoque de Deauville épouse son présent et fait briller son art de vivre dans le monde entier. Nichés dans un décor Normand et art déco, nombre de restaurants distillent tout ce savoir vivre autour de plats exceptionnels servit dans une simplicité salvatrice. C’est Les Vapeurs et ses fruits de mers. La Villatara et sa vision précise des traditions Deauvillaises. Mais Deauville, c’est surtout la station balnéaire de tous les possibles. Là où, un 8 août, Françoise Sagan gagnait aux jeux sa demeure légendaire. « Nous étions le 8 août, à présent, j’avais gagné avec le 8, il la vendait 8 millions anciens, il était 8 heures du matin, que vouliez-vous que je fisse contre tout cela ?… Je tirai les billets de mon sac à main du soir, qui en débordait, et je les lui mis dans la main, avant d’aller me coucher triomphante, dans ce qui allait être- et qui est resté jusqu’ici -mon seul bien sur la terre, une maison toujours un peu déglinguée, sise à trois kilomètres d’Honfleur (et douze de Deauville). »

Chanel et Deauville : La Volupté du Beige

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Dans la grammaire du 31 rue Cambon, nombre d’éléments découlent de la puissance d’observation de Mademoiselle. À Deauville, lors même que la maison se nomme encore Gabrielle Chanel, Coco pioche ça et là les codes d’un sceau qui deviendra celui d’un empire éternel. Nous sommes en 1913 lorsqu’elle découvre le lieu de villégiature qu’est déjà la petite ville normande. Au bras de Boy Capel, arpentant cette ville de bord de mer où déjà se réunissent têtes couronnées et élégantes du monde entier, Gabrielle est particulièrement attentive aux nuances de la nature – ces silhouettes corsetées et surannées l’agacent.

Dans sa quête d’une nouvelle élégance, Coco va trouver à Deauville les éléments indispensables à sa grammaire stylistique. La marinière, le pantalon à pont, le sac matelassé… C’est aussi et surtout sur la promenade du bord de mer qu’elle remarque la force et la volupté du sable caressé par l’écume – un beige profond et nuancé. Il n’en faut pas plus pour que Chanel décide d’en fait sa couleur de prédilection. Associé au noir qu’elle tient à dérober des tenues du couvent, Coco vient de déterminer sa couleur de l’élégance ; une association bi-colore.

« Je me réfugie dans le beige parce que c’est naturel. » Tout lui plaît dans cette teinte – ces nuances qui évoquent la peau nouvellement dorée par le soleil ; ces teintes d’une simplicité folle ; la sourde sensualité qui s’en dégage… Tout correspond à l’essence de ce qui deviendra le style Chanel. Car bientôt et à jamais, Coco teinte de ce beige nombre de ses confections. Surnommé beige Deauville, il colore d’abord ses pièces en jersey. En 1957, l’arrivée des souliers bicolores signe un tournant irréfutable : le beige allonge la jambe, le bout noir donne l’illusion d’un pied plus petit. Ces souliers, eux, deviennent instantanément des icônes de mode. Chanel, à l’époque de Deauville, est elle sur le point de conquérir le monde !

Deauville, séjour à l’Hôtel du Golf

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Les hôtels de luxe tels le Normandy ou le Royal Barrière sont situés à deux pas des célèbres Planches. Magnifique bâtisse normande, mélange de colombages et de boiseries, l’Hôtel du Golf quant à lui est un peu en retrait, sur les hauteurs du Mont Canisy, dans un écrin de verdure dominant la mer offrant un « oasis de sérénité ». C’est l’un des nombreux établissements hôteliers du Groupe Barrière (comme le Majestic Cannes ou le casino de La Baule). Il propose 170 chambres et suites dont la décoration intérieure est l’œuvre de Chantal Peyrat, qui l’a souhaitée moderne sans pour autant négliger le caractère proprement normand de l’établissement.

Comme son nom l’indique, il est situé sur un Golf (créé en 1929). Il se trouve également à deux pas de l’Hippodrome de Clairefontaine dont la création remonte à 1864. Assister aux courses sur l’hippodrome de Clairefontaine est l’une des nombreuses activités offertes par Deauville. Et si vous souhaitez ajouter un peu de piment et d’excitation à l’expérience, vous pourrez aussi parier sur votre cheval favori grâce à des sites comme Unibet.

À proximité de Paris, Deauville est une destination de court séjour par excellence, desservie par la ligne ferroviaire Paris-Deauville.  Un week-end sur les Planches en septembre et peut-être aurez-vous la chance de voir parmi les plus grandes stars américaines présentes pour le Festival du Film Américain. L’Hôtel du Golf est sans aucun doute, le havre de paix que vous recherchez pour échapper aux trépidations d’un quotidien. À bientôt à Deauville !

La Villa Cartier

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Une demeure au charme ancestral qui subjugue sans doute autant de la période dont elle est issue ; cette époque où le Duc de Morny fit de Deauville « Le Royaume de l’élégance ». Entièrement rénovée l’an passé, ce joyau architectural emprunte ses courbes à l’hôtel de Salm, érigé en 1786 à Paris, de la main de l’architecte Pierre Rousseau. Ses façades sculptées, son étage d’attique occultant à l’œil un toit à comble brisé ; la façade principale, animée par une rotonde en avant-corps, est percée de larges baies cintrées tandis que les élévations sont enluminées de pilastres, d’entablement et de jambages des baies. Tout dans cette Villa fait écho, comme un hommage, à l’architecture anglo-normande des manoirs de la région, au point qu’un seul regard posé sur l’édifice Cartier suffit à voyager dans le temps. 
Cartier, comme partenaire officiel du 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, scelle sa passion pour l’Amérique du cinéma et son engouement pour le 7e Art en rendant à la ville cinégénique, un honneur digne des grandes dames. Son architecture, ses toits, ses pavés, ses bistrots et ses fêtes, bref, l’art de vivre Paris est ainsi mis au cœur de la Villa Cartier. Au sein de la bâtisse, la ville lumière accueille les acteurs, producteurs, metteurs en scène, et même les festivaliers qui, le temps d’une soirée en compagnie des étoiles, s’étourdiront d’un Paris en fête ponctué de touches So Cartier ! Le joailler signe ainsi un univers d’un extrême raffinement – « Paris Nouvelle Vague ». Cartier et Paris, Cartier et le cinéma, c’est finalement une histoire d’amour, de création et de culture qui semble n’être là que pour toujours. A travers cet évènement, Cartier cloue définitivement son engagement, en faveur du rayonnement de l’innovation et de la culture, d’une griffe précieuse, puisque la maison récompensera un film du Prix de la Révélation Cartier par un trophée modelé par le « Joaillier des Rois ».

Le Festival International du Cinéma Américain de Deauville

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L’été s’essouffle et Deauville s’animera bientôt d’une intense activité. Avant d’être, ce festival est l’ambition d’une passion ; celle de deux hommes : le journaliste André Halimi et le publicitaire Lionel Chouchan. Bientôt rejoint par Lucien Barrière, propriétaire du Normandy hôtel, à eux trois, ils brûlent d’envie d’organiser une manifestation où serait célébré le nouvel Hollywood. Septembre 1975, le premier festival du cinéma américain est inauguré mais, aucun Américain n’est présent. Deux ans plus tard, Chouchan visera juste : en introduisant le concept des “hommages“, c’est l’ensemble des acteurs du cinéma américain qu’il parvient à toucher. La même année, il reçoit avec faste Gregory Peck et Harrison Ford. Dès lors, une procession d’étoiles défile à Deauville : De Niro, Clint Eastwood, Sharon Stone, Kirk Doublag, mais aussi Liz Taylor, Al Pacino, George Clooney ou encore Julia Roberts… Alors qu’il devient incontournable en 1995, le festival se transfigure tandis que Deauville devient indissociable du cinéma ; notamment du cinéma d’un certain Claude Lelouch. La plus flamboyante de ses réussites, le cinéma français la doit à cette plage, et à un jour de Septembre 1965 : après que le jeune cinéaste ait subit l’échec d’un film, il roule vers Deauville où, la nuit tombée, il s’écroule de fatigue dans sa voiture. Réveillé par la lumière diurne, il voit une femme sur la plage, marchant avec un enfant et un chien. Il commence alors à imaginer ce que cette femme peut bien faire sur cette plage, avec son enfant et son chien, à cette heure si matinale. De là s’écrit « Un homme et une femme » ; film qui définitivement liera l’atmosphère et le décor de Deauville au 7ème art. 

Depuis presque quarante ans, le Festival s’est fait une place en tant que le lieu éphémère de découverte et de reconnaissance des réalisateurs américains, dans une ambiance conviviale et sans frontière avec le public. Seul festival au monde à proposer des projections 24h/24 pendant dix jours, il incarne aussi les liens privilégiés tissés entre la mode et le cinéma au fil des décennies, dans une fascination réciproque cristallisée en un sens unique : le glamour. Et justement, en plus de mettre son savoir-faire au service de la réalisation de l’ensemble des trophées, la maison Cartier célèbre à nouveau sa love story enflammée avec le 7e art en immortalisant son partenariat avec le festival par le Prix de la Révélation Cartier.

Le jury du festival sera présidé par Costa-Gavras, qui sera accompagné entre autres par Emmanuelle Béart, Jean-Pierre Jeunet, Claude Lelouch, Pierre Lescure, Vincent Lindon, André Téchiné et Marie-Claude Pietragalla.

Un court-métrage des 100 ans de Chanel

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A l’occasion du centième anniversaire de la première boutique de Coco Chanel à Deauville, le créateur Karl Lagerfeld signe un court-métrage hommage, sobrement intitulé “Once Upon a Time”. 

Illustrant l’amour entre la célèbre créatrice couturière et Boy Capel, joueur de polo qui finança la boutique de Deauville, le film retrace un petit bout d’histoire, celui de la genèse de l’empire Chanel. C’est Keira Knightley, égérie de la maison depuis 2007, qui incarne Gabrielle Chanel, accompagnée de Clothilde Hesme dans le rôle de sa tante Adrienne. De nombreux mannequins et muses du Keiser, telles Stella Tennant, Tallulah Harlech et Caroline de Maigret, ont été également choisies pour jouer à leurs côtés. Magnifique retour vers le passé des années 1910, le court-métrage est un véritable hommage cinématographique et esthétique. 

Si le style et la personnalité de Mademoiselle Chanel ont marqué la mode du XXe siècle, de nombreux détails, coupes et matières sont devenus de véritables icônes de la maison, intemporelles et toujours réinterprétés de façon nouvelle. Goethe disait lui-même : «Faire un meilleur avenir avec les éléments élargis du passé». Le centenaire de la maison aux C entrelacés est l’occasion de faire revivre l’itinéraire de ces symboles légendaires. Le camélia, les souliers bicolores, le sac matelassé, le tailleur en tweed et les bijoux de diamants sont autant de codes qui, réinvestis chaque année entre tradition et modernité, arborent l’hégémonie de la maison. La nouvelle collection Croisière 2013-2014 lancée le 9 mai à Singapour, sur le site de Lowen Cluster sur une colline de Dempsey, en témoigne certainement.