La Robe Oroton par Versace

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Gianni Versace fut un couturier hors-norme : du laid, l’Italien fit le beau, le sublime même ; l’attrait de tout ce qui brille l’amena ainsi à créer au plus près du style de la Calabre, cette région italienne située à l’extrême sud-ouest de la péninsule. De cet héritage, Gianni a bâti l’empire Versace, résumé par la volonté d’élever le corps au rang des idoles italiennes. Il aimait d’ailleurs à dire : « J’aime le corps humain. J’aime créer tout ce qui pourrait toucher au corps humain. » Et il le fit.

Dans les années 80, la mode est à l’excessif, au baroque et aux possibles. Dans cette fashion sphère, Versace domine : en 1982, le couturier à l’idée d’une création qui donnerait l’illusion que celle qui la porte est couverte de métaux précieux liquides. Et c’est ainsi que cette fascination pour le métal est née la robe Oroton. Avec un artisan allemand, appelé à travailler une matière couplant la souplesse de la soie et la texture unique du métal, Gianni Versace mis au monde des pièces si sensuelles qu’elles devinrent l’apanage des héroïnes eighties.

La technique consiste à assembler sans les relier de petits disques de métal entre eux, en les attachants en 4 points à une maille de métal. La fluidité de la matière donne ce sentiment très spécial que le corps est paré d’un métal liquide. Le tissu doux tombait à la perfection. En plus d’avoir créé une matière absolument unique, Versace se fera prodige en la travaillant comme n’importe quel autre tissu, faisant fi des difficultés de montage. Avec un sens de l’artisanat d’exception, l’artiste su ainsi célébrer les formes féminines, donnant le pouvoir à toutes les femmes du monde. Ce fut dans les 80’s Naomi Campbell, quand aujourd’hui Lara Stone, ou encore Karlie Kloss porte haut l’héritage de la maison.

Le Portrait d’Yves Saint Laurent par Andy Warhol

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Qu’on le veuille ou non, Yves Saint Laurent était un artiste. Le couturier ne s’est pas contenté de dessiner vêtements et silhouettes : Yves Saint Laurent a fait entrer l’art dans la mode et dans un même mouvement, a édifié un style qui libère et donne le pouvoir aux femmes. Cette nouvelle approche de la mode se nourrit de pop culture… Yves Saint Laurent ne voulait pas d’une mode figée, pas plus qu’il ne se satisfaisait de la bienséance. Il fut à l’avant-garde de cette génération d’artistes et d’intellectuels en quête de porter haut le mouvement, la vie, la spontanéité bref, la liberté et la beauté dans son essence la plus pure. Il est l’un des premiers à avoir vraiment introduit l’art dans la mode, et avoir donné la voix aux “sous-genres“.

C’est ainsi qu’Yves Saint Laurent a puisé l’inspiration de ses collections dans les peuplades colonisées, dans la faune des soirées, dans la rue, dans les gens qui l’entourent, de Loulou de la Falaise à Betty Catroux. Tout comme Andy Warhol d’ailleurs, lui qui aimait à rassembler autour de la Factory les acteurs forts de la scène artistique internationale – sans parler de leur amour commun pour les soirées et la scène underground, du Studio 54 au Sept à Paris. Ils étaient eux-mêmes des artistes, amoureux de la vie et de la nuit. L’histoire racontée par un vêtement devient plus importante que la coupe du vêtement elle-même. Dès ce jour, c’est l’image qui mène la danse. Saint Laurent a un nouveau maître : Andy Warhol.

Parfois, Andy Warhol croquait à coup de sérigraphie le portrait de ses amis. Sans le savoir ou le sachant pertinemment, Andy Warhol a littéralement revisité la tradition du portrait officiel de célébrités… Mais façon Pop Art! A partir de 1968, il débute une extraordinaire série de portraits de célébrités. Jackie Kennedy, Willy Brandt ou encore Mike Jagger… A partir de polaroïds d’Yves, Warhol réalise aussi le portrait mythique du couturier français. Il eut avant lui la photo d’Yves Saint Laurent nu devant l’objectif de JeanLoup Sieff, réalisé pour le lancement de son premier parfum pour homme. Puis vint cette série de quatre portraits : dans un style tout à la fois rétro et léché, coloré et réfléchis, Yves s’impose sous un trait rêveur. On sent toute l’empathie de Warhol pour son modèle… Puis, cette série est celle qui imposa le « style Warhol » – couleurs vives, techniques graphiques, gros plan sur le sujet. Et voici pour l’éternité figée l’atmosphère, l’imaginaire d’Yves : un être vivant, hybride, luxueux, sublime, et modeste à la fois !

Les Robes en Kit de Paco Rabanne

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La période des années 1960 est une phase révolutionnaire dans la création vestimentaire. L’image de la femme apprêtée des années 1950, aux formes très dessinées, s’estompe au profit d’une silhouette plate et plus géométrique. Les traditionalistes hésiteront longtemps à l’appeler couturier. On le surnomme « le plastiqueur de la mode » ou «  le métallurgiste ». Paco Rabanne est le premier à introduire des matériaux industriels dans la mode à la veille des années 70, qui engendrent une véritable rupture dans les codes de la Haute Couture. C’est dans un contexte économique et social en pleine mutation, que le couturier présente à l’hôtel Georges V en février 1966 une collection de douze robes expérimentales et importables en matériaux contemporains. Plus déroutant encore pour le public, les modèles sont faits de matériaux jugés inadaptés pour un vêtement. Ces modèles en rhodoïd et métal fabriqués à la pince et au chalumeau, défilent sur des mannequins noirs. Ce sera l’époque du « Space Age », portée vers une nouvelle esthétique futuriste par des collections avant-gardistes. Pour cette collection chaque pièce est entièrement montée à la main, la signature « Paco Rabanne » apparaît alors marquant la naissance d’un nouveau grand nom de la mode.

L’année précédente, il crée des « Pacotilles », accessoires en Rhodoïd (boucles d’oreilles, lunettes, casques) pour des stylistes en vogue du prêt-à-porter industriel. Les stars de la musique et du cinéma se retrouvent dans cette modernité et assurent la notoriété de la griffe, telles Anouk Aimée, Brigitte Bardot ou Fraçoise Hardy. Cette dernière, particulièrement grande et mince pour l’époque caractérise la nouvelle silhouette féminine. Elle portera une création unique de Paco, « la robe la plus chère du monde » à l’occasion de l’inauguration de l’exposition internationale de diamants en mai 1968. Composée de mille plaquettes de neuf kilos d’or, trois cents carats de diamants, cinq mille anneaux d’or, ainsi que de vingt-deux diamants monumentaux bordant l’encolure. Paco Rabanne se souvient que la robe était gardée par quatre vigiles avec des armes à feu.

Dés 1970, il connaît une période riche en expérimentations de matériaux et projets révolutionnaires comme des robes en papier ou bien des modèles en cuir fluorescent, métal martelé, jersey d’aluminium et fourrure tricotée. Ces créations uniques seront acquises par des musées d’art contemporain tel le MoMA à New York et d’autres grands musées de la mode du monde entier.

Les Robes en Kit de Paco Rabanne

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La période des années 1960 est une phase révolutionnaire dans la création vestimentaire. L’image de la femme apprêtée des années 1950, aux formes très dessinées, s’estompe au profit d’une silhouette plate et plus géométrique. Les traditionalistes hésiteront longtemps à l’appeler couturier. On le surnomme « le plastiqueur de la mode » ou «  le métallurgiste ». Paco Rabanne est le premier à introduire des matériaux industriels dans la mode à la veille des années 70, qui engendrent une véritable rupture dans les codes de la Haute Couture. C’est dans un contexte économique et social en pleine mutation, que le couturier présente à l’hôtel Georges V en février 1966 une collection de douze robes expérimentales et importables en matériaux contemporains. Plus déroutant encore pour le public, les modèles sont faits de matériaux jugés inadaptés pour un vêtement. Ces modèles en rhodoïd et métal fabriqués à la pince et au chalumeau, défilent sur des mannequins noirs. Ce sera l’époque du « Space Age », portée vers une nouvelle esthétique futuriste par des collections avant-gardistes. Pour cette collection chaque pièce est entièrement montée à la main, la signature « Paco Rabanne » apparaît alors marquant la naissance d’un nouveau grand nom de la mode.

L’année précédente, il crée des « Pacotilles », accessoires en Rhodoïd (boucles d’oreilles, lunettes, casques) pour des stylistes en vogue du prêt-à-porter industriel. Les stars de la musique et du cinéma se retrouvent dans cette modernité et assurent la notoriété de la griffe, telles Anouk Aimée, Brigitte Bardot ou Fraçoise Hardy. Cette dernière, particulièrement grande et mince pour l’époque caractérise la nouvelle silhouette féminine. Elle portera une création unique de Paco, « la robe la plus chère du monde » à l’occasion de l’inauguration de l’exposition internationale de diamants en mai 1968. Composée de mille plaquettes de neuf kilos d’or, trois cents carats de diamants, cinq mille anneaux d’or, ainsi que de vingt-deux diamants monumentaux bordant l’encolure. Paco Rabanne se souvient que la robe était gardée par quatre vigiles avec des armes à feu.

Dés 1970, il connaît une période riche en expérimentations de matériaux et projets révolutionnaires comme des robes en papier ou bien des modèles en cuir fluorescent, métal martelé, jersey d’aluminium et fourrure tricotée. Ces créations uniques seront acquises par des musées d’art contemporain tel le MoMA à New York et d’autres grands musées de la mode du monde entier.

La Parenthèse So British de Dior Chez Harrods

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Dior s’invite chez Harrods ! L’élégance française s’impose, depuis le 16 mars dernier, dans ce haut lieu du luxe britannique : pendant un mois, les vitrines du grand magasin Harrod’s serviront d’écrin au pop-up store de Dior. Rendant hommage aux icônes britanniques qui ont auréolé la maison, Raf Simons installe une collection couture, parfum et maquillage exclusive, autour des couleurs mythiques du royaume de Windsor.

Cette véritable exhibition est l’occasion pour Dior de faire (re)découvrir ses mythiques fragrances, telles les parfums J’adore et Miss Dior, ou d’en lancer de nouvelles : Gris Montaigne, créé par le nez de la maison François Demachy autour de notes de bergamote de Calabre, de rose de Turquie, de patchouli, de jasmin Sambac et de mousse boisée, sera ainsi dévoilé. Côté maquillage, la palette de fards et gloss Claridge’s 48 s’expose, évoquant le jour où Miss Dior, première fragrance lancée par le couturier, fut dévoilée au sein du célèbre palace londonien. La poudre My Lady affiche la silhouette du Lady Dior, le sac mythique créé pour Lady Diana. Côté couture, les sacs et pochettes s’habillent de tartan. Le sac Diorissimo voit la vie en vert : Dior s’amuse à réinterpréter les teintes emblématiques de chez Harrod’s, ce célèbre temple de la mode.

Pour un « coffee-break », un Café Dior est expressément construit pour l’occasion. On peut notamment y déguster de délicieux cupcakes frappés du sigle Dior. Pour une expérience des plus addictives et Diorific. So chic !

Le Tailleur Bar Printemps 2013 de Dior

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Le 12 février 1947, Christian Dior expose sa toute première collection Printemps-Eté, ligne Corolle et En huit, dans sa maison de couture, avenue Montaigne. Immédiat et éclatant, le succès est tel que Carmel Snow, la rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, s’exclame : « Dear Christian, your dresses have such a new look ! ». Une expression éponyme devenant aussi iconique que le style qu’elle décrit.

Suivant la graphie du chiffre 8, la silhouette se présente tel un calligramme composé de nouveaux codes et dessinant la femme Christian Dior. La taille est étranglée, les épaules s’arrondissent et s’adoucissent, créant une sereine harmonie. La jupe, déployant la forme d’une corolle, est plissée et allongée jusqu’à mi-mollet : un volume, une technique et une longueur qui exigent un métrage considérable pour sa confection. Les basques sont rembourrées et se décollent des hanches, renforçant la délicatesse de la taille. Le couturier explique sa démarche créative : « Nous sortions à peine d’une époque démunie, parcimonieuse, obsédée par les tickets et les points-textile. Mon rêve prenait donc naturellement la forme d’une réaction contre cette pauvreté. […] Nous sortions d’une époque de guerre, d’uniformes, de femmes-soldats aux carrures de boxeurs. Je dessinais des femmes-fleurs, épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme lianes et jupes larges comme corolles ».

Une apostrophe à l’efflorescence et à la floraison que Raf Simons réinvestit cette année. Dans sa dernière collection Printemps-été 2013, le tailleur-bar est retrouvé. La veste au col croisé se décolle éternellement des hanches, la jupe arbore toujours le plissé. Le jeu sur les longueurs est frappant. La basque est géométrisée et allongée, métamorphosant la veste en une courte « robe-manteau » : des poches à rabat peuvent ainsi être rajoutées. La jupe quant à elle est raccourcie, simulant presque le fond de robe, à peine visible sous la veste-tailleur. Minimalisme et inversion des codes cassent ainsi l’élégance traditionnelle afin d’en dessiner une nouvelle. Les formes sont simplifiées, fluides, et habillées de noir. Un noeud souple et imposant, paraphe de Dior, parfait le dos de la tenue. Epure et composition chimérique s’allient savamment pour nous offrir la nouvelle fraîcheur florale et dioresque du tailleur-bar.

Le Corset de Madonna par Gaultier Vendu pour 40000€

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Les deux corsets mythiques de scène de Madonna ont été mis en vente le mercredi 3 décembre chez Christie’s à Londres. Deux bonnets coniques à surpiqûre, de la soie verte et blanche, une multiplicité de sequins cousus main ajoutée de franges perlées : le plus célèbre des corsets de la Reine de la pop fascine toujours, et c’est avec émotion qu’il fut présenté sur le mannequin. 
 
Dessiné par Jean-Paul Gaultier pour le Blond Ambition Tour de la material girl, ce dessous revisité et porté comme un dessus a su devenir l’icône et le paraphe du couturier. Tout droit inspiré de sa robe-corset présentée dès 1984 et reprise pour sa collection « Barbès » de 1990, il incarne la ligne conductrice du style Gaultier qui détourne les codes : le corps féminin est ainsi sublimé par un savant mélange d’ancien et de nouveau, avec astuce et humour, entre tape-à-l’œil malin et glamour. 
 
Le couturier fait part de sa fascination pour cet objet de désir : « J’admire les corsets depuis que je suis tout petit. Enfant, ma grand-mère m’a emmené à une exposition, et un corset était présenté. J’ai tout de suite aimé la teinte rose pâle telle la chair, le satin couleur saumon, la dentelle. » On sent bien que, loin du fétichisme et de sa dimension historique, le corset Gaultier est révélateur de l’essence féminine et sensuelle.