Le Tailleur Bar Dior se Teinte d’Or pour la Haute Couture Hiver 2018- 2019

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Rien ne sert de conter une nouvelle fois l’histoire du New Look et la révolution que Christian Dior initia en 1947. La maison qui porte son nom, ses ateliers et son savoir-faire sont là pour en témoigner. Et la semaine passée à Paris, au cœur des jardins du Musée Rodin, l’actuelle directrice artistique de la maison Dior a cherché à distiller l’essence, la nature même de la Haute Couture. Activité particulière et éminemment traditionnelle, la Haute Couture résonne tout particulièrement avec la grammaire Dior – il faut dire que Dior le couturier est parvenu à imposer une nouvelle vision de l’exercice sans en chercher la flamboyance.

Les ateliers, gardiens de la pensée Dior, ont ainsi assisté Maria Grazia Chiuri lorsque celle-ci a voulu revenir aux fondamentaux de l’Avenue Montaigne. Des fondamentaux qui passent inévitablement par l’interprétation de l’icône absolu de la maison – le tailleur-bar, pièce vedette de cette collection Haute Couture 2018-2019. Et la pièce cultive l’audace de ses débuts. Taillé dans sa forme originelle, le tailleur-bar s’accompagne ici d’un pantalon mais, façon or Dior. Oui, c’est bel et bien coulé dans cette teinte, dont Cocteau disait qu’elle faisait partie intégrante de l’univers Dior, que Maria Grazia Chuiri initie la combinaison la plus désirable de sa collection couture.

Cela, puisque le tailleur-bar a la force des intemporels – une pièce qui, fidèle aux gestes codifiés, se permet l’audace d’une telle teinte ! Ainsi twistée, l’icône Dior flirte avec le statut de pièce sacré ; une pièce comme hommage au passé de la maison, qui ouvre les nouvelles générations à la merveille qu’est l’exercice de la couture. Une élégance qui se murmure dans les détails plutôt qu’elle n’hurle sa singularité.

Doria Arkoun

La Villa Noailles

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La mère de Charles, la princesse de Poix, lui a offert en cadeau de mariage un bout de colline dans le Var, à Hyères. Plein sud, dans le coin le plus ensoleillé de France, avec vue sur les îles de Port-Cros et du Levant. Ils sont un couple de collectionneurs et de mécènes, qui ont notamment financé des projets de Dali, Buñuel ou Cocteau. En 1925, ils font construire cette villa sur les hauteurs de la ville, qui représente l’une des premières constructions de style moderne en France. Son concept « infiniment pratique et simple où chaque chose serait combinée au seul point de vue de l’utilité ». L’architecte, applique alors les préceptes fondateurs du mouvement rationaliste : épuration des éléments décoratifs, toits, terrasses, lumière.

L’une de sa singularité. « La manière dont elle se construit qui met en doute toutes les certitudes du mouvement moderne. Des extensions imprévues apparaissent, et, si l’expérience est concluante, on continue. Successivement agrandie jusqu’en 1933, pour atteindre 2 000 m2 et 60 pièces avec piscine, squash et gymnase privé. Décorés par les plus grands tels Francis Jourdain, Constantin Brancusi, Alberto Giacometti. Le monument qu’ils appelleront Saint-bernard, sera l’un des premiers bâtiments modernistes d’Europe. Par ailleurs il faudra bâtir en maçonnerie traditionnelle, car aucun entrepreneur à Hyères ne maîtrise le béton armé.

Entourant l’édifice un grand jardin méditerranéen planté par le vicomte de Noailles, complété par un jardin cubiste de Gabriel Guevrekian. Rebaptisé « jardin triangulaire » sublimé par une sculpture en bronze de Jacques Lipchitz. Dans le respect des vœux de Charles de Noailles, qui a vendu la propriété en 1973 à la ville de Hyères afin qu’elle ouvre le parc au public et fasse du bâtiment un lieu culturel. Inscrite en 1987 aux monuments historiques, après une longue période d’abandon elle a été restaurée en plusieurs étapes pour devenir un centre d’art et d’architecture en 1996. Promesse tenue car s’y tient notamment le fameux festival international de mode et de photographie.

Exposition : N°5 Culture Chanel au Palais de Tokyo

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Ernest Beaux, en 1921. Une fragrance qui deviendra presque instantanément iconique, au sillage unique et atemporel. « Je lance ma collection le 5 mai, cinquième mois de l’année, laissons-lui le numéro qu’il porte et ce numéro 5 lui portera chance » disait Coco Chanel, lors du lancement de son parfum.

C’est ainsi que le Palais de Tokyo accueillera, du 5 mai au 5 juin 2013 – dates significatives – l’exposition N°5 Culture Chanel, qui raconte l’histoire d’une vie, d’un style, d’un parfum. Elle est orchestrée par Jean-Louis Froment, directeur artistique, commissaire d’expositions et critique d’art français de renom. L’événement nous invite à renouer avec le Paris des années folles, ce lieu de rencontres littéraires et artistiques, cette ville-fusion des arts. Du Train bleu aux surréalistes, en passant par Modigliani, N°5 Culture Chanel tracera le parcours du lien étroit qui unit la maison de Haute Couture aux arts et à la culture.

On pourra découvrir les œuvres qui ont insufflé l’essence même du N°5 à madame Chanel, et qui l’ont portée au sommet du jeu des correspondances sensorielles. Photographies, objets, films et archives nous conteront le récit d’une amitié avec Cocteau, Picasso, Radiguet, Picabia ou en encore Reverdy, pour une avant-garde emblématique et symbole d’une vie. Synesthésie des arts, roman d’une vie et mythe d’un parfum sont au rendez-vous.

 

Exposition N°5 Culture Chanel, du 5 mai au 5 juin 2013
Palais de Tokyo, Paris
www.5-culturechanel.com
http://www.palaisdetokyo.com