Les Films A Voir Pour Comprendre La Mode

Une liste des films iconiques pour cerner les subtilités des couturiers, de la haute couture, et la fantaisie du prêt-à-porter.

Les Biographies Cultes De La Mode

Si il existe une myriade de points de vue pour comprendre la mode, les plus intéressants sont ceux qui se fixent sur la figure des couturiers.

De véritables pépites qui, à leur manière, révèlent les dessous de la mode contemporaine. Parmi ces films cultes de la mode, la personnalité mystérieuse de Coco Chanel a fait l’objet de deux long métrages. Extrêmement bien ficelés.

Le premier de Jan Kounen, sorti en 2009, intitulé ‘Coco Chanel et Igor Stravinsky’ retrace l’image de Coco Chanel la mécène, mais aussi et surtout Chanel l’amoureuse. Anna Mouglalis parfaite dans le rôle de Coco, auréolée de secrets.

Amoureuse des arts et des artistes donc — Chanel contribua en effet à sauver le Sacre du printemps en injectant l’argent nécessaire à ses représentations. Le reste tient de la légende puisque, sans elle, le ballet aurait peut être était brûlé sur le bûcher de l’avant-garde. Goût fané d’une époque oblige.

Le second, sorti lui aussi en 2009, fut réalisé par Anne Fontaine. C’est ‘Coco Avant Chanel’, un film sur l’ascension d’une couturière partie de rien. Un film qui se concentre bien sur la révolution stylistique menée par Gabrielle Chanel. Allure simplifiée, petite robe noireet autres icônes de la mode moderne. Avec Audrey Tautou incarnant à merveille la mutine Coco, devenue l’impératrice de la mode Parisienne.

La Figure d’Yves Saint Laurent provoque la même fascination chez les réalisateurs. Puisque deux films sont sortis en 2014 — l’un de Bertrand Bonello avec Gaspard Ulliel, l’autre de Jalil Lespert avec Pierre Niney.

Ces films révèlent la personnalité trouble mais géniale d’Yves Saint Laurent. Lui qui n’hésitait pas à tirer de la vie nocturne l’énergie subversive indispensable à toute révolution esthétique. Dans la haute couture, comme dans le prêt-à-porter ! L’origine de la désinvolture du Smoking  ou celle de la see-through shirt est à chercher par là.

C’est ce que semble montrer le film biographie de Jalil Lespert ‘Yves Saint Laurent’. Un récit s’achevant sur le défilé de maître que fut la collection Ballets Russes de 1976.

Bertrand Bonello dans ‘Saint Laurent’ vise à explorer les aspects sombres et occultés de la personnalité du couturier. « Nous n’étions pas intéressés à montrer comment Yves Saint Laurent est devenu un génie. Nous voulions montrer ce que cela lui a coûté chaque jour d’être qui il était, et c’est pourquoi, au début du film, il est déjà une star. » Un film à voir pour comprendre la position de tout couturier dans le système de la mode !

En parlant de ce système souvent très délicat. Le film documentaire de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, ‘McQueen’, sorti en 2018, retrace la vision tellurique d’Alexander McQueen. Le film qu’il faut absolu avoir vu si l’on veut produire ou comprendre l’impact que peut avoir une collection et un défilé sur la mode.

Et justement, quel impact peut avoir la personnalité du designer sur la mode qu’il produit? Un pan de la création d’Olivier Rousteing est ainsi exploré dans le documentaire Wonder Boy.

Dans un autre registre, le documentaire consacré à la vision de Diana Vreeland, rédactrice en chef du Vogue Américain et Harper’s Bazaar, connue pour être la femme qui fit entrer la mode au musée…

Et toute la narration de Valentino se trouve décrite dans ce superbe documentaire par Matt Tyrnauer… ‘Valentino: The Last Emperor’ le titre parle de lui-même.

Ce documentaire offre une perspective inédite sur le travail et l’intérêt esthétique d’un magazine de mode. ‘The eye has to travel réalisé par Lisa Immordino Vreeland, Frédéric Tcheng, Bent-Jorgen Perlmutt est un chef d’oeuvre du genre.

Les Documentaires De Loïc Prigent

Nul besoin de présenter l’approche décomplexée et très drôle de Loïc Prigent sur la mode. Ces documentaires sont pourtant d’une précision rare — le suivre dans les coulisses de la préparation d’un défilé ou l’entendre retracer les décennies phares de la mode permet à quiconque de comprendre ce milieu.

A voir: ‘Le jour d’avant volume 1’: Sonia Rykiel. Jean Paul Gaultier. Proenza Schouler. Fendi.

Le jour d’avant, volume 2’ : Donatella Versace. Diane Von Fustenberg. Nina Ricci. Narciso Rodriguez. Jeremy Scott. Alexander Wang. Lanvin. Isabel Marant

Signé Chanel, 2005. ’Karl Lagerfeld se dessine’, 2013. Mais aussi ‘Le testament d’Alexander McQueen‘, 2015. Scandales de la mode, 2016. Qu’est-ce que la haute couture?, 2016. ‘Les dessins de Christian Dior’, 2018…

Ses projections sur La Mode Des Années 90. Un régal, bien savant !

Les Films De Mode Plus Réels Encore…

Le film évènement ‘The September Issue’, 2009, nous embarque littéralement au coeur de la rédaction du Vogue Américain, alors en préparation du numéro de Septembre — le plus important !

On y voit le travail des journalistes de mode, d’Anna Wintour et de son bras droit, la très inspirée Grace Coddington. De quoi comprendre la vie et le rythme d’un magazine de mode au plus haut.

Prêt a porter‘ de Robert Altman, 1994, est quant à lui un film qui joue sur l’idée des clichés prêtés au milieu de la mode dans les années 1990. En plein boom des Supermodels, le film joue sur le faux meurtre du président du syndicat du prêt-à-porter… Tourné en vrai pendant la semaine de la mode à Paris.

Un film où Marcello Mastroianni, Sophia Loren et Kim Bassinger côtoient Anouk Aimée, Rosy de Palma, Julia Roberts, Lauren Bacall, Björk, Cher, Naomi Campbell, Sonia Rykiel, Claudia Schiffer, Jean Paul Gaultier… Un micmac de figures de la mode et du cinéma !

Les Galons, La Chaîne Et Les Boutons Chanel, Des Codes Iconiques

On ne les remarque que très rarement, et pourtant, galons, chaîne et boutons constituent chez Chanel des codes importants. Ils sont les finitions absolues de la sophistication des créations Chanel.

Galons Et Boutons Chanel, Des Bijoux d’Artisanat

L’histoire se raconte aussi dans les détails – et ceux de la maison Chanel ont beaucoup à raconter. Il y a les galons d’abord. Ces galons principalement reconnus pour le panache qu’ils donnent à la mythique petite veste noire.

Enserrés de cordons, ils y ont été apposés sur l’idée de Coco. Et son principe demeure: chacun de ces galons a une allure particulière. Car, comme elle aimait à dire: « Par principe, j’invente toujours, je ne fais rien qui existe déjà. Je me consacre à l’unique. »

D’or, de soie, ou d’argent, les galons sont toujours pensés en accord avec les boutons Chanel. Des boutons traités comme de précieux bijoux. Chez Chanel les boutons ont quelque chose de rare et de sacré, quelque chose d’exceptionnelle.

Lorsqu’elle pense sa petite veste noire, Coco sut tout de suite ce qui ferait la différence : «  Pas de bouton sans boutonnière. »

Ces boutons donc, Coco les confie très vite à des artistes. Fulco di Verdura, joaillier et designer de bijoux Italien, par exemple. Il réalise pour Chanel des boutons, mais aussi des bijoux fantaisie et précieux. L’un de ses premiers modèles pour Chanel est le bracelet manchette à croix de malte — une icône en soit.

Mais les boutons Chanel restent ancrés dans la mémoire collective pour être le résultat du talent sans pareil de George Desrues. Parurier Haute Couture depuis 1936, il s’est fait un nom en sculptant, dorant et émaillant des boutons précieux… Ceux-ci ne tardèrent à taper dans l’oeil de l’esthète qu’était Coco Chanel.

Dès 1965, et suivant la première collection de boutons réalisée par George Desrues, Gabrielle Chanel en fait le fournisseur attitré de sa maison. Son inspiration, George Desrues va la trouver du côté des bijoux personnels de Coco — ceux là mêmes qui lui avaient été offerts par le Duc de Westminster. Les préférés de la couturières étant évidemment ceux à tête de lion .

En 1985, George Desrues se retire et confie les reines de la maison à Chanel. Aujourd’hui protégé dans les Métiers d’Art Chanel, le savoir-faire assure la pérennité d’une sophistication signée du double C.

La Chaîne, Autre Element Clé De La Grammaire Chanel

Mains dans les poches et allure libre – le style Chanel puise dans l’entremêlement des chaînes plus qu’une signature.

Il y a d’abord cette phrase tant entendue par ceux l’ayant côtoyés. « Je connais les femmes. Donnez-leur des chaînes, les femmes adorent les chaînes ! »  Intriguée par cet entremêlement de maillons dont la fin n’est qu’illusion, Coco Chanel comprend très vite qu’une chaîne est bien plus qu’un accessoire. C’est un outil idéal pour ‘plomber’ sa couture. Un des nombreux secrets de la veste Chanel réside d’ailleurs dans sa doublure… Taillée dans la soie, celle-ci cache en effet une fine chaînette qui donne une verticalité et un tombé impeccable au vêtement.

La chaîne sert encore une autre icône de Chanel. En 1955 – c’est dire la symbolique du 5 – lors de son grand retour d’après-guerre, Mademoiselle imagine là encore un objet de désir éminemment libérateur.

Le 2.55, mythique sac matelassé s’accompagne d’une chaîne en or. Brigitte Bardot, Catherine Deneuve ou Romy Schneider, toutes libèrent leurs mains par son porté bandoulière.

Maillon mythique de la maison, la chaîne a en effet toujours ponctué les plus belles créations Chanel. Ainsi, bien plus tard, Karl Lagerfeld jouera là encore de ces chaînes…

Et du côté de la Haute Horlogerie et Joaillerie Chanel, on retrouve souvent le code iconique repris de façon encore plus noble. Déclinée sous forme de bijoux, de bracelets et de sautoirs, la chaîne pensée par Gabrielle a aussi donné naissance à la montre la plus appréciée au monde: la Première.

Autour du poignet, l’entrelacement rond et brillant lègue une douceur venant contraster avec les lignes octogonales du cadran imaginé en 1987. Une pièce aussi forte que sensuelle, moderne et déterminée… A la Chanel !

Le Matelassé Chanel, Une Signature Chic

Et iconique ! Le matelassé Chanel démontre une nouvelle fois la force de création de Gabrielle Chanel — là encore, c’est son oeil d’esthète qui sut capter le potentiel d’élégance d’une veste de palefrenier.

Les Courses Hippiques Et Le Matelassé Chanel

Si le matelassé apparaît pour la première fois sur le mythique sac 2.55, Coco Chanel l’avait sûrement en tête depuis longtemps déjà. Son grand amour, Boy Capel, étant joueur de polo, Coco a longtemps côtoyé les hippodromes. C’est peut être là qu’elle remarqua la veste typique des palefreniers — une veste matelassée.

Comme ce fut le cas pour la petite veste noire, observée sur le liftier d’un hôtel de Salzbourg, Coco a une nouvelle fois élevé l’ordinaire au rang d’objet de luxe.

Ainsi en 1955, le matelassé entre dans le répertoire de la maison Chanel. Une fois cousu, le motif conférant un volume et une solidité exemplaires, Chanel décide d’en faire un sac.

Indéformable grâce à ses coutures entrecroisées, le matelassé offre à Chanel le loisir d’utiliser ses matières de prédilection — le jersey et le tweed en tête !

Dès lors, c’est une machine spécialement conçue qui le réalise — une machine si perfectionnée pour le seul matelassé, qu’elle constitue un secret absolu. Seuls les ateliers Chanel en possèdent.

Et Karl Lagerfeld en démontre tout le panache dans la collection 1991, la première à réintégrer le matelassé sous une forme allurée !

Le Matelassé, Sceau Chic Et Graphique

Le domaine des cosmétiques n’y échappe pas. Les iconiques palettes d’ombres à paupières se capitonnent, pour un rendu esthétique qui respecte à la perfection l’élégance et les codes de la maison.

La Haute Joaillerie non plus. Les losanges se rétrécissent et se parent des métaux les plus précieux, une fois appliqués sur les pièces de joaillerie, et de Haute Horlogerie.

Une collection Chanel joaillerie est ainsi entièrement dédiée au motif matelassé. Sculpté dans l’or pur, il donne naissance à une série de bagues et à une manchette aux lignes généreuses et féminines.

Emprunte d’une simplicité racée, dans un esprit radical et finement gravé dans l’or blanc ou jaune, la collection Coco Crush s’éprend de valeurs modernes. Un raffinement qui fait de la signature visuelle du sac 2.55 un motif chic graphique. « L’élégance, c’est la ligne » aimait en effet rappeler Coco Chanel.

Le Tweed Chanel, Icône Héritée Du Duc De Westminster

La matière phare Chanel, devenue l’étendard d’un mode de vie libre et affranchi, Coco l’a puisé dans le vestiaire Anglais du Duc de Westminster.

Comment Est Né Le Tweed Chanel?

1924. À Monte-Carlo, Coco rencontre pour la première fois le Duc de Westminster. Celui-ci confessera bien plus tard  : « Cette fameuse Coco apparut et j’en fus tout de suite séduit. » Le coup de foudre fut immédiat. Le gentleman le plus brillant du Royaume-Uni, l’homme le plus riche d’Angleterre, le galant réputé pour ses fastueuses réceptions et ses grandes chasses, croise pour la première fois le regard mutin de Gabrielle Chanel dans les années 20.

À ses côtés de 1924 à 1931, Coco voyage, découvre, et s’inspire. Six années durant lesquelles des landes d’Ecosse où le duc chasse les grouses, au pont de ses yatchs, de l’Irlande aux Carpates en passant par Heaton Hall, son château, Gabrielle apprend en compagnie du Duc l’essence du style Britannique: l’élégance et le confort.

Cet amant, Chanel dira de lui qu’il est «  simple comme un clochard  », puisqu’il ne porte jamais rien de neuf. De cette façon toute particulière qu’il a de ne prêter que peu d’intérêt aux fastes de la mode, Chanel retiendra la simplicité. Elle en fait bientôt le ressort à ses créations.

Si la petite veste noire est devenue l’icône que l’on reconnaît aujourd’hui, c’est parce qu’elle témoigne d’une histoire d’amour, d’une inspiration et, finalement, d’un des desseins communs à l’ensemble de la création de la couturière  : draper la femme le plus simplement possible.

 Largement dictée par le vestiaire masculin du Duc de Westminster, la petite veste noire de Coco Chanel est, au fil des années, devenue cette pièce universelle qui, sous le tissu, accompagne une révolution.

En 1928, le couple se retire au château du Duc. C’est là que l’on aperçoit pour la première fois Mademoiselle avec, sur les épaules, ce qui peut-être considéré comme sa première veste en tweed. En séjournant ainsi en Écosse, le climat si froid obligea Chanel à emprunter l’une des vestes du Duc de Westminster… un manteau chaud, doux, et ô combien confortable. Si l’histoire d’amour prend fin en 1931, Chanel n’oubliez pas d’emporter comme souvenirs les quelques pièces du vestiaire de son amant — et le tweed.

1954, La Petite Veste Noire Et Le Tweed Chanel

En 1954, année où la couturière imagine la première version de la petite veste noire, c’est la fameuse veste en tweed qui habite son esprit. Inspirée par la tenue du Duc, le tweed imposera un modèle souple et moelleux.

Cette année-là, la Une du Vogue Américain a pour titre: «  Le nouvel uniforme de la femme moderne.  » Dans cette conjugaison du masculin au féminin se dessine en effet la modernité d’après-guerre.

Une veste que l’on aime à qualifier de « l’expression vestimentaire du siècle“. Une veste qui ne ressemble à nulle autre. Chic à souhait, effrontée, la petite veste Chanel est, finalement, l’incarnation de l’allure de la Parisienne.

Le tweed devient l’écho de la simplicité de Chanel. Luxe et confort, Coco Chanel a laissé en héritage une grammaire si évidente qu’elle devient presque un jeu d’enfant à revisiter. Et Karl Lagerfeld s’en est amusé. En 2014, pied de nez à la Coco, il fait défiler en couture une paire de baskets (!!!) Taillée dans le tweed iconique. La preuve, s’il en fallait une, que le tweed transcende la mode. A l’instar du tailleur en tweed, objet de désir infini.

La Collection Haute Couture 2020 De Chanel

Virginie Viard a fait du passé de Gabrielle Chanel un écho chic et spirituel.

Qui était Mademoiselle Chanel?

Virginie Viard a remonté le fil, a puisé dans la genèse de la créativité de Coco, le propos de sa collection Haute Couture 2020. Là où, enfant, Gabrielle Chasnel fut, avec ses soeurs, déposée par leur père… L’abbaye d’Aubazine fut en effet le point névralgique de la mode de la future Coco Chanel. Car en plus d’y apprendre la couture, elle y côtoie l’austérité des soeurs, le vocable géométrique propre aux abbayes, leur sol, leur vitrail. Là que Chanel tira, une fois aux commandes de sa maison, son mythique double C, sa grammaire géométrique, et sa mode dépouillée.

On retrouve ainsi tout au long de cette collection ayant défilée dans une reproduction quasi-parfaite du jardin de l’abbaye, tout le vocable de la Rue Cambon. Le noir et le blanc. Les silhouettes austères mais hautement stylisées.

Mais aussi et surtout, des motifs graphiques, une nouvelle fois inspirés des vitraux — recouverts de paillettes mates et pastel, cette fois ! Car au langage originel de Gabrielle, Virginie Viard a ajouté la touche des maisons hautement virtuoses qui appartiennent désormais au groupe.

La maison Lesage a ainsi travaillé toute la légèreté gracieuse de cette silhouette autour d’une grande cape de taffetas ivoire sur robe de taffetas bleu marine —  étagée en crêpe et rehaussée d’une ceinture trompe-l’œil entièrement brodée de paillettes par les talents Lesage.

Le Tailleur En Tweed Et La Mariée Chanel


Dernier fait d’arme de la couturière, en 1954, l’iconique tailleur en tweed qui habilla les grandes Dames, à l’instar de Jackie Kennedy; ce même tailleur est aujourd’hui retravaillé dans un beige glacé. Fermé de boutons bijoux sertis d’étoiles ou de fleurs — autres grammaires chères à Mademoiselle depuis Aubazine — il se présente avec un col haut ou rabattu… Son tweed beige flirte avec l’esprit champêtre, souligné ou non de fines cordelettes tressées.

La note finale? La mariée Chanel, toute en simplicité, fait un écho net à la rigueur monacale des abbesses — une mariée dans une robe en crêpe Georgette rehaussée d’un triple col Claudine en tulle. Complété d’un voile brodé de branches de glycine; ultime écho au jardin d’Aubazine. Simplifié mais hautement subtil — tout le chic Chanel en somme.


L’Exposition ‘Les Mots Dalle-Ore’ A La Galerie Marciano

Elle cite parmi ses maîtres Basquiat ou Twombly — Corinne Dalle-Ore investit la galerie Marciano Contemporary, jusqu’au 2 janvier 2020.

L’univers de Corinne Dalle-Ore résonne comme l’essence même de son inspiration — cette artiste Parisienne puise dans ses voyages et sa vie semi-nomade une myriade d’impressions, de sensations, d’émotions qu’elle tend à imprégner sur la toile. Curieuse et observatrice, Corinne Dalle-Ore déchire, colle, peint, écrit, convole sur la toile autour de couleurs tantôt explosives tantôt sourdes — l’idée? Faire jaillir des visions inspirées, à partir de portraits entrés dans la culture populaire. Et justement, cette culture populaire coule littéralement dans l’encre de ses toiles.

Affiches publicitaires, bandes-dessinées, icônes Pop et figures de la mode… Ce que Corinne Dalle-Ore apprécie le plus, c’est l’esthétique désuet et délicieusement kitsch des années 50-60. Et le détourner la ravit d’autant plus ! Sur ses toiles, les teintes, les matières et les grains si particuliers viennent éveiller les sens — ses toiles ont une dimension tactile.

Et sa galerie de portraits laisse deviner sa volonté de titiller les impressions du public. Des personnages emblématiques du XXe siècle, engagés, politiques, adorés ou détestés… Corinne Dalle-Ore les extrait de leur contexte pour en accentuer les traits ! « Mon travail se construit autour de l’icône, enchevêtrement de collages et peinture mais la peinture prend le dessus pour oublier le collage… un peu comme du photo painting ». Dans ses peintures, mémoire et passé se mêlent au présent pour insuffler une vision tantôt franche ou inédite, poétique ou drôle sur les icônes de notre temps. Avec une délicatesse intéressante, Corinne Dalle-Ore distille une vision personnelle entre nostalgie et modernité, provocation ou adoration.

Mais surtout, l’oeuvre de Dalle-Ore veut célébrer les femmes fortes, au destin complexe et au caractère bien trempé. Des femmes qui, à l’instar de Frida Kahlo, Coco Chanel ou encore Marilyn Monroe, ont ouvert la voie à une vision inédite de la femme; titillant allègrement sa place dans l’art et la culture. « Je m’identifie beaucoup à ces femmes. J’aime leur beauté, ce charisme.  Marilyn, je l’ai transformé en sainte. J’ai transformé Kate Moss en Frida Kahlo… » Un groupement d’oeuvres figuratif, laissant entrevoir des perspectives fantaisistes et libres. A découvrir avec délectation au 4 place des Vosges. C’est bien cela qui se laisse voir jusqu’au 2 janvier 2020 à la galerie Marciano Contemporary.


Les Nouveautés J12, Première, Boy∙Friend et Code Coco Chanel au Baselworld 2019

Les icônes de la rue Cambon ne changent pas. Elles poétisent le temps, le comprennent pour mieux se réinventer — elles sont J12, Première, Boy∙Friend ou Code Coco.

S’il fallait conter l’odyssée horlogère de la Maison Chanel, on commencerait évidemment par rappeler la Première — une pièce exclusivement créée pour les femmes en 1987. C’est que l’icône Première distille déjà beaucoup de la grammaire iconique de la rue Cambon : forme octogonale empruntée au bouchon du flacon N°5, celle même de la place Vendôme… Un bracelet multiple reprenant les mythiques lanières de cuir tressées dans la chaîne du 2.55. Voici donc qu’en 2019, la collection Première s’enrichit d’une version phare en or jaune sur bracelet effet velours ; quand la Première ne se dévoile pas dans une version inédite teinte d’un noir intense. La Première Rock.

La métamorphose clé présentée à Baselworld 2019 concerne la montre J12 — à l’orée de ses 20 ans, la J12 se transforme sans se dénaturer. C’est Jacques Helleu, alors directeur artistique des parfums et de l’horlogerie Chanel, qui la dessine sportive, toute noire et intemporelle. La J12, il la dessine pour lui. Inspiré de deux univers qu’il aime plus que tout, l’automobile et la voile. D’autant que la silhouette des voiliers de l’America’s Cup donne le ton des courbes de la montre. Bientôt, elle prendra le nom de ces mêmes voiliers. Les J12. Sacrée première icône horlogère du 21ème siècle dès sa commercialisation, la J12 de Chanel révolutionne le monde de l’horlogerie avec sa robe de céramique noire. Aujourd’hui, Arnaud Chastaingt lui offre une cure de jouvence en augmentant délicatement l’épaisseur de sa boîte.

Mais la nouveauté la plus époustouflante de ce Baselworld 2019 est bien la nouvelle collection ‘Mademoiselle Privé’. Conçue comme la collection « dévoilant les symboles que Mademoiselle chérissait et les éléments dont elle aimait s’entourer », elle présente des pièces littéralement uniques car produites en un seul exemplaire. C’est, cette année, l’univers poétique desparavents de Coromandel qui inspire au Studio de Création de l’Horlogerie Chanel une pièce comme l’expression des savoir-faire d’excellence des Métiers d’Art. Le Sautoir Mademoiselle Privé Coromandel. Une pièce en or beige 18 carats, rassemblant près de 400 diamants pour un total de 7,62 carats… Une pièce d’exception, et c’est peu dire à la vue du résultat tout juste époustouflant — oeuvre d’émailleurs, graveurs, ciseleurs, sertisseurs… Un numéro 5 merveilleusement entrelacé aux branches de cerisiers.

Sous le Signe du Lion, Le Nouveau Chapitre Joaillier de Chanel

img.png

Août 1920. Coco Chanel est dévastée. Son grand amour, Boy Capel, vient de disparaître dans un accident… Et c’est à Venise et son charme chimérique que la couturière doit sa rémission. Là, au coeur de la cité des Doges, Coco découvre la présence réconfortante d’un animal totem. Son signe astrologique, en même temps que le gardien de la Sérénissime — le Lion devient l’élément du langage symbolique de la rue Cambon ! Quelques années plus tard, en 1932, la toute première ligne de joaillerie composée par Chanel met en vedette des bijoux tous fait de diamants, mettant en scène le lion… 

 

Mais devant la bronca des joailliers de la place Vendôme, Chanel est forcée à la démonter. Entièrement. C’est en ce sens que la collection de Haute Joaillerie Sous Le Signe du Lion célèbre depuis 2013 l’oeuvre magistrale de Mademoiselle. La collection s’ouvre cette fois sur un nouveau chapitre et, autour de 8 pièces aussi inspirées qu’audacieuses, place le lion au coeur de bijoux magistraux ! Des médailles bleu lapis et blanc astral — référence au lion de la place Saint Marc. Des bagues lion en or jaune 18 carats, diamants et lapis-lazuli décalquent dans une splendeur rare le lion sculptural de Venise. Celui-là même qui trône dans un style baroque vénitien ! Des pièces à l’allure astrale, infiniment chargées de mystère…

‘L’Année dernière à Marienbad’: La Robe Chanel de Delphine Seyrig

c96c2ea3741832293c431162f1932055.jpg

Si la maison Chanel est depuis toujours connue pour être le mécène de plus d’une oeuvres d’avant-garde, là voici qui renouvelle ses voeux envers le Septième Art. Contribuant cette fois à la restauration d’un chef d’oeuvre du cinéma Français, Chanel concourt à la conservation d’un pan de l’histoire artistique. Réalisée en 1961, le film ‘L’Année Dernière à Marienbad’ conte un huis clos onirique où se confondent illusion et réalité. Dans un palais baroque Allemand entouré de jardins à la Française, l’actrice principale, Delphine Seyrig brille par son aura de femme atemporelle et distante, conventionnelle et flamboyante. Glissée dans des robes à la simplicité renversante — ces mêmes robes signées Chanel. 

Dans le rôle de A, la femme à la chevelure courte et brune, Delphine Seyrig adopte les pièces phares de la maison Chanel. En vedette, la petite robe noire en mousseline. ‘La Ford Chanel’ devient ici « la robe à la Marienbad“ — dentelles foncées et perles claires, l’équation Chanel, déjà mythique, démontre ici toute sa force narrative. La robe créait tout de l’aspect mythique et distant du personnage de Delphine Seyrig… Forte d’une souplesse, mouvante, épitomé de l’économie d’effets de la rue Cambon, la pièce rend à l’actrice cet air silencieux, dévoué, toute à la fois doux et amer. Une robe éthérée entrée dans la légende — Brigitte Bardot, ayant vue Delphine Seyrig dans ‘L’Année Dernière à Marienbad’, s’habillera désormais selon les codes Chanel. 

Aujourd’hui, la maison Chanel qui survit au mythe concourt à remettre au goût du jour l’un des films les plus influents de l’histoire. Agnès Varda, Jacques Rivette, Ingmar Bergman et Federico Fellini, ou plus récemment Inception de Christopher Nolan… Nombre de réalisateurs lui empruntent concepts narratives et style visuel. En collaboration avec Studio Canal, Chanel lui redonne ainsi toute sa gloire d’origine à l’aide de la numérisation et la restauration en 4k, menées à partir des négatifs originaux.  Et tout y est: la beauté du contraste, la puissance des images d’origine du film… Des costumes quintessence du chic; la photographie et l’éclairage délicats et élégants développés par Sacha Vierny et Alain Resnais à l’aide d’un objectif Dyaliscope — tout ici témoigne du chef-d’oeuvre. Le film original a reçu un Lion d’Or il y a près de 60 ans. Le 5 septembre prochain, la version restaurée sera diffusée à la Mostra de Venise, avant sa projection en salle partir du 19 septembre 2018.

Inside Chanel Episode 23 : Coco à Biarritz

img_1628.png

Si à Deauville Gabrielle déjà révolutionnait les costumes de bains des élégantes, c’est à Biarritz que Chanel ancre définitivement sa maison de couture. En 1915, lors même que la Première Guerre mondiale éclate, s’apprêtant à renverser l’équilibre de tout un monde, Coco, elle, est sur le point d’imposer le nouvel ordre du chic. Sur la côté Basque, Biarritz alors attire l’aristocratie, la haute bourgeoisie et les artistes Européens en quête de sérénité – l’impératrice Eugénie y a ses habitudes ; Chanel bientôt y installera sa première maison de couture.

La première décennie 1900 met ainsi les femmes sur le devant de la scène ; palliant à l’absence des hommes partis en guerre, lors même qu’en Angleterre, les suffragettes font entendre leur voix – c’est dans ce contexte que Gabrielle Chanel initie une mode moins contraignante. Une attitude à son image. Elle les veut voir danser, et nager, sans entraves ; oser et aimer sans crainte des regards. A Biarritz donc, Boy Capel lui offrit son soutient financier, indispensable à l’acquisition d’un manoir du XIXe siècle, la villa de Larralde. Là, sur le trajet stratégique de la plage et du casino, Chanel inaugure sa première maison de couture – et c’est ici une autre bataille qui se joue.

En moins d’un an, les élégantes perçoivent le talent de Coco ; sa réputation est faite lorsque le magazine Harper’s Bazaar titre « la charmante robe chemise de Chanel. » A la fin de la guerre, en 1918, tout ce que l’Europe compte de tête couronnées, d’élégantes et d’esthètes s’habillent chez Chanel. Coco peut savourer sa victoire – elle est une femme célèbre, une couturière reconnue, une femme d’affaire, et une femme indépendante. Elle venait de rembourser les avances consenties par son amour Boy Capel. Le 22 Juin prochain, la maison Chanel diffusera ainsi l’épisode 23 d’Inside Chanel ; le récit de l’épisode Deauvillais de Mademoiselle, au fil d’images d’archives colorisées.