Le Fourreau des Petits Matins Givenchy du Printemps/Eté 2019

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« Je ne souhaitais pas une maison de haute couture classique… Mon rêve était de créer une grande boutique, où les femmes pourraient s’habiller, avec imagination et simplicité. Des vêtements faciles à porter, même en voyage, et réalisés dans des tissus ravissants mais peu coûteux, comme le shirting ou l’organdi. » La maison d’Hubert de Givenchy distille sous la houlette de la Britannique Clare Waight Keller une vision résolument chic de la femme d’aujourd’hui. Et c’est sous les arcades du palais de Justice de Paris qu’elle présentait son troisième défilé orchestré pour le Printemps/Eté 2019 — une collection dont le fil rouge n’est autre que le vécu très avant-gardiste d’Annemarie Schwarzenbach. 

 

Annemarie Schwarzenbach est une femme, mais, très tôt, lui prend le désir d’échapper au genre et ses implications. Au début du siècle dernier, la voilà qui se moque des normes et, dès son plus jeune âge, sans grande résistance de la part de ses parents, part à la conquête de sa liberté. Habillée tantôt en garçon, tantôt en fille, Schwarzenbach développe par la suite un sentiment d’aisance et sa sensualité bien à elle — photographe, journaliste, elle n’en fait qu’à sa guise ! Et justement, c’est cet esprit libre, emprunt d’une sophistication magistrale qui habite les pièces Givenchy du Printemps/Eté 2019. 

 

Si nombre de silhouettes distillent une allure féminine et fluide, c’est l’aisance résolue du fourreau très Breakfast at Tiffany’s qui capture toute l’attention. Un fourreau prêt à enfiler taillé dans une crêpe de soie qui, ici, gagne une posture très adroite ! Déjà dans le mythique film de 1961, Audrey Hepburn semblait flotter dans sa robe Givenchy — diablement élégante, là encore la femme du Printemps/Eté 2019 évite savamment l’écueil des fourreaux endimanchés et contraignants. Allier ainsi le raffinement de la poussière d’argent au pragmatisme de la coupe —  dans l’allure d’Annemarie Schwarzenbach, il y a une véritable résonance avec la femme d’aujourd’hui. Une femme qui cherche sa féminité dans l’aisance plutôt que dans quelconque ornementation !

La Robe Violon de Karl Lagerfeld pour Chloé

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C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que l’Egyptienne Gaby Aghion fait de Paris sa ville d’adoption. Très vite, la jeune femme côtoie le cercle des artistes bohèmes de l’après-guerre. Picasso, Eluard et d’autres comptent parmi les figures Rive Gauche qu’elle fréquente. Sept ans plus tard, la voici qui fonde sa maison avec pour mission d’habiller ses amies — exit la grande dame, Chloé figure une féminité naissante. Inspirée du nom de sa proche amie Chloé Huysmans, la maison de Gaby Aghion distille tout de la couture des années 1950 dans un style bien plus en phase avec l’époque. En 1956, son premier défilé organisé autour d’un petit-déjeuner tenu au Café de Flore met l’accent sur cette Parisienne espiègle, bohème mais éminemment élégante ! 

L’ambition est claire : composer une garde-robe raffinée mais décomplexée ; pensée pour des femmes qui vivent, rient, aiment et s’amusent. Cette femme, Clare Waight Keller – en poste de directrice artistique de 2011 à 2017 – la définie ainsi : « On aurait plutôt tendance à associer la maison à une hippie girl un peu rêveuse mais en réalité, au coeur de Chloé, il y a toujours eu une attitude affranchie qui défie le statu quo de la mode. » Justement, lorsque Karl Lagerfeld était en charge de la création Chloé, il a su mêler humour, fantaisie et élégance dans une pièce-icône devenue le symbole des années 1980. La robe violon capture en effet l’esprit malin d’un couturier toujours en phase avec son temps. 

Introduite lors de la collection Printemps/Eté 1983, la robe violon se place à la croisée d’un savoir-faire couture et de la fraicheur du savoir-être Chloé. De dos, la pièce donne l’impression d’un trompe-l’œil, laissant croire que la belle qui l’arbore s’est glissée dans un ensemble noir et or composé d’un boléro et d’une jupe droite…. Et c’est de face que la pièce prend tout son sens — surréaliste, la robe emprunte les découpes d’un violon. Mais violon façon Ingrès de Man Ray. Le long des cordes du motif, strass et perles et fils or se suivent pour épouser les courbes naturelles du corps de la femme. Le col officier bijouté, lui, vient ajouter la pointe de caractère indispensable aux femmes de l’époque. Spectaculaires, drôles et sexy. 

Le Flou Givenchy en Vedette Haute Couture de l’Hiver 2018- 2019

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La maison Givenchy renoue avec l’essence couture et les techniques phares initiées par Hubert de Givenchy – une couture décontractée et enveloppante ; éminemment chic ! Baptisé ‘Caraman’, du nom de l’hôtel particulier qui abrite depuis toujours les ateliers au 3 Avenue George V, ce nouvel opus Haute Couture signé Clare Waight Keller est un hommage. « L’inspiration était Hubert de Givenchy, l’homme qui saisissait la beauté et la modernité. Je voulais célébrer cela [ …] Il m’a dit d’être forte. Il croyait à l’élégance, il croyait au chic. J’ai senti qu’il me fallait respecter sa vision de la femme dans cette collection. »

La semaine passée à Paris, les jardins des Archives Nationales résonnèrent ainsi aux notes de ‘Moon River’, interprétée par Audrey Hepburn. Le style Givenchy est si intrinsèquement lié à l’actrice que Clare Waight Keller a pioché dans cette sorte de raffinement désinvolte le mouvement de ses silhouettes. Il en résulte un dialogue inédit et contemporain entre flou et tailoring – une femme mi-romantique mi-guerrière subtilement incarnée par Kiki Willems. « Je me suis immergée dans les archives et j’ai réalisé qu’Hubert avait cette épaule fantastique, qui donne une touche masculine géniale à la silhouette. Ça fait partie du langage que je suis en train de développer » précise Clare Waight Keller.

La silhouette est audacieuse. Ainsi mêlées, teintes rouge et nacré, lignes structurées et vaporeuses viennent introduire la nouvelle femme Givenchy Haute Couture de l’hiver 2018 -2019– une femme sensuelle mais puissante ! Tout le défi fut, dit-elle, de créer « un sentiment d’harmonie – de crée quelque chose de flottant. Mais en utilisant des matières modernes qui n’étaient pas à la disposition d’Hubert. » Des soies riches, du velours Français, du cuir doux, des techniques d’assemblage Japonaises… Le look ici illustre à merveille le propos initié longtemps déjà par Hubert de Givenchy ; la véritable Haute Couture, celle qui parvient à lier les extrêmes dans une robe du soir fantaisiste et pourtant allurante. Une pièce pensée dans l’unique but de sublimer la femme ; dans un mouvement d’extrême fluidité !

Doria Arkoun

La Robe de Mariée de Meghan Markle

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C’était un secret aussi précieux que les joyaux de la couronne Britannique ; une information que Kensington Palace ne voulait en aucun cas partager – le modèle, la coupe et la griffe de la robe de la mariée la plus épiée de l’année n’étaient jusqu’à aujourd’hui pas connus du grand public. Il faut dire que l’effet de surprise fut plus que recherché. Et le Prince Harry, le premier, ne voulait pas connaître la robe dans laquelle se glisserait son aimée. Mais, traditions Britanniques obligent, les bookmakers étaient depuis longtemps sur les starting blocks. C’est que l’évènement est de taille – après la sublime pièce Alexander McQueen arborée par la mariée Kate Middleton, celle de Meghan Markle signera le it nuptial de la décennie !

En réalité, la future Altesse Royale d’Angleterre se devait de porter deux tenues. La première pour la cérémonie, la seconde pour la réception. En 2016, alors qu’elle tournait la série ‘Suits’, Meghan Markle s’exprimait quant à sa robe idéale : « J’ai la chance de porter des pièces magnifiques tous les jours pour mon travail, donc le style de ma robe – de mariée ou non – serait épuré et décontracté. Classique et simple, peut-être avec une touche moderne. Je préfère les robes de mariées qui sont insolites et romantiques. »

Nombre de noms furent avancés auprès des bookmakers… Jusqu’à suspendre les paris ! Ralph & Russo – le duo de designers Australiens qui l’a habillé pour les photos officielles de ses fiançailles avec le prince Harry, en décembre dernier. Autre nom : la plus British des maisons, Burberry ! Mais c’est bel et bien la maison Givenchy qui a signé l’objet tant désiré ! Clare Waight Keller a en effet imaginé une pièce respirant l’élégance – une robe d’un blanc immaculé, épurée et près du corps. Une robe à l’esthétique ‘intemporelle’ qui signe là l’extrême raffinement de la couronne Britannique.

La Robe Bettina Givenchy de l’Automne/Hiver 2018

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Digne successeur de Balenciaga, Hubert de Givenchy a très vite développé une mode toute en harmonie. Passé maître du tissu et promulguant une mode simple et hautement élégante, Givenchy a dès les années 50, imposé un style plein d’audace et de grâce. Lors de sa toute première collection, c’est une pièce hors-norme pour l’époque qui retient l’attention de la presse et des clientes… Le chemisier Bettina est ainsi né, confectionné à partir de coton brut jusque-là jamais utilisé dans des designs finis. Avec ses manches serrées, ponctuées de volants brodés, la pièce ainsi nommée d’après le mannequin phare de l’époque, entre très vite dans la légende. Et la semaine passée à Paris, Clare Waight Keller présentait une robe cocktail aux lignes très similaires.

            Pour la seconde fois depuis qu’elle a pris la direction artistique de la maison Givenchy, Clare Waight Keller a choisi le Palais de Justice de Paris pour son défilé. Inspirée de la vie nocturne berlinoise des années 80, la collection fait se côtoyer velours sombres, bleu nuit, gris profond mais aussi du lamé, du cuir et des coupes sophistiquées. Pièce-phare de ce défilé, la robe Bettina de l’Automne/Hiver 2018/19 semble s’approprier avec grâce et panache les lignes des volants de la blouse iconique.

            Dans un set inspiré de l’ambiance des films noirs comme Les Prédateurs et B-Movie : la sauvagerie de Berlin-Ouest, la robe Bettina de Givenchy déploie un ADN un brin plus dark mais toujours aussi glamour ! Avec sa couleur profonde comme éclairée par la nuit, ses volants et ses plissés, la robe Bettina de la saison prochaine présente une coupe sophistiquée et hautement actuelle. Une pièce-icône donc, qui fait la part belle à l’élégance mesurée et audacieuse d’un Hubert de Givenchy – ici avec la pertinence savoureuse de Clare Waight Keller !

Le Retour de la Petite Robe Noire Givenchy Haute Couture 2018

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La nouvelle directrice artistique de la maison de Hubert de Givenchy présentait cette semaine à Paris une collection Haute Couture placée sous le thème du « Mystère d’un Jardin de Nuit ». « Je me suis imprégnée de l’histoire et des codes de la maison en me plongeant dans les archives, mais je voulais en donner une nouvelle incarnation. Ces six derniers mois ont été intenses, j’ai pu œuvrer dans le meilleur laboratoire créatif qui soit : les ateliers Givenchy. L’exercice de la Couture permet toutes les libertés. J’ai travaillé un vocabulaire radicalement différent de matières, de textures, de techniques, de teintures que je n’avais jamais exploré auparavant. Tout ici est fait à la main. Cela ouvre le champ des possibles et stimule la créativité » confiait backstage Clare Waight Keller.

            Et il est vrai que sa première collection Haute Couture pour la maison renoue avec la superbe du fondateur – la structure et le graphisme, la sensualité et le jeu des matières… Les 40 pièces intronisaient ici des femmes à l’allure gracile et puissante. Le look N°41 retient particulièrement l’attention en ce qu’il rappelle les mythiques robes créées à l’époque pour Audrey Hepburn. Une robe à la profondeur irisée et à la fausse simplicité – cette pièce amène avec elle une grâce que l’on croyait révolue. La petite robe noire Givenchy se galbe ainsi d’un volume impressionnant, dans une texture subtilement chatoyante.

            C’est que, présentée dans le décor d’un jardin éclairé par la lune, cette collection Couture introduit des éléments de surprise quelque peu changeant au gré de la lumière. Un exercice hautement réussi par Clare Waight Keller qui compose ici des pièces tantôt rigoureuses, tantôt graphiques, mais toujours aussi éprises de chic et de fantaisie légère.  « Pour moi, c’était la liberté totale qu’offre la Couture. Il n’y a même pas une saison à laquelle réfléchir. Vous créez juste une poésie de beauté. C’est un livre ouvert. »

La Robe Féline de Givenchy pour le Printemps-Eté 2018

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Débauchée de chez Chloé, Clare Waight Keller fait une entrée remarquée au sein de la création de Givenchy. Il faut dire que depuis mai dernier, la Britannique a passé du temps plongé dans les archives de la maison. Ces recherches l’ont menée à Jonchet, un château du XVIIIe siècle situé dans la vallée de la Loire – là, c’est le comte Hubert de Givenchy en personne qui l’a accueilli. « Il est tellement chic, tellement grand » raconte Waight Keller. L’artiste à l’origine de l’élégance intemporelle de l’actrice Audrey Hepburn semble ainsi avoir inspiré la designer. « J’étais moins intéressée par les vêtements que par ses croquis. Si vous regardez ses croquis, ils sont si expressifs, si dynamiques et si spontanés. Et si vous regardez les vêtements, c’est une autre chose. Je voulais donc revenir sur cette expression. »

Le rendez-vous fut ainsi donné sur l’Île de la cité, au cœur du Palais de Justice de Paris… Eléments clés du vocabulaire de Givenchy qui semblent aujourd’hui exhumés, les imprimés tigre, léopard et zèbre font le contrepoint de la nouvelle collection Printemps/Eté 2018. Pioché dans les archives des collections datant de 1961 et de 1981, voici que le motif léopard se réinvente dans une teinte noir et blanc – une robe future icône qui joue d’une asymétrie pour un peu plus de cohérence avec son temps. Mais ce plissé, cet élan, est lui référencé à partir d’un croquis même d’Hubert de Givenchy…

Une toilette un brin endiablée donc, qui renoue avec l’essence même de cette grande maison de couture. Moins sexy et plus aboutie, la nouvelle silhouette développée par Clare Waight Keller signe une démarche fluide et allègre – une certaine attitude punchy, féline, mais diablement contemporaine. Doucement mais surement, la directrice artistique de Givenchy semble sortir du style de son prédécesseur, plus sombre et gothique… Et c’est devant Julianne Moore, Pedro Almodovar, Lily Collins et Rooney Mara qu’elle introduisait cette vision pour le Printemps/Eté 2018.

 

 

Le Poncho Chloé Automne-Hiver 2015-2016

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C’est certain, la saison prochaine, la fille Chloé ne craint ni de revendiquer son romantisme, ni d’exacerber sa féminité. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Chloé est élégante, un brin hippie, mais c’est surtout un esprit terre-à-terre qui aime mêler le masculin au féminin. Ainsi donc Clare Waight Keller se prend à la glisser dans des vêtements aux accents folkloriques ; fluides et aériennes, les pièces scandent toute sa séduction. Car oui, la femme Chloé séduit sans en avoir l’air, la nonchalance chevillée au corps.

Dans une robe poncho en patchwork de maille géométrique, Chloé n’a pas son pareil pour incarner cette féminité légère et naturelle. La coupe est fluide, les couleurs sont douces, et les détails sont si soignés que le mix & match n’en devient que plus que désirable. Cette pièce est délicieuse et réconfortante – preuve en est, ces manches si longues qu’elles ne laissent percevoir que le bout des doigts. La collection Chloé est ainsi ; le vêtement donne un état d’esprit. L’hiver prochain, donc, les westerns girls de Chloé se font encore plus désarmantes de naturel.

Le Poncho Chloé Automne-Hiver 2015-2016

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C’est certain, la saison prochaine, la fille Chloé ne craint ni de revendiquer son romantisme, ni d’exacerber sa féminité. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Chloé est élégante, un brin hippie, mais c’est surtout un esprit terre-à-terre qui aime mêler le masculin au féminin. Ainsi donc Clare Waight Keller se prend à la glisser dans des vêtements aux accents folkloriques ; fluides et aériennes, les pièces scandent toute sa séduction. Car oui, la femme Chloé séduit sans en avoir l’air, la nonchalance chevillée au corps.

Dans une robe poncho en patchwork de maille géométrique, Chloé n’a pas son pareil pour incarner cette féminité légère et naturelle. La coupe est fluide, les couleurs sont douces, et les détails sont si soignés que le mix & match n’en devient que plus que désirable. Cette pièce est délicieuse et réconfortante – preuve en est, ces manches si longues qu’elles ne laissent percevoir que le bout des doigts. La collection Chloé est ainsi ; le vêtement donne un état d’esprit. L’hiver prochain, donc, les westerns girls de Chloé se font encore plus désarmantes de naturel.