Liane De Pougy, Cocotte Et Reine De La Mode

Cocteau l’adouba ‘reine de la mode’; Liane De Pougy fut toute à la fois cocotte et reine du tout-paris. Inspirant de Lanvin à Boucheron.

Sarah Bernhardt lui prodigua le conseil d’une vie : « N’ouvre pas la bouche, contente toi de te montrer. » Si Liane de Pougy a en effet une beauté tapageuse, son talent, lui, ne brilla sur les planches. Ce n’est pas faute d’avoir eu le soutient de l’un des talents les plus glorieux de son temps. Henri Meilhac, l’homme derrière les librettos d’Offenbach et Bizet, prend sous son aile la jeune Anne-Marie Olympe (1869- 1950). La faisant jouer aux Folies Bergères, puis à l’Olympia, à la Scala et au Moulin-Rouge. Si les critiques restent dubitatives, le par-terre où se pressent Rois et Empereurs du monde entier, lui trouve un véritable talent! Il faut dire qu’à l’époque, les têtes couronnées venaient à Paris pour s’encanailler — trouvant là des femmes n’ayant d’autres choix que de devenir courtisanes. Mais les cocottes, comme on les appelle, ne sont pas de simples prostituées: elles incarnent une nouvelle forme de féminité. Tout en nuances et beauté. Affriolante de liberté!

Liane de Pougy tient ainsi le haut du pavé. Elle n’est peut être point une artiste, mais elle est incontestablement une icône de mode. Nombre de journalistes de l’époque rapportent que sa loge est pareille à une boutique de joaillier. Et pas n’importe laquelle. Liane de Pougy aime en faire l’inventaire : « Admirez ce collier de turquoises, cette rivière, cette broche en émeraude, et ces deux autres broches que me donnèrent deux lords… Vous voulez voir maintenant mes trente-trois bagues? Sont-elles belles, hein? Voyez d’abord ce grand serpent de diamants. Sa langue est de rubis. Cette petite bête vaut 900 000 Francs. C’est Boucheron qui l’a vendu à M. Meilhac de qui je le tiens. »

Il est vrai que depuis qu’il a ouvert sa boutique en 1858, Boucheron peut compter sur les commandes extravagantes de Liane de Pougy. Sans elle et les autres grandes courtisanes, les créations joaillières de l’époque auraient été cantonnées à la sobriété des femmes de la haute société. Et c’est bien là tout l’apport des cocottes dans la mode et le luxe. Figure féminine tout en style et exubérance, elle contribua a faire avancer les créateurs de l’époque. Cartier, Maubossin, Tiffany’s… Et c’est encore plus vrai pour la haute couture alors naissante!

« Je suis une femme, et je suis la mode. Alors un jour Doucet, un jour Callot » a-t-elle un jour confié à un magazine de mode. Oui car Liane de Pougy est très tôt reconnue pour être une figure de mode. On l’invite par exemple à endosser le rôle de rédactrice en chef lors d’un numéro spécial du magazine L’Art d’Etre Jolie. C’était en juillet 1904. Les couturiers eux-mêmes ne tarissent d’éloges; en 1892 déjà Jeanne Lanvin déclarait au journal Liberté, dans un article intitulé ‘Une ambassadrice de l’élégance. Avec Liane de Pougy pendant une séance d’essayage’ : « Elle est mon modèle. C’est un véritable plaisir de l’habiller, peu de femmes se préoccupent autant de la coupe ou du style de la robe. Elle peut porter les créations les plus difficiles. » Lorsque Liane de Pougy quitta la France pour une tournée aux Etats Unis, elle fut celle qui, la première, contribua à la renommée des couturiers Français qui l’habillaient avec délectation. Paul Poiret en tête!

C’est l’effet Liane de Pougy — son visage s’étalait dans tout Paris. Dessinée par Mucha. Photographiée par Nadar. Edmond Goncourt finit par la qualifier de ‘femme la plus belle du siècle’. Mais elle n’était pas la seule. La compétition entre ces grandes horizontales était un tel spectacle que celui-ci ne pouvait se faire autrement qu’à travers bijoux et luxueux vêtements. L’altercation la plus célèbre se déroula le 6 février 1897, dans la salle du Casino de Monte-Carlo. Albert Flament en a été témoin: « Dans ce milieu international, les foules brillantes d’un monde pour qui le monde sans l’or serait sans raison d’exister, la belle Otero attire d’abord l’attention. (…) Puis, de la tête aux pieds, elle n’est que pierres précieuses et diamants. (…) Ce soir dans l’atrium du casino de Monte-Carlo, la foule savait déjà qu’Otero ajoutait à ses précédentes exhibitions des émeraudes exceptionnelles. Jusqu’au seuil des salles réservées à la roulette s’enflait un grand brouhaha. Qu’en penserait Liane? »

« Complaisamment, Otero repassait, faisant la roue entre une double haie de spectateurs. Mais soudain, comme à l’approche d’un drame de palais, une rumeur courut. Le public, absurde et impressionable, paria que ce qu’il avait attendu éclatait. Mme de Pougy venait d’apparaître. Et, tandis que des remous se produisaient soudain, des applaudissements s’élevèrent. (…) Vêtue de mousseline blanche dont la diaphaneité se nuançait de rose, apparut Liane de Pougy. Pas un diamant, pas un rubis, pas un saphir… Il y manquait une dernière touche… En effet derrière elle, sa femme de chambre avançait, portant une de ses robes sur laquelle s’écrasaient plus de bijoux que jamais Otero n’en exhiba. Et c’est la femme de chambre qu’on applaudissait. » Peu étonnant que Liane de Pougy alla jusqu’à inspirer à Proust le personnage d’Odette de Crecy, l’obsession de Swan dans La Recherche. Une icône en somme, révérée par les arts.

La Belle Otero, Cocotte, Croqueuse de Diamants et Icône De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes au statut de filles de joie. Elle sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. La Belle Otero en était la figure de proue!

Qui est Otero lorsqu’elle arrive à Paris en 1889? Personne. Que représente-t-elle lorsqu’elle se retire en 1914? La plus somptueuse vision de la Belle Epoque. Danseuse, actrice, reine du tout Paris… Elle fut l’une des plus flamboyantes courtisanes — accumulant les amants autant que les diamants. Le prix minimum pour une cocotte de ce rang? Un hôtel particulier, une rente, une calèche, des fourrures, perles et diamants, et, bien entendu, la liberté absolue! Mais ce qui est plus qu’intéressant avec ce personnage haut en couleurs ne tient pas tant aux coeurs qu’elle a conquis. Il est plus intéressant encore de concevoir son influence sur la mode et le luxe.

Car à l’heure où fleurissent les Grands Magasins, la Belle Otéro refuse de s’y habiller. Elle ne jure que par la haute couture. Et les couturiers adorent. Les cocottes étant en constante représentation, ce sont leur toilette, leur bijou et autres attirails beauté qui démontrent de leur valeur. Mieux, étant là pour attirer l’attention des hommes les plus fortunés, les couturiers de l’époque trouvent un plaisir sans pareil à les habiller. Il faut dire que la sobriété est l’apanage des femmes de la haute société. La Belle Otéro, elle, fait dans le clinquant. Mais pas n’importe lequel.

William Vanderbilt lui acheta le collier de l’Impératrice Eugénie. Le Tsar Nicolas II lui offrit un bijou de la couronne Russe. Le prince Pirievski lui fit cadeau d’un bracelet en diamants, simplement pour la rencontrer. Mais la Belle Otero était aussi capable de faire ses propres commandes. Le boléro iconique qui fit sa réputation, et fit enrager Cléo de Mérode, doit sa superbe composition de diamants à l’un des bijoutiers les plus fameux de la Place Vendôme. Son nom reste secret. Frédéric Boucheron, lui, doit sans doute beaucoup à la Belle Otéro. Fascinée qu’elle était par la nature, son goût inspira les fabuleuses créations de Boucheron!

On sait aussi qu’elle demanda à Cartier de réinterpréter le collier de Marie-Antoinette — et le « joaillier des rois, roi des joailliers » s’exécuta avec plaisir! Le scandale fut évidemment total; les dames du monde voyant là une vulgaire courtisane s’élever au rang royal. Qu’importe, les bijoutiers de la Place Vendôme avaient tous le même subterfuge: une porte dérobée permettant aux clientes et leur amants discrets s’y glisser sans attirer le courroux lorsque leur ‘officielle’ se trouvait là par hasard.

En écho au mantra de Charles Worth, « non plus se vêtir mais se parer » les cocottes et la Belle Otero en tête furent la locomotive de la haute couture naissante. Elle puisa dans le style orientaliste de Paul Poiret le vestiaire idéal à ses apparitions. Porta les couleurs flamboyantes de Jeanne Paquin — toutes à la fois! La féminité d’Otero avait une telle influence sur les femmes de son époque que le célèbre constructeur des premiers véhicules, Dion-Bouton, lui fit parvenir un exemplaire. Quelle audace pour l’époque… une femme qui pose au volant d’une voiture pour en faire la promotion. Oui, car la Belle Otero s’était mue en outil marketing idéal.

En idéal tout court d’ailleurs. Reutlinger la figea sous toutes les coutures, avant que ses portraits sous format carte postale ne furent envoyés aux quatre coins du monde. Littéralement. De New York à Saint-Pétersbourg en passant par Monaco, le Belle Otero était à la fois la femme idéale, et un idéal de beauté.

Monaco justement fut le théâtre de la plus puissante des passion d’Otero. Joueuse invétérée, la foule se pressait pour voir la Belle Otero au Casino de Monte Carlo. Blackjack, roulette… Ses apparitions font sensation tant elle scintille de la tête aux pieds. Mais Otero paria des sommes astronomiques. Gagna beaucoup, mais perdit encore plus. Entre 1900 et 1914, on parle d’une perte conséquente de 30 millions de Francs, approximativement 100 millions d’euros. Et c’est bien la première guerre mondiale qui mis un terme définitif à la Belle Epoque. Laissant la Belle Otero vivoter jusqu’en 1965 où, ruinée et seule, la belle s’est éteinte à Nice. Non loin de là, symbole éternel d’une grandeur fanée, l’un des dômes de l’hôtel Carlton à Cannes, fut pourtant moulé sur son sein…

Le Bracelet Love de Cartier

love_cartier_icon_icon_sebastien_girard.png

1969. Le monde est en plein bouleversement, et le joaillier Cartier est déterminé à créer le bijou culte qui reflètera l’époque pour les siècles à venir. Pour se faire, Aldo Cipullo est chargé d’imaginer un bracelet incarnant l’ambiance, et la nouvelle permanence de l’amour. Nous sommes en plein coeur des années 70 et, le «  Joaillier des rois et roi des joailliers » vient de créer l’une des pièces les plus iconiques du genre —le bracelet Love de Cartier. Identifiable entre mille, le symbole de l’amour façon XXeme siècle bouscule les codes de la Haute Joaillerie en même temps qu’il consacre une esthétique épurée et néanmoins éclatante. 

Oui, le bracelet Love de Cartier est bien plus qu’un bijou. D’abord parce qu’il est pensé pour être offert à l’être aimé — grâce à un tournevis spécial en or, conservé par l’amoureux, le bracelet est définitivement scellé au poignet de l’aimé. Il transforme une promesse en engagement ! Ensuite, parce que le bracelet Love de Cartier est orné de têtes de vis incrustées… Un apprêt peu habituel pour un tel bijou. Mais, là où la pièce transcende sont statut d’objet pour devenir légende, c’est lorsqu’il devient l’apanage des couples modernes. Elizabeth Taylor et Richard Burton, Sophia Loren et Carlo Ponti, Ali McGraw et Steve McQueen. L’intronisation est totale lorsqu’au cinéma, il apparaît au poignet d’Elizabeth Taylor dans la comédie Une Belle Tigresse. Plus tard, Aldo Cipullo raconte avoir vu le film quatre fois, simplement pour l’admirer au poignet de l’actrice. 

Alors, lorsqu’en 2017 la maison Cartier décide de réinventer l’icône, ce sont près de cinq nouvelles versions qui viennent actualiser le mythe Love de la Place Vendôme. La pièce unisexe est ainsi introduite dans un Or Gris, totalement inédit. Dans l’Or Rose, le bracelet affine aussi ses lignes pour un effet plus contemporain. Dans sa version Or Jaune et Diamants, le Love est auréolé d’une somptuosité maîtrisée. Enfin, c’est en 2017 que la maison édite la version la plus chère du bracelet. Estimée à 58 000€, elle est certes coulée en Or Gris et pavée de diamants; mais les motifs vis eux-mêmes se parent ici du raffinement absolu du carbone pur cristallisé…

 

Love de Cartier, Quelques Dates Clés

2017 : La maison Cartier propose une suite à la campagne publicitaire “How far would you go for love ?” par Irina Dakev avec la musique “Oh Jesus” by Felicity Groom, commencée en 2008 pour la collection Love.

2017 : Le bracelet Love sort en couleur Grey Golden.

2017 : Le bracelet Love sort en couleur Rose Gold.

2017 : Le bracelet Love sort en version Yellow Gold with Diamond.

2017 : La maison Cartier sort la version la plus chère du bracelet Love à 58 000€ en or gris pavé diamants et motifs vis diamants.

2017 : Le bracelet Love est le bijou le plus recherché sur Google d’après la société Karus Chain.

2017 : Cartier met en ligne plusieurs vidéos sur YouTube où l’on aperçoit le bracelet Love.

2017 : La maison Cartier propose une nouvelle édition du bracelet Love en version amincie.

2017 : Kanye West offre un bracelet Love à Kim Kardashian en or jaune.

2017 : Meghan Markle porte le bracelet Love offert par le prince Harry lors du mariage de l’un de ses amis en Jamaïque.

2016 : Kylie Jenner achète et porte huit bracelets Love et en portera un continuellement pendant quatre ans.

2016 : La maison Cartier lance la campagne digitale « Cartier Winter Tale » conçue par Publicis 133, réalisée par Akama (Alexandre Ada), où le bracelet LOVE apparait.

2016 : La maison Cartier sort une nouvelle version du bracelet LOVE pour Noël.

2015 : Selon The Real Real, le bracelet fait partie du Top 5 de vente de bijoux sur internet.

2014 : Lindsay Lohen et Katie Holmes portent toutes les deux le bracelet Love de Cartier en or jaune et diamants.

2014 : Jenifer Anniston porte le bracelet Love en or jaune.

2014 : Eric Dane offre le bracelet Love à Rebecca Gayheart sans occasion spéciale.

2014 : Nicole Richie porte des bracelets Love lors de la troisième édition du “Love Charity bracelet” ayant lieu dans une résidence privée en Californie.

2014 : Angelina Jolie porte le bracelet Love en or jaune pour une campagne publicitaire.

2013 : Les bijoux Cartier de la collection Love sont choisis pour Richard Burton et Elizabeth Taylor par la chaine télévisée BBC.

2013 : C’est à Londres, que Cartier se raconte en y exposant à Selfridges sept de ses “merveilles“ qui, au fil du temps, sont devenues des signatures : Juste un Clou, Trinity, Love, Panthère, Santos, Ballon Bleu.

2012 : La maison Cartier lance sa campagne publicitaire nommée l’Odyssée de Cartier, conçue par l’agence Marcel, réalisée par Bruno Aveillan où le bracelet Love apparait.

2012 : Olivia Palermo pose pour le Elle Ukraine et porte le bracelet Love en or jaune.

2011: La maison Cartier lance la campagne “Painted Love” en collaboration avec le groupe de musique Air pour mettre en avant le bracelet Love à travers l’art dont la musique et la peinture.

2010s : Kanye West achète et porte trois bracelets Love en même temps dans la rue.

2010s : Placement de produit de la bague Love portée par Leighton Meester aka Blair Waldorf dans la série américaine Gossip Girl.

2009 : Eva Mendes fait la promotion du Love Charity bracelet.

2009 : Cartier lance le bracelet Love en or rose pavé de diamants.

2009 : Deuxième édition du “Charity Love bracelet”.

2009 : La maison Cartier lance une campagne publicitaire où le bracelet Love apparait, celle-ci est nommée “le baiser”.

2007 : Organisation du LOVEDAY, Cartier s’engage à reverser 10% des ventes de la collection LOVE à des organisations humanitaires.

2007 : Olivier DAHAN réalise 12 courts métrages pour le lancement de la collection LOVE, les Love stories « How Far do you go for Love ? »

2007 : Rihanna illumine l’Empire State building en l’honneur du Cartier Love Day.

2006 : Sarah Jessica Parker porte le bracelet Love en or jaune.

2006 : Lancement du “Charity Love Bracelet”, les dons collectés de la vente de bracelets lors de cet évènement sont reversés à l’Unicef.

2006 : Scarlett Johansson se rend au Love Day de Cartier et porte un bracelet Love pour l’occasion.

2006 : La maison Cartier crée le “Love Day” où les bracelets vendus sont donnés en profit à l’association Théodora.

2000s : Sofia Coppola et Eva Mendes portent le bracelet Love.

1998 : Sharon Stone porte le bracelet Love dans Sphere de Barry Levinson.

1983 : Tina Turner porte le bracelet Love lors de son come-back historique.

1980s : Elton John et Johnny Hallyday portent le bracelet Love lors de leurs concerts respectifs.

1980s : Barbara Streisand, Diana Ross, Jane Seymour, Lionel Ritchie, Elton John portent le bracelet Love.

1972 : Le bracelet Love est porté par Steve Mcqueen et Ali McGraw lors du tournage du film Getaway.

1972 : Elizabeth Taylor porte le bracelet Love dans la comédie Une belle tigresse.

1972 : Elizabeth Taylor porte le bracelet Love sur le tournage de Under Milk Wood.

1971 : Au Bal Proust, Elizabeth Taylor porte le bracelet Love et un ruban de soie avec le célèbre diamant acquis chez Cartier, le Burton-Taylor.

1970s : Frank Sinatra, Mai Britt, Sammy Davis Jr, Cary Grant, Dyan Cannon, Sophia Loren et Carlo Ponti portent le bracelet Love.

1970s : Lancement de la bague Love, du collier Love et des boucles d’oreilles Love.

1970 : Lancement sur le marché américain du bracelet Love de Cartier.

1969 : Le bracelet Love de Cartier a été dessiné par Aldo Cipullo, devenu célèbre créateur de bijoux.

La Santos de Cartier, une Histoire d’Amitié et d’Innovations

santos-cartier-icon-icon-sebastien-girard.jpg

Avant d’être l’une des pièces clés de la Haute Horlogerie Cartier, la montre Santos est celle d’un aventurier. Comme bien des icônes de notre temps, c’est à l’aube du XXe siècle que se scelle l’histoire de la Santos. Ce garde-temps est en réalité celui d’Alberto Santos-Dumont – pionnier parmi les explorateurs du ciel. Comme certains aventuriers de l’époque, Santos, à l’instar de Saint Exupéry, part à la conquête du rêve originel : l’homme volera comme les oiseaux et, enfin, il pourra “tout voir, aller partout, tout savoir et tout vivre” comme il aimait à le dire. Santos est alors un inventeur — il faut bien avoir ce grain pour imaginer et soi-même fabriquer des appareils à voler… Et c’est exactement dans cette quête de l’impossible que le pionnier entraîne son ami Louis Cartier. Chacun précurseur en son domaine, ils vont mettre au point l’une des premières montres à bracelet.

1900, dans un salon parisien, Alberto Santos-Dumont fait part à Cartier de son embarras. Il lui est impossible de lire l’heure lorsqu’il se trouve en altitude. Cartier s’empare de la problématique et, avec le soutien du maître horloger Edmond Jaeger, promet de mettre au point un chronographe plus qu’efficace. Quatre années suffirent à créer la Santos – objet-pratique permettant à l’aviateur de s’enquérir de l’heure sans avoir à retirer ses mains des commandes. Mais voilà, Alberto Santos est aussi une figure du Paris de la Belle Epoque. Alors, lorsqu’en 1906 il s’élance pour battre son record, la foule le voit s’extraire de son aéroplane 14 bis, et s’empressant de vérifier le compteur de sa montre Cartier. L’objet devient celui du désir et, le tout Paris demande à Louis Cartier d’en organiser la production. De 1911 à 1973, la pièce d’exception se vend à 800 exemplaires.

La suite de l’histoire est toute faite d’innovation, d’invention et de révolution esthétique. C’est que, le bijoutier-horloger de la Place Vendôme maîtrise comme nul autre l’art de la fusion. Objet utile mais précieux, la Santos évolue au cours du XXe siècle par delà les modes et les prérogatives de la Haute Horlogerie. Alliance entre or et acier, vis apparentes, modèle extra-plat… La Santos dépasse le statut d’objet pour devenir une oeuvre à part entière. En 1983, l’artiste César l’intronise définitivement comme telle lorsqu’il organise la destruction puis la compression de montres Santos contrefaites. Dès lors, elle n’est produite qu’en édition ultra-limitée. En 2004, son 100e anniversaire est l’occasion de créer une Santos plus féminine ; hommage à la Demoiselle de l’aviateur Santos. Celà, quand la montre n’est pas au coeur de films à succès et de court métrages féériques et sublimes retraçant l’Odyssée Cartier. Cette année, en 2018, la Santos est présentée pour la deuxième fois au Salon Internationale de l’Horlogerie. Preuve, s’il en faut, qu’elle fait partie des pièces à acquérir au cours d’une vie.

 

La Santos en Quelques Dates Clés

2018 : La Santos est présentée pour la deuxième fois au Salon International de l’Horlogerie.

2018 : Dans la série télévisée Dexter de James Manos Jr, Luna Lauren Velez porte une Santos carrée en or et acier.

2017 : Exposition “Cartier in motion” au Design Museum de  Londres où la montre Santos est présentée parmi 170 pièces.

2016 : La maison Cartier offre la possibilité de changer le bracelet de la Santos 100XL.

2016 : Création de la Santos 100 baptisée Carbone, montre mixte et classique.

2016 : La montre Santos est nommée l’une des tendances de l’automne par le magazine l’Express.

2016 : Le Point montres publie un article sur les “dix choses à savoir absolument sur Cartier” dans lequel la montre Santos est mentionnée.

2016 : Le magazine Marie Claire qualifie la montre Santos comme l’une des “dix pièces vintages à s’offrir au cours d’une vie”.

2014 : La maison Cartier présente un nouveau court-métrage baptisé “Shape your time” et réalisé par Bruno Aveillan dans lequel la montre Santos apparait.

2013 : Exposition Cartier au Grand Palais de 600 créations parmi lesquelles la montre Santos.

2013 : C’est à Londres, que Cartier se raconte en y exposant à Selfridges sept de ses “merveilles“ qui, au fil du temps, sont devenues des signatures : Juste un Clou, Trinity, Love, Panthère, Santos, Ballon Bleu.

2013 : La maison Cartier dévoile son nouveau court-métrage publicitaire à l’occasion des fêtes de fin d’année nommé “Winter Tale” et réalisé par Eric Bergeron.

2012 : Publicité du magazine l’Express dans laquelle la montre Santos est exposée.

2012 : Dans le film Les Seigneurs d’Olivier Dahan, JoeyStarr porte une Cartier Santos 100.

2012: La maison Cartier créé un court-métrage intitulé ‘L’Odyssée” réalisé par Bruno Aveillan pour présenter l’histoire de la marque et ses produits phares dont la montre Santos. 

2010 : Création du mouvement Manufacture 1904 MC, un calibre inventé par Cartier comme le premier mouvement automatique “in house” et utilisé pour la Santos 100.

2007: Cartier lance pour l’été une collection garde-temps à l’esprit croisière. Parmi ces montres se trouve la Santos 100 pour homme en taille XL.

2006 : La Santos est rééditée dans son gabarit d’origine.

2004 : Fête des 100 ans de Santos. Cartier dessine de nouveaux modèles à la fois sportifs et élégants.

2004 : Création de la Santos Cartier en version plus féminine en hommage à la Demoiselle de l’aviateur Santos.

1999 : La Collection Privée Cartier Paris présente au SIHH (Salon International de la Haute Horlogerie) une version extraplate de la montre Santos-Dumont équipée d’un mouvement mécanique à remontage manuel.

1994 : Création d’une édition limitée de la montre Santos-Dumont en platine et or rose.

1991 : Création de la montre Santos de Cartier ronde chronoreflex équipée d’un mouvement chronographe.

1988 : Lancement de la montre Santos de Cartier galbée phase de lune.

1988 : Lancement de la montre Santos de Cartier ronde en acier.

1988, Michael Douglas, alias Gordon Gekko dans le film Wall Street d’Oliver Stone, apparaît sur grand écran arborant ostensiblement une Santos carrée en or.

1987 : Lancement de la montre Santos de Cartier galbée à quartz .

1985 : Dans le film Recherche Susan désespérément de Susan Seidelman, Rosanna Arquette porte une Santos de chez Cartier.

1984 : Création de la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Jouy-en-Josas.

1983 : Destruction de montres Santos contrefaites par Alain Dominique Perrin et son ami César mettant en scène les fausses montres écrasées par un rouleau compresseur.

1983 : Dans le film Zig Zag Story ou Et la tendresse, bordel ! de Patrick Schulmann, Diane Bellego porte une Santos.

1981 : Lancement de la Santos Vendôme à quartz, à cadran bordeaux, et étanche.

1981 : Naissance de la montre Santos de Cartier avec un cadran de couleur bordeaux.

1980 : Création d’un modèle extraplat avec un bracelet en crocodile bordeaux.

1979 : Lancement de la montre à New York lors d’une nuit de fête au cours de laquelle Cartier offre une Santos au danseur Rudolph Noureïev.

1978 : Lancement de la Santos de Cartier, à l’aéroport du Bourget sous sa forme contemporaine (carrée ou octogonale), une alliance d’or et d’acier.

1973 : Fin de la vente des 800 exemplaires.

1915 : Après sa production en série, la commercialisation de la Santos débute.

1911 : Cartier lance la production de 800 exemplaires.

1908 : La montre Santos n’est disponible que sur commande.

1906: La foule voit l’aviateur Santos-Dumont s’extraire de son aéroplane 14 bis en vérifiant sa montre pour savoir s’il venait de battre un record.

1904 : Louis Cartier crée la montre Santos pour marquer son amitié avec l’aviateur éponyme. Le vœux du célèbre aviateur est exaucé : il peut lire l’heure en plein vol.

L’Iconique Montre Panthère De Cartier Signe Un Retour En Grâce

1914, le motif panthère entre dans l’univers Cartier – pour la première fois, le joaillier fait usage de son pelage tacheté sur une montre-bracelet. Pan-Pan la panthère, c’est Jeanne Toussaint – cocote de la Belle-Epoque, devenue Directrice de la Haute Joaillerie de Cartier, et ce jusque dans les années 70. Devenu alors le symbole invétéré de la manufacture joaillière, et une source d’inspiration intarissable, l’animal panthère est pour Cartier le sceau d’une féminité toute particulière. Ainsi, lorsqu’en 1983 le joaillier crée la montre Panthère, il la pense comme un modèle ultra-féminin, inspiré de la Santos de 1904. En digne héritière des premières montres-bracelet, la montre Panthère rugit de liberté et de créativité – et aujourd’hui, la voici réinventée dans une essence un brin plus sexy.

C’est en 2004 que, supplantée par la Tank, autre icône de Cartier, la montre Panthère cesse d’être produite. Aujourd’hui, la Panthère version 2.0 emprunte ses signes distinctifs au modèle orignal : un boîtier carré et une lunette avec des vis rivetées, l’ex-best-seller plébiscité par Keith Richards, Madonna, Pierce Brosnan ou Brooke Shields maintient ainsi ses proportions. Ses maillons, la nouvelle version de la Panthère les préfèrent resserrés pour davantage de tonicité au bracelet tandis que la fonction de la date fut simplement retirée. Il faut dire qu’un bijou qui donne l’heure est amplement suffisant à la belle qui n’a pour obligations que celles qu’elle se donne. Présenté en or jaune ou rose, en acier ou dans un format bicolore, avec ou sans diamants, le nouveau garde-temps Panthère introduit aussi deux créations en édition limitée – mais en tout, c’est une collection de 12 modèles que l’on peut désormais acquérir.

Pour ainsi introduire l’univers de cette Panthère quelque peu ré imaginée, Cartier a fait appel à la réalisatrice Sofia Coppola. Elle raconte : « Quand Cartier m’a demandé de faire un film pour relancer cette montre, je me suis interrogée: qui incarne aujourd’hui la femme Panthère? Dans quel milieu évolue-t-elle? Il fallait que je donne une interprétation actuelle de toutes ces égéries glamour, sophistiquées, sexy et drôles qui ont porté cette montre dans les années 1980. L’actrice australienne Courtney Eaton, que j’avais rencontrée pour un casting, possède ce chien et ce naturel que je recherchais. » C’est ainsi que le mini-film retrace la journée intrépide d’une femme jouissant sans encombre de tous les plaisirs d’une vie dorée, placée sous le signe de la Panthère ! A découvrir dès maintenant – les chronographes, eux, seront disponibles dès le mois de Juin, et en avant première sur NET-A-PORTER. 

Astromystérieux, Cartier nous Fait Tourner La Tête

c.jpg

Imaginée par Carole Forestier, la directrice du développement des mouvements haut de gamme chez Cartier, cette montre révolutionne le monde de l’horlogerie sur de nombreux domaines. Un simple coup d’œil à celle-ci vous fait comprendre pourquoi. Utilisant un système à quatre disques de saphirs, alors qu’il n’y en a que deux habituellement, ces disques semblent tout simplement flotter dans le cadran, sans aucun support visible ni lien avec la molette permettant de régler l’heure.

D’après Cartier, ils ont déposé pas moins de trois brevets pour la création de ce système inédit. Autre innovation, le fait que le tourbillon fasse un tour complet en une heure, au lieu d’une minute dans les autres montres de sa génération. On pourrait aussi citer l’ingéniosité du troisième disque de saphir qui gère à la fois l’aiguille des minutes, le balancier, le train d’engrenages, le barillet et l’échappement.

Pour véritablement comprendre comment ils ont créé ce mouvement, et comment ils ont fait pour le faire ainsi flotter dans le vide du boitier, il faut être un grand spécialiste. En effet, ce mouvement, baptisé 9462 MC par la marque, est constitué de pas moins de 408 composants, avec un balancier tournant à 21 600 vibrations par heure. On dépasse presque le domaine de  l’horlogerie pour rentrer de plein pied dans celui du génie technologique aussi bien que dans celui de l’art pur et simple.

D’une épaisseur totale de 12 millimètres dans un boitier d’un diamètre de 43 millimètres, la montre Astromystérieux possède aussi la capacité d’être étanche jusqu’à 3 mètres. Etant d’une complexité phénoménale, Cartier n’a pas oublié d’y ajouter tout le luxe possible avec une couronne en saphir bleu, un boitier en palladium, un bracelet en alligator noir et une double attache en or.

Bien sûr, pour une telle beauté, on est loin de l’accessibilité des classiques montre Pasha de Cartier, qui resteront toujours plus populaires. On a par exemple pu en voir un exemplaire au poignet du vainqueur de la dernière édition du tournoi de poker PokerStars Championship Bahamas, Bryn Kenney, en janvier dernier. Mais la montre Astromystérieux n’est réservée qu’aux plus privilégiés des hommes de la planète. Aucun joueur de poker n’oserait jamais débourser les 145 000 euros nécessaires pour acquérir un des seuls 100 exemplaires construits par la marque suisse. Autrement dit, n’imaginez pas non plus pouvoir offrir cette montre à votre père pour ses soixante ans.

Mais il n’est pas nécessaire d’en posséder une pour apprécier la fantastique esthétique et virtuosité de la montre Astromystérieux de Cartier qui nous laisse éblouis, avec de grands yeux écarquillés d’enfant, face à un génie qui nous dépasse.

La Montre Tank De Cartier

mtr_cartier_tank_tank-anglaise-petit-modele_wt100002_0.jpg

Dans le domaine de l’horlogerie, il est une question qui taraude l’esprit des plus grands, et ce dès les premières années du XXe siècle : comment faire entrer le rond des heures dans la ligne d’un bracelet qui, épuré, se devra d’intégrer le dessin des attaches au boîtier, le tout dans le prolongement du même bracelet ? Après moult essais, Cartier parvient finalement à mettre au point un garde-temps combinant toutes les exigences de la modernité : nous sommes en 1917, la Tank vient de naître, œuvrant par là même à l’ouverture d’une nouvelle ère horlogère. D’elle on dira qu’ « un tank est entré chez Cartier. » Tank puisque sa silhouette, la montre la doit au char Renault : vu de haut, les brancards pour les chenilles, le boîtier comme l’habitacle du véhicule. Si l’on voit là avant tout l’apparition d’un garde-temps, en réalité la Tank érige une forme, un style, une élégance, une trajectoire sans pareil bref, la Tank va faire entrer au monde une manière de vire, résolument moderne. Un instrument à mesurer le temps s’ébrouant ainsi de toutes les traditions en vient à faire le pont entre des époques – et cela ne pouvait en être autrement. L’esthétique Tank relève de l’équation du style Cartier : cadran guilloché, chemin de fer graphique et chiffres romains noirs gravés sur blanc ou blanc sur noir, et la Tank devient une référence en horlogerie. C’est donc en 1917 que la manufacture joaillière esquisse le premier prototype de la montre ; en temps de paix, le prototype est offert au général John Pershing, commandant du corps expéditionnaire américain en Europe. Son succès est immédiat.

Figure de proue avant l’heure d’une tendance acclamant la pureté des lignes et la recherche des formes, la Tank s’élève pourtant rapidement dans une version joaillière, s’amusant à brouiller les frontières du masculin et du féminin. Oui, la liberté et l’élégance n’ont pas de genre. Dans les années 1940, la montre Tank se montre sur la scène internationale : aux poignets d’acteurs, d’écrivains et d’artistes, on l’affiche comme une démonstration de parfaite élégance. Quelle que soit l’époque qui la réhabilite chaque fois, sa force est de rompre d’un coup net avec un certain goût la rigueur formelle. En 1987 justement, Cartier dessine la Tank Américaine – une forme rectangulaire devenue plus compacte, arrondissant par la même la cambrure des brancards. Merveille d’horlogerie et de style qui joue avec la géométrie, alternant le tranchant et le doux, les droites et les courbes, les arrondis et les angles, la Tank Américaine est aussi la première montre Cartier avec boîtier cambré et étanche. La Tank Américaine peut se lire comme le manifeste d’un classicisme assumé : une puissance conjuguée à la discrétion de sa forme étirée et légèrement bombée font d’elle un grand classique. Mais si elle est une montre habillée, sa force ne s’en déclare pas moins – généreuse et massive, d’aucuns y lise un hommage rendu à la montre Tank offerte au général Pershing… Finalement, la Tank est cet éloge de l’horlogerie Cartier au dandysme et, comme l’écrit Jean-Charles de Castelbajac en 1994 : « Si tous les tanks étaient fabriqués par Cartier, nous aurions le temps de vivre en paix ! »

Les Diamants Cartier

“Les diamants encouragent les exploits les plus audacieux et inspirent les rêves les plus fous. Ceci porte témoignage aux diamants Cartier. Inondés de lumière, ils éclairent chaque vie qu’ils touchent avec un éclat qui ne s’estompe jamais. »