Repetto : De La Ballerine au Prêt-à-Porter, Il n’y a qu’un Pas !

repetto-ready-to-wear-collection.jpeg

Nouveau tournant pour Repetto. La marque française mythique, chausseur de personnages à la stature d’icône, comme Brigitte Bardot ou Serge Gainsbourg, opère un nouveau marché : celui du prêt à porter.

Emilie Luc-Duc, la directrice artistique de Rodier crée une collection de vêtement propre à l’univers de Repetto. L’enseigne reste fidèle à son territoire de marque alliant deux concepts : « la danse et une forme d’urbanité joyeuse ». La citadine se donnera des airs de danseuse étoile ! Finesse des coupes, légèreté des tissus, tout est mis en oeuvre pour sublimer la gestuelle et les mouvements. Les artifices très peu pour la marque.

Jean-Marc Gaucher, le PDG de la maison historique est radical : « Les matières sont importantes comme les couleurs. Il n’y a pas d’imprimés ».

En coulisse du rose poudré et du tulle, pour des chorégraphies urbaines en cache-coeur, just-au-corps et inimitable tutu. L’imaginaire collectif est de retour, le monde de la danse empreint de technicité et tradition revient sur le devant de la scène. Héritage et air du temps n’ont jamais été aussi bien concilié. Elégance, confort et tradition, des maitre mots pour une marque icône. Révérence ! 

La Robe 50’s

icon_icon_50s_dress_christian_dior_autumn_winter_haute_couture_collection_2012_2013.jpg

Le rêve se réalise : la guerre est finie, les Trente Glorieuses s’amorcent. Le temps est venu de vivre, et quelle vie! De capiteuses fêtes prolifèrent un peu partout dans Paris, bercées ou, plutôt, transfigurées de rockabilly! Mais la vie est peut-être ailleurs… Sur la lune?

Après la guerre, et parce qu’il s’associe au fabricant de tissu Boussac, Christian Dior retourne la femme, et le sablier du temps, lorsqu’en 1947, il légifère en faveur des épaules rondes, sans rembourrage. La femme Dior est une fleur, une corolle, dont la taille fine est enroulée d’une quarantaine de mètres de tissu bombé de soie, de laine, de dentelle ou de plumes. Carmel Snow, l’éditrice de la version américaine d’Harper’s Bazaar, déclame à ce propos : « Dear Christian, your dresses have such a new look! »¹.

Oui, M. Dior, vos créations étaient conçues pour émerveiller la femme, ou pour faire de la femme une merveille. La robe n’a plus l’utilité qu’on le lui connaissait et, très vite, le New Look s’invite dans les foyers, dans l’architecture ou pour l’aménagement intérieur, l’opulence et l’optimisme se voient enNew Look!

Dans le courant des années 40, le phénomène luxe s’empare de nouveau de la planète mode, amené par la nouvelle vague de couturiers, portée par Jacques Heim et Nina Ricci. La société civile française est, elle, jusqu’en 1952, sujette au rationnement. Et, rapidement, le coton mène à une « qualité » amputée de quelques luxueuses matières ; en couture, cela se fait au profit de coupes ajustées, peut-être, plus folles. En 1958, Jacques Charrier, couturier de la maison Jacques Esterel, dessine à BB, une robe aux allures de fleurs : la robe Vichy, teintée de carreaux roses et blancs, est créée, trainant dans son sillage, un hommage au New Look.

Givenchy, dès ces années, marque, en gentleman de la couture, son style – une désinvolte élégance – sur les robes des plus belles. Il destina néanmoins les meilleures à la gracile Audrey Heburn, qui, en 1954, reçut l’oscar de la meilleure actrice en robe dentelle ivoire signée Givenchy pour son film « Vacances Romaines »². La bouleversante décennie de raffinement est assurément féminine : la pin-up est née, tournant, à l’image de sa jupe colorée, dans le sens du vent – jamais à bout de souffle.

1. Dictionnaire international de la mode, collectif sous la direction de Bruno Remaury et Lydia Kamitsis, édition du Regard, Paris 2004
2. Kerry Taylor in association with Sotheby’s, PASSION FOR FASHION, 29th November 2011