Saint Tropez, Eternelle Icône de la Jet Set

Paul Signac en a fait une toile. La Nouvelle Vague en a fait une muse. Brigitte Bardot en a fait un mythe.

Saint Tropez, au début du siècle dernier, n’est qu’un village lorsque Paul Signac le découvre. Attiré par sa lumière et son paysage si sauvage, le peintre n’hésite pas une seconde — il convie ses amis à y passer l’été 1904. Parmi eux, Matisse. Touchés par ce décor hors du temps, les peintres du nouveau siècle croquent Saint Tropez à coups de couleurs et de pointillés. Avant eux, Maupassant, sillonnant la Méditerranée à bord du Bel Ami, tombait lui aussi en pâmoison ; “c’est ce coin que j’aime le plus. Je l’aime comme si j’y étais né, comme si j’y avais grandi“ écrit-il en 1887.

On ne sait si Boris Vian, Juliette Gréco et les autres ont eu vent de ces notes où si c’est une autre brise qui les mena à faire de Saint Tropez leur quartier d’été. Qu’importe puisqu’avant BB, voici la bande de Saint-Germain-Dès-Près en quête de chic radical dans les rues de ce village de la Côte d’Azur. Ils logent à l’Hôtel de La Ponche. Parviennent même à y faire ouvrir un jazz club — Paul Eluard, Maurice Merleau-Ponty, Simone de Beauvoir… Tous assistent aux boeufs endiablés au Club St-Germain-Dès-Près La Ponche.

Mais le mythe de Saint Tropez doit tout à Roger Vadim et Brigitte Bardot. 1956, il fait du village et de la plage de Pampelonne le lieu de tournage du scandaleux et iconique ‘Et Dieu… Créa La Femme’. L’impression sur les spectateurs est telle… La vogue de Saint Tropez est lancée! Henri Salvador y chante l’amour en 1959. Cinq ans plus tard, la mode du monokini y prend vie. On déambule pieds nus entre ses ruelles rupestres, histoire de montrer sa liberté d’esprit. On sillonne ses eaux en bateaux Riva. On joue à la pétanque avec les locaux. Mais surtout, on jouit d’une atmosphère festive, sans limite. Eddie Barclay ainsi attire tout le gratin lors de ses mémorables soirées blanches dans sa Villa Du Cap Camarat.

C’est que les paysages de Saint Tropez se prêtent à la vie comme nuls autres. Au coeur de cette même villa, ‘La Piscine’ avec Alain Delon, Romy Schneider et Jane Birkin achève de faire de Saint Tropez l’icône éternelle de la jet set. Dans les années 1970, au Byblos Hotel, Bianca Perez épouse Mick Jagger dans un smoking blanc signé Yves Saint Laurent. Iconique. Au Club 55, Grace Jones, Elton John ou Cher font la légende des nuits tropéziennes. Et aujourd’hui? On danse avec la même légèreté aux Caves Du Roy. La plage de Pampelonne a retrouvé toute la volupté de son luxe sauvage grâce à Philippe Starck pour La Réserve Ramatuelle. Puis il y a le Sénéquier. Garant de l’effronterie de Saint Tropez, depuis 1887. Là où l’on peut déguster tarte tropézienne, nougat ou chocolat glacé, accoudé à Kate Moss, Rihanna ou Jacques Chirac. A voir !

Les Campagnes Balmain et Ses Célébrités Emblématiques

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1945, c’est au 44 de la rue François Ier, à Paris, que Pierre Balmain fonde sa maison éponyme. Dans la France de l’après-guerre, son allure Jolie Madame, la taille marquée de sa silhouette et l’ornementation extraordinaire de ses compositions s’imposent très vite comme la nouvelle mode féminine. Et les célébrités ne tardent pas à y trouver leur compte – dans les années 50, Balmain est ainsi sollicité par les étoiles naissantes de l’hexagone : Juliette Greco, Brigitte Bardot, Dalida trouvent dans la ligne Balmain l’essence d’une nouvelle élégance. C’est en 1950 que la muse de Saint Germain-des-Près arbore par exemple sa toute première robe noire sur la scène du Tabou. Il s’agit d’un fourreau noir tout fait de velours signé Balmain. Le propriétaire du club de jazz l’a acheté en solde – mais Juliette Gréco le préfère en version un brin plus dépouillée. Après avoir découpée les ornements en satin doré et autres plumetis avec des ciseaux à ongles, voici qu’elle noue avec son look iconique. Et très vite, le public international cède aux charmes de ce nouveau couturier. De la Belgique en passant par le Danemark, les têtes couronnées s’émerveillent ici d’un style très chic tout fait de couleurs neutres mais abouties. On parle de blanc, sable, taupe et gris. En 1960, sur les épaules de la Reine Sirikit de Thaïlande, une création de Pierre Balmain arborée lors de sa visite aux Etats-Unis entre dans la légende – la communication de la maison est toute trouvée : ce sont les célébrités qui porteront haut et fort cette griffe sobre mais ô combien sophistiquée.

Balmain a en effet habillé plus d’une stars : Audrey Hepburn, Sofia Loren, Ava Gardner… Actrices, chanteuses ou reines, les célébrités sont à la fois une constante source d’inspiration pour le couturier, en même temps que ses meilleures publicités. Mais en 1982, le décès de Pierre Balmain marque un coup d’arrêt pour la maison. Ce n’est que dix plus tard, en 1992, qu’un certain Oscar de la Renta se charge de faire renaître toute la magie Balmain. Là encore, des stars comme Jacky Onassis ou Liza Minnelli sont le meilleur écho possible à ses collections. A l’aube des années 2000, la femme Balmain n’est déjà plus la même : Christophe Decarnin puis Olivier Rousteing ont revisité les classiques du fondateur pour donner naissance à une femme plus sexy que sensuelle, rock et ô combien glamour. La ‘Glamazone’ est née ; et, dès son arrivée à la tête de la création artistique de Balmain en 2011, Olivier Rousteing renoue aussi avec le celebrity marketing du fondateur, mais avec les icônes du jour.

A l’instar de Pierre Balmain qui toujours s’inspirait de ses mannequins pour composer ses nouvelles collections ; qui toujours se déplaçait avec son équipe, jusqu’à partager ses heures libres avec des sorties au Zoo par exemple, Olivier Rousteing a su former son propre bataillon. La Balmain Army c’est aujourd’hui Kanye west et Kim Kardashian, Cara Delevingne, Rihanna, ou encore Jourdan Dunn… Sur des affiches, des spots publicitaires, ou sur l’incontournable Instagram – massivement utilisé par le jeune designer . Les campagnes Balmain donnent à voir la nouvelle femme d’Olivier Rousteing : une femme forte qui prend le contrôle, une femme qui assume et qui n’a pas peur. Dans les campagnes au maximalisme assumé, Rousteing renoue avec la notoriété perdue de la maison – comme avec la campagne Printemps/Eté 2014 avec une Rihanna au summum de sa sexyness. Celle de la saison 2016 emprunte même à une photographie du fondateur la pose et l’impact lorsque le directeur artistique pose à côté de sa création ici portée par Cindy Crawford. Et l’on a hâte de découvrir celle de l’Automne/Hiver 2017 shootée par Steven Klein !

Les Robes en Kit de Paco Rabanne

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La période des années 1960 est une phase révolutionnaire dans la création vestimentaire. L’image de la femme apprêtée des années 1950, aux formes très dessinées, s’estompe au profit d’une silhouette plate et plus géométrique. Les traditionalistes hésiteront longtemps à l’appeler couturier. On le surnomme « le plastiqueur de la mode » ou «  le métallurgiste ». Paco Rabanne est le premier à introduire des matériaux industriels dans la mode à la veille des années 70, qui engendrent une véritable rupture dans les codes de la Haute Couture. C’est dans un contexte économique et social en pleine mutation, que le couturier présente à l’hôtel Georges V en février 1966 une collection de douze robes expérimentales et importables en matériaux contemporains. Plus déroutant encore pour le public, les modèles sont faits de matériaux jugés inadaptés pour un vêtement. Ces modèles en rhodoïd et métal fabriqués à la pince et au chalumeau, défilent sur des mannequins noirs. Ce sera l’époque du « Space Age », portée vers une nouvelle esthétique futuriste par des collections avant-gardistes. Pour cette collection chaque pièce est entièrement montée à la main, la signature « Paco Rabanne » apparaît alors marquant la naissance d’un nouveau grand nom de la mode.

L’année précédente, il crée des « Pacotilles », accessoires en Rhodoïd (boucles d’oreilles, lunettes, casques) pour des stylistes en vogue du prêt-à-porter industriel. Les stars de la musique et du cinéma se retrouvent dans cette modernité et assurent la notoriété de la griffe, telles Anouk Aimée, Brigitte Bardot ou Fraçoise Hardy. Cette dernière, particulièrement grande et mince pour l’époque caractérise la nouvelle silhouette féminine. Elle portera une création unique de Paco, « la robe la plus chère du monde » à l’occasion de l’inauguration de l’exposition internationale de diamants en mai 1968. Composée de mille plaquettes de neuf kilos d’or, trois cents carats de diamants, cinq mille anneaux d’or, ainsi que de vingt-deux diamants monumentaux bordant l’encolure. Paco Rabanne se souvient que la robe était gardée par quatre vigiles avec des armes à feu.

Dés 1970, il connaît une période riche en expérimentations de matériaux et projets révolutionnaires comme des robes en papier ou bien des modèles en cuir fluorescent, métal martelé, jersey d’aluminium et fourrure tricotée. Ces créations uniques seront acquises par des musées d’art contemporain tel le MoMA à New York et d’autres grands musées de la mode du monde entier.

Le Bikini, Une Histoire de Femme et de Morale

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Le bikini est apparu pour la première fois à l’époque romaine, il y a plus de 1500 ans. Institué en 1946 par Louis Réart, son parcours n’a été que tensions, amour et désamour. Le créateur de maillot de bain, Louis Réart donc, conçoit le bikini en finalisant le travail de Jacques Heim, l’inventeur du plus petit maillot de bain au monde : l’atome. La légende veut que l’idée lui soit parvenue en regardant les femmes retrousser leurs vêtements de plage dans le but d’obtenir un meilleur bronzage. Il en réduit alors un peu plus les dimensions et, conscient du caractère explosif de ce deux pièces, ne trouvant aucun mannequin prêt à le porter, engage la strip-teaseuse du Casino de Paris, Micheline Bernardini. Il baptise sa création bikini, du nom de l’atoll de Bikini près des îles Marshall.

Dès que le seuil du quotidien fut franchit par ce tissu découpé en quatre triangles reliés par des cordes, il s’attira les foudres de l’Eglise et des bien-pensants. En Espagne, en Belgique, en Italie, le bikini fut immédiatement interdit sur les plages ! Affolés par cet outil de perversion qui normalise le dévêtu, il a fallu au bikini le vecteur du septième art pour sortir de cette catégorisation. En 1956, Brigitte Bardot s’affiche en bikini vichy dans le film « Et Dieu créa la femme ». La course au bikini est lancée : Marilyn, Rita Hayworth, Jayne Mansfield, toutes l’arborent, toutes le rendent raisonnable autant que désirable.

Mais c’est sur les épaules des James Bond girls que le bikini endosse ses lettres de noblesse. En 1962, Ursula Andress, la première James Bond girl, dans 007 contre Dr. No, s’extirpe en fredonnant d’une eau onirique dans un bikini blanc, ceinturé. De la fameuse scène du bikini elle affirme aujourd’hui : « c’est ce bikini qui a fait de moi une star ». Si l’affirmation ne semble pas tenir compte du sex-appeal de Miss Andress, ce qui est certain c’est qu’elle a contribué à faire de lui, l’icône de la pop culture américaine. Dans ces années là, l’engouement populaire pour les surf movies parvient à contenter l’opinion quant au caractère sensuel et non sexuel du bikini. L’année 2002, c’est Halle Berry qui incarne l’idéal de la femme fatale et, comme Ursula quarante ans plus tôt, c’est dans un modèle quasi-similaire de bikini, teint cette fois en orange, qu’elle ancre définitivement le bikini au rang des indispensables. Finalement, plus que l’histoire d’un vêtement, c’est le récit du cheminement d’une morale que conte le bikini.

La Robe Trapèze De Courrèges

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Apparaît alors la petite robe blanche trapèze qui dynamite le vestiaire bourgeois en prennant le contre-pied des silhouettes traditionnelles et apprêtées de la précédente décennie. Sa particularité ? Une coupe trapèze structurée qui libère les hanches et dévoile les jambes au-dessus du genou. La forme géométrique et plate de la robe insuffle l’allure futuriste d’une femme des temps modernes. Le blanc immaculé accentue cette impression de tenue venue tout droit du cosmos. Elle signe le renouveau de la mode des années 60, prémisse des années 70, qui deviendra plus libérée et audacieuse. De par sa formation d’ingénieur, les créations d’André Courrèges sont extrêmement construites et architecturées. L’utilisation de matériaux nouveaux en est la preuve. Regardant vers l’avenir tout en restant en phase avec son époque, il provoqua la révolution chahutant le monde du design, de l’art et de l’industrie. La robe trapèze pose les bases du style Courrèges, devenant du même coup une référence absolue de la mode française.

Elle accompagne le mouvement de libération des femmes, habille des corps en mouvement qui s’attaquent au marché du travail. Par ailleurs, les adolescentes y trouvent une forme d’expression de libération et d’affirmation de leur féminité. Au sommet de sa gloire, Twiggy portera la robe minimaliste dans un style « Classic with a twist », ou « mod dress » d’où le terme même de la tendance « mod », désignant un modernisme peu conventionnel. Toutes les icônes chics l’adoptent, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Romy Schneider ou encore Françoise Hardy. Créateur de génie, André Courrèges a marqué lui aussi durablement la mode. Yves Saint-Laurent salue le talent novateur pour affirmer que la mode ne sera plus jamais la même suite à « l’explosion Courrèges ».

Les Robes en Kit de Paco Rabanne

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La période des années 1960 est une phase révolutionnaire dans la création vestimentaire. L’image de la femme apprêtée des années 1950, aux formes très dessinées, s’estompe au profit d’une silhouette plate et plus géométrique. Les traditionalistes hésiteront longtemps à l’appeler couturier. On le surnomme « le plastiqueur de la mode » ou «  le métallurgiste ». Paco Rabanne est le premier à introduire des matériaux industriels dans la mode à la veille des années 70, qui engendrent une véritable rupture dans les codes de la Haute Couture. C’est dans un contexte économique et social en pleine mutation, que le couturier présente à l’hôtel Georges V en février 1966 une collection de douze robes expérimentales et importables en matériaux contemporains. Plus déroutant encore pour le public, les modèles sont faits de matériaux jugés inadaptés pour un vêtement. Ces modèles en rhodoïd et métal fabriqués à la pince et au chalumeau, défilent sur des mannequins noirs. Ce sera l’époque du « Space Age », portée vers une nouvelle esthétique futuriste par des collections avant-gardistes. Pour cette collection chaque pièce est entièrement montée à la main, la signature « Paco Rabanne » apparaît alors marquant la naissance d’un nouveau grand nom de la mode.

L’année précédente, il crée des « Pacotilles », accessoires en Rhodoïd (boucles d’oreilles, lunettes, casques) pour des stylistes en vogue du prêt-à-porter industriel. Les stars de la musique et du cinéma se retrouvent dans cette modernité et assurent la notoriété de la griffe, telles Anouk Aimée, Brigitte Bardot ou Fraçoise Hardy. Cette dernière, particulièrement grande et mince pour l’époque caractérise la nouvelle silhouette féminine. Elle portera une création unique de Paco, « la robe la plus chère du monde » à l’occasion de l’inauguration de l’exposition internationale de diamants en mai 1968. Composée de mille plaquettes de neuf kilos d’or, trois cents carats de diamants, cinq mille anneaux d’or, ainsi que de vingt-deux diamants monumentaux bordant l’encolure. Paco Rabanne se souvient que la robe était gardée par quatre vigiles avec des armes à feu.

Dés 1970, il connaît une période riche en expérimentations de matériaux et projets révolutionnaires comme des robes en papier ou bien des modèles en cuir fluorescent, métal martelé, jersey d’aluminium et fourrure tricotée. Ces créations uniques seront acquises par des musées d’art contemporain tel le MoMA à New York et d’autres grands musées de la mode du monde entier.

La Robe Trapèze de Courrèges

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Apparaît alors la petite robe blanche trapèze qui dynamite le vestiaire bourgeois en prennant le contre-pied des silhouettes traditionnelles et apprêtées de la précédente décennie. Sa particularité ? Une coupe trapèze structurée qui libère les hanches et dévoile les jambes au-dessus du genou. La forme géométrique et plate de la robe insuffle l’allure futuriste d’une femme des temps modernes. Le blanc immaculé accentue cette impression de tenue venue tout droit du cosmos. Elle signe le renouveau de la mode des années 60, prémisse des années 70, qui deviendra plus libérée et audacieuse. De par sa formation d’ingénieur, les créations d’André Courrèges sont extrêmement construites et architecturées. L’utilisation de matériaux nouveaux en est la preuve. Regardant vers l’avenir tout en restant en phase avec son époque, il provoque la révolution chahutant le monde du design, de l’art et de l’industrie. La robe trapèze pose les bases du style Courrèges, devenant du même coup une référence absolue de la mode française.

Elle accompagne le mouvement de libération des femmes, habille des corps en mouvement qui s’attaquent au marché du travail. Par ailleurs, les adolescentes y trouvent une forme d’expression de libération et d’affirmation de leur féminité. Au sommet de sa gloire, Twiggy portera la robe minimaliste dans un style « Classic with a twist », ou « mod dress » d’où le terme même de la tendance « mod », désignant un modernisme peu conventionnel. Toutes les icônes chics l’adoptent, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Romy Schneider ou encore Françoise Hardy. Créateur de génie, André Courrèges marquera lui aussi durablement la mode. Yves Saint-Laurent salue le talent novateur pour affirmer que la mode ne sera plus jamais la même suite à « l’explosion Courrèges ».

Le Richelieu Zizi de Repetto

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Paris, 1947: l’histoire de la maison Repetto voit le jour. Rose Repetto, mère du chorégraphe et danseur Roland Petit, conçoit ses premières pointes et demi-pointes sur les conseils de son fils. Grâce à la technique du cousu retourné, elle fabrique des chaussons au confort sans égal, idéaux pour l’exécution de pas-de-bourrée, arabesques et autres entrechats. Des chaussons qui ne tardent pas à séduire les étoiles du monde entier. Rudolf Noureev, Maurice Béjart, Mikhaïl Barychnikov ou encore Carolyn Carlson, tous se hâtent dans l’atelier de la couturière situé non loin de l’Opéra National de Paris.

En 1956, Brigitte Bardot fait ses premiers pas au cinéma dans le film « Et Dieu créa la femme » de Roger Vadim. Pour le tournage de la scène du mambo, l’actrice fait alors appel au talent de la créatrice. Elle lui demande de confectionner une paire de souliers légers, souples, dénudés… qui laissent entrevoir la naissance des orteils. Rose Repetto signe alors un modèle en cuir rouge carmin : les ballerines Cendrillon, rebaptisées plus tard B.B. Le succès est au rendez-vous. La première boutique de la maison ouvre ses portes rue de la paix à Paris en 1959. Désormais mythiques, les ballerines de ville Repetto foulent le pavé des rues de la capitale, accessoires indispensables aux pieds de toutes les demoiselles en mini-jupe, chemise vichy nouée à la taille.

C´est un peu plus tard, dans les années 70 que le modèle Zizi voit le jour. Inspiré des chaussons pour danseurs de Jazz, ce modèle est fait d’un cuir doux et fin qui suit les mouvements du pied à la perfection. C’est au tour de Serge Gainsbourg de tomber sous le charme de la Maison et il adopte alors les richelieux blanc à lacets, ces fameuses Zizi, créé par Rose pour sa belle-fille, la meneuse de revue Zizi Jeanmaire. Dégotées au début des années 1970 par Jane, celle-ci explique: « Serge cherchait des gants pour ses pieds, car il avait horreur de marcher. » C’est en glissant son pied nu dans le chausson de jazz blanc au cuir très agréable qu’une autre légende fut née.

« Repetto à perpet’ », se plaira-t-il à dire, lui qui en achetait plus d’une trentaine de paires par an. En effet, on a du mal à imaginer Gainsbourg sans ses Repetto, c’est dans l’imagerie populaire de Gainsbourg, et pourtant il y a bien eu une première fois. Après cette fameuse fois, il ne les a plus quittées. Il a fait école, d’ailleurs: une bonne partie de la jeune scène française marche toujours sur ses pas en Zizi, de Mathieu Chedid à Bénabar en passant par Thomas Dutronc. Aujourd’hui, ce modèle phare reste un must-have pour les hommes comme pour les femmes. Naissance d’une icône, réinventée à chaque saison dans de nombreux coloris – souvent acidulés.

Le Bikini, Une Histoire de Femme et de Morale

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Le bikini est apparu pour la première fois à l’époque romaine, il y a plus de 1500 ans. Institué en 1946 par Louis Réart, son parcours n’a été que tensions, amour et désamour. Le créateur de maillot de bain, Louis Réart donc, conçoit le bikini en finalisant le travail de Jacques Heim, l’inventeur du plus petit maillot de bain au monde : l’atome. La légende veut que l’idée lui soit parvenue en regardant les femmes retrousser leurs vêtements de plage dans le but d’obtenir un meilleur bronzage. Il en réduit alors un peu plus les dimensions et, conscient du caractère explosif de ce deux pièces, ne trouvant aucun mannequin prêt à le porter, engage la strip-teaseuse du Casino de Paris, Micheline Bernardini. Il baptise sa création bikini, du nom de l’atoll de Bikini près des îles Marshall.

Dès que le seuil du quotidien fut franchit par ce tissu découpé en quatre triangles reliés par des cordes, il s’attira les foudres de l’Eglise et des bien-pensants. En Espagne, en Belgique, en Italie, le bikini fut immédiatement interdit sur les plages ! Affolés par cet outil de perversion qui normalise le dévêtu, il a fallu au bikini le vecteur du septième art pour sortir de cette catégorisation. En 1956, Brigitte Bardot s’affiche en bikini vichy dans le film « Et Dieu créa la femme ». La course au bikini est lancée : Marilyn, Rita Hayworth, Jayne Mansfield, toutes l’arborent, toutes le rendent raisonnable autant que désirable.

Mais c’est sur les épaules des James Bond girls que le bikini endosse ses lettres de noblesse. En 1962, Ursula Andress, la première James Bond girl, dans 007 contre Dr. No, s’extirpe en fredonnant d’une eau onirique dans un bikini blanc, ceinturé. De la fameuse scène du bikini elle affirme aujourd’hui : « c’est ce bikini qui a fait de moi une star ». Si l’affirmation ne semble pas tenir compte du sex-appeal de Miss Andress, ce qui est certain c’est qu’elle a contribué à faire de lui, l’icône de la pop culture américaine. Dans ces années là, l’engouement populaire pour les surf movies parvient à contenter l’opinion quant au caractère sensuel et non sexuel du bikini. L’année 2002, c’est Halle Berry qui incarne l’idéal de la femme fatale et, comme Ursula quarante ans plus tôt, c’est dans un modèle quasi-similaire de bikini, teint cette fois en orange, qu’elle ancre définitivement le bikini au rang des indispensables. Finalement, plus que l’histoire d’un vêtement, c’est le récit du cheminement d’une morale que conte le bikini.

 

Les Ballerines Repetto

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En 1959, Brigitte Bardot, la célèbre héroïne de « Et Dieu Créa la Femme », commande le modèle Cendrillon couleur carmin pour les besoins de son rôle. Tout comme leur propriétaire, la ballerine Repetto s’élève rapidement au rang d’icône. Et devinrent le symbole d’une élégance Made In France. L’année qui suit, c’est au tour d’Audrey Hepburn de chausser les légendaires souliers dans son film « Drôle de Frimousses ». A l’écran comme dans la vie, les petits chaussons occupèrent une place primordiale dans la garde-robe chic et classique de l’actrice. Jacky Kennedy devint rapidement adoratrice des ballerines Repetto – qu’elle associait à un pantalon Capri, des lunettes-mouches et un foulard. Ni plus, ni moins qu’un style effortless-chic.

Encore aujourd’hui, l’intemporel soulier Repetto demeure synonyme de grâce et de prestige. La griffe, nous offre une fois de plus, une déclinaison de l’incontournable ballerine Cendrillon, en bleu, en rouge, en beige, en cuir, en chèvre velours, en veau verni, et continue ainsi de combler toutes nos envies.