Chanel et Deauville : La Volupté du Beige

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Dans la grammaire du 31 rue Cambon, nombre d’éléments découlent de la puissance d’observation de Mademoiselle. À Deauville, lors même que la maison se nomme encore Gabrielle Chanel, Coco pioche ça et là les codes d’un sceau qui deviendra celui d’un empire éternel. Nous sommes en 1913 lorsqu’elle découvre le lieu de villégiature qu’est déjà la petite ville normande. Au bras de Boy Capel, arpentant cette ville de bord de mer où déjà se réunissent têtes couronnées et élégantes du monde entier, Gabrielle est particulièrement attentive aux nuances de la nature – ces silhouettes corsetées et surannées l’agacent.

Dans sa quête d’une nouvelle élégance, Coco va trouver à Deauville les éléments indispensables à sa grammaire stylistique. La marinière, le pantalon à pont, le sac matelassé… C’est aussi et surtout sur la promenade du bord de mer qu’elle remarque la force et la volupté du sable caressé par l’écume – un beige profond et nuancé. Il n’en faut pas plus pour que Chanel décide d’en fait sa couleur de prédilection. Associé au noir qu’elle tient à dérober des tenues du couvent, Coco vient de déterminer sa couleur de l’élégance ; une association bi-colore.

« Je me réfugie dans le beige parce que c’est naturel. » Tout lui plaît dans cette teinte – ces nuances qui évoquent la peau nouvellement dorée par le soleil ; ces teintes d’une simplicité folle ; la sourde sensualité qui s’en dégage… Tout correspond à l’essence de ce qui deviendra le style Chanel. Car bientôt et à jamais, Coco teinte de ce beige nombre de ses confections. Surnommé beige Deauville, il colore d’abord ses pièces en jersey. En 1957, l’arrivée des souliers bicolores signe un tournant irréfutable : le beige allonge la jambe, le bout noir donne l’illusion d’un pied plus petit. Ces souliers, eux, deviennent instantanément des icônes de mode. Chanel, à l’époque de Deauville, est elle sur le point de conquérir le monde !

Inside Chanel Episode 23 : Coco à Biarritz

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Si à Deauville Gabrielle déjà révolutionnait les costumes de bains des élégantes, c’est à Biarritz que Chanel ancre définitivement sa maison de couture. En 1915, lors même que la Première Guerre mondiale éclate, s’apprêtant à renverser l’équilibre de tout un monde, Coco, elle, est sur le point d’imposer le nouvel ordre du chic. Sur la côté Basque, Biarritz alors attire l’aristocratie, la haute bourgeoisie et les artistes Européens en quête de sérénité – l’impératrice Eugénie y a ses habitudes ; Chanel bientôt y installera sa première maison de couture.

La première décennie 1900 met ainsi les femmes sur le devant de la scène ; palliant à l’absence des hommes partis en guerre, lors même qu’en Angleterre, les suffragettes font entendre leur voix – c’est dans ce contexte que Gabrielle Chanel initie une mode moins contraignante. Une attitude à son image. Elle les veut voir danser, et nager, sans entraves ; oser et aimer sans crainte des regards. A Biarritz donc, Boy Capel lui offrit son soutient financier, indispensable à l’acquisition d’un manoir du XIXe siècle, la villa de Larralde. Là, sur le trajet stratégique de la plage et du casino, Chanel inaugure sa première maison de couture – et c’est ici une autre bataille qui se joue.

En moins d’un an, les élégantes perçoivent le talent de Coco ; sa réputation est faite lorsque le magazine Harper’s Bazaar titre « la charmante robe chemise de Chanel. » A la fin de la guerre, en 1918, tout ce que l’Europe compte de tête couronnées, d’élégantes et d’esthètes s’habillent chez Chanel. Coco peut savourer sa victoire – elle est une femme célèbre, une couturière reconnue, une femme d’affaire, et une femme indépendante. Elle venait de rembourser les avances consenties par son amour Boy Capel. Le 22 Juin prochain, la maison Chanel diffusera ainsi l’épisode 23 d’Inside Chanel ; le récit de l’épisode Deauvillais de Mademoiselle, au fil d’images d’archives colorisées.

 

Inside Chanel N°22 : Coco à Deauville

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La vie, l’art et la création de Gabrielle Chanel sont intrinsèquement liés – son enfance, ses rencontres et ses voyages concourent à lui inspirer les grandes lignes de sa mode. L’épisode 22 d’Inside Chanel revient ainsi sur l’une des premières villes à avoir inspiré à Coco le style Chanel – l’une des premières villes à y succomber aussi. Deauville, au tournant du siècle, est alors une station balnéaire où la Belle Époque célèbre le bonheur retrouvé au lendemain de la guerre franco-prussienne. En 1912, âgée de 29 ans, Gabrielle y entre par la grande porte au bras de Boy Capel.

Tout ici l’inspire ! Du haut de sa suite de l’hôtel Normandie, Coco observe et pressent les bouleversements à venir – bouleversements des corps, des loisirs et des styles de vie ! C’est ici à Deauville que Chanel inaugure, en 1913, sa seconde boutique ; là même où la couturière se met à briser les carcans des élégantes, corsetées, entravées par des robes étroites, empêchées par des coiffes compliquées. Et alors même qu’elle forge à partir du vestiaire de Capel, qu’elle pioche sur le dos des garçons d’écurie et des joueurs de polos, les lignes et le jersey de sa mode, Coco Chanel s’approprie la teinte beige du sable mouillé par la mer.

Premier épisode d’une nouvelle série Inside Chanel dédiée aux villes clés de l’univers Chanel, l’épisode N°22 distille, en couleur, images d’époque et haut-faits de la couturière la plus célèbre au monde. Car c’est bel et bien à Deauville que Gabrielle, insoumise et anticonformiste, laisse sa peau se hâler en même temps qu’elle s’amuse aux spectacles de la danseuse Loie Fuller et des Ballets Russes… Un chic désinvolte conté avec poésie dans une vidéo de 2minutes 30 !

 

 

L’Eau De Parfum Comme L’Ivresse D’Un Amour : Boy Chanel

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Arthur Capel fut surnommé Boy par Coco Chanel – trois lettres qui suffirent à sceller un destin tout entier. Lui, le plus grand amour de Gabrielle, premier à véritablement croire au talent de Mademoiselle ; lui qui va définitivement lui fournir les moyens de parvenir à ses fins… Elle aimait à lui emprunter ses vestes de tweed sur-mesure. « Puisque tu y tiens tant, me disait Capel, je vais te faire refaire en “élégant” et chez un tailleur anglais, ce que tu portes tous les jours » racontait Coco. Grâce aux fonds qu’il investit dans l’ouverture de sa toute première boutique — qu’elle lui remboursera intégralement dès les premiers retours venus, signe de son indéfectible indépendance — Chanel n’aura de cesse de désenclaver pour révolutionner la silhouette des femmes de l’époque. Dans les bras de l’homme qu’elle aime naîtrons ainsi tous les codes fondamentaux de la rue Cambon.

Il faut dire que Boy est l’intellectuel d’envergure qui s’intéresse à la politique aussi bien qu’à la spiritualité – il fut celui qui initia Coco  à l’ésotérisme, et Chanel au monde des symboles et à la culture orientale. La suite, on la connait. Mais, ce que l’on connait moins c’est toute la puissance, toute l’ivresse de leur amour qui est aujourd’hui capturé dans le flacon architectural de la nouvelle senteur de la griffe – baptisée Boy Chanel, tout simplement.

Hommage olfactif à une passion éloquente et au jeu perpétuel du masculin féminin, la fragrance vient aujourd’hui tout naturellement agrandir les rangs des Exclusifs de Chanel. Car c’est bien bel et bien cette passion fugace, cette parenthèse enchantée qui a intéressé le parfumeur de la maison, Olivier Polge – aidé de portraits historiques, le nez a choisi de s’intéresser à l’influence de Boy sur Gabrielle. Inspiré donc de la force virile de l’homme, émerveillé par la frêle silhouette de Coco, Olivier Polge forge ici une mythologie masculine qui le pousse à s’intéresser à la fougère. Puis, à l’instar de Gabrielle Chanel qui s’approprie le vestiaire masculin sans renoncer à sa féminité, le parfumeur joue au mélange des genres en imaginant l’empreinte d’un homme sur la peau d’une femme. Un éclat aromatique et racé qui annonce le cœur de géranium rosat – le tout scellé dans un monolithe de verre épuré, au bouchon monogrammé double C. Une senteur douce et puissante, à s’approprier depuis le 14 Octobre. 

 

Quand La Montre Boy.Friend Épouse Le Tweed

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« C’est dans un vieux tailleur que je suis vraiment à l’aise, mais pas dans un de ces tissus rudes et lourds… Ah, non ! Surtout pas… C’est moi d’ailleurs qui ai appris aux Écossais à faire des tweeds légers. Je vous jure que j’ai eu du mal à les convaincre ! » L’histoire de Chanel et du tweed recèle de voyages, de contact, de prise de risque, et surtout de l’union du vestiaire masculin à la garde-robe d’une femme audacieuse. Transgressives pour l’époque, les silhouettes Chanel sont aujourd’hui reconnue comme comble du bon goût, tant pour leur confort que pour leur lignes simples mais puissantes.

Ainsi l’horlogerie Chanel capture l’essence des créations de Mademoiselle au sein d’un garde-temps qui, en plus d’évoquer sa grande histoire d’amour avec Boy capel, adopte un bracelet en métal gravé du mythique motif tweed. Né d’un emmaillement de fils d’acier, ce bracelet a tout d’une prouesse technique : pour rappeler la richesse du tissu, le motif tweed est marqué par une frappe précise et profonde. Mais, à l’image des créations graphiques de Coco Chanel, le garde-temps conserve une très grande souplesse, pour assurer un porté très confortable. Etoffe croisée estampée sur la montre Boy.Friend, le tweed semble ici figurer toutes les qualités pour faire de ce garde-temps l’objet le plus désirable de la rentrée.

 

Boy de Chanel – Le Nouveau Parfum

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Il est un fait que les industries tendent à maintenir une vision stéréotypée de la société, des sexes ou des genres… Voilà que la maison Chanel prend une fois de plus le contre-pied des idées et, dans une bouteille monolithe, enferme le jus Boy, une eau sans genre imaginée par Olivier Polge. La formule ainsi s’esquisse en découvrant une photographie de Boy et Coco: leur allure, leur amour fou visible à l’œil nu… Il fallait une essence pour traduire cette passion de douze années aujourd’hui figée sur des clichés dégarnis par le temps.

Deuxième opus olfactif du nez pour la gamme Les Exclusifs de Chanel, Olivier Polge offre une nouvelle interprétation d’un geste aussi anodin que sempiternel – une femme vêtue des vêtements de son homme. Pour autant, le parfumeur ne souhaitait pas créer un parfum unisexe, mais plutôt rendre féminin un accord olfactif typiquement masculin en le faisant porter par des femmes. Bien ancré dans des codes masculins donc, l’eau Boy s’amuse à renverser les codes olfactifs.

L’accord fougère, emblème des fragrances dites viriles s’accompagnent principalement de lavande, avec des notes de coumarine. En observant de plus près Gabrielle, Olivier Polge se rend compte à quel point elle était somptueusement féminine dans des vêtements masculins. C’est pour cela qu’en notes de fond, le nez s’éprend du pamplemousse, de la rose et du géranium. Mais ici, il s’assouplit auprès des muscs et d’une douceur amandée pour finalement éveiller la composition au rang de chic universel.

 

5 Vidéos pour Raconter Chanel

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Il était une fois Gabrielle Chanel. Elle, ne s’habille comme personne, n’agit comme personne. De son passé de jeune orpheline, Gabrielle ne dit mot. Spirituelle, elle préféra inventer sa légende. Diffusés à partir du 12 septembre, ces 5 minis-films dévoilent tout un pan ignoré de son histoire. Un roman en image qui revient sur l’importance de son amour Boy Capel, qui aida Coco à devenir Chanel ; la naissance de sa patte simple, plus légère et plus chic que les couturiers de l’époque ; racontée comme jamais, sans rien cacher, l’histoire de la maison Chanel se construit à l’image du sens du dépouillement développé par Gabrielle dans ses mythiques tailleurs. De noir, jusque-là réservé au deuil, et de blanc, couleurs fétiches de la couturière, les images racontent comment à 70 ans, froissée de voir les hommes réarçonner le corps de la femme à coup de balconnet et de jupe bouffante, elle a fait appel à son équipe pour rouvrir ses ateliers.

Les 3 premiers courts-métrages – Coco, Mademoiselle et Gabrielle Chanel – remontent à la source des réminiscences de la femme de renom : de l’environnement dans lequel évoluait la jeune orpheline, on retrouve toute sa fascination pour le baroque, l’or et les diamants. Sa lutte pour la libération vestimentaire de la femme résonne comme celle de sa propre libération : c’est en empruntant son propre vestiaire aux hommes qu’elle forge l’ADN de la femme libre : port du pantalon, coupe à la garçonne, le Camélia, une sophistication finalement toute française. A travers ces premieres vidéos, on assiste à l’établissement d’une femme puissante quand ouvre une de ses premières boutiques, ou quand elle édite sa fragrance n°5. Ses voyages, et tout particulièrement ses séjours à Venise, inspireront son audace ; de ces voyages célestes naît sa première collection de diamants. Les deux derniers chapitres de ce mini-film – Coco by Karl et Chanel by Karl – captent eux la vision du directeur artistique de la maison Chanel depuis 1983. Tout en enrichissant l’héritage de la créatrice, Karl Lagerfeld, à l’origine du sauvetage de la maison laissée orpheline à la mort de Coco, ne cache pas moins sa profonde admiration pour la “jeune fille“ venue de nulle part. Ce génie de la mode est parvenu à s’approprier les pièces emblématiques de la griffe, tout en y exprimant sa puissante vision. Cinq vidéos pour dresser le bilan de l’esprit créatif qui continue d’habituer la maison de couture. Sans jamais copier, le kaiser perpétue l’histoire de Gabrielle : une femme de génie, une anticonformiste.

La Boutique Éphémère Chanel, un Écrin de Magie

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Ouverte en 1918, elle incarnait déjà le nouveau concept de la boutique contemporaine, associant accessoires et parfums, bijoux et produits de beauté, vêtements et chapeaux. Le rez-de-chaussée accueillait et accueille toujours le prêt-à-porter, le premier étage la Haute Couture. Au deuxième, ce sont les fameux appartements de Gabrielle Chanel, et au troisième, le studio et les ateliers où travaille aujourd’hui Karl Lagerfeld. On ne peut oublier le légendaire escalier de style art déco et tapissé de miroirs, en haut duquel Coco Chanel s’asseyait pour surveiller les présentations de collections : elle pouvait ainsi voir sans être vue, scruter les moindres détails de ses créations sans être aperçue. 

Véritable fief de Mademoiselle, cet immeuble du XVIIIè siècle s’est allié au fil des années à cinq autres de la rue, organisant un véritable quartier général pour Chanel, du 21 au 31 rue Cambon. La maison prévoit aujourd’hui de nombreux travaux d’agrandissement de son espace, planifiés de 2014 à 2016. S’étant offert un immeuble au numéro 19 de la rue, le projet est d’offrir une boutique éphémère dédiée à l’horlogerie. Pour les fêtes, ce lieu d’enchantement se pare d’un décor de neige reprenant les caractéristiques principales du film de lancement de la nouvelle montre J12. Entourée du cerf, du lion et de la locomotive, cette boutique est un ravissement pour les yeux et le coeur. Avant que la magie ne s’évapore le 30 du mois, profitez de cet écrin Chanel.

Un court-métrage des 100 ans de Chanel

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A l’occasion du centième anniversaire de la première boutique de Coco Chanel à Deauville, le créateur Karl Lagerfeld signe un court-métrage hommage, sobrement intitulé “Once Upon a Time”. 

Illustrant l’amour entre la célèbre créatrice couturière et Boy Capel, joueur de polo qui finança la boutique de Deauville, le film retrace un petit bout d’histoire, celui de la genèse de l’empire Chanel. C’est Keira Knightley, égérie de la maison depuis 2007, qui incarne Gabrielle Chanel, accompagnée de Clothilde Hesme dans le rôle de sa tante Adrienne. De nombreux mannequins et muses du Keiser, telles Stella Tennant, Tallulah Harlech et Caroline de Maigret, ont été également choisies pour jouer à leurs côtés. Magnifique retour vers le passé des années 1910, le court-métrage est un véritable hommage cinématographique et esthétique. 

Si le style et la personnalité de Mademoiselle Chanel ont marqué la mode du XXe siècle, de nombreux détails, coupes et matières sont devenus de véritables icônes de la maison, intemporelles et toujours réinterprétés de façon nouvelle. Goethe disait lui-même : «Faire un meilleur avenir avec les éléments élargis du passé». Le centenaire de la maison aux C entrelacés est l’occasion de faire revivre l’itinéraire de ces symboles légendaires. Le camélia, les souliers bicolores, le sac matelassé, le tailleur en tweed et les bijoux de diamants sont autant de codes qui, réinvestis chaque année entre tradition et modernité, arborent l’hégémonie de la maison. La nouvelle collection Croisière 2013-2014 lancée le 9 mai à Singapour, sur le site de Lowen Cluster sur une colline de Dempsey, en témoigne certainement. 

On a Vu l’Exposition n°5 Culture Chanel au Palais de Tokyo !

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Cette semaine, nous sommes allés au Palais de Tokyo où l’exposition la plus Haute Couture du moment a lieu du  5 mai au 5 juin 2013 autour du  célèbrissime parfum n°5 de Chanel. L’occasion de ravir notre odorat du raffinement même qu’est le premier parfum de Gabrielle Chanel et de connaître sa véritable histoire.

Un véritable appel au sens au palais de Tokyo, on s’en prend plein la  vue dès notre arrivée par le jardin du danois Piet Oudolf , horticulteur  de la nouvelle vague Naturaliste, qui exprime une véritable évocation poétique. L’âme de Gabrielle Chanel se ressent en ce lieu plein d’histoires. L’épopée  de ce parfum démarre dès la mort d’ Arthur « Boy » Capel ,  le plus grand chagrin d’amour de Gabrielle Chanel. Boy est sans aucun doute, celui qui a fait d’elle une femme moderne et curieuse de tout. Il lui transmet une véritable passion pour la littérature et l’ésotérisme. Ce parfum, il est pour lui. L’amour dont Gabrielle ne se remettra jamais, va la plonger dans un mutisme certain et va transformer son chagrin en véritable volonté d’ « hommage ». Elle va chercher à l’honorer et se concentrer sur la création de l’odeur exacte qui représentera son amour pour lui. Voilà comment le n°5, tout premier parfum de la maison, nait.

Une fois le jardin traversé, l’impression d’entrer dans la sphère intime de celle qui est le symbole de l’élégance française nous envahit. De la mort de Boy aux différentes représentations d’elle, par ses amis surréalistes, l’envers du décor nous est dévoilé. En effet, on découvre le lien privé qu’avait Gabrielle Chanel avec certains artistes du mouvement Dada et du  surréalisme qui l’ont, de nombreuses fois, représentée par des calligrammes ou autres créations artistiques. L’Art a eu un impact dans ses créations, notamment dans la présentation du flacon : l’étiquette tend a rappeler les papillons Dada, très courts textes imprimés sur un papier blanc. La sobriété même qui deviendra bien des années plus tard, le chic du minimalisme. Ce tout premier parfum qui n’est autre qu’une réminiscence d’un amour perdu porte le chiffre 5. Chiffre qui inspire les artistes, chiffre porte bonheur qui marquera la vie de Gabrielle car il apparaitra même sur sa tombe. Poursuivons notre visite a l’étage où nos sens sont mis en éveil. Un immense flacon gouverne au milieu de la pièce entouré de petites boites en plexiglas laissant l’odeur inimitable du n°5 régner dans toute la pièce. 

A ne surtout pas manquer : une quantité de livres sont disposés afin d’en apprendre plus sur cette grande dame de la mode ainsi que ce parfum devenu emblème de la maison Chanel. Un livre retient néanmoins notre attention. La graphiste Irma Boom sa vision moderne de l’univers de Gabrielle Chanel par la technique d’embossage, sembable a du braille, propre a la graphiste. Tout au long de cette exposition, on en apprend plus sur la façon artistique dont le parfum a été porté au nu que sur  l’intention première. En effet, personne ne l’avait  prédestiné   à  devenir une véritable oeuvre d’art. Il est devenu ce qu’il est par les rencontres et affinités de Gabrielle Chanel avec le monde artistique des surréalistes et ce qu’ils en ont fait par la suite. « Le temps travaille pour moi. » Par cette phrase, Gabrielle  Chanel démontre la pérénité du sacre n°5. D’un souvenir amoureux, n°5 n’est pas qu’un simple parfum, c’est une œuvre d’art qui a marqué l’histoire Chanel et qui continue, aujourd’hui encore a faire parler de lui et déplacer la foule « Pour être irremplaçable, il faut être différente. ». Belle leçon de vie et de mode que Coco nous donne. 

 Exposition à voir de toute urgence ! 

N°5 Culture Chanel

Du 5 mai au 5 juin 2013

 PALAIS DE TOKYO 
 

13, avenue du Président Wilson 

75 116 Paris