La Collection Coco Crush de Chanel

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Au fil du temps, l’effet matelassé est devenu indissociable du style Chanel. Un motif mythique dont la légende s’écrit en pointillés. Ainsi donc il se raconte que Gabrielle fut inspirée de ses après-midi passés aux courses – là, les vestes des jockeys auraient capté son œil d’esthète. D’autres content qu’il s’agit d’une inspiration provenant des coussins de son canapé de la rue Cambon ou encore des vitraux de l’abbaye d’Aubazine… Peu importe, l »important réside dans l’innovation : le motif fut en effet décliné sur le cuir des bottes, des souliers, ou choisi pour embellir les branches des lunettes de certaines solaires quand il ne fait pas du 2.55 l’icône d’une génération. Parfois, les losanges se rétrécissent et se confondent aux métaux les plus précieux, venant orner les pièces de joaillerie, et de haute horlogerie.

Mais cette saison, Chanel rend un hommage puissant à l’un des motifs fétiches de Gabrielle : la collection Chanel joaillerie est ainsi entièrement dédiée au motif matelassé. Sculpté dans l’or pur, il donne naissance à une collection de bagues et à une manchette aux lignes généreuses et féminines. Emprunte d’une simplicité racée, dans un esprit radical finement gravé dans l’or blanc ou jaune, la collection Coco Crush s’éprend de valeurs modernes et, dans un raffinement transgénérationnel, fait de la signature visuelle du sac 2.55 le it-motif de demain. Un chic graphique venant aussi se prêter au jeu moderne de la juxtaposition d’atour, puisque, déclinées en trois tailles – petite, moyenne, grande – les bagues s’amusent du minimalisme de la parure. C’est indubitablement un Coco Crush !

La Collection Haute Joaillerie Archi Dior de Dior

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A l’occasion de sa quatrième participation à La Biennale des Antiquaires (Paris), Dior Joaillerie dévoile sa nouvelle collection de haute joaillerie : Archi Dior, dessinée par Victoire de Castellane. La créatrice qui fit ses débuts chez Chanel, aux côtés de Karl Lagerfeld, explore au travers des quarante-quatre pièces de la collection un vocabulaire nouveau chez Dior joaillerie, celui de l’Architecture. Elle confie avoir trouvé son inspiration au grè des pages des carnets de croquis de Christian Dior qui, avant de devenir couturier, se rêvait architecte. Cette sensibilité du maître se retrouve dans sa création où se succèdent robes et tailleurs conçus comme des édifices de tissu rigoureusement structurés. Qui n’a pas en tête la ligne nette et pure du New Look ?

Boucles d’oreilles, colliers, bracelets et bagues empruntent leurs noms aux lignes et robes iconiques de Dior, adaptant le mouvement délicat des étoffes au langage de la joaillerie. « Certaines pièces imitent le mouvement du bas d’une robe qui se soulève au rythme des pas d’une femme » relève Victoire de Castellane. « Ce sont des bijoux qui défilent comme des robes de bal ». Il y a cette délicate paire de boucles d’oreilles en diamant, écho scintillant à la robe Junon, présentée par Christian Dior lors du défilé automne-hiver 1949-1950, et dont la jupe se composait de pétales d’étoffe superposés. Citons également l’exemple des bijoux de la ligne Corolle – défilé inaugural de la carrière de Christian Dior en 1947 – qui apparaissent tout en volutes de diamant et d’émeraude, puis en superposition de jupes roses, ou la manchette et la bague Bar – hommage au célèbre tailleur à la ligne géométrisée -.

Délaissant le vocabulaire végétal qui lui était familier, la créatrice développe ainsi, au travers de la collection Archi Dior, des propositions plus abstraites aux lignes architecturées opérant à plus d’un titre la mutation de l’organique au minéral, et de la Haute Couture en Haute Joaillerie.