Rencontre avec Liu Bolin, Artiste de la Réinterprétation Ruinart 2018

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Née au siècle des Lumières, la Maison Ruinart initie dès le tournant du XVIIeme siècle une forme de collaboration appuyée avec les artistes — c’est que quelque chose s’est passé ce jour de 1896, sur la colonne Morris qu’André Ruinart découvrit. De cette première réclame de l’histoire du champagne travaillée par le jeune Tchèque Alphonse Mucha, toute une voie fut pavée pour des collaborations aussi poétiques que ludiques. En 2018, c’est à l’artiste chinois Liu Bolin que Ruinart confie la mise-en-scène de son héritage ! Le résultat : un artiste qui s’efface en même temps que l’humain pour laisser étinceler les gestes et un savoir-faire dans une ambiance surréaliste. Tout simplement bluffant ! 

S.G. Qu’est-ce qui vous a marqué lors de votre première visite de la Maison Ruinart ?

Ce qui m’a vraiment impressionné la première fois que j’ai visité la Maison Ruinart, c’est l’implication, la fidélité et le sérieux de l’ensemble des employés. L’expertise manifeste et l’utilisation des ressources naturelles… J’ai pris conscience de l’unique savoir-faire de la plus ancienne Maison de champagne et de l’aspect exceptionnel du site historique classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Des vignes aux crayères… Les collaborateurs de Ruinart tirent parti de la nature sans la dévoyer.

S.G. Quelle a été la première étape de votre démarche pour cette collaboration avec Ruinart ?

La première étape a consisté en un repérage. Trois jours surréalistes qui m’ont permis de voir tout le processus d’élaboration du champagne depuis les vignobles jusqu’aux crayères, dont la température et l’hygrométrie idéales à l’élaboration des vins, ainsi que les différentes étapes de production… C’est ce travail, le travail des collaborateurs de Ruinart, que j’ai voulu mettre en avant dans cette série. 

S.G. Quels aspects essentiels de la Maison Ruinart avez-vous voulu capturer dans vos œuvres ?

Lorsque j’ai commencé à me documenter sur la Maison Ruinart, j’ai compris la force du savoir-faire de cette Maison bientôt tricentenaire. La longue histoire de la Maison aussi. Ayant toujours été impressionné par les acteurs de la production, j‘ai voulu capturer ceux qui sont pour moi les maillons essentiels de ce savoir-faire. 

S.G. Quels symboles visuels de Ruinart avez-vous voulu représenter dans votre collaboration artistique ?

En disparaissant derrière les acteurs de la Maison Ruinart, j’ai représenté les principales étapes de composition du champagne. Depuis le vignoble jusqu’au remuage, le dégorgement et enfin le flacon… Tout cela s’exprime dans cette collaboration. 

S.G. En ce mois d’octobre 2018, la Fiac bat son plein ; pouvez-vous nous dire ce que l’on y trouve ?

Vous trouverez notamment à la FIAC les trois images réalisées avec la Maison Ruinart. C’est-à-dire Vignes, Ligne de Dégorgement et Gyropalettes ! 

Propos recueillis par Sébastien Girard

 

À découvrir aussi durant la FIAC, une installation éphémère de la Maison Ruinart. Imaginée par la scénographe Nathalie Crinière, l’installation conte l’histoire, le patrimoine artistique et le savoir-faire de la Maison autour d’une expérience gustative inédite. Concoctée à quatre mains entre Emmanuel Renaut, chef triplement étoilé du Flocons de sel et Liu Bolin, l’expérience inédite offre des dégustations en présence d’œnologues de la Maison. Uniquement sur réservation. Du 18 au 22 octobre.

Les Atours FreyWille Inspirés Par Vincent Van Gogh

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Il y a longtemps déjà que la maison Viennoise FreyWille enchante avec ses créations audacieuses et pertinentes ; des bijoux très stylisés en email décoré. Cette allure, FreyWille la tient d’une inspiration célébrant l’authenticité des pierres et matières travaillées dans une finesse exagérée. Cette saison, la maison édite ainsi deux atours inédits célébrant, à leur tour, l’audace et la palette de Vincent Van Gogh. Deux modèles de bracelet qui s’inspirent des fleurs d’amandier, élément central de l’impressionnante toile “Branche d’Amandier”.

« La météo ici est changeante, souvent venteuse avec des ciels turbulents, mais les amandiers commencent à fleurir partout » – note Van Gogh en 1888. A cette époque, le peintre à l’oreille coupée dédie son pinceau au charme d’Arles et de Saint Remy. Il en résulte un ensemble de peintures composées entre 1888 et 1890, où se lit toute l’influence de l’impressionnisme, du divisionnisme mais aussi, la matrice ultimement sensualiste des estampes Japonaises.

Suivant cette ligne, précise et pure, les bijoux FreyWille se composent autour d’un émail vibrant et décoré à la poudre d’or… Cette collection interprète avec fraîcheur toute la grâce des mouvements de Van Gogh – deux coloris différents tiennent ainsi du même enchantement. En version turquoise, L’Amandier bleu ciel resplendit dans un arrière-plan tout fait de dégradés légers et sourds… Dans une version rouge coquelicot, le bracelet L’Amandier distille un style éclatant, digne d’une ardente passion. Deux bijoux d’orfèvre à découvrir dès à présent.

Les Nymphéas de Monet, Une Féérie Aquatique

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Un jour qu’il file dans un train à travers la campagne Normande, Claude Monnet s’éprend du village de Giverny – une bourgade qui, bientôt, deviendra l’épicentre du mouvement impressionniste. Il faut dire que le coup de cœur est tel qu’au début des années 1880, le peintre, louant toujours la même maison, finit par l’acquérir sept ans plus tard. Cette maison, Claude Monet entend bien l’égayer d’un jardin à la hauteur de son dessein – le peintre-jardinier entame les grands travaux d’un jardin luxuriant et éminemment reposant. Il importe des nénuphars d’Egypte et d’Amérique Latine ; le voisinage s’inquiète et s’emballe à la vue de ce peintre transformant Giverny en une jungle tropicale. Qu’importe, puisque sans cette détermination créative, le monde jamais n’aurait connu l’oeuvre d’une vie – celle de Claude Monet, peintre destiné à léguer à l’humanité l’oeuvre de la paix.

« J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas. Je les avais plantés pour le plaisir ; je les cultivais sans songer à les peindre » confie-t-il un jour au critique d’art Marc Elder. « Un paysage ne vous imprègne pas en un jour… Et tout d’un coup, j’ai eu une révélation des fééries de mon étang. J’ai pris ma palette… Depuis ce temps, je n’ai guère eu d’autre modèle. » Le motif tourne en effet à l’obsession et, entre 1899 et sa mort en 1926, Claude Monnet peint 250 toiles – toutes dépeignent ce ‘paysage d’eau’ suivant la même volonté : faire de cet ‘aquarium fleuri’ un ‘asile’, une retraite visuelle pour l’Homme tourmenté par le carnage de 14-18. Et le peintre-jardinier ne s’en est jamais caché… La nature ainsi décalquée avec poésie, vide de toute présence humaine, est le testament artistique de Claude Monet ; sa « grande décoration ».

Au lendemain de l’Armistice du 11 novembre 1918, le peintre fait cadeau à la France de cet ensemble décoratif circulaire. Par le biais d’une lettre adressée à son grand ami et politicien Georges Clemenceau, Monet lègue ‘Les Nymphéas’ à sa patrie ; le musée de l’Orangerie les y installe selon les plans du maître en 1927. Comme pour englober le spectateur dans un havre de paix et de verdure, les toiles se déploient le long d’une frise panoramique presque sans rupture. A l’oeil, un paysage d’eau sublimé de nénuphars, de branches de saules, de reflets d’arbres et de nuages berce l’âme et le coeur… Une « illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage » selon les termes mêmes de Claude Monet.

 

Le Château Mouton Rothschild 2015 par Gerhard Richter

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Le Château Mouton Rothschild est l’un des domaines viticoles les plus réputé du Médoc – nommé « premier grand cru » selon la classification officielle des vins de Bordeaux. A vin prestigieux, étiquette prestigieuse : en 1924, le baron Philippe de Rothschild veut saluer la première mise en bouteille du château en faisant appel au célèbre affichiste Jean Carlu, afin de réaliser l’étiquette de Mouton. L’idée est géniale, mais un brin novatrice: elle reste sans lendemain. Ce n’est que vingt ans plus tard, en 1945, que le baron Philippe réitère son idée. Cette fois, il couronne l’étiquette du millésime par le « V » de la victoire : un V dessiné par le jeune peintre Philippe Jullian. La tradition est faite.

Tous les ans, un artiste de renom vient apposer sa griffe sur ce nectar au prestige sans égal. Si Jean Hugo et Jean Cocteau, des amis personnels du baron, furent les premiers sollicités ; des noms comme ceux de César, Braque, Dali, mais aussi le génie de Miró, Chagall, Picasso et Warhol, Soulages, Bacon, Tàpies ou plus récemment Jeff Koons… Tous ont apposé une œuvre originale comme signature sur la bouteille. Cette année, c’est le nom de l’Allemand Gerhard Richter qui vient s’associer au grand cru 2015 – le résultat : une œuvre inspirée et fugace et hypnotisante. Il faut dire que le grand peintre déploie depuis longtemps déjà une œuvre à la fois singulière, complexe et accessible…

Une dialectique entre peinture et photographie qui plante son art dans une catégorie fluctuante entre art figuratif et abstraction. Célébré pour ses photos-peintures type paysages flous ou nature mortes et portrait, l’artiste est aujourd’hui un grand maître vendant ses toiles à plusieurs millions d’euros. Pour le vin Mouton de Rothschild, Gerhard Richter signe une étiquette baptisée ‘Flux’ ; illustrant un processus à la fois aléatoire et savamment élaboré avec une virtuosité certaine : une mise en peinture du procédé d’élaboration du grand cru Mouton Rothschild 2015. Le Château détaille ainsi le procédé : « L’artiste fixe sur photo des couleurs en mouvement, saisies à l’instant idéal de leur composition : de même, un assemblage harmonieux donne au grand vin, matière vivante, son équilibre et sa plénitude. Il étale sur une plaque en plexiglas de la peinture émaillée sur laquelle il presse une plaque de verre, faisant ainsi surgir d’étonnantes compositions. Quand le processus arrive à son terme, il fixe définitivement les deux plaques l’une sur l’autre. » Et c’est à ce moment là que naît l’étiquette iconique autour de couleurs fluctuantes, et ponctuellement harmonieuses.

Dior Lady Art, la Seconde Collection

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C’est en novembre 2016, à Art Basel Miami, que la maison Dior introduisait le projet Lady Art – le plot : un sac iconique, intronisé par la princesse Lady Diana lors d’une visite à Paris, revisité par des artistes de renom. Les beaux-arts sont depuis longtemps au cœur de la création Dior – déjà du temps de Monsieur, nombre de ses amis comptaient pour être les artistes les plus influents de leur temps. Des noms comme ceux de Max Ernst, Alexander Calder, Alberto Giacometti et Pablo Picasso furent en effet exposés dans la galerie de Christian Dior. C’est cet héritage que retravaille aujourd’hui Maria Grazia Chiuri ; on se souvient notamment de sa collection Printemps/Eté 2018 qui mettait en vedette l’artiste Niki de Saint Phalle. 

Cette fois, pour Dior Lady Art #2, la maison s’associe à dix artistes contemporains venant du monde entier, et notamment de Grande Bretagne et des Etats-Unis. Des artistes qui sont des figures contemporaines dans l’art, tels Friedrich Kunath, Jamilla Okubo, et Spencer Sweeney. Ce-dernier justement transforme le Lady Dior en œuvre kaléidoscopique à travers sa matière de prédilection, les facettes miroir d’argent. Après plus de 60 tentatives, l’artiste, basé à Seoul, parvient à mettre au point un Lady Dior éblouissant et hautement captivant. Une exubérance qui sied si bien à la magnanimité des lignes du sac. 

Autre sac à retenir, celui de David Wiseman qui achève d’étonner avec ses fleurs perforées sur du veau métallisé  : « Mes sculptures en céramiques, en bronze, en argile commencent toujours par un dessin. J’imagine ensuite comment les différents éléments, souvent inspirés, par la nature s’assemblent. J’ai suivi le même processus pour ce sac. J’ai d’abord imaginé un motif floral que le travail sur le cuir perforé permet de révéler. » Enfin, la pièce la plus hypnotique, peut être, est celle de Friedrich Kunath – un arc en ciel aux couleurs du coucher de soleil Hollywoodien : « Je suis né en Allemagne de l’Est et je travaille à Los Angeles. J’aime explorer le tiraillement entre tristesse et optimisme. Ici, j’ai voulu évoquer le graphisme d’une serviette de plage de Venice Beach avec l’idée d’une journée d’hiver parisienne mélancolique. L’arc-en-ciel est un clin d’oeil à mes peintures. » Ceci donne vie à un Lady Dior en velours imprimé en relief et nuage en cuir d’agneau… Des pièces d’exception à découvrir dès à présent.  

La Collaboration Artistique de Ruinart avec Jaume Plensa

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La maison Ruinart a depuis longtemps partagé le goût des collaborations artistiques puisqu’elle a même été pionnière en la matière. La première maison de champagne au monde est en effet la première à innover dans le domaine de la communication en faisant appel au talent de l’artiste Tchèque, Alphonse Mucha. Nous sommes alors en 1896, et ce précurseur de l’Art Nouveau marque les esprits avec une réclame qu’il vient de dessiner –  c’est une première dans l’histoire ! Il faut dire que la maison elle-même est née sous le signe de l’art –  Dom Thierry Ruinart devient, ce qui est assez rare pour l’époque, maître d’Art en 1674, à l’âge de 17 ans. Dès lors les arts de toutes les civilisations, entreront dans l’histoire de la famille Ruinart pour être transmis à chacun, de génération en génération.

Après Mucha, Georgia Russel, Piet Hein Eek, Maarten Baas et Erwin Olaf,  la maison Ruinart fait ainsi le choix de porter son attention sur l’oeuvre de l’artiste Barcelonais Jaume Plensa. Ainsi, Ruinart a une fois de plus laissé « carte blanche » pour « rendre hommage à la Maison, aux cuvées, à l’histoire, au patrimoine ou aux crayères classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO » – cette fois sous l’imagination de Jaume Plensa. Son art, reconnaissable par ses sculptures jouant du rapport entre les mots, les signes et le corps, tend a accepté la matière des lettres, réduites et devenues simplement elles-mêmes, afin de forger de nouvelles silhouettes humaines. Ainsi, pour Ruinart, l’artiste fait naître une sculpture qui rend hommage à celui qui est à l’origine de l’esprit de la Maison : dom Thierry Ruinart.

Ancrée dans le sol comme les vignes le sont, cette créature est constituée d’éléments de langage universels : des signes et des lettres provenant de huit alphabets différents – de l’arabe à l’hindi, en passant par le grec et le latin, alors si cher à dom Thierry Ruinart. En prenant pour matière principale un acier inox poli aux nuances satinées, les lettres enchâssées forment ici une sculpture « humaine », laissant subtilement filtrer la lumière. À la base de la sculpture, il a gravé deux dates : 1729 et 2016. Elles sont comme un code secret, un message crypté qui met en écho la fondation de la Maison Ruinart. Une nouvelle œuvre de Jaume Plensa donc, qui place à l’honneur le champagne iconique de la manufacture : le Blanc de Blancs. C’est ainsi que Ruinart décalque l’oeuvre dans un coffret réalisé en 20 exemplaires, contenant un magnum de Ruinart Blanc de Blancs – un petit bijou réalisé par les ateliers de l’Orfèvrerie d’Anjou ! A découvrir dès à présent.

 

Ruinart et l’Art en Quelques Dates

 

1895 : Le lien entre Ruinart et les arts commence quand Andre Ruinart invite le maitre de l’Art Nouveau Alphonse Mucha à dessiner une affiche publicitaire qui bientôt deviendra un symbole de la maison et de ses bouteilles.

2000s : Ruinart redécouvre son profond lien avec l’art en soutenant un large éventail de salons et événements artistiques dans le monde entier. Il y a les Frieze New YorkThe Salon Art + Design New York, l’Aipad New York, le Dallas Art Fair, le Expo Chicago, l’Art Basel Miami.

2000s : Dans les mêmes années Ruinart soutient plusieurs événements artistiques et salons en Europe, comme Pad ParisArt ParisLa Biennale des antiquaries ParisAsia Now ParisParis PhotoFiac ParisMiArt MilanoArt BrusselsBrussels Gallery WeekendArtMonte-CarloFrieze Art Fair LondonPad London Art + DesignFrieze Masters LondonArt BaselArco MadridLa Biennale di VeneziaUnseen AmsterdamArtgenèveGallery Weekend Berlin.

2002 : Ruinart fait un pas de plus en commençant un certain nombre de collaborations avec des jeunes artistes contemporains. Le premier est le coffret Kotoli par Nendo. Le studio japonais de design crée un nouveau coffret pour de nombreux champagnes Ruinart.

2006 : Les collaborations artistiques continuent avec la cuillère à champagne par India Mahdavi pour la Collection Prestige. L’artiste crée une cuillère très élégante et artistique afin de préserver l’effervescence du champagne en tant que suspendue dans le goulot d’une bouteille de champagne ouverte.

2007 : Gideon Rubin est protagoniste d’une charmante collaboration avec Ruinart à travers une série de portraits consacrés aux grandes figures emblématiques de l’univers Ruinart, aux pères fondateurs et aux personnalités incarnant l’esprit Ruinart.

2008 : Marteen Baas crée un lustre sculpture pour table nommée “Bouquet de Champagne”, dédiée à l’exclusive ligne de champagnes vintage Dom Ruinart Blanc 2002 et Dom Ruinart Rosé 1998.

2010s : Puisque la globalisation avance et le monde de l’art s’étend à de nouvelles nations Ruinart encourage des événements dans des pays exotiques. C’est le cas de Art DubaiArt Basel Hong KongKyotographie and Art Stage Singapore.

2010 : Dessinée pour la cuvée Ruinart Blanc de Blancs, et partie de l’édition 2010 de la Collection prestige Le fil d’Or par Patricia Urquiola, un muselet ou cage de fils, c’est l’hommage contemporain d’une designer talenteux, internationalement reconnue à un objet symbolique dans le monde du champagne.

2012 : Hervé Van Der Straeten crée pour Ruinart le «Miroir», un rafraichissoir en argent entièrement réalisé à la main en édition limitée.

2013 Piet Hein Eek dessine pour la collection Blanc de Blancs un large éventail de caisses individuelles en sapin adaptées à chaque flacon de champagne en ligne avec la tradition inaugurée par Ruinart en 1769.

2014 : Georgia Russell crée pour la collection Blanc de Blancs une série d’ornements incisés et entaillés autour des bouteilles comme hommage aux caves Ruinart.

2015 : Hubert Le Gall lance le projet artistique “Calendrier de Verre”, 12 uniques chefs-d’oeuvre en verre pour rendre hommage à l’histoire de Ruinart et en particulier à la collection Blanc de Blancs.

2016 : Erwin Olaf conclut son long projet dédié à photographier et peindre les traditions de Ruinart, ses lieux emblématiques et ses rituels. Blanc et noir sont les couleurs clefs pour immortaliser la richesse et l’intensité de l’art de produire du champagne. 

2017 : L’artiste catalan Juame Plensa signe une nouvelle édition limitée de 20 coffins Blanc de Blancs qui sont des vraies sculptures plutôt que de simples coffins. Ces vraies pièces d’art sont réalisées en acier inoxydable avec de nuances satinées.

Trois Etudes Pour Une Crucifixion par Francis Bacon

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L’année 1944 est la plus dévastatrice de la Seconde Guerre Mondiale. C’est justement cette année-là que Francis Bacon peint un triptyque effrayant peuplé de créatures anthropomorphes qui se tordent d’angoisse. Titré Trois Etudes de Figures au Pied d’une Crucifixion (1944), l’oeuvre esquisse l’une de ses pièces magistrales à venir. Le motif religieux est pour Bacon une métaphore intarissable : en 1962, il imagine TroisEtudes Pour Une Crucifixion comme un triptyque en contraste avec les grandes oeuvres religieuses. Les trois panneaux sont indépendants ; les scènes ne content pas d’histoire – seule la couleur les lie entre elles ; cet orange-rouge intense, simple et uniforme. Cette œuvre, Francis Bacon l’achève en vue de sa première rétrospective à la Tate Britain de Londres – pour lui, la crucifixion est “une armature magnifique sur laquelle vous pouvez accrocher tous les types de sensation et de sensation.“

“Ce que j’aime le plus faire, ce sont les triptyques, et je pense que cela est peut-être lié au désir de tourner un film que j’ai parfois caressé. La juxtaposition d’images divisées sur trois toiles différentes m’intéresse. À condition de considérer que mon travail est de qualité, j’ai en général l’idée que ce sont peut-être les triptyques qui ont le plus d’importance” affirme-t-il en 1979. Cette œuvre en trois tableaux reprend, à droite, la composition des scènes traditionnelles de l’art chrétien. A gauche, deux hommes se trouvent dans une boucherie, entourés de morceaux de viande. Et c’est au centre que se joue tout le propos du peintre : un lit, où gît un corps comme convulsant de douleurs…

Etendu sur 198,1 x 144,8 cm chacun, c’est au Guggenheim Museum de New York que l’on peut apprécier la splendeur de cette œuvre iconique. Une œuvre qui fera dire à Gilles Deleuze qu’il ne s’agit pas là d’une hystérie du peintre, mais de celle de la peinture. « La peinture est hystérie, ou convertit l’hystérie, parce qu’elle donne à voir la présence directement. Par les couleurs et par les lignes, elle investit l’oeil. Mais l’oeil, elle ne le traite pas comme un organe fixe… » Et d’ajouter : « En libérant les lignes et les couleurs de la représentation, elle libère en même temps l’oeil de son appartenance à l’organisme…Voilà Bacon, sa caractéristique exceptionnelle. »

La Nouvelle Collection d’Intérieure signée Hermès

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Au sein des collections du sellier Parisiens, les papiers peints et tissus d’ameublement tiennent une place particulière – un univers rythmé de couleur, d’éclat et de gourmandise qui laisse l’oeil se balader le long d’un raffinement certain. Parce qu’elle ouvre sur des horizons surprenant, doux et rayonnant, la nouvelle collection d’intérieure de la maison Hermès signe un nouveau langage graphique. Supports privilégiés de la narration, le sellier a confié à l’illustrateur Italien Gianpaolo Pagni la création de cet univers aussi enchanteur qu’élégant. Le tissage est ainsi une alchimie sans cesse réinventée ; fait de coton, laine ou faille de soie, les tissus apportent une touche de légèreté et de liberté. Architecturant l’espace qu’ils investissent, les tissus et papiers invitent ici à jouer de différentes échelles, pour (re)constituer des perspectives singulières.

Côté papiers peints donc, Gianpaolo Pagni a imaginé quatre lignes inédites. ‘Les Carreaux’ reprennent le célèbre dessin de l’univers de enfantin afin d’honorer les jeux de construction. La ligne ‘Milleraies’ est, elle, réalisée à partir d’un unique tampon appliqué en continu, évoquant non sans poésie la patine d’une étoffe côtelée. ‘Mille Jeux Jetons’ reprend les dés, cubes et petits chevaux, sans oublier les boîtes destinées à les ranger… Un papier peint qui se métamorphose alors

en une véritable table de jeu. Mieux, ses couleurs couleurs vives souligne un désordre joyeux. ‘Briques’ signe l’utilisation excessive mais mesurée d’un tampon dessinant un H. Un outil graphique qui se répète là à l’infini pour bâtir comme un mur de briques. Enfin, la composition ‘Les Cabanes Dans’ est l’oeuvre de l’illustrateur Nigel Peake, qui imagine une ribambelle de cabanes colorées…

Les tissus d’ameublement respirent la fantaisie et la magie distillée par la maison Hermès. Pour réaliser ‘Rubans broderie’, Gianpaolo Pagni reprend le mythique point sellier en construisant des rubans à l’aide de deux tampons qu’il associe et applique de façon à former un labyrinthe de lettres… Et comme par magie, toutes ensembles elles donnent à lire le mot ‘Hermès’, en lettres capitales. ‘Clic clac quadrillé’ laisse, elle, deviner la rencontre de deux dessins. Clic clac, de Julie Abadie – un carré de 1979 réduit à son essence – et un quadrillage aux effets tamponnés, de Gianpaolo Pagni. Reproduit ici en bicolore, la finesse de l’écriture du tissu se révèle sur faille de soie… Une collection hautement désirable à découvrir sans plus attendre.

L’Araignée de Louise Bourgeois

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Connue pour son araignée monumentale en acier appelée Maman et exposée de Tokyo à New York en passant par la Tate Modern de Londres, c’est ici une œuvre murale que nous pouvons admirer, comme figée dans son mouvement, projetant son ombre sur les pans blancs du mur qui l’expose. La plasticienne puisa le motif de l’araignée dans la figure de sa mère, réparatrice de tapisseries, qui tissait ainsi sa toile, à laquelle elle ajouta la notion de protection. Mais l’histoire va plus loin : l’enfant qu’était Louise n’a pu supporté le tacite triangle de tromperie qui unissait son père, sa nourrice et sa mère – volontairement aveugle. Qu’importe, Louise Bourgeois voit l’art comme garant de sa santé mentale. Chez l’artiste qu’elle devient, on réifie ses peurs pour les exorciser ; l’angoisse se mue en plaisir.

La « spider-woman » disait ainsi que sa « meilleure amie était [sa] mère et qu’elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable, indispensable, qu’une araignée. Elle pouvait se défendre elle-même. » Une mère qu’elle perdit à l’âge de 21 ans, qui lui inspira son départ vers l’Amérique, point de départ de sa carrière et à laquelle elle rendit hommage au travers de ces araignées, animaux puissants mais fragiles face à l’homme, comme sa mère l’était face à son père.

Untitled de Jean-Michel Basquiat, un Travail à 110 Millions De Dollars.

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Avant d’être peintre, Basquiat est graffeur – sa signature est simple : « SAMO » ou « Same Old Shit ». De cette époque, l’artiste gardera un certain style : tout comme les graffitis se superposent, s’évincent et se piétinent, ses toiles sont composées comme un patchwork. Mais le succès tarde à arriver – il est banni du domicile familial et, pour assurer sa survie, il vend cartes postales et t-shirts sur les trottoirs de sa ville natale, New York. Le soir, il fréquente le Mudd Clud et le Club 57. Là, il rencontre Madonna, Bowie mais c’est le télescopage avec Andy Warhol, auquel il vend l’une de ses cartes postales, qui renverse à jamais son univers. Ses toiles sont alors la rhétorique de son optique : son âme vibre et matérialise la rue et ses éléments; pauvreté, voitures, enfants, tout est samplé, mêlé aux cultures éteintes qui le hantent. Influencé par Dali, Picasso, Warhol ou Goya, Jean Michel Basquiat travaille un désordre qui ne l’est que faussement, superposant écritures, collages, peintures; chargeant le tout d’une allégresse indispensable à ce qu’il vise : la dénonciation du racisme et de l’hyper-consommation.

En 1989, un an après la mort du peintre, Andam Clayton, bassiste de U2, incite le groupe à acquérir Untitled (Pecho/oreja) un imaginaire qui ravit l’homme. Acquise collectivement, la toile accompagne de son aura les séances d’enregistrement au studio de Dublin, trônant aux murs de celui-ci. En 2008, ils s’en séparent, créant un premier événement de plus de 5 millions de livres sterling. Mais voilà qu’en juin dernier, une peinture à l’expressionnisme tardif est devenu l’oeuvre la plus chère jamais vendue aux enchères d’un artiste Américain, atteignant près de 110,5 millions de dollars.  

« Et puis, en plus de cela, le facteur cool et la mythologie » a déclaré Franklin Sirmans, le directeur du Pérez Art Museum Miami, un expert sur Basquiat. « C’est une excellente histoire de réussite qui vient aussi avec beaucoup de tragédies auxquelles les gens peuvent se rapporter et ce que nous cherchons à voir dans nos artistes – nos Kurt Cobains et nos Janis Joplin. » Alchimiste de l’imprévisible, remarquable, fulgurante… Les qualificatifs ne manquent pas quand il s’agit de définir l’œuvre du génie Basquiat. Une œuvre aimant mettre en exergue la culture noire à travers des tableaux où il est question de ségrégation et d’esclavage… Et une chose est certaine, le travail de Basquiat est d’une telle sincérité qu’il transcende à présent la valeur monétaire attribuée à quelconques définitions de l’art.

Avec ses nombreux records , Basquiat règne aujourd’hui sur l’art contemporain . L’oeuvre laissée sans titre talonne de loin White Canoe de Peter Doig par exemple . En 2015  la fondation Louis Vuitton a exposée « Grillo  » une oeuvre de l’artiste  qui traite de l’héritage culturel africain, thème éminemment politique.