Le Mors Gucci

D’une attache au mocassin le plus iconique de l’histoire de la mode, il fallait l’oeil de l’Italien Gucci.

C’est une nouvelle fois dans les attributs équestres que le fils d’Aldo Gucci va piocher la grammaire d’une des pièces les plus éternelles de la maison. Un univers où le style de l’aristocratie Britannique a une nouvelle fois mis le pied à l’étrier, pour la maison Florentine.

L’Histoire Du Mors Gucci

1953, Guccio Gucci disparaît et laisse à son fils, Aldo, le soin de la création de sa maison. Ainsi, Aldo Gucci, féru d’équitation, va faire entrer le mors dans la grammaire déjà riche des codes de la maison Florentine.

Le Mors, Un Code Gucci

Il avait déjà le bambou, le logo GG, la bande web… Voici le mors qui apparait, sur un soulier très plébiscité.

Cet attribut équestre, aidant à guider un cheval, se pose désormais sur le mocassin Gucci. Reproduit par deux anneaux reliés d’une tige horizontale, il devient la signature des connaisseurs, et des élégants en Gucci.

Dès lors, de Fred Astaire, John Wayne, Clark Gable en passant par la haute noblesse Italienne, tout ceux qui comptent pour être des hommes de goût possèdent leur mocassin Gucci.

Des Femmes A L’Icône Pop

Mieux, devant les femmes qui franchissent le pas de la boutique pour l’acheter, Gucci décide de faire mieux. En 1968, la maison en imagine la version féminine.

Adorée pour des silhouettes à la Lauren Bacall, cette pièce sera un véritable succès et ces ‘talons plats‘ feront le confort de ces Belles d’une nouvelle époque. A l’heure où la femme revendique ses droits et emprunte au vestiaire masculin (époque Smoking d’Yves Saint Laurent, aussi), Gucci matérialise une assimilation parfaite de l’apparence physique masculine.

Et c’est en 1985 qu’il entre dans la collection permanente du Metropolitan Museum of Art de New York.

C’est que le mocassin mors de Gucci se prête à toutes les fantaisies… Véritable icône du vestiaire, son allure transcende les générations et les goûts.

Il n’y a qu’à voir l’emploi inspiré qu’en fait désormais Alessandro Michele. Coupé et doublé de fourrure, brodé, en satin, en jacquard, en velours, taggé ou vernis… Rien ne résiste au charme et à la sophistication d’un soulier devenu un classique aussi classique qu’orignal !

Le mocassins mors de cheval en quelques dates
1953 : Gucci lance les légendaires mocassins mors de cheval. Le cuir et le mors de cheval sont références claires à la tradition équestre que ont inspiré Gucci depuis ses origines.
1959 : Alain Delon pose pour une photographie intime avec Romy Schneider en portant les mocassins mors de cheval.
1960 : John Wayne est photographié dans une boutique Gucci en train d’essayer de mocassins mors.
1967 : C’est au tour de Brigitte Bardot de porter les mocassins mors.
1969 : La légendaire Jane Birkin pose avec une paire de mocassins mors qui sont déjà un must aussi pour les femmes.
1970 : Peter Sellers porte les mocassins mors.
1974 : Roger Moore dans le rôle de James Bond porte le mocassins dans le film “L’Homme au pistolet d’or”
1976 – 1977 : Pendant le tournage de “Taxi Driver” Jodie Foster devient une fan des mocassins mors.
1979 : Pour la deuxième fois, Dustin Hoffman en Kramer vs. Kramer, porte les mocassins mors dans les films. La même année Francis Ford Coppola est photographié en portant la chaussure emblématique.
1984 : Le Metropolitan Museum of Art de New York acquiert et exhibe en permanence une paire de mocassins mors Gucci comment symbole emblématique de l’art et du design du XX siècle.
1989 :Matt Dillon porte encore dans le films les mocassins mors avec Drugstore Cowboy.
1999 : Malgré la révolution générale introduite chez Gucci, Tom Ford donne aux nouveaux mocassins mors juste une touche plus moderne: nouvelles peauxmatériaux ou un design révolutionnaire.
1990s – 2000s : Le moccasin mors de Gucci est protagoniste dans les films: de The talented Mr. Ripley à Fight Club, Wall Street, Wolf of Wall street et Frost/Nixon.
2010s : Nouveau millénium, nouvelles célébrités. Mais le moccasin mors de Gucci est encore là. Les célébrités les adorent. Pour n’en nommer que quelques-uns, James Franco, qui est aussi égérie de Gucci, et Bruno Mars.
2011 : Pour le 90e anniversaire de Gucci Frida Giannini lance la collection “Firenze 1921” qui inclut une édition limitée des mocassins mors.
2013 : Pour célébrer le 60e anniversaire de ces chaussures emblématiques Frida Giannini donne nouvelle vie aux mocassins mors en lançant la  « collection 1953”, avec une variété de peaux exotiques et de couleurs brillants.
2013 : Pour la campagne publicitaire Forever Now Charlotte Casiraghi porte une paire de mocassins mors.
2015 – 2016 : La révolution souhaitée arrive avec Alessandro Michele. Les mocassins mors rencontrent les trends du streetwear et les chaussures commencent à montrer tigrespeaux de serpent, travailles de broderie, fourrures, ou une forme de pantoufles.

Le Jackie O. De Gucci, Le Sac De L’Elegance 60’s

Il s’appelait Constance, jusqu’à l’intervention divinement mode de Jackie O.

Jackie O Et La Maison Gucci

1958. La maison Gucci édite un sac fait pour s’encastrer avec grâce sous l’épaule. Unisexe et coupé dans un cuir malléable — il s’appelle le Constance. Et il a clairement tout de la grammaire Gucci: bande vert-rouge-vert, le double G de Guccio Gucci , et la toile Diamantissima.

L’Histoire Du Sac Jackie

A la fois glamour et pratique, nomade et élégante, la pièce plait mais ne parvient à provoquer ce fameux désir souverain. Enfin, jusqu’à ce jour de 1964 où une certaine Jackie O. pousse la porte d’une boutique Gucci.
La première dame la plus mode de la galaxie tombe sous son charme — elle fait l’acquisition non pas de deux ou trois modèles. Jackie O. ressort de la boutique avec six sacs Constance!

Très vite, il est de toutes ses sorties. Des rues de New York en passant par ses idylles à Capri, le sac Gucci complète son allure déjà fortement marquée par ce chic quasi désinvolte.

L’air de rien, Jackie O. vient en fait de faire entrer un sac dans la légende. Cette même année, Gucci lui rend hommage et renomme le sac Jackie.

Dès lors, nombre de personnalités emboîtent le pas de la first lady. Hommes ou femmes, Britt Ekland ou Peter Sellers, Samuel Beckett ou Barbra Streisand. Tous sont photographiés le sac Jackie à l’épaule!

Le Sac Jackie Gucci, L’Occasion De L’Allure

Et l’arrivée d’un Tom Ford à la tête de la création Gucci en 1998 ne change rien à l’aura de l’icône — le texan le revampe, les ventes explosent! Des matières et couleurs explosives embrasent fougueusement les clés de la grammaire Gucci.

En 2009, c’est au tour de Frida Giannini de le réinventer. Elle l’agrandit, y ajoute des pompoms et, jouant avec la matière fétiche de Guccio, aka le bambou, scelle sa fermeture d’un fermoir bambou. Terriblement chic!

Le tourbillon Alessandro Michele ne fait qu’ajouter à l’attrait du Jackie. Jouant avec un charme fou de la grammaire Gucci, le génie Michele y ajoute des têtes de tigres, des papillons, joue de la paille et d’ornements miroirs…

Jusqu’à confondre le Jackie avec les traits propres au sac Dionysus. Oui, c’est dans ces fulgurances d’extrême créativité que l’on reconnait les vraies icônes de la mode — celles capables d’épouser leur époque avec chic et détachement. Très Jackie finalement.

Quand L’Art Concourt à L’Histoire Du Luxe Et De La Mode

Les incursions de l’art dans le story-telling des icônes du luxe et de la mode ont tout de la prophétie d’Andy Warhol… D’Alessandro Michele à David Lynch en passant par Cindy Sherman pour Comme Des Garçons — passage en revue des histoires les plus abouties!

En 1977, dans The Philosophy of Andy Warhol (From A to B  and  Back Again), Warhol prophétisait: « Tous les musées deviendront des grands magasins et tous les grands magasins deviendront des musées. » Si la fusion n’a pas encore tout à fait eu lieu, il n’en reste pas moins que les directeurs artistiques des grandes maisons en appellent de plus en plus à l’art pour conter efficacement l’histoire de leur icône. Et celui qui tient aujourd’hui le haut du panier n’est autre qu’Alessandro Michele, pour la maison Gucci. En poste depuis 2015, l’Italien n’a eu de cesse de pousser la fusion de l’art et de la mode. Il a guccifié l’art tout en faisant de Gucci une maison bien plus arty. Son oeuvre la plus récente? Les Gucci Art Wall. Des fresques à tendance street art réparties dans les plus grandes capitales du monde. L’idée? Faire sortir les campagnes publicitaires des magazines, de la même façon que le street art est parvenu à extraire l’art des seules galleries!

En 2018 toujours, il injecte un nouveau sens à l’imaginaire de la maison Romaine — l’idée? Extraire des plus grands tableaux de l’histoire la composition des campagnes Gucci. En vedette, toujours, les codes et pièces iconiques de la maison. Jérôme Bosch, John Everett Millais ou encore Jan Van Eyck servent désormais la vison loufoque mais géniale de Michele pour Gucci. La web vert-rouge-vert, le sac bambou. Il ne manque rien! Avant lui déjà, en 2013, Dior reprenait le Déjeuner Sur L’Herbe de Manet pour mettre en vedette l’icône Lady Dior dans une veine un brin plus mystique. Ce même Déjeuner Sur L’Herbe qui, en 1998, inspirait le plus artiste des couturiers: Yves Saint Laurent. Une campagne capturée par Mario Sorrenti où Kate Moss, vêtue du mythique smoking, renverse l’équilibre de Manet. Elle est habillée, ses prétendants, eux, complètement dévêtus! Une façon inspirée et subtile d’attester de l’esprit féministe et libérateur de l’icône Yves Saint Laurent!

En 2007, lorsque David Lynch et Christian Louboutin collaborent à une campagne, c’est aussi pour mieux souligner l’aspect reliquaire et fétichiste de la semelle rouge! Une chaussure iconique, certes, mais surtout une chaussure qui déclenche toutes sortes de désirs! Possession ou fantasme, la vison de Lynch et Louboutin se développait ensuite autour d’une exposition. De quoi renforcer l’image sacro-sainte d’une icône bien de notre temps.

Dans une veine un brin plus révolutionnaire, Comme Des Garçons s’associait en 1994 à Cindy Sherman. Combinant, là encore, l’ADN anti-déjà vu de Rei Kawakubo à l’imagerie anti-mass media de Cindy Sherman. Une rencontre au sommet pour une campagne non moins iconique! Autre campagne venue défier les normes de la mode — celle de Kenzo qui, en 2013, invitait Maurizio Cattelan à combiner sa vision espiègle à l’esprit funky et empreint de surréalisme de la maison Kenzo…

Enfin, c’est en 2016 qu’Hermès aboutit à l’une des incursions artistiques les plus explicites. Dans son magasin de Tokyo, la maison conviait l’artiste Tokujin Yoshioka à réaliser une installation des plus poétiques. De chaque côté de l’iconique carré Hermès, la vidéo d’une femme qui, en soufflant, fait s’envoler le carré avec une légèreté ahurissante. Une façon de renforcer l‘image aérienne, légère et multiple du mythique bout de soie! Et puisque le sujet est d’actualité, le Musée des Arts Décoratifs de Paris inaugurera, le 4 Mai 2020, une exposition baptisée: L’Art Dans La Pub. De quoi faire réfléchir!

Le Mors Gucci Imprime la Jupe Vedette du Printemps/Eté 2019

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« Je ne voulais pas aller au Louvre. J’ai choisi un petit théâtre qui était le symbole d’une autre scène qui ne représente pas la grandeur de la France. J’ai choisi un endroit où des choses plus ordinaires se sont produites. Où vous pouviez rencontrer de nouveaux amants et passer des nuits interminables. » Alessandro Michele faisait ainsi défiler sa collection Printemps/Eté 2019 au coeur du mythique Palace — club de tous les possibles. Prince y donna son premier concert Parisien ; Roland Barthes y analysait l’époque ; Yves Saint Laurent y habillait Grace Jones… Cette fois, c’est l’univers Gucci qui prenait d’assaut le club depuis devenu un théâtre — et la collection était à la hauteur de la légende. 

 

Inspirée par l’oeuvre de deux figures phares du théâtre expérimental italien des 70’s, Leo de Berardinis et Perla Peragallo, la collection distillait ainsi l’obsession de Michele pour l’exagération, pour le détournement. Exit les conventions, le directeur artistique de la création Gucci faisait la part belle à une néo-bourgeoise aussi géniale que savante ! Et pour l’habiller, le designer pense une refonte des codes bourgeois. Dans un rouge explosif, la jupe vedette du Printemps/Eté 2019 habille la femme Gucci dans une longueur somme toute très convenue. Mais c’est du mythique mors qu’est recouverte la dite-pièce ! 

 

Le mors incarne la passion pour l’univers équestre d’un certain Guccio, mais aussi et surtout son ambition de recomposer le style à l’italienne. En référençant ici la signature phare du Gucci époque-fondateur, Michele se place dans la droite ligne de son ambition. Le designer aussi recompose la définition de l’élégance, l’essence même du style italien — un style libéré de l’académisme, où les imprimés s’octroient le droit d’adopter le graphisme d’un élément tel que le mors. Et une fois apposé sur une jupe onctueuse, il n’est rien qui peut faire douter de l’élégance d’un imprimé éminemment singulier !  

La Robe Flora Gucci Se Joue du Genre pour le Printemps/Eté 2019

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Depuis novembre 2014 qu’il est à la tête de la création de la maison Gucci, Alessandro Michele n’a cessé de repositionner la maison à l’avant-garde d‘une époque empreinte de pragmatisme. Loin des poncifs d’un Gucci sexy et sulfureux, Michele a su développer une ligne comme une mode toute en exubérance, luxe et résonance avec son époque ! De cette rencontre entre l’ancien et le futur de Gucci, l’actuel directeur artistique présentait cette semaine à Paris une collection Printemps/Eté 2019 chargée d’une vision survoltée de l’héritage florentin. En vedette : la Robe Flora Gucci se joue du genre ! 

 

Oui, peu de designers peuvent se targuer d’initier les questions de société avec autant d’adresse et de talents qu’Alessandro Michele. Ainsi, l’imprimé mythique de la maison Gucci — imprimé imaginé au siècle dernier comme un hymne à la nature féminine de la Princesse Grace Kelly — se retrouve cette fois sur une robe saillante toute en fluidité. Le Flora, motif pareil à une floraison éternelle composé dans un kaléidoscope de couleurs éblouissantes, ne perd rien de sa superbe. Mieux, la nature dans toute son élégance habille cette fois non pas la femme mais l’homme Gucci du Printemps/Eté 2019. 

 

Embrassant ainsi avec un enthousiasme certain la difficulté d’aborder le genre, le designer parvient à éviter l’écueil du grotesque et, avec la maîtrise de son sujet, glisse un homme dans une pièce éminemment désirable. La palette florale multicolore et envoûtante du Flora vient ainsi habiller la silhouette entre tradition et modernité — un geste remarquable qui n’échappa aux stars présentes pour l’occasion. Agnès Varda, Salma Hayek, Jared Leto, Lou Doillon, Clara Luciani, Maurizio Cattelan, Demna Gvasalia et les autres n’ont pas hésité à capturer cet instant tant le geste était fort et réussi. Une féerie certes prosaïque, mais une féérie tout de même ! 

Le Sac Bourse Gucci du Printemps/Eté 2019, Monogramme et Bande Vert-Rouge-Vert

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Si Gucci a longtemps été une histoire de sacs à mains, la nouvelle vision comme développée par Alessandro Michele joue des codes pour aboutir à nombre d’objets du désir. Au sein de la collection Printemps/Eté 2019 qui défilait cette semaine à Paris, c’est bien toute l’iconographie Gucci qui prenait vie sur des silhouettes aussi exquises qu’alambiquées. Et devant le par-terre de stars et de VIP qui occupait les sièges du Palace, un sac boule retenait une attention toute particulière. 

Agnès Varda, Jared Leto, Lou Doillon, Jorja Smith, Maurizio Cattelan ou encore Demna Gvasalia… Le public présent au défilé Gucci portait avec lui beaucoup d’avant-garde. Ainsi la silhouette 81 présentait un sac à la hauteur de cette prétention — une pièce aux lignes souples et aux finis froncés mettant en vedette les codes iconiques de la maison Gucci. Un monogramme recouvert de la mythique bande vert-rouge-vert ; de quoi en faire la bourse idéale de la saison à venir ! 

Le monogramme Gucci Habille un Sequin Suit pour le Printemps/Eté 2019

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Après avoir dédié la campagne Pre-Fall aux évènements de Mai 68 ; après avoir littéralement enflammé la ville d’Arles, Alessandro Michele importe cette fois l’univers Gucci au coeur du Palace. Le théâtre, ancien club figurant comme le haut lieu des nuits parisiennes, fut un temps l’endroit où designers, couturiers, artistes, mannequins, chanteurs et autres aficionados de l’hédonisme se retrouvaient, se côtoyaient, collaboraient et parfois même s’aimaient… Cette fois, Alessandro Michele l’a choisi pour clore sa ‘French Trilogy’ — la présentation de la collection Printemps/Eté 2019 fut l’occasion d’une ode à ces nuits où l’impossible devint la norme ! 

 

Sur un suit des plus classiques, l’actuel directeur artistique de Gucci rebrodait ainsi une ribambelle de sequins comme autant d’éléments composant cette tenue très grand soir ! Une allure de fantasque-nanti où le beige et le vert emblématiques de Gucci venaient servir une pièce recouverte du mythique monogramme — ce double G aux initiales du fondateur Guccio Gucci… Un costume hautement désirable que l’on imagine si facilement porté par l’une des stars de plus en plus affiliée à l’univers Gucci, l’acteur Jared Leto ! 

Le Pantalon Monogram Gucci Croisière 2019

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La promenade des Alyscamps, nécropole antique datant du IV siècle avant J.C, accompagnait cette semaine un défilé-fleuve – Alessandro Michele envoyait en effet sur le podium 114 looks comme autant de réflexions autour de la gamme Gucci. Vertigineuses et éblouissantes, les toilettes prenaient ici leur inspiration dans le répertoire catholique, mais aussi et surtout dans l’héritage de la maison Florentine. Avec toute l’adresse qu’on lui reconnaît aujourd’hui, l’actuel directeur artistique de Gucci est une nouvelle fois parvenu à faire conjuguer désirs millennial et grandiloquence d’une autre époque.

Dans cette partition Croisière 2019, Michele réaffirme le monogram Gucci – un symbole éternel d’innovation. Ce canevas au double G, devenu signature de plaisir et de luxe, instantanément reconnaissable, se pose aujourd’hui sur un pantalon feu de plancher. Sur une pièce unisexe et ultra-désirable, le logo Gucci n’impose rien d’autre qu’une intensité incroyable ! Et si le monogram est né au siècle dernier de la rencontre des différents totems Gucci – le mors et l’étrier, le tout harmonisé autour du mythique Double-G – le voilà aujourd’hui élément clé d’une mode puissante et fantasmée…

 

La Robe Monastique Imprimée du Flora Gucci Croisière 2019

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Avec la main d’un alchimiste, transformant le très beau et l’étrange en des pièces aussi sublimes que faciles, Alessandro Michele a une nouvelle fois démontré toute la puissance de sa vision. A l’heure d’une mode plus pragmatique que belle, les créations de l’actuel directeur artistique de Gucci font figures de proue – et c’est à Arles, au cœur de la promenade des Alyscamps qu’il faisait défiler sa Collection Croisière 2019. Référencée dans l’Inferno de Dante, la nécropole est surtout devenue le lieu des plus folles excursions de Paul Gauguin et Vincent van Gogh…

« J’aime les choses qui ressemblent à d’autres, mais qui ne le sont pas » souligne Alessandro Michele. Et il est vrai que l’une des pièces vedettes de sa collection Croisière fait se rencontrer lignes monastiques et héritage clé de la maison Florentine. « L’inspiration est un ossuaire, les cryptes des cardinaux et des moines du XVe siècle, et les précieuses décorations. Cette idée est que tout ce qui est lié à l’au-delà s’accompagne de quelque chose d’une beauté maximale » précisait-il encore.

Une robe monastique donc, où, comme un hymne dédié à la nature, le mythique motif Flora s’applique sur d’une pièce du culte religieux. Pulsée de références historiques, la robe distille ainsi l’aura de l’icône qui, au siècle dernier, inspira cette palette florale multicolore et envoûtante ! Grace Kelly, Rodolfo Gucci et Vittorio Accornero travaillaient ainsi l’art de la fleur entre tradition et modernité… Aujourd’hui, Alessandro Michele ravive tout son intérêt pour une génération d’élégants outrageusement singuliers !

 

Le Défilé Croisière 2019 de Gucci

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« L’inspiration est un ossuaire, les cryptes des cardinaux et des moines du XVème siècle, et les précieuses décorations. Cette idée est que tout ce qui est lié à l’au-delà, qui s’accompagne de quelque chose d’une beauté maximale. » A la tête des collections Gucci depuis 2015, Alessandro Michele n’a cessé de développer sa vision d’une mode maximaliste, hautement référencée et éminemment désirable. Cette semaine, à Arles, c’est une nécropole romaine datant du IVe siècle avant J.C qui servit de théâtre au statement Gucci.

114 silhouettes, et autant de toilettes mettant à l’honneur les codes, l’ADN même de Gucci. Il y a avait ainsi le mythique tailleur ici piqué de la non moins iconique bande vert-rouge-vert. Au détour d’un brasier, surgissaient d’autres silhouettes décorées de coiffe christique, de boucles d’oreilles scarabées et autres éléments devenus la grammaire contemporaine de la maison Florentine. Sur la BO du Dracula de Coppola, puis le Requiem for my friend de Zbigniew Preisner, les individus Gucci paradaient dans une apathie toute religieuse – sur leur vêtement, les références mêlaient pèle-mêle fleurs et rayures, flower power et aura gothique, logo Gucci et éléments Flora !

« Quand nous nous parlons, j’ai l’impression de parler à mon petit frère. Nous sommes vraiment attirés par les mêmes choses. Nous avons les mêmes goûts, les mêmes passions » déclarait Christian Lacroix en marge du défilé. Et il est vrai que le parterre de VIP présents pour l’occasion n’a pu être que subjuguer par une mode si éloquente. Valeria Golino, Salma Hayek, Lou Doillon et A$AP Rocky – tous était là pour applaudir une collection hautement réussie, et un after-show orchestré par Elton John !