Le Tailleur Bar Collection Croisière de Dior

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« New-York m’est devenu presque aussi familier que Paris », écrivait Christian Dior en 1957 dans son autobiographie Christian Dior & moi. Il faut dire que le couturier a entretenu une relation de longue date avec les Etats-Unis. Aujourd’hui, sous les doigts de Maria Grazia Chiuri, le New-Look qui fit sa renommée Outre-Manche se profile sous un nouveau jour. Les volumes se resserrent et la silhouette s’affûte pour offrir cette saison une allure graphique et impertinente. Dans une démonstration de coupe virtuose, la veste Bar voit sa taille remonter d’un cran tandis que s’adoucissent ses lignes : la veste s’achève dans une pointe foulard. Le New Look se redessine ainsi dans des matières diaphanes et des coupes plissées.

L’ampleur de la jupe taille haute est maîtrisée ; les matières sont inédites. Pour ­restructurer la ligne près du corps, Maria Grazia Chiuri décline le Tailleur Bar dans une laine technique japonaise, proche du Néoprène, couleur noir charbon. « Les plis plats donnent une allure urbaine des plus sophistiquées » explique-t-il. Au final, Maria Grazia Chiuri architecture pour Dior l’allure d’une femme moderne et respectée. Une veste Bar profilée qui, quand elle s’ancre dans une mode sensuelle et déstructurée, devient le plus bel hommage à l’esprit résolument contemporain de Christian Dior.

Le Tailleur Bar Printemps 2013 de Dior

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Le 12 février 1947, Christian Dior expose sa toute première collection Printemps-Eté, ligne Corolle et En huit, dans sa maison de couture, avenue Montaigne. Immédiat et éclatant, le succès est tel que Carmel Snow, la rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, s’exclame : « Dear Christian, your dresses have such a new look ! ». Une expression éponyme devenant aussi iconique que le style qu’elle décrit.

Suivant la graphie du chiffre 8, la silhouette se présente tel un calligramme composé de nouveaux codes et dessinant la femme Christian Dior. La taille est étranglée, les épaules s’arrondissent et s’adoucissent, créant une sereine harmonie. La jupe, déployant la forme d’une corolle, est plissée et allongée jusqu’à mi-mollet : un volume, une technique et une longueur qui exigent un métrage considérable pour sa confection. Les basques sont rembourrées et se décollent des hanches, renforçant la délicatesse de la taille. Le couturier explique sa démarche créative : « Nous sortions à peine d’une époque démunie, parcimonieuse, obsédée par les tickets et les points-textile. Mon rêve prenait donc naturellement la forme d’une réaction contre cette pauvreté. […] Nous sortions d’une époque de guerre, d’uniformes, de femmes-soldats aux carrures de boxeurs. Je dessinais des femmes-fleurs, épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme lianes et jupes larges comme corolles ».

Une apostrophe à l’efflorescence et à la floraison que Raf Simons réinvestit cette année. Dans sa dernière collection Printemps-été 2013, le tailleur-bar est retrouvé. La veste au col croisé se décolle éternellement des hanches, la jupe arbore toujours le plissé. Le jeu sur les longueurs est frappant. La basque est géométrisée et allongée, métamorphosant la veste en une courte « robe-manteau » : des poches à rabat peuvent ainsi être rajoutées. La jupe quant à elle est raccourcie, simulant presque le fond de robe, à peine visible sous la veste-tailleur. Minimalisme et inversion des codes cassent ainsi l’élégance traditionnelle afin d’en dessiner une nouvelle. Les formes sont simplifiées, fluides, et habillées de noir. Un noeud souple et imposant, paraphe de Dior, parfait le dos de la tenue. Epure et composition chimérique s’allient savamment pour nous offrir la nouvelle fraîcheur florale et dioresque du tailleur-bar.