Le Par-dessus Mystérieux Fun Fur de Fendi pour l’Automne/Hiver 2018

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À Milan, la maison Fendi présentait sa collection Automne/Hiver 2018 comme l’introduction d’un « uniforme romantique pour une femme du monde » pour reprendre la définition de Karl Lagerfeld. Et il est vrai que les silhouettes du défilé distillaient une certaine élégance mêlée d’éléments très power-suit. Pour Silvia Venturini Fendi, le vestiaire de la saison prochaine est celui d’une femme « qui a de plus en plus de poids dans la société, qui peut se jouer des codes masculins et assumer le pouvoir. » Mais en lieu et place d’épaules surdimensionnées, le duo à la tête de la création a préféré donner à la femme des pièces à forte sensualité. 

Parmi les silhouettes ayant défilé la semaine passée, le Par-dessus Mystérieux Fun Fur illustre l’équation Fendi de la prochaine saison. Dans cette silhouette oscillant subtilement entre les années 40 et l’esthétique des années 80, le par-dessus s’habille d’épaules structurées, carrées « comme pour donner des super-pouvoirs à cette Femme Fendi » explique Silvia Fendi. La taille marquée et la profondeur de ce bleu soulignent un peu plus la volonté de célébrer une femme cérébrale mais non privée de romantisme. D’ailleurs, le mouchoir brodé qui accompagne le Par-dessus Mystérieux Fun Fur indique tout le contraire…  

Ce mouchoir symbolise ou plutôt reprend « cet objet que les femmes d’autrefois brodaient à la main de leurs initiales et donnaient à l’homme qui partait en guerre devient un élément d’habillement certes romantique mais aussi de prise de pouvoir : cette femme-là ne reste pas à la maison à broder, elle est dans la vie, dans la rue, la tête haute » indique Silvia Fendi. Et il est vrai que parée de telles pièces, la femme Fendi ne peut que conquérir le monde ! 

Fendi Baguette Collection Printemps-été 2013

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La maison romaine Fendi réorchestre son chef d’oeuvre Baguette pour la collection printemps-été 2013. Chef d’oeuvre créé en 1997, le sac Baguette porte en lui l’étiquette Fendi : anti-conventionnel, à une époque où les sacs se font fonctionnels. Aux côtés du Jackie chez Gucci, du Birkin Hermès, ce contenant mou, sans armature, à la silhouette minimale, à la anse si petite qu’elle encapsule le sac sous l’épaule, détonne. Né du facétieux esprit de Silvia Fendi, il est naturellement  baptisé Baguette car, comme la baguette de pain du parisien, il a la même prise en main. Dès son arrivée en boutique, il est devenu l’accessoire à avoir. Les éditions se multiplient, toutes plus baroques et imaginatives. 

Le Baguette a ouvert l’ère des it-bags et, en 2013, il fait peau neuve, sous les mêmes caractéristiques. Sur la dernière campagne shootée par Karl Lagarfeld, on le retrouve porté par Kati Nescher et Saskia de Brauw, à Saint Tropez. Sur un fond noir entaillé, fendu, la campagne se mue en un triptyque. Au centre, ce qu’occulte les ténèbres : une mer, plate et solaire. De chaque côté, les couleurs vives et justes des vêtements annoncent un printemps aux teintures tendres où les femmes s’insèrent dans des tenues faussement allurées. On y retrouve les sirènes Fendi : robes graphiques aux sigles colorés, méditant un classicisme à l’italienne où la superposition est le maître mot.

A l’image du Baguette, la collection est un savant mélange que sous-tend une désobéissance avisée : agité, raisonnable, sans fausse note, le vêtement est une performance Fendi.