Les Perles Et La Croix Byzantine, Codes Iconiques Des Bijoux Chanel

Si les perles et les manchettes croix de Malte sont indissociables de l’allure de Coco Chanel, elles sont aussi devenues des incontournables de la joaillerie de la maison.

Les Perles Chanel, Indémodable Élégance

C’est en découvrant la peinture de la Renaissance Italienne, et particulièrement un portrait de cour peint par Véronèse que Gabrielle Chanel tombe en émoi devant le pouvoir des perles blanches. Aujourd’hui devenus indissociable de son image, les rangs de perles furent à Coco ce que les lunettes et le col haut sont à Karl Lagerfeld. Ce portrait de Man Ray est entré dans l’imaginaire collectif comme le portrait de Mademoiselle.

« Je ne pouvais porter mes propres perles sans que l’on m’apostrophe dans la rue, alors j’ai lancé la tendance en portant des fausses. » Avec la formulation qu’on lui connait, Coco Chanel explique ainsi comment elle a choisi de mêler vraies et fausses perles dans son sautoir devenu légendaire. Et il faut dire que ses perles, Gabrielle Chanel en a fait plus qu’un accessoire.

« Ma peau noire de bohémienne où mes dents et mes perles mettent leur double blancheur. » Paul Morand, dans L’allure de Chanel, révèle la citation — si Chanel arbore ses perles jours et nuits, c’est qu’elle y voit un accessoire efficace pour souligner son sourire.

Composées en très long sautoir, les perles à la Chanel soulignaient aussi la silhouette longiligne des années folles… Mais composées en sages rangs de perles, plus courts, elles habillent dans les années cinquante le raffinement de Jacky Kennedy ou Grace Kelly.

Mais dans l’allure à la Chanel, les perles sont surtout là pour servir la composition des silhouettes. Coco Chanel aimait les contraires et à cela, juxtaposer les perles à des lignes strictes et graphiques, souvent teintes en noir, relevait du chic absolu.

Un chic que capture l’anecdote de son ami Georges Auric : « Chanel s’est mise tout à coup à danser le charleston sur un rythme frénétique. Son fabuleux collier tournoyait autour d’elle, elle était toute à la danse, et soudain… crac ! Le collier s’est cassé ! Il y eut un moment de silence, d’arrêt total, puis tout le monde s’est jeté à terre pour chercher les perles de Coco… C’était extraordinaire de voir tous ces messieurs très élégants se traîner sur les genoux pour regarder sous les meubles et sous les tapis. Je me suis d’ailleurs toujours demandé si personne n’avait mis une ou deux perles dans sa poche… Seule Coco est restée sereine, calme, comme si rien de ce qui se passait ne la concernait… »

Et c’est bien ce panache que distille aujourd’hui encore l’utilisation des perles dans les collections joaillières de la maison. Chanel, c’est une attitude — une attitude qui se comprend mieux dans ces paroles de Chanel: « Allez chercher toutes mes perles, je ne monterai aux ateliers que lorsque le les aurai au cou, car je tiens à faire honneur à mes ouvrières. » A la fin de sa vie, dans sa chambre du Ritz, Gabrielle ne garde avec elle que trois tailleurs beiges, et ses perles.

Ainsi donc, les collections joaillières célèbrent les perles pour revisiter l’ADN de la maison. Depuis son lancement en 1993, Chanel Joaillerie a présenté nombre de visions aussi éclairées qu’épatantes — les perles tantôt associées à l’or et au diamant, déploient les grands motifs d’inspiration de Chanel.

Perles Akoya avec leur teintes nuancées, perles de Tahiti et leur noir profond — la palette noire et blanche a de quoi séduire la maison Cambon. Et c’est en cela que la collection Les Perles de Chanel vise à magnifier cet héritage.

Un héritage grandiose mais élégant qui se distille aussi dans l’utilisation des perles comme élément clé du design des vitrines et magasins Chanel à travers le monde. Dernier haut lieu en date, celui de Courchevel et son sautoir de perles monumental.

La Croix De Malte, Byzance Et Chanel

Autre bijou devenu synonyme de l’allure Chanel, la croix de malte est l’épitomé du style Coco Chanel. Un bracelet manchette signé d’une croix byzantine, chargé de pierres précieuses et colorées, il est l’oeuvre du joaillier Falco Di Verdura pour Coco, à la fin des années 20.

Peu de temps après, lors de sa visite à Venise dans les années 1930 en compagnie du couple José-Maria et Misia Sert, Chanel comprend le lien esthétique qui la lie à l’Orient… « Pourquoi est-ce que tout ce que je fais devient byzantin? »

Devenu un motif iconique des créations joaillières, la croix Byzantine est, dès 1953, entrée dans le répertoire de la maison Goossens. C’est à cette époque que Chanel, subjuguée par son savoir-faire inspiré de l’Antiquité, de Byzance et de l’Egypte, confie à Robert Goossens le rôle de fournisseur attitré de la maison Chanel.

Appartenant depuis 2005 aux Métiers d’Art Chanel, la maison Goossens assure ainsi la continuité de l’inspiration première de la couturière. Des pièces exceptionnelles, tout simplement.