Les Défilés Louis Vuitton et leurs Scénographies Emblématiques

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Si Louis Vuitton est considéré comme sa majesté malletier depuis le XIXe siècle, il faut attendre le 21 siècle pour voir toute la magie et le savoir-faire de la griffe s’imprégner sur des pièces de prêt-à-porter. C’est en effet l’arrivée de l’américain Marc Jacobs en 1997 qui initie et compose le premier vestiaire féminin de la maison – il a alors carte blanche pour définir l’image de la femme Vuitton. Vogue capte très vite l’essence qu’il donne à sa première collection aux tons neutres, minimaliste à souhait, où les brindilles n’arborent aucun sac ; Marc Jacobs esquisse ici un style “avec le désir de mettre en avant une jeunesse décontractée, mais chic, et libérée des codes en vigueur.” Mais les débuts sont timides et les défilés aussi. La formule est classique, le podium sans grand caractère. Il faut attendre le défilé Printemps/Eté 2008 pour qu’éclate au grand jour toute la créativité du designer… Les Daft Punk à la composition de la bande son, et des modèles habillées en infirmière imposent définitivement le nom Louis Vuitton dans le prêt-à-porter.  Marc Jacobs est lui-même métamorphosé : plus sûr de lui, il introduit une nouvelle féminité dans ce qui commence à être un défilé mise en scène.

Dès 2011, la cour carrée du Louvre devient le terrain d’expérimentation des fantaisies de Marc Jacobs. Sous couvert de l’héritage fantastique du malletier, voilà que le designer signe une ribambelle de défilés spectacle aux allures de superproduction – ambiance cabaret et « tigres » sur le podium en 2011… Les suivants se déroulent dans un décor à l’atmosphère décadente, très années folles tout emprunt de référence Asiatique. Et les silhouettes se montrent sous un nouveau jour. « Pour moi, un défilé sert surtout à donner une certaine aura, un certain prestige à la marque… » affirme-t-il. « Un peu funk, un peu trash, un peu chic » des mots mêmes du directeur artistique, les défilés Louis Vuitton deviennent des évènements immanquables – il faut dire que tout y est suggestif et suggéré ; difficile de cerner là où Marc Jacobs veut emporter son public. Une chose est certaine, il y a beaucoup de mystère dans ces mises en scènes spectaculaires. Louis Vuitton devient une machine à rêves. Pour l’hiver 2011, le designer métamorphose la cour carrée du Musée du Louvre en hall d’hôtel d’un autre temps, où des ascenseurs à claire-voie délivrent nombres de personnages. Clou du spectacle : une Kate Moss en espionne fumant sur le catwalk.

            En 2013, le défilé Printemps/Eté donne l’occasion de s’associer avec Daniel Buren pour réinventer l’iconique motif damier. Mais s’il faut retenir un seul de tous les défilés Marc Jacobs pour Louis Vuitton, c’est bel et bien celui de l’Automne/ Hiver 2012 qui reste dans les annales. On parle de huit millions de dollars de budget – la raison ? Une gare d’antan reconstituée dans la cour carrée du Louvre, une horloge antique signée Louis Vuitton, une grille coulisse et soudain, dans un halo de fumée, c’est une véritable locomotive bleu style 1900 qui siffle et annonce son entrée en gare. Le train « a été fabriqué rien que pour nous » confie alors Marc Jacobs, « nous avons commencé à travailler sur son design il y a cinq mois ».  Depuis son arrivée à la tête de la création, Nicolas Ghesquière renoue, lui, littéralement avec l’idée de voyage puisque c’est aux quatre coins du monde qu’il emporte son public. Rio de Janeiro, la place du Palais de Monaco, Palm Springs, Niterói, et plus récemment Kyoto

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