Leopard Et Pied-De-Poule, Motifs Iconiques De Dior

Des imprimés présents depuis la création de la maison qui, une fois encore, ont révolutionné la mode.

Le Léopard, Mitzah Bricard Et La Femme Dior

Si le léopard apparait aujourd’hui anodin, il fut longtemps considéré comme vulgaire et inadéquat. Mais ça, c’était avant. Avant Dior exactement. L’homme derrière la révolution du New Look fut aussi à l’origine du renversement de la valeur accordée au motif léopard. Dès les débuts de la maison, le léopard fait partie de la grammaire Dior.

Et ces origines, on peut aisément les faire remonter à 1947. Car lors de son défilé évènement, Christian Dior déjà introduit deux silhouettes en léopard. Un fourreau baptisé ‘Jungle’ et une robe du soir nommée‘Afrique’. Expression de grâce féline, l’imprimé trouve un écho un brin particulier dans la création Dior. Monsieur le doit en effet à sa muse, Mitzah Bricard.

Rencontrée à son arrivée à Paris, Mitzah Bricard devient rapidement une muse et un amie pour Christian Dior. Son style? Lèvres carmin, manteau ou foulard léopard. On raconte qu’elle avait pris pour habitude de nouer une mousseline en panthère à son poignet, afin d’en cacher une cicatrice… « Le foulard est à la femme ce que la cravate est à l’homme, et la manière de le nouer exprime votre personnalité » écrivait Christian Dior dans son Petit Dictionnaire de la mode.

En charge des collections de chapeaux pour Dior, elle est celle qui imagine l’iconique chapeau léopard en 1950. Elle aussi qui inspire à Dior le nom de son parfum Miss Dior, un jour qu’elle s’exclame, en voyant débouler Catherine Dior: « Tiens, voilà Miss Dior. »

Ains devenu chic et convenable entre les doigts et le style impeccable de la maison Dior, le motif léopard devient totémique. On le retrouve partout, et c’est en Haute Joaillerie qu’il se travaille à ravir. Habillée d’un pelage d’or ou de diamants, tachetée de laque noire ou chocolat, la bague se fait animale, mystique et féline, à l’image de la muse Mitzah. Une merveille imaginée par Victoire de Castellane pour Dior, en 2013.

Mais attention, Christian Dior précisait tout de même: l’imprimé léopard ne convient qu’à une femme sophistiquée.

Le Pied-De-Poule, l’Angleterre et Dior

De son enfance à Granville, sur la côte Normande, Dior retient aussi ce contact avec la Grande Bretagne voisine. Anglophile depuis l’enfance donc, il a pioché chez ces élégantes qu’il observait quelques tics qu’il incorpore plus tard dans sa couture… L’un d’eux? Le pied-de-poule, devenu synonyme de la maison Dior.

Et déjà en 1938, alors qu’il travaille pour la maison Robert Piguet, le jeune Christian signe une première — sa robe au motif pied-de-poule, ponctuée d’un jupon de lingerie dépassant… Il la nomme ‘Café anglais’. Ce motif, emprunté largement aux aristocrates Britanniques, et notamment popularisé par le duc de Windsor — ce motif donc entre dans la grammaire Dior jusqu’à en devenir l’un des codes emblématiques.

C’est simple, on le retrouve partout ! C’est que sa géométrie architecturée et sobre, ce graphisme noir et blanc ont tout pour plaire à Christian Dior. Une simplicité et une élégance qu’il aime insérer ça et là…. gravée dans le verre du flacon de Miss Dior, tissée dans une étoffe, imprimée sur l’eau de Cologne Diorissimo ou sur un soulier Roger Vivier imaginé pour Dior en 1959.

C’est surtout ce manteau légendaire, issue de la collection 1948, qui marqua les esprits. Et aujourd’hui encore, le pied-de-poule a de quoi allurer nombre de pièces signées Dior.