Le Tweed Chanel

On l’a compris : chaque détail de la maison Chanel a été inspiré par les éléments marquants de la vie de Coco, et le tweed n’y a pas échappé. Ce tissu d’outre-manche, elle le doit à l’un des hommes qui a partagé sa vie : le Duc de Westminster. L’homme le plus riche d’Angleterre, doté d’une élégance britannique qui sut la séduire six ans durant. Leur relation permit à Gabrielle de découvrir la campagne anglaise et ses particularités, dont le tweed. Habituellement utilisé par les hommes en hiver, apprécié pour sa résistance, il faisait partie intégrante du vestiaire de son amant de l’époque. Célèbre pour avoir pris aux hommes tout ce qu’elle pouvait de leurs vêtements pour le confier aux femmes, Gabrielle Chanel a une nouvelle fois frappé. Elle remanie ainsi la garde-robe du Duc et de ses compatriotes pour la féminiser au possible ; imposant du même coup ce tissu si british comme l’un des codes d’une des griffes les plus parisiennes qui soit.

Le tweed, Chanel l’a présenté à sa façon, en 1954, des années après la fin de sa relation avec le Duc de Westminster. 1954 sonne en fait la réouverture de la maison de la rue Cambon, et pour l’occasion, elle fait fort : le tweed prend la forme de la petite veste à boutons dorés qui fait encore la réputation de la marque aujourd’hui. Mais, le tweed de Chanel n’est pas le tweed anglais : il est plus souple, moins lavé, plus féminin en somme, et sûrement plus libre. Après tout, la liberté de mouvement de la femme a toujours été l’effet recherché par la couturière, et elle y tenait ! Les Américaines ont été les pionnières, les premières à adopter le tweed à la Chanel. Les Françaises les ont suivies, et le reste du monde aussi. L’engouement pour le tweed n’a pas cessé depuis, qu’on le porte en veste, en jupe ou en tailleur complet. La maison Chanel ne l’a jamais abandonné et continue de le réinventer chaque saison. Si le plus emblématique reste le tweed noir et blanc, il se pare aujourd’hui de rose, de brun, de bleu, se métamorphosant au contact de couleurs phares, au fil collections et des saisons, sans jamais se dénaturer, surtout quand il s’essaie à la maroquinerie. Karl Lagerfeld a réussi à donner à ce tissu connoté vieux bourgeois, le côté séducteur, trendy et parfaitement contemporain, sans rien perdre de son essence toute d’élégance. Le tweed Chanel est de ceux qu’on hérite, de ceux que l’on garde, précieusement, jalousement, bref, il est celui que l’on transmet, puisqu’il est une valeur sûre.

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