Le Tricoté Envers de Sonia Rykiel Façon Haute Couture pour l’Hiver 2018 – 2019

Baptisée ‘L’Atelier Sonia Rykiel’, la toute première collection haute couture pilotée par Julie De Libran faisait l’inventaire des icônes Rykiel. Du béret en passant par le caban et la jupe culotte, c’est l’appropriation couture du tricoté envers qui retient toute l’attention. La ‘Reine du tricot’ n’avait en effet pas son pareil pour sublimer le non-fini. Petite déjà, Sonia Rykiel rechignait à porter des vêtements neufs – ceux qui l’attiraient été vieux, usés. Plus tard, la maison qu’elle fonda gagna ses lettres de noblesse autour d’une nouvelle virtuosité du vêtement. Dans les années 60, Sonia Rykiel file la laine, évince les ourlets, recoud à l’envers de manière à faire apparaître toutes les preuves de coutures… Rykiel s’est entendue : elle fait de la rayure sa signature ; de la maille son support.

La semaine passée à Paris, Julie De Libran reprenait ainsi toute la grammaire Rykiel autour d’une composition Haute Couture – « un reflet de l’essence pure Rykiel et une vision personnelle de l’univers de la marque adaptée au lifestyle des femmes d’aujourd’hui » précisait-elle. Une proposition couture donc qui distille l’élégance Rive Gauche autour d’une allure tout sauf affectée. Ce look met en vedette l’iconique tricoté envers dans des teintes somme toute très Rykiel. Version couture du mythique pull rayé de la maison, la pièce habille d’une nonchalance raffinée la femme de l’Hiver 2018.

« Faire remarquer la tête sans se faire remarquer. C’est ce que je veux pour moi et pour les autres… » Le mantra de la fondatrice se conçoit ici dans une silhouette couture qui se porte, s’apprécie, mais surtout se vit ! Une sensualité teintée de liberté, une pièce savamment informelle – Julie De Libran joue des codes Rykiel avec une fraîcheur délicieuse. Une désinvolture chic qui rappelle l’icône Sonia elle-même. « Elle était une icône Parisienne, et une femme que les autres femmes aspiraient à être, pour sa liberté, son allure et la façon dont elle jouait des vêtements » explique l’actuelle directrice artistique de la maison. Et il est vrai qu’il y a quelque chose d’éminemment coquin, pour ne pas dire malin, dans ce tricot à la désirabilité exponentielle.

 

Doria Arkoun

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *