Le Tailleur Bar de Christian Dior

Bienvenue dans le monde de Christian Dior, où la femme est une fleur quand sa taille est en guêpe. Cet amoureux de l’élégance présente sa première collection en février 1947, au lendemain de la seconde guerre mondiale. L’image de la femme-soldat d’usine est alors à occulter. Pour se faire, Dior mise sur la superposition des carrures ; tailles fines, métamorphosant la femme en une liane, juxtaposées à des jupes si larges qu’elles achèvent la transformation : une corolle, comme symbole des multiples facettes d’une féminité nouvellement libérée. Le tailleur est né. Emerveillée, nombreuses sont les élégantes à s’être précipitée vers cette nouvelle signature en T que Dior a enfantée. Une conception radicalement avant-gardiste qui a inspiré à Carmel Snow, rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, le terme de « New look » pour qualifier ces nouvelles jupes de 40 mètres de tissus qui découvrent les jambes jusqu’à 30cm au-dessus du sol.

Tandis que la sphère mode s’incline devant ce talent déjà confirmé, l’opinion s’insurge, en pleine période de restriction : les ménagères de la rue Lepic entrent en furie quand elles voient les premières robes New look, allant jusqu’à empoigner les corsages et atomiser les toilettes. Jamais une mode n’avait déclenché un pareil mouvement, entre scandale et envie. Pourtant, le style luxueux et ostentatoire du tailleur-bar n’est lié qu’au savoir faire si singulier de Christian Dior qui se servit de tissu de toile de parachute, alors en soie. L’originalité du style Dior est donc totale : les silhouettes qu’ils proposent diffusent un nouveau volume, symbole d’opulence et de liberté quand l’uniforme de la parisienne d’après-guerre voue un culte à la poitrine plate et aux jupes courtes.

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