Le Smoking Saint Laurent

S’il y a une pièce qu’une femme se doit d’avoir dans sa garde-robe, c’est bien le Smoking Saint Laurent. « S’il fallait représenter la femme des années 70 un jour dans le temps, c’est une femme en pantalon qui s’imposerait car le pantalon est devenu une des pièces maîtresses de la garde-robe de la femme moderne » disait le maître de l’élégance à la française. Le Smoking a révolutionné l’univers de la mode en y ajoutant un je-ne-sais-quoi de minimalisme androgyne, ouvrant la voix au « power suit » des années 80. Pierre Berger ajoutera : « J’aime le Smoking parce qu’il représente l’instant où Yves a donné le pouvoir aux femmes. »

Lors de son défilé en 1966, le couturier « bouscule » les normes en introduisant le Smoking, le tout premier costume destiné aux femmes. La seconde vague féministe ayant tout juste débuté, le costume pour dame demeurait une alternative controversée à la petite robe noire. Le veston est droit ou croisé, à revers de satin brillant ou de soie. Le pantalon est du même tissu que celui de la veste, la chemise en mousseline : elle apporte au tailleur-pantalon une souplesse et une subtilité résolument féminines. A la place du noeud papillon, Saint Laurent appose un ruban de soie flou. Le jabot se substitue au col des chemises masculines.

On se souvient de la mondaine new yorkaise Nan Kempner qui s’était vue refuser l’entrée du très sélectif restaurant La Côte Basque pour avoir porté le Smoking. Sa réponse ne se fit pas attendre puisqu’elle ôta son pantalon, simplement vêtue de la veste en guise de robe very-short. Inconsciemment, Nan Kempner illustra parfaitement les propos d’Yves Saint Laurent : « J’ai toujours cru que la mode n’était pas uniquement destinée à embellir les femmes mais aussi à les rassurer, leur donner confiance. »

Depuis, la griffe française perpétue l’héritage Saint Laurent en réinventant constamment le costume pour chaque saison. Dans sa collection Printemps-été 2013, Hedi Slimane réincarne totalement la femme Saint Laurent. Les différents codes sont réinvestis, la ligne élégante et androgyne est retrouvée. Le vêtement est comme en adéquation avec son temps : l’allure est nonchalante, la démarche instinctive, la féminité simple et évidente.

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