Le Rabbit, La Signature Jeff Koons

Les œuvres de Jeff Koons ont depuis longtemps ancré leur style dans le paysage artistique contemporain : pléthore de couleurs, adoption faussement naïve de l’enthousiasme de l’enfance, chrome et acier, Jeff Koons est ce plasticien qui, pour dénoncer la vacuité de la société de consommation, aime à sculpter des formes aussi universelles qu’élémentaires. En 1986, à l’aube de sa carrière, l’Américain initie ainsi son corpus à travers Rabbit, une œuvre inspirée d’un jouet gonflable en forme de lapin. Mais Koons est avant tout un artiste radical alors, c’est dans une copie aux dimensions surnaturelles qu’il introduit sa pièce – un banal lapin alors transformé en œuvre d’art signée Jeff Koons, puis une œuvre d’art elle-même transformée en divertissement qui, une fois entre les murs des plus grands musées, redevient un art respecté.

Ce Rabbit, un lapin gonflable donc, réalisé en inox, provient directement des souvenirs de bazar. Une œuvre emblématique qui, avec ses lignes minimales et la pureté de sa forme, dégage une douceur, une rondeur et un calme digne de l’enfance ! Et c’est justement cela que Jeff Koons cherche à éveiller chez le spectateur : cette insouciance perdue – « Je pense qu’une des raisons qui font de Rabbit une œuvre emblématique, une pièce populaire, est d’être un vrai caméléon. On peut le regarder et penser à la Résurrection pascale, on peut le regarder et penser au lapin de Playboy, on peut aussi regarder et trouver que la carotte ressemble à un microphone et penser à un orateur, un prédicateur. C’est donc un vrai caméléon. Les œuvres doivent être des caméléons pour devenir emblématiques ou archétypales, car il est indispensable qu’elles ne cessent d’évoluer, de se transformer et de répondre aux besoins du spectateur. »

L’iconographie de la culture populaire mondiale est en effet le langage choisi par Jeff Koons pour faire dialoguer les différents héritages artistiques : se posant en avant-gardiste, il invoque volontiers le dadaïsme et les surréalistes, se réclame de Duchamp, Dali ou Magritte. En effet, de Marcel Duchamp, Koons reprend le ready-made ; chez Claes Oldenburg, il s’inspire des dimensions titanesques données aux objets du quotidien, s’appropriant dans le même temps le principe d’accumulation du Niçois Arman. Bien trop souvent considéré, à tort, comme ironique ou vain, l’art de Jeff Koons insiste en réalité sur une vision optimiste et une remise à niveau des principes de bon et mauvais goût, diluant par là même la frontière entre le monde de l’adulte et celui de l’enfance.

Jeff Koons a beau être l’artiste vivant le plus cher du monde, il n’en est pas moins régulièrement sujet à controverse , Ses œuvres, qualifiées de « kitsch » et de « néo-pop », mettent en scène des icônes américaines, des objets de la vie de tous les jours – de l’enfance également comme son Balloon Dog. En 2017, il conçoit pour Louis Vuitton cinq sacs reprenant des toiles célèbres : Mars, Vénus et Cupidon du Titien... à découvrir ici.

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