Le Park Hyatt Paris-Vendôme : l’Édifice De La Volupté

Désirée par Louis XIV, dessinée par Mansart et Boffrand, la place Vendôme concentre rapidement les grandes maisons de mode et du luxe. Au 5 rue de la Paix, se tenait la maison de couture de Monsieur et Madame Paquin ; fondée par Jeanne Beckers et Isidore Jacobs dont l’immense renom participa au rayonnement. C’est dans une réunion de cinq immeubles haussmanniens qu’en 2002, l’établissement Park Hyatt Paris-Vendôme voit le jour, pour renouer avec le fil d’une tradition mondaine et bruissante. Premier palace à ouvrir à Paris depuis plus de cinquante ans, c’est sans tapage qu’il affiche des espaces respirés et inspirés, dérobés derrière une façade classée. Sobre, ornée de médaillons, la façade du palace encadre l’entrée cochère de deux gracieuses cariatides sculptées dans la pierre. Un extérieur typique de l’opulente architecture du Second Empire au sein duquel se déploie un cadre contemporain fluide, raffiné et chaleureux sous le talent de l’architecte Américain Ed Tuttle. Celui-ci s’est vu confié l’agencement et la décoration de l’édifice et, de cet héritage de l’élégance Louis XVI jusqu’à la haute facture de l’art déco, compose un chic contemporain parisien immédiatement enchanteur. Des références et des proportions à la française qui usent et abusent des lignes et des matériaux traditionnels qui font le charme de Paris : pierre de Paris, bronze, acajou, et textiles riches et retenus, harmonisés autour de couleurs apaisantes et radieuses. Apprivoisé par les hôtes venus du monde entier, ce grand hôtel entretient là l’héritage des palaces de l’ancien temps : le culte de l’incognito. Un rendez-vous implicite et décloisonné, entre fleurs blanches et flammes rouges.
 

Tant il se doit d’abriter des évènements mondains, des soirées glamours, et des galas de charité, c’est dans ces plans que le Park Hyatt Paris-Vendôme abrite l’essence de la magnificence. A travers la mise en valeur conceptuelle d’une collection d’art contemporain unique, sept toiles d’Ed Paschke, des œuvres d’Irmgard Sigg ou encore de Llyn Foukes pour ne citer qu’eux, courtisent la clientèle. Sur les poignées de portes des chambres et des suites, ce sont les sculptures-signatures en bronze de Roseline Granet qui se saisissent à pleine main. Les couloirs tendus de chenille de soie vivifient les sens de leur sophistication. Une indéniable volupté. Pensé comme une résidence privée, non comme un lieu de passage, le palace évite les protocoles classiques et parfois intimidants inhérents aux établissements 5 étoiles. Au total, ce sont 153 chambres dont 43 suites qui promettent un rêve voluptueux et inoubliable. Dans chacune d’elles règne comme une impalpable perfection. L’édifice tout entier se tourne vers le plaisir et l’avènement des sens : une table étoilée, le Pur’ savamment orchestrée par le très créatif Chef Jean-François Rouquette – un second restaurant – Les Orchidées –, un bar, un Spa avec sauna, hammam, jacuzzi et salle de gym… Et comme note finale à cette expérience sensorielle singulière, Blaise Mautin signe une séduisante olfaction ; autour du cuir de Russie, du patchouli poudré et de l’orange de Floride, c’est l’indicible parfum du palace qui nous enivre, à peine avons-nous pénétré l’édifice de la volupté.

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