Le Happy Bag de Lanvin

Il est, aujourd’hui, des couturiers qui font de leur griffe d’adoption leur propre maison ; Albert Elbaz, « Albert de chez Lanvin »ainsi qu’il s’introduit, en fait partie. Il y pose ses premiers dessins en 2001, commençant par des collections de tissus volontairement fourbus : la laine se froisse, le gazar et le satin lavés prennent un tombé languide. En dix ans, l’homme à la mine coquine et au noeud pap’ déréglé a développé une image ovni dans la sphère mode : sa patte s’affine vers un univers coloré, moderne où les diktats, balayés, laissent percer une légère et différente pérennité stylistique. Une joie de vivre teintée d’une fertile mélancolie, voilà ce que M. Elbaz a fait de la femme Lanvin ; forte, habitée d’une fracassante fragilité : une peau, une rigueur, une distance, une énigme dont se sert la femme pour prendre le pouvoir, repris par Elbaz pour l’ajuster. Mais sa simplicité ne rime pas avec bas degré.

Lorsque le Happy Bag entre dans la vie Lanvin, l’enfant de Casablanca signe une votive identité esthétique : féminin, élégant, charmant et délicat, se revêtant de peaux précieuses ornées de détails de broderie, de plumes d’autruche ou de pierres, le « Happy », avec son rabat sur-épais frappé du sceau Lanvin, sert la quintessence Parisienne. Son ruban de gros grain, entrelacé à une sangle d’or, réinterprète le raffinement des codes ataviques de la maison – fonctionnalité, intemporalité, délicatesse. Aujourd’hui, c’est une collection capsule, autour des génétiques accessoires de la griffe, que le couturier propose pour fêter ses dix ans. Baptisée « Happy 10 ans« , elle reprend dix thèmes phares, chacun déclinant autour d’un sac Happy, d’une ballerine ou d’une basket et d’un bijou, la signature Lanvin.

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