Le Drapé Iconique De Lanvin

Sa principale source d’inspiration était la féminité, dans tous ses états. Il y a chez Lanvin une volonté évidente de mettre en valeur les courbes féminine ; d’orner le corps, le voiler, le draper pour le sublimer un peu plus. En coupant ainsi le tissu dans son sens biaisé, le drapé né d’un ensemble de plis souples pour donner naissance à une sensualité et une liberté de mouvement, devenues depuis les synonymes du style Lanvin. Cette folie du drapé, on la doit aux inspirations de pièces persanes auxquelles Jeanne Lanvin tenait beaucoup.

Lorsqu’en 2001 Alber Elbaz prend la direction artistique de la maison, il ancre résolument le drapé dans les codes de la griffe. Orfèvre de la matière, Alber ainsi devenu “Alber de chez Lanvin“ enroule le corps, enchevêtre les tissus, les noue et les lie pour mieux les délier, les fait vivre, les faire virevolter au grès des pas de ses élégantes. Il crée des plis, des ombres et des lumières dans une soie lavée ; orne un tissu lisse de majestueuses vallées d’étoffe. Il se plaît alors à imaginer des vagues de tissus sur la peau – il les rêve, les imagine minutieusement tel un maître. Il esquisse la légèreté, usant et abusant de cette pratique qui donne presque un effet de seconde peau. Il fascine les initiés, rapproche ses créations de l’antiquité tandis qu’une joie toute en légèreté semble habiter ses sculptures de textiles.

Lanvin met son savoir faire au service de la délicatesse, de fourreaux qui glissent sur le corps et de coutures raffinées qui accroissent la splendeur de ce travail si particulier. Ce sens du détail enivre, ce travail de l’étoffe souligne la démarche tout en la subjuguant – ne jamais perdre de vue la sublimation de la femme, telle est en effet le mantra de la maison Lanvin. Successeur d’Alber Elbaz, Bouchra Jarrar s’empare à son tour de ce savoir- faire quasi-ancestral – du drapé iconique de Lanvin, Bouchra Jarrar injecte une dose de tailoring développant néanmoins une nonchalance sophistiquée. Qu’il soit col bénitier ou tissu ramené sur la hanche pour laisser tomber délicatement des plis tubulaires, le drapé assure une allure aussi féline que classique, parfois romantique, mais sans cesse réinventé.

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