Le Château Mouton Rothschild 2015 par Gerhard Richter

Le Château Mouton Rothschild est l’un des domaines viticoles les plus réputé du Médoc – nommé « premier grand cru » selon la classification officielle des vins de Bordeaux. A vin prestigieux, étiquette prestigieuse : en 1924, le baron Philippe de Rothschild veut saluer la première mise en bouteille du château en faisant appel au célèbre affichiste Jean Carlu, afin de réaliser l’étiquette de Mouton. L’idée est géniale, mais un brin novatrice: elle reste sans lendemain. Ce n’est que vingt ans plus tard, en 1945, que le baron Philippe réitère son idée. Cette fois, il couronne l’étiquette du millésime par le « V » de la victoire : un V dessiné par le jeune peintre Philippe Jullian. La tradition est faite.

Tous les ans, un artiste de renom vient apposer sa griffe sur ce nectar au prestige sans égal. Si Jean Hugo et Jean Cocteau, des amis personnels du baron, furent les premiers sollicités ; des noms comme ceux de César, Braque, Dali, mais aussi le génie de Miró, Chagall, Picasso et Warhol, Soulages, Bacon, Tàpies ou plus récemment Jeff Koons… Tous ont apposé une œuvre originale comme signature sur la bouteille. Cette année, c’est le nom de l’Allemand Gerhard Richter qui vient s’associer au grand cru 2015 – le résultat : une œuvre inspirée et fugace et hypnotisante. Il faut dire que le grand peintre déploie depuis longtemps déjà une œuvre à la fois singulière, complexe et accessible…

Une dialectique entre peinture et photographie qui plante son art dans une catégorie fluctuante entre art figuratif et abstraction. Célébré pour ses photos-peintures type paysages flous ou nature mortes et portrait, l’artiste est aujourd’hui un grand maître vendant ses toiles à plusieurs millions d’euros. Pour le vin Mouton de Rothschild, Gerhard Richter signe une étiquette baptisée ‘Flux’ ; illustrant un processus à la fois aléatoire et savamment élaboré avec une virtuosité certaine : une mise en peinture du procédé d’élaboration du grand cru Mouton Rothschild 2015. Le Château détaille ainsi le procédé : « L’artiste fixe sur photo des couleurs en mouvement, saisies à l’instant idéal de leur composition : de même, un assemblage harmonieux donne au grand vin, matière vivante, son équilibre et sa plénitude. Il étale sur une plaque en plexiglas de la peinture émaillée sur laquelle il presse une plaque de verre, faisant ainsi surgir d’étonnantes compositions. Quand le processus arrive à son terme, il fixe définitivement les deux plaques l’une sur l’autre. » Et c’est à ce moment là que naît l’étiquette iconique autour de couleurs fluctuantes, et ponctuellement harmonieuses.

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