La Robe Trapèze de Courrèges

Apparaît alors la petite robe blanche trapèze qui dynamite le vestiaire bourgeois en prennant le contre-pied des silhouettes traditionnelles et apprêtées de la précédente décennie. Sa particularité ? Une coupe trapèze structurée qui libère les hanches et dévoile les jambes au-dessus du genou. La forme géométrique et plate de la robe insuffle l’allure futuriste d’une femme des temps modernes. Le blanc immaculé accentue cette impression de tenue venue tout droit du cosmos. Elle signe le renouveau de la mode des années 60, prémisse des années 70, qui deviendra plus libérée et audacieuse. De par sa formation d’ingénieur, les créations d’André Courrèges sont extrêmement construites et architecturées. L’utilisation de matériaux nouveaux en est la preuve. Regardant vers l’avenir tout en restant en phase avec son époque, il provoque la révolution chahutant le monde du design, de l’art et de l’industrie. La robe trapèze pose les bases du style Courrèges, devenant du même coup une référence absolue de la mode française.

Elle accompagne le mouvement de libération des femmes, habille des corps en mouvement qui s’attaquent au marché du travail. Par ailleurs, les adolescentes y trouvent une forme d’expression de libération et d’affirmation de leur féminité. Au sommet de sa gloire, Twiggy portera la robe minimaliste dans un style « Classic with a twist », ou « mod dress » d’où le terme même de la tendance « mod », désignant un modernisme peu conventionnel. Toutes les icônes chics l’adoptent, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Romy Schneider ou encore Françoise Hardy. Créateur de génie, André Courrèges marquera lui aussi durablement la mode. Yves Saint-Laurent salue le talent novateur pour affirmer que la mode ne sera plus jamais la même suite à « l’explosion Courrèges ».

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