La Fontaine des Automates de Tinguely : l’Art de Châtelet

La Fontaine Stravinsky, plus communément appelée Fontaine des Automates, est une oeuvre à la croisée des arts imaginée par Jean Tinguely suite à une commande publique entre Jacques Chirac alors maire de Paris, le ministère de la culture et le Centre Pompidou. L’idée : faire le lien entre l’architecture visionnaire du Centre Pompidou et les arches gothiques de l’Eglise Saint Merri. En 1983, l’oeuvre de Tinguely est officiellement présentée au public. Monument synthèse sans pareil mêlant sculpture, peinture, architecture, design urbain et musique, la fontaine Stravinsky reprend bel et bien les opéras du compositeur telles L’Oiseau de feu 1910, Le Sacre du Printemps 1918 ou encore Les Noces de Petrouchka 1911. Composée comme un ballet aquatique virevoltant, peuplé d’un bestiaire extrait de l’oeuvre d’Igor Stravinsky, les figures qui l’habitent sont celles de Niki de Saint Phalle, faites en polyester et montées par la suite sur une structure en acier.

La Fontaine des Automates se compose ainsi de seize sculptures – sept créations monochromes et mécaniques de Jean Tinguely, six œuvres opulentes et bariolées de Niki de Saint Phalle ainsi que trois pièces réalisées à deux. Et si aujourd’hui l’oeuvre fait battre le rythme de Châtelet, les problèmes artistiques et techniques furent très nombreux ; semblant parfois impossible à surmonter… L’étude du mouvement, au centre même de l’œuvre de Jean Tinguely, trouve ici l’expression formulée d’un long travail autour des machines-sons. Les courbes colorées et le volume impeccable propres aux sculptures de Niki de Saint Phalle, renforcent l’esthétique et le sens même de la Fontaine : une œuvre qui sert de lien entre un Paris multi-temporel, piqué d’esthétique postmoderne mais qui toujours honore son héritage.

Véritable opéra nautique, la Fontaine des Automates est exubérante – ses sculptures batifolant dans l’eau cherchent à réenchanter le quotidien , tandis que la joie et l’insouciance s’invite dans la vie des Parisiens. Le couple mythique du Nouveau Réalisme met ainsi au monde un engrenage complexe fait de bras articulés, de manivelles s’activant dans un bruissement venant en fait rythmé un son : « Je voudrais une fontaine innocente et merveilleuse… J’ai voulu des sculptures comme des baladins, un côté cirque qui est au font le style de Stravinsky lorsqu’il a fait en 1914 cette merveilleuse rencontre avec le jazz » expliquait alors Jean Tinguely. Une fontaine-sculpture qui tente de rendre la musique visible donc, dans le craquement des pistons placé en contrepoint au clapotis de l’eau… Un des trésors de Paris qui s’offre finalement à tout flâneur.

En complément de cette exposition , il est possible de retrouver à Milly la Forêt une autre oeuvre surprenante de Jean Tnguely et Niki
de Saint Phalle, le Cyclop. Sans oublié la toile 100 Ans du peintre Britannique Peter Doig qui fait figure d’objet d’art iconique , au travers d’une exploration de souvenirs par un autre visage de la création contemporaine 

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