La Fiac, L’Incontournable de l’Art Contemporain

Entre oeuvres iconiques et galeries prestigieuses, la Fiac, pinnacle de l’art contemporain, inaugure sa 46e édition.

Comment un rendez-vous initié sans grand tapage en 1974 est devenu un incontournable du circuit l’art contemporain international? Inaugurée pour sa première édition dans l’ancienne gare de la Bastille, la Fiac se tient chaque mois d’octobre à Paris, depuis 1974. Voilà pour l’histoire. Mais ce qui a rendu ce rendez-vous si iconique tient bel et bien à autre chose. Il y a d’abord la volonté de Paris de se placer au coeur du circuit de l’art contemporain. Piqués au vif face à l’ampleur prise par le phénomène Art Basel, les galeristes Parisiens comptent bien rendre à Paris sa gloire d’antan.

La première édition rassemble 110 exposants; parmi eux, l’artiste Ben qui, trouve les mots justes pour définir le concept même d’art contemporain. « Quoi que vous fassiez ici, c’est périmé d’avance. C’est-à-dire la forme, la couleur le machin est accepté d’avance, donc périmé d’avance. » Oui car à la Fiac, on parle de nouveautés, mais on cherche surtout l’artiste qui renversera tout les codes et concepts dès lors institutionnalisés.

Vient ensuite l’installation dans sous la Nef du Grand-Palais. Dès 1977, la FIAC devient ainsi la plus grande Foire Internationale d’Art Contemporain, car la plus prestigieuse. Dans son écrin tout fait de fer et de sophistication, elle rassemble alors le plus pointu de la création artistique — des maîtres modernes du début du XXe siècle aux tendances les plus émergentes… La Fiac s’ouvre dès les années 1980 à la photographie. Lui consacrant par là-même toute une section.

Toujours en quête d’innovation, la Fiac rassemble en 2010 près de 195 galeries, venues de 24 pays. Parmi lesquels des pays jusque là peu mis en avant — l’Irlande, le Mexique et la Corée. Des performances et des conférences viennent compléter le tableau. Mais c’est bien en 2011 que la Fiac trouve un point d’ancrage aussi inédit qu’engagé; elle franchit une nouvelle étape en se démocratisant hors les murs. Le Jardin des Tuileries accueille ainsi les oeuvres iconiques de Calder; tandis que sur la Place Vendôme, une polémique éclate en 2014 avec le Tree de Paul McCarthy. L’oeuvre est sabotée dès son installation. Cette année, c’est l’artiste Yayoi Kusama qui prend possession de la célèbrissime place, avec une oeuvre bien un brin moins obsessionnelle. Pour le public en tous cas.

Mais plus violente encore fut la censure de The Mad Dog d’Oleg Kulik, en 2008. Une série de photo datant de 2004 témoignant de la performance de l’artiste Russe devant la Guelman Gallery de Moscou… Nu et tenu en laisse, il aboyait et sautait alors sur les passants. La police Française se rend au Grand-Palais, et décroche les photos. Le prétexte? Elles défendraient la zoophilie. Oleg Kulik, lui, voulait plutôt dénoncer le rapport hypocrite de l’homme face à l’animal. En lui, et face à lui!

Mais voilà, l’art contemporain n’est pas là pour plaire à tout le monde. Et cette année encore, la Fiac compte bien exposer aux yeux du monde entier des oeuvres aussi iconiques que révolutionnaires. Car la force de l’art contemporain tient bien de cela: repousser les limites de ce qui peut ou non faire art, dans une recherche de dépassement du simple entendement. Parmi les 199 exposants parmi les plus pointus, on retrouvera du 17 au 20 Octobre… La galerie Gagosian avec notamment Willem De Kooning et Georg Baselitz. La galerie Lelong & Co, avec des oeuvres d’Antoni Tapiès, Jaume Plensa et David Hockney. La White Cube présentera des oeuvres de Gilbert & George et Ibrahim Mahama. David Zwirner, lui, exposera l’incontournable Franz West. Et il ne s’agit que des plus connus! Ce puisque plus d’un tiers des artistes représentés cette année sont des artistes émergents. Affaire à suivre…