La Collection Serpenti De Bulgari

Avant d’être catapultés au rang d’ultimes must-have par le mythique film Cléopâtre, les bijoux à l’allure serpentine de Bulgari s’affichent dans les vitrines de la place Vendôme en 1932 déjà. La ligne s’appelle “Tubogas“, et fait référence à l’esthétique industrielle de rigueur à l’époque. Le squelette donne à ses bracelets-montres un rendu d’une souplesse reptilienne ; pareil au corps du  serpent, le voilà qui s’enroule aux poignets grâce à des charnières en or flexibles, elles, par le biais d’un ressort caché. Mais la popularité du joaillier romain n’est pas encore totalement faite. En 1962, c’est à Hollywood que la passion pour Bulgari s’amorce. Hors-plateau, Elizabeth Taylor porte à son poignet une montre particulière ; en or, on y distingue la queue et la tête d’un serpent clairsemées de diamants et d’émeraudes.

L’adoration de l’actrice pour les perles rares et chères l’a tout naturellement menée à la boutique Bulgari, située à deux pas des studios de tournage – Cinecitta, à Rome. Elle n’échappe pas à l’objectif du photographe de plateau qui immortalise l’actrice, dans la fougue impériale d’une beauté des plus sensuelles. Il n’en fallut pas plus pour que le joaillier romain bascule dans la postérité. D’autant que sur ce même plateau, deux monstres du cinéma s’éprennent l’un de l’autre : Richard Burton, alias Marc-Antoine, épousera Liz Taylor. Leur romance publique le mènera à avouer, non sans dérision, que « le seul mot qu’elle connaisse en italien, c’est Bulgari ». Il confirme la dévotion de Miss Taylor pour les précieux. La maison romaine lui signera d’ailleurs une collection exceptionnelle. Cinquante années plus tard, il ne reste de la légende, que les bijoux qui l’ont accompagnée.

En 1975, Bulgari met à l’honneur d’une campagne de publicité, des bracelets aux écailles d’émail coloré. Ses interprétations contemporaines d’un des emblèmes antédiluviens de l’art, symbole de sagesse, d’éternité et de vie, semblent travailler avec toute l’application et la grâce des statues antiques ; synthèse parfaite entre rigueur géométrique et onirisme des formes. Diana Vreeland, rédactrice en chef du Vogue US, est conquise par ce réalisme ; elle écrira : « le serpent est le motif dans le vent dans l’univers de la joaillerie… On ne s’en lasse jamais ». Aujourd’hui, la collection Serpenti ne cesse d’être actualisée ; comptant en son sein des montres, des bijoux précieux, des lunettes, et des sacs à main d’un raffinement rare. En 2013, elle entre définitivement dans l’histoire de l’art joaillier avec l’édition d’un livre consacrant le style Serpenti. Bulgari, Serpenti Collection abrite près de 80 photographies et esquisses originales des ouvrages les plus iconiques d’une ligne qui vogue sur les siècles.

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