La Photographie du Smoking Yves Saint Laurent Par Helmut Newton

HISTOIRE D'UNE ICÔNE - 21.05.2015

"Une bonne photographie de mode doit ressembler à tout sauf à une photo de mode. A un portrait, à une photo souvenir, à un cliché de paparazzi". C'est ainsi qu'Helmut Newton rendit iconique Le Smoking d'Yves Saint Laurent ; une photographie inhabituelle pour Helmut, par ailleurs l'un des clichés préférés du créateur.

La Photographie du Smoking Yves Saint Laurent Par Helmut Newton

En 1975, Helmut Newton est contacté par Vogue Paris : l'artiste doit en effet réaliser une des séries mode de la saison. C'est donc dans une petite rue étroite que la séance prit place ; la rue Aubriot dans le quartier du Marais où le photographe a vécu 14 ans durant. Le shooting se fit en petit comité ; ils n'étaient que cinq : Helmut, la rédactrice de l'époque, Francine Crescent, un coiffeur et deux modèles. Justement, Newton confie au mannequin Vikebe, avec qui il travaille régulièrement, d'incarner la figure familière de l'art français du XIXe siècle : le dandy, ou "celui qui n'a pas d'autre profession que l'élégance", selon Baudelaire. L'idée de l'image est simple : une femme masculine, androgyne, se trouve la nuit dans une rue parisienne. Le smoking, lui, se devait de lui donner du pouvoir ; son langage corporel d'accentuer cette impression d'inaccessible. Tout cela se sent dans une posture confiante, dans la façon dont elle tient sa cigarette... Tout s'accorde à lui donner l' expression d'un homme, et pourtant, par contraste, c'est une féminité exacerbée qui s'imprime sur papier glacé.

La photographie a dû être prise de nuit, afin de ne pas priver les clientes des pièces précieuses ; ce qui ne gêna pas Helmut Newton. Bien au contraire, l'artiste aimait à travailler de nuit. Il prit alors la photo sans flash, usant de la lumière de l'éclairage de la rue. Et c'est sans doute cela ce qui rend la photo plus poignante et réaliste. Et c'était le but : bien que très élaborée, l'image se devait de représenter une scène qui avait effectivement eut lieu. Newton se voulait comme un paparazzi qui passait au détour de la ruelle, capturant cet instant dans la plus grande discrétion. Pourtant, cette photo était très inhabituelle du style Helmut, puisque la femme y est entièrement habillée. Oui, Newton ne s'adapte pas ; ni aux conventions, ni aux couturiers. C'est alors qu'il prit une deuxième photo. Quasiment identique à la commande de Vogue, il y ajoute un model nu, paré de hauts talons, venant caresser sensuellement la femme virilisée. Une scène glaciale devenue iconique.

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