La Robe Homard de Schiaparelli

HISTOIRE D'UNE ICÔNE - 24.07.2015

 « … cette artiste italienne qui fait des vêtements », Gabrielle Chanel à propos d’Elsa Schiaparelli.

La Robe Homard de Schiaparelli

Créatrice fantasque, d’origine italienne, Elsa Schiaparelli rencontre le succès avec ses pulls en maille à motifs trompe-l’œil qui séduisent les femmes actives des années 20. Elle ouvre son premier magasin, Pour le sport, à Paris en 1927. Ses créations sont exubérantes et drôles, souvent provocantes. Elle aime les jeux visuels parfois jusqu’à l’absurde où elle rejoint les artistes surréalistes. Loin de simplement adapter dans son travail quelques idées des surréalistes, elle entame avec eux un véritable dialogue créant des passerelles entre l’art et la mode.

Au printemps 1937, Elsa demande à son ami Dalí de dessiner un homard pour une robe du soir en organdi blanc. Le homard est un thème récurrent chez Dali depuis 1934, comme en témoigne notamment le célèbre Téléphone-homard de 1938. Ces œuvres ont souvent un rapport avec la sexualité : « Comme les homards, les jeunes filles ont l’extérieur exquis. Comme les homards, elles rougissent quand on veut les rendre comestibles » ; avec cette robe, Elsa Schiaparelli entre elle aussi dans cette mouvance surréaliste établissant un lien entre image et psychanalyse. Le motif qu’il dessine pour Schiap’ ne pouvait qu’attirer l’attention et faire scandale : un homard rouge sang, gigantesque, s’inscrit sur le devant d’une robe blanche, juste entre les cuisses. Par ce déplacement de la robe blanche, traditionnellement liée à la thématique du mariage et de la virginité supposée de la mariée, dans une perspective ouvertement sexuelle, Schiaparelli interroge crûment la notion de bon goût.

Si Elsa ne mentionne pas cette robe dans son autobiographie « Shocking life », elle est devenue célèbre suite à la publication de photographies, dans Vogue, de Wallis Simpson la portant. A l’époque, elle était fraichement mariée à Edouard VIII qui avait abdiqué du trône d’Angleterre en 1936 pour épouser celle qu’il appelait « la femme que j’aime » .

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