Courchevel : Le Chabichou, un petit chalet devenu grand

NEWS - 14.02.2018

Courchevel. Si pour les joueurs de poker, la ville de Courchevel évoque une variante du jeu, pour les autres, le nom de « Courche » (pour les habitués) évoque le pendant de Saint-Tropez, version hiver. Souvent appelé le « Saint-Tropez des neiges », cette station huppée et réputée comme étant la plus chère d’Europe possède également le domaine skiable le plus vaste du monde. Un vaste terrain de jeu donc pour les « rich and famous » !

Courchevel : Le Chabichou, un petit chalet devenu grand

Il est intéressant de noter que c'est à la fin XIXème et grâce à son activité estivale que ce qui correspond à l'époque à la commune de Saint-Bon, se développera. L’afflux d’estivants mènera en effet à l’ouverture de la première pension, celle d’une habitante, Agathe Curtet, en 1908. Suivra l’ouverture du premier hôtel, Le Lac Bleu. En 1942, le gouvernement de Vichy envoie une équipe d’architectes et d’ingénieurs spécialistes de la montagne dans l’optique d’évaluer les possibilités d’aménagements de plusieurs stations dans la région des « Trois Vallées », afin de concurrencer la Suisse et l’Autriche. La même année, un jeune savoyard, urbaniste et architecte, Laurent Chappis, imagine ce qui deviendra le vaste complexe touristique des « Trois Vallées ». Un pas de plus est réalisé en 1946, lorsque la commune montagnarde de Saint-Bon et le Département s’associent. Ils font alors un pari sur l’avenir plutôt audacieux : alors que la montagne se dépeuplait et que l’économie de cette petite commune d’altitude était basée principalement sur l’élevage et la fabrication fromagère, il fut décidé de créer ex-nihilo, une station de sports d’hiver. Celle-ci se développera rapidement et c’est ainsi que naîtra Courchevel 1850. L'essor de la station sera bien plus tard boosté par les JO d’Albertville de 1992 : accueil de la délégation du CIO, aménagement des tremplins de sauts (les tremplins du Praz), élargissement de la route, ouverture du premier palace etc. Depuis, nombre de palaces ont ouvert et c’est une pluie d’étoiles qui est tombée sur la station, dont la gastronomie, qui y est mondialement reconnue.

Courchevel est en effet aujourd’hui une véritable vitrine pour le département de la Savoie, notamment pour ce qui est de la gastronomie. Surnommé « la piste aux étoiles », Courchevel brille par l’une des plus grandes concentrations d’étoiles par habitants ! La capitale alpine de la gastronomie compte pas moins de 14 étoiles attribuées par le Guide Michelin et c’est un véritable balai de chefs qui s’illustrent en cuisine ! Entre autres, Pierre Gagnaire, chef triplement étoilé du restaurant éponyme de la rue Balzac à Paris, y œuvre au sein des Airelles, Yannick Alléno a obtenu récemment sa troisième étoile (en février 2017) pour son restaurant le 1947 à l'hôtel du Cheval Blanc de Courchevel (qui tient son nom de la cuvée Grand-Cru Cheval Blanc). Outre le nombre impressionnant de restaurants gastronomiques « classiques », on attend prochainement l’ouverture d’un restaurant dédié aux pâtisseries ! C’est ce qu’a annoncé récemment le chef pâtissier Sébastien Vauxion (du palace K2). Ce concept a été lancé outre-Atlantique par Dominique Ansel, le pâtissier français le plus célèbre de New York et créateur du « cronut » (un « croisement » entre croissant et donut).

Gastronomie, nec plus ultra de la pâtisserie, valse des étoiles... S’il est un pionnier en la matière, il s’agit de Michel Rochedy, propriétaire du Chabichou à Courchevel 1850 depuis 1963. Cet ardéchois « naturalisé savoyard » a notamment fait ses classes à Paris (La Tour d’Argent, Gaston Lenôtre …) ou encore chez André Pic avant de rejoindre les Cimes Blanches à Courchevel 1650 dans les années 1960. C’est à cette époque qu’il rencontrera son épouse, Maryse. Ensemble, ils achèteront Le Chabichou, qui, à l’époque, était un chalet comprenant neuf chambres. Naguère petit hôtel modeste, le chalet est devenu grand, pour devenir un restaurant gastronomique et un hôtel spa de luxe. 

Le Chabichou, c’est d’abord un hôtel. Propriété de la Famille Rochedy depuis plus de 50 ans, l’établissement s'est enrichi d'histoires de vies au fil de ces cinq décennies et ce « palace des cœurs » est le fruit d'une success story qui est avant tout une histoire familiale.

Le Chabichou compte aujourd’hui deux grands chalets traditionnels savoyards. Ces chalets, Michel Rochedy les a voulus blancs (ce qui a fait sensation à l’époque). Blancs parce qu’il a toujours aimé le blanc, parce que c’était la couleur que portait sa mère en cuisine et parce que lorsque la nuit tombe, le soleil couchant fait apparaître de magnifiques reflets orangés. La décoration est boisée, montagnarde, tout en restant « chic ». Les chambres sont décorées dans un style alpin local, plutôt rustique en somme, pour une ambiance « cosy », idéale pour se relaxer après une journée sur les pistes. Une authenticité et un accueil chaleureux font la renommée de cet établissement illustre de Courchevel. 

L'hôtel est classé 4 étoiles depuis 1988 et offre aujourd’hui 41 chambres. Même si l'hôtel vaut largement d'être classé 5 étoiles, Michel Rochedy n'y tient pas. Selon lui, il vaut mieux être un excellent 4 étoiles. Il ajoute : « un 4 étoiles, ça fait moins peur… ». Une volonté de rester accessible ? 

Au Chabichou vous serez accueillis par un service impeccable orchestré à quatre mains : depuis 1988, Monsieur Rochedy est en effet secondé par le chef Stéphane Buron, grand vainqueur du prix Taittinger en 2002 et Meilleur Ouvrier de France. Ces deux-là se complémentent à la perfection : alors que l’un affectionne les recettes traditionnelles, l’autre (Stéphane Buron) se délecte à les revisiter avec une maîtrise parfaite des nouvelles techniques. Ensemble, ils réinventent des classiques. La fondue, eux la travaillent au siphon. Le résultat ? Une mousse légère, servie dans des verrines, avec de fins croûtons. Le goût de la fondue est bien présent, mais la présentation est disons, radicalement différente ! Autre classique de la montagne revisité : au Chabichou, la tartiflette est devenue gastronomique !

La cuisine proposée par Michel Rochedy et Stéphane Buron est une cuisine montagnarde subtile et créative, qui prend bien souvent des saveurs... méditerranéennes ! Pour le plus grand bonheur du palais. 

« De mon enfance ardéchoise, j'ai hérité d'un attachement à la nature, à ses produits, la proximité avec la terre et la fascination pour les paysans. Ces valeurs et inclinations je les dois à ce terroir si particulier, là où rien n'est donné mais où la patience, la persévérance, l'énergie sont les seules clés pour avancer », nous indique Michel Rochedy.

La cuisine de Michel Rochedy est généreuse. Sa philosophie, c’est d’abord la simplicité et un art de la perfection, « l’envie de donner du bonheur aux gens, sans prétention ». Avec sa cuisine, il entend transmettre son sourire et faire oublier la morosité ambiante. Son inspiration : la tradition, le respect des produits, des saisons et des petits producteurs locaux qui sont partie intégrante de l’expérience culinaire du Chabichou. 

Michel Rochedy a obtenu sa première étoile en 1979, le Chabichou devenant le premier restaurant étoilé de Courchevel. La deuxième étoile arrivera quant à elle en 1984. Au-delà du restaurant gastronomique deux étoiles au Michelin, le Chabichou, c’est également un second restaurant « bistronomique », le Chabotté. Plus moderne et plus décontracté, le bistro a ouvert en 2011 et est quant à lui, couronné de deux toques au Gault Millau. Chaque jour, le Chabotté propose un menu différent avec des produits frais. Même éthique, même rigueur, même sourire et même envie de travailler des bons produits : pour Michel Rochedy, il n’y a pas de bonne cuisine avec de mauvais produits. Il ajoute souvent en plaisantant qu’il a « parfois vu de la mauvaise cuisine avec des bons produits ».

En 2016, c'est entouré d'une nuée de « toques blanches » que Monsieur Rochedy a fêté ses 80 ans. Orchestré par son alter ego, Stéphane Buron, l'événement a rassemblé 80 chefs afin de célébrer l'amitié et la gastronomie.

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