Le Space Suit de Paco Rabanne du Printemps/Eté19

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Depuis 2013 qu’il est à la tête des créations Paco Rabanne, Julien Dossena a habilement redonné sens au patrimoine de la maison. Après avoir travailler les gimmicks iconiques du fondateur dans une veine un brin sporty, voici qu’il embarque la maison sur la route des Indes pour le Printemps/Eté 2019. Par delà l’influence Space Age, Julien Dossena travaille ses silhouettes dans un mash-up d’influences mettant en lumière la sophistication et le mysticisme chers à Paco Rabanne. 

 

La fille de la saison prochaine, Dossena la pense comme  « cette Parisienne, qui s’habille en associant un début de sari, un tee-shirt pop et sa veste de bureau, ou un pantalon thaïlandais et un perfecto. Une silhouette entre les grandes vacances et le retour à la ville. » Pièce phare de ce défilé, le Space Suit se pense dans une multitudes d’identités — la couleur métallique, emblématique de Paco Rabanne, se marie dès lors à une coupe façon maharaja, taillée jacquard ! Le col vient ainsi compléter l’allure par une crevée de minuscules boutons métalliques… Une sophistication tout en cool et contemplation !  

 

La Robe Diaphane Toute en Pierreries de Chloé pour le Printemps/Eté 2019

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« Je voulais que l’interprétation hippie soit assez littérale. » La collection de Natacha Ramsay-Levi capture en effet beaucoup de l’esthétique hippie qui révolutionna les modes de vie et de pensée au siècle dernièr. Pour le Printemps/Eté 2019, les femmes Chloé leur empruntent ces silhouettes libres, légères et éminemment féminines ! Si la maison fondée par Gaby Aghion a toujours cherché à distiller ça et là une allure vaporeuse et doucement sexy, cette fois, la directrice artistique en propose une vison franche et franchement désirable. Pensées pour des femmes nomades bercées des charmes estivaux, les pièces Chloé de la prochaine saison sont taillées pour flotter sous la brise d’Ibiza ou celle de Medea. 

 

« Le mythe de Médée, l’oracle de Delphes… avec un ancrage plus nomade, plus Cappadoce. Nous devons prendre conscience qu’il faut changer la façon dont on vit nos vies. Celle des hippies était une proposition. Tout est lié à une approche plus simpliste, comme prendre un caillou et en faire quelque chose de beau. » La silhouette N°57 ainsi saisit à merveille les propos de Natacha Ramsay-Levi.  Empruntant ses courbes et son halo à la grande prêtresse qu’était Maria Callas dans le film Medea, de 1969, la robe diaphane s’orne ainsi de pierreries comme autant de charmes venant injecter une aura quasi-chamanique à cette pièce follement parfaite.  

 

Une élégance tout en insouciance qui reflète finalement le fantasme Chloé du Printemps/Eté 2019 ! « Je pensais à cette femme qui se soucie de la nature, qui y pioche des souvenirs d’été. […]  La fille Chloé part pour un voyage méditerranéen sous le soleil, les pieds ancrés dans des plaisirs terre-à-terre » détaille Natacha Ramsay-Levi. Une hippie assagie donc qui, dans ses robes flottantes, vit sa vie comme elle la rêve — avec entrain et allégresse… Une sirène au chic bien réel ! 

Le Retour de l’Ensemble Courrèges pour le Printemps/Eté 2019

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La designer allemande Yolanda Zobel présentait à Paris sa toute première interprétation de l’univers Courrèges — pour l’occasion, c’est au coeur du siège historique de la rue François-Ier que s’est tenu le défilé Printemps/Eté 2019. Titré “The Future is Behind you”, la collection proposait en effet une vision inédite pour la maison ; vision qui tient à s’éloigner franchement de l’utilisation du vinyle, donc du plastique. Dans un monde engloutit sous la matière, Yolanda Zobel coupe ainsi les nouvelles pièces Courrèges à même les 6.000 mètres de vinyle encore en stock… 

 

« On ne peut pas lancer quelque chose de nouveau sans dire au revoir au passé. » C’est en cela que la collection recélait de pièces faisant écho aux silhouettes phares du fondateur. Parmi elles, la silhouette n°26 présentait une vision rafraîchie de l’ensemble Courrèges très années 60. Une combinaison d’extérieur célébrant aussi les teintes dragées chères à André Courrèges ! Eternelle jeune fille, la femme Courrèges du Printemps/Eté 2019 regarde vers l’avenir, sans ne rien perdre de sa fraîcheur. 

 

Associant ainsi l’esthétique 60’s au beige intemporel de la maison, Yolanda Zobel parvient à mêler dégaines chic et sage — des silhouettes qui « mêlent les genres, les origines ethniques, les âges. » Toutes « à la fois structurées et inachevées, fluides, féminines mais déterminées et innovantes » les lignes signent ici un retour sincère à l’iconoclasme d’André Courrèges — tout en éco-responsabilité !

Le Chapeau Man Ray de Schiaparelli pour la Collection Story #1

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Au tournant des années 1930, la grande rivale de Coco Chanel faisait de la mode le champs de nombre d’expérimentations. « Travailler avec des artistes comme Bébé Bérard, Jean Cocteau, Salvador Dalí, Vertès, Van Dongen et avec des photographes comme Hoeningen-Huene, Horst, Cecil Beaton et Man Ray a suscité un sentiment de bonheur intense » confiait la couturière italienne. Un bonheur qui se reflète avec adresse dans les pièces clés de son vestiaire.

 

Et voila qu’aujourd’hui la maison qui lui survie initie une nouvelle vision du prêt-a-porter. Intitulée Story #1, celle-ci se veut détachée du cycle de la mode, de ses saisons et de ses tendances. Sous le patronage de Bertrand Guyon, les collections raviveront ainsi tout l’héritage et le travail de la pionnière Schiaparelli. Retraçant ici le patrimoine hautement inspiré de la maison, la collection distille une garde robe éminemment individuelle — d’ailleurs produite en édition limitée, l’idée étant de distiller tout l’esprit d’avant-garde en lieu et place d’une production à grande échelle. 

 

Articulé autour de Man Ray, ce premier chapitre présente donc un dialogue rafraîchi entre l’imaginaire du photographe accolé à des pièces urbaines et franchement féminines. C’est ainsi que l’oeuvre mythique qu’est ‘Larmes de Verre’ de 1932 se trouve à habiller un chapeau Schiaparelli ! Mieux, ainsi transposée sur une pièce désinvolte, l’oeuvre de Man Ray gagne à trouver une nouvelle narration… Imaginée en 1932 pour les besoins d’une publicité, elle déclarait alors : « Madame, pleurez au cinéma, pleurez au théâtre, riez aux larmes, sans crainte pour vos beaux yeux.. » Un slogan qui fusionne à présent avec l’allure hautement sophistiquée du chapeau de la maison… Une icône déjà disponible à la vente !

Le Par-dessus Arty Dries Van Noten pour le Printemps/Ete 2019

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Cela faisait trente ans que la maison fondée par Dries Van Noten jouissait d’une totale indépendance — peu étonnant alors que l’annonce de son rachat par le Groupe Puig, déjà propriétaire de Jean Paul Gaultier et Paco Rabanne, fit l’effet d’une bombe dans l’industrie. C’est peu dire que ce défilé était attendu ! Premier exercice post-indépendance, la collection Printemps/Eté 2019 est apparue comme un énoncé de la maîtrise de Dries Van Noten. Sa mode s’envole vers des expérimentations de textures, de couleurs et d’imprimés toujours plus réjouissantes ! 

 

Dries Van Noten le dit lui même, sa femme «  aime jouer avec les vêtements, manie une gestuelle couture, sans verser dans le rétro, plutôt dans la façon de se tenir, de porter son sac contre elle. Mais, bien sûr, je ne voulais pas utiliser les techniques couture anciennes, d’où le workwear, les tissus techniques, le vinyle, la soie travaillée comme du papier, etc… » 

 

La pièce vedette de ce défilé embrasse toute la philosophie Dries Van Noten pour la saison prochaine — un manteau arty et fluide, où les imprimés s’apposent désormais à gros coups de pinceaux ! Sous la verrière du Palais de Tokyo, son manteau en coton immaculé capture toute la lumière et, c’est dans ses touches de jaune canari, de bleu et d’orange qu’il vient sublimer la femme Van Noten. Une femme resplendissante qui déride ses classiques avec le juste d’audace maximaliste qu’il faut pour ce faire !

 

La Veste Architectonique Mugler du Printemps/Eté 2019

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Depuis 9 mois qu’il est à la tête de la création Mugler, Casey Cadwallader a insufflé une nouvelle direction à la maison, en prenant soin d’y injecter toute la dimension iconique du travail du fondateur.  La ligne ainsi caractérisée par une construction pointue et sur-mesure, une accentuation des courbes féminines jusqu’à en faire une couture du future… La maison Mugler jouit en effet d’un passé riche en innovations et en drapés monumentaux ! Mais l’époque a changé et, c’est dans une veine un brin plus naturelle que Casey Cadwallader coupe désormais les pièces Mugler — moins structurelles mais tout aussi architectoniques. 

 

La veste phare du Printemps/Eté 2019 reprend ainsi le concept hyper couture du fondateur, sans oublier cette façon emblématique de proposer des manches arrondies, et hautement volumineuses ! Les coutures toujours apparentes, la veste architectonique accompagne cette fois un cycliste, pièce vedette de la saison prochaine… Mais, c’est bel et bien cette veste Mugler qui, comme à l’époque, confiera à la belle un sentiment de toute puissance ! 

Le Mors Gucci Imprime la Jupe Vedette du Printemps/Eté 2019

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« Je ne voulais pas aller au Louvre. J’ai choisi un petit théâtre qui était le symbole d’une autre scène qui ne représente pas la grandeur de la France. J’ai choisi un endroit où des choses plus ordinaires se sont produites. Où vous pouviez rencontrer de nouveaux amants et passer des nuits interminables. » Alessandro Michele faisait ainsi défiler sa collection Printemps/Eté 2019 au coeur du mythique Palace — club de tous les possibles. Prince y donna son premier concert Parisien ; Roland Barthes y analysait l’époque ; Yves Saint Laurent y habillait Grace Jones… Cette fois, c’est l’univers Gucci qui prenait d’assaut le club depuis devenu un théâtre — et la collection était à la hauteur de la légende. 

 

Inspirée par l’oeuvre de deux figures phares du théâtre expérimental italien des 70’s, Leo de Berardinis et Perla Peragallo, la collection distillait ainsi l’obsession de Michele pour l’exagération, pour le détournement. Exit les conventions, le directeur artistique de la création Gucci faisait la part belle à une néo-bourgeoise aussi géniale que savante ! Et pour l’habiller, le designer pense une refonte des codes bourgeois. Dans un rouge explosif, la jupe vedette du Printemps/Eté 2019 habille la femme Gucci dans une longueur somme toute très convenue. Mais c’est du mythique mors qu’est recouverte la dite-pièce ! 

 

Le mors incarne la passion pour l’univers équestre d’un certain Guccio, mais aussi et surtout son ambition de recomposer le style à l’italienne. En référençant ici la signature phare du Gucci époque-fondateur, Michele se place dans la droite ligne de son ambition. Le designer aussi recompose la définition de l’élégance, l’essence même du style italien — un style libéré de l’académisme, où les imprimés s’octroient le droit d’adopter le graphisme d’un élément tel que le mors. Et une fois apposé sur une jupe onctueuse, il n’est rien qui peut faire douter de l’élégance d’un imprimé éminemment singulier !  

La Robe Flora Gucci Se Joue du Genre pour le Printemps/Eté 2019

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Depuis novembre 2014 qu’il est à la tête de la création de la maison Gucci, Alessandro Michele n’a cessé de repositionner la maison à l’avant-garde d‘une époque empreinte de pragmatisme. Loin des poncifs d’un Gucci sexy et sulfureux, Michele a su développer une ligne comme une mode toute en exubérance, luxe et résonance avec son époque ! De cette rencontre entre l’ancien et le futur de Gucci, l’actuel directeur artistique présentait cette semaine à Paris une collection Printemps/Eté 2019 chargée d’une vision survoltée de l’héritage florentin. En vedette : la Robe Flora Gucci se joue du genre ! 

 

Oui, peu de designers peuvent se targuer d’initier les questions de société avec autant d’adresse et de talents qu’Alessandro Michele. Ainsi, l’imprimé mythique de la maison Gucci — imprimé imaginé au siècle dernier comme un hymne à la nature féminine de la Princesse Grace Kelly — se retrouve cette fois sur une robe saillante toute en fluidité. Le Flora, motif pareil à une floraison éternelle composé dans un kaléidoscope de couleurs éblouissantes, ne perd rien de sa superbe. Mieux, la nature dans toute son élégance habille cette fois non pas la femme mais l’homme Gucci du Printemps/Eté 2019. 

 

Embrassant ainsi avec un enthousiasme certain la difficulté d’aborder le genre, le designer parvient à éviter l’écueil du grotesque et, avec la maîtrise de son sujet, glisse un homme dans une pièce éminemment désirable. La palette florale multicolore et envoûtante du Flora vient ainsi habiller la silhouette entre tradition et modernité — un geste remarquable qui n’échappa aux stars présentes pour l’occasion. Agnès Varda, Salma Hayek, Jared Leto, Lou Doillon, Clara Luciani, Maurizio Cattelan, Demna Gvasalia et les autres n’ont pas hésité à capturer cet instant tant le geste était fort et réussi. Une féerie certes prosaïque, mais une féérie tout de même ! 

Le monogramme Gucci Habille un Sequin Suit pour le Printemps/Eté 2019

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Après avoir dédié la campagne Pre-Fall aux évènements de Mai 68 ; après avoir littéralement enflammé la ville d’Arles, Alessandro Michele importe cette fois l’univers Gucci au coeur du Palace. Le théâtre, ancien club figurant comme le haut lieu des nuits parisiennes, fut un temps l’endroit où designers, couturiers, artistes, mannequins, chanteurs et autres aficionados de l’hédonisme se retrouvaient, se côtoyaient, collaboraient et parfois même s’aimaient… Cette fois, Alessandro Michele l’a choisi pour clore sa ‘French Trilogy’ — la présentation de la collection Printemps/Eté 2019 fut l’occasion d’une ode à ces nuits où l’impossible devint la norme ! 

 

Sur un suit des plus classiques, l’actuel directeur artistique de Gucci rebrodait ainsi une ribambelle de sequins comme autant d’éléments composant cette tenue très grand soir ! Une allure de fantasque-nanti où le beige et le vert emblématiques de Gucci venaient servir une pièce recouverte du mythique monogramme — ce double G aux initiales du fondateur Guccio Gucci… Un costume hautement désirable que l’on imagine si facilement porté par l’une des stars de plus en plus affiliée à l’univers Gucci, l’acteur Jared Leto ! 

L’iconique Maille Zigzag Missoni, Aérienne pour le Printemps/Eté 2019

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À la nuit tombée, c’est un défilé à la poésie savamment orchestrée qui prenait place sur le toit de la Fiera de Milan — une scène où la pleine lune accompagnait la parade des 65 ans de la maison Missoni. Fondée par Ottavio et Rosita Missoni, c’est à la force de deux machines à tricoter que le couple offre au monde une mode optimiste et infusée d’une imagination tendre et débordante. Griffe absolue de Missoni, les motifs tricotés en zigzag accompagnent bientôt des tricots inventifs et enveloppant le corps d’une grâce bien rare. La semaine passée, Missoni présentait ainsi une collection reflétant les « connexions géoculturelles présentent dans l’atmosphère. » 

 

Une collection comme « un croisement des mondes, comme un croisement de textures. » Composées de façon éthérée, les pièces viennent enrober les femmes Missoni d’une élégance floue et vaporeuse pour le Printemps/Eté 2019. Aérienne, la silhouette n°46 distille le zigzag iconique dans un crochet divinement transparent. Cette femme ne marche pas, elle flotte, elle lévite — le fabuleux tricot Missoni enroule ici le corps d’une légèreté parfaitement soutenable ! 

 

Une texture et un artisanat qui se retrouvent aussi dans des teintes indigo jouant adroitement avec la transparence. La signature Missoni ici tricotée en mailles lâches prouve toute sa pertinence. Celle d’une mode italienne profitant d’une véritable vision insouciante de la vie ! Une pièce facile à porter, autant que le vêtement se doit de l’être ainsi coupé dans des textures époustouflantes ! Missoni, c’est finalement  « un style de vie plus qu’une mode » comme Rosita le décrivait si bien en 1981.