Une Jupe Plissee, Please

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La mode est un éternel recommencement façonné par les obsessions. Un exemple probant, le retour de l’iconique jupe plissée. Pour la saison printemps-été 2012, le plissé perd de sa rigidité et sculpte les silhouettes fluides et limpides. Un style antique chic ! En imprimé rétro et taille haute accompagné d’une veste graphique chez Balenciaga, en version 50’s chez Prada, en cuir bicolore et ceinturé chez Céline ou encore en ensemble plissé grec couleur orange telle une Nerissa du peintre Godward chez Hermès.

Symbole de protection et de fertilité, les plissés sont d’abord utilisés en Egypte Antique afin d’encadrer le corps et de le protéger ainsi des mauvais esprits. Puis le plissé dans la Grèce Antique, c’est la colonne, le phallus, le pilier de la société, la puissance ! L’utilisation du plissé dans le costume n’était donc pas anodine, et de manière systématique, le plissé nous renvoie vers une symbolique ancré depuis l’antiquité.

Rendu iconique dans l’histoire de la mode par Madame Grès en 1935; ses robes plissées et drapées sculptent la femme comme une déesse du Panthéon grec. Une statue qui fige la beauté et les yeux de celui qui la regarde.

The Pucci Dress

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Lui est issu d’une lignée de la noblesse Italienne ; Elle est une fille pauvre de Los-Angeles. Qu’importe, la mode se moque des conventions et n’hésite pas à pulvériser les barrières sociales. Et, celle d’Emilio Pucci infuse une énergie nouvelle à la mode des années 60 : le temps est à la libération du corps de la femme qui se love alors dans des tissus fluides aux couleurs acidulées, aux imprimés pop et graphiques.

Le « prince des imprimés » est couronné lorsque sa création entre en communion avec une Marilyn Monroe captivante. Dans cette robe Pucci à col bateau, couleur menthe à l’eau, le tissu de soie légèrement chiffonné découvre, gentiment, des jambes très blanches et très fines entremêlées dans une pose Pin-up. Mais ici, point de cliché, car lorsque Pucci rencontre Marilyn c’est le fantasme qui s’affranchit dans une élégance détachée.

Elle qui ne cessait de libérer ses formes des carcans du vêtement, habite cette robe avec réserve et délicatesse lors de son voyage à México, au printemps 1962. Six mois plus tard, elle est retrouvée inanimée. Le 8 août de la même année, la femme qui a su éveiller les sens d’hommes, de femmes et la bonne conscience d’êtres pieux, fut inhumée dans cette même robe ; sans tapage mais avec une grâce sans limite, Marilyn repose dans une jeunesse infinie.

Chicissime Eres

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Un magnifique soleil dorlote votre corps étendu sur une plage de la côte d’Azur ; pendant ce temps, vous sirotez, gentiment, un Martini : l’été est bien là. Troquez vos visons pour un des chicissimes maillots de bains Eres, c’est la seule chose qui vous reste à faire.

1968, la créatrice Irène Leroux fonde la Maison Eres, modernisant au passage l’univers balnéaire. Avec des créations simples et épurées, la griffe traduit une certaine élégance à la française. Et, le raffinement de la marque agite la plume des critiques de mode ; Hilary Alexandre a déclaré à ce propos : “Eres font les meilleurs little black swimsuits au monde. [ …] ils sont les Coco Chanel des maillots de bains”.

Aujourd’hui la designer en chef, Valérie de Lafosse, perpétue cette vision atypique d’une élégance classique véhiculée par la Maison Eres: « Pour mes créations, j’aime les couleurs qui sont difficiles à arborer sur la plage. Celles que j’utilise sont quelques peu étranges et inhabituelles ; quelque chose qui est toujours hors-du-commun ». Des maillots de bains extraordinaires qui viennent habiller chaque corps pour en délivrer la star somnolente, telle est la philosophie Eres.

Le Perfecto Balenciaga

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Et si Irving Schott, propriétaire de la maison Schott BROS dans les années 1930, ne fumait pas de Perfectos, quel nom aurait porté cette pièce qui, à l’origine, protégeait les motards et autres baroudeurs de la route ?

Dans les années 70, la pièce est récupérée par les rockers puis devient le fer de lance d’une génération punk à la déroute : le cuir est aussi indestructible que leurs revendications ; le perfecto devient l’expression brute et spontanée d’un espace temps loin des conventions majeures.

Trente ans après ? Les créateurs de mode conventionnels mais non moins imaginatifs s’approprient le perfecto ; Balenciaga en tête qui après la révolution de la ligne tonneau, et le raccourcissement désinvolte de la robe baby-doll, épure le perfecto pour en faire une pièce complète. Certains éléments d’origine, dont les pattes épaules, le zip croisé sur le devant, furent précieusement conservés.

Plus chic, plus féminin et surtout sobre à souhait, le perfecto Balenciaga règne désormais : la planète mode est sous perf’, et depuis cinq ans déjà. Il y a des pièces qui traversent l’histoire, qui traversent les courants, les mouvements, et savent s’adapter et rebondir à chaque déconvenue : quand son côté « mauvais garçon » a lassé les pionniers de la mode, il a suffi de quelques années à Nicolas Ghesquière, directeur artistique de Balenciaga, pour le détourner et en faire l’apanage des femmes en quête de déféminisation. Autant que les muses – Charlotte Gainsbourg et Kate Moss, plus récemment Alexa Chung – furent les instigatrices de ce dérèglement : ou quand l’allure Tomboy vient chahuter les dressing les plus féminisés. Le rock et la mode, l’équation parfaite ; Balenciaga et le cuir, une égalité : la Beaut

Flashback 2012 : La Robe Olympique Par Stella McCartney

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La collection « Summer » 2012 de Stella McCartney prenait des airs de grande répétition pré-olympique. Clin d’œil, peut-être, à sa nomination comme créatrice des athlètes britanniques des olympiades 2012.

Stella McCartney nous a livré une collection résolument sportive mais très chic. La fille des Beatles insuffle un courant d’air frais à l’univers de la mode et nous offre une partition enlevée, avec à la clé, la it-robe de l’été 2012. Une robe inspirée de l’univers de la natation et déclinée en plusieurs modèles (version asymétrique ou tee-shirt), imprimés (pois ou croix) et couleurs (bleue, rouge ou verte). Les maîtres mots derrière cette création: youthful casual-chic, “a real celebration of energy… and fitness », précise la créatrice.

Les icônes les plus glamours ont adopté la fameuse robe imprimée. De Nicole Kidman à Gwyneth Paltrow en passant par Sienna Miller, Chloé Moretz ou encore Helena Christen, toutes s’affichaient avec.

La Magie Hypnotique De Paco Rabanne !

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 Ce sera Lydia Maurer qui succédera à Manish Arora à la direction artistique du prêt-à-porter de Paco Rabanne.

D’origine germano-colombienne, elle est diplômée du studio Berçot à Paris. Passée par Yves Saint Laurent puis par Givenchy, la jeune styliste de 29 ans déclare au Fashion Daily News : « Le challenge sera de faire cohabiter l’esprit architectural et avant-gardiste des créations d’origine avec un véritable vestiaire, pertinent en 2012. Apporter de la chaleur, de la légèreté, de la souplesse à un style qui n’était pas nécessairement destiné à la vente, tout en recréant la magie hypnotique qui caractérise à mes yeux le style Paco Rabanne ».

Magie hypnotique! Du coup, les images défilent et on ne peut s’empêcher de penser au génie si singulier de Paco Rabanne. Ses pièces mythiques qui ont marqué à tout jamais l’histoire de la mode: la mythique robe de métal, le non moins mythique sac 69. Un bel héritage. A vivre, à toucher et porter. Rendez-vous en Octobre pour la collection printemps-été 2013.

Le Tailleur Bar de Christian Dior

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Bienvenue dans le monde de Christian Dior, où la femme est une fleur quand sa taille est en guêpe. Cet amoureux de l’élégance présente sa première collection en février 1947, au lendemain de la seconde guerre mondiale. L’image de la femme-soldat d’usine est alors à occulter. Pour se faire, Dior mise sur la superposition des carrures ; tailles fines, métamorphosant la femme en une liane, juxtaposées à des jupes si larges qu’elles achèvent la transformation : une corolle, comme symbole des multiples facettes d’une féminité nouvellement libérée. Le tailleur est né. Emerveillée, nombreuses sont les élégantes à s’être précipitée vers cette nouvelle signature en T que Dior a enfantée. Une conception radicalement avant-gardiste qui a inspiré à Carmel Snow, rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, le terme de « New look » pour qualifier ces nouvelles jupes de 40 mètres de tissus qui découvrent les jambes jusqu’à 30cm au-dessus du sol.

Tandis que la sphère mode s’incline devant ce talent déjà confirmé, l’opinion s’insurge, en pleine période de restriction : les ménagères de la rue Lepic entrent en furie quand elles voient les premières robes New look, allant jusqu’à empoigner les corsages et atomiser les toilettes. Jamais une mode n’avait déclenché un pareil mouvement, entre scandale et envie. Pourtant, le style luxueux et ostentatoire du tailleur-bar n’est lié qu’au savoir faire si singulier de Christian Dior qui se servit de tissu de toile de parachute, alors en soie. L’originalité du style Dior est donc totale : les silhouettes qu’ils proposent diffusent un nouveau volume, symbole d’opulence et de liberté quand l’uniforme de la parisienne d’après-guerre voue un culte à la poitrine plate et aux jupes courtes.