L’Hypnotic Poison Eau Secrète de Dior

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« Il est de forts parfums pour qui toute matière est poreuse. On dirait qu’ils pénètrent le verre. » On pourrait penser que c’est à la manière de Charles Baudelaire dans son poème « Le Flacon », que Christian Dior imagine Poison, l’élixir de la Maison Dior par excellence. Comme si l’arôme des fleurs et l’odeur des épices l’avaient ensorcelé, Christian Dior, créateur et couturier, rendant possible l’imaginaire et l’imaginé, se laisse porter par le monde des notes de coeur, de tête et de fond. 1985 marque l’année de son plongeon dans l’univers olfactif si complexe. Par le parfumeur Edouard Fléchier, Poison est un parfum fait d’audace et d’épices.

 C’est, dans les années 80, l’essence même de l’audace, si bien que dans certains restaurants new-yorkais, il était tout autant interdit de fumer que de porter ce fameux poison vous collant à la peau. Alfred de Musset précisait jadis « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse » ; ce n’est pas l’avis de Christian Dior qui créera un flacon unique et singulier qui laisse, une fois de plus, place à diverses interprétations. Serait-ce la pomme empoisonnée du mythe de Blanche Neige ou la Pomme du récit de la Genèse ? Volonté de tentation, désir de séduction et soif d’évasion font du Poison de Dior un élixir délicat et sophistiqué.

Le succès de ce parfum est tel, que Christian Dior le décline. Sur les nouveaux flacons on peut désormais lire, Tendre Poison en 1994, Hypnotic Poison en 1998, Pure Poison en 2004, Midnight Poison en 2007. Imaginés par François Demachy, nez de la Maison Dior et créateur des Escales (Escale à Portofino, Escale à Pondichéry et Escale aux Marquises) de Dior Parfums depuis 2006, les différents Poisons deviennent, au delà du parfum, de véritables ambiances de romans noirs, de récits romantiques ou d’histoires fantastiques. Christian Dior entretient cette atmosphère mystérieuse et envoûtante qui règne autour de ses créations. Vêtue d’une robe de Cendrillon couleur saphir, Eva Green au regard perçant et aux lèvres rouge sang, deviendra l’égérie de Christian Dior pour Midnight Poison en 2007. Plus récemment, c’est l’actrice Mélanie Laurent qui incarne l’égérie, cette fois-ci pour Hypnotic Poison.

Ce dernier connaît depuis janvier 2013 une légère variation. Hypnotic Poison se décline en Hypnotic Poison Eau Secrète, un subtil mélange de fleurs et de fruits, entre jasmin et agrumes, qui lui confère une fraîcheur orientale prononcée, mais toujours aussi mystérieuse. La vanille voluptueuse reste omniprésente, signature olfactive de la ligne. Loin de l’idée de vouloir créer des paradis artificiels, Christian Dior a voulu composer des parfums bijoux, pouvant être perçus et portés comme de véritables pièces de Haute Couture. Révélant le caractère émotionnel presque impertinent de celles qui ne jurent que par le Poison, Christian Dior, le Couturier a gagné son pari de Parfumeur.

Coco Noir de Chanel

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Après Coco, et Coco Mademoiselle, Chanel apporte un souffle d’antan avec son dernier parfum, Coco Noir.

Classique mais mystérieuse, la nouvelle création olfactive de la marque au double C intrigue. D’abord par son flacon qui reprend la forme iconique du parfum Coco mais  qui  arbore pour la première fois de la couleur. Finie la transparence, la mythique petite bouteille de verre sobre, nette et dépouillée s’orne d’un laqué noir encore jamais vu. En customisant le flacon, le directeur artistique de la maison réussit le pari de faire de la fiole un véritable faire valoir de la fragrance et non un contenant conventionnel.

Pari réussi également pour le célèbre nez Polges qui associe aux notes de tête de bergamote, pamplemousse et orange, un élégant et riche bouquet de jasmin et géranium. Mais ce qui fait toute la mysticité de Coco Noir est sans doute ses notes de fèves de Tonka qui donne à sa fragrance un coté velouté et gourmand.

Le parfum inspiré du passé et de Venise, ville byzantine visitée par Gabrielle Chanel après la mort de son amant Boy Capel, prône un certain esprit résolument sombre et baroque. Une orientation qui a plu à Jacques Polges qui révèle « La vision nocturne de l’Orient qui commence et se termine à Venise s’est imposée à moi, et c’est là que je voulais aller ». Certaines femmes disent que leur parfum influe sur leur façon de marcher, leur regard, leur port de tête. Nul doute que la femme qui portera cette fragrance opulente se révèlera aussi énigmatique qu’envoûtante.

Le Voile de Parfum de l’Iconique J’adore

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Nez de Dior depuis 2006, François Demachy réinterprète avec subtilité et finesse la fragrance iconique de la maison, le parfum Dior J’adore.

François Demachy, maître parfumeur de la Maison qui a « toujours en tête une femme, source d’inspiration inépuisable » lorsqu’il crée, signe avec J’adore Voile de Parfum, un nouveau trésor olfactif. J’adore Voile de Parfum est la nouvelle interprétation de la composition du parfum Dior J’adore, « J’adore devient un voile de parfum qui laisse son empreinte sensuelle avec infiniment de délicatesse. »

Cette fragrance qui révèle douceur et féminité est une véritable invitation à redécouvrir l’art de se parfumer. En une vaporisation on se retrouve agréablement enveloppé d’une brume florale poudrée et musquée qui vient subtilement se déposer pour un effet seconde peau très sensuel. La Rose Damascena ou Rose de Damas cultivée en Turquie et en Bulgarie constitue la note de tête suave et sucrée. Le précieux Iris de Toscane a été choisi pour la note de cœur et les muscs blancs en note de fond viennent compléter de leur densité poudrée cette pyramide olfactive pour révéler une composition florale inédite et d’une extrême élégance.

Le flacon est resté fidèle à lui-même, l’amphore lumineuse et son collier doré sont resplendissants. Le parfum Dior J’adore a fêté ses 10 ans de succès en 2009, il a réussi le pari de devenir en une décennie, une fragrance iconique.

 

Chanel N°5 : En Attendant Brad Pitt

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Une nouvelle fois, Chanel interpelle. « Pour la première fois, un homme s’exprimera sur le plus féminin… et légendaire des parfums » ; après Audrey Tautou, le N°5 est, cette fois, humé par Brad Pitt.

Car qui mieux que l’homme qui, maintes et maintes fois, avec ivresse et gourmandise, peut s’allier à l’effluve d’une femme, retrouvant aisément dans le présent un passé restauré ? Oui, la première impression que l’homme a d’une femme réside dans les particules de parfum et, lorsque cette senteur est le N°5 de Chanel, il semble que l’amour ne dure pas ; il perdure. Ici, Brad Pitt intervient : le nouvel ambassadeur sait être drôle, envoûtant profond, aimant, amant ; autant que ce N°5, déjà célébré par Warhol dans ses sérigraphies. Bref, la maison Chanel lui confie, le temps d’un spot publicitaire, un créneau de quelques secondes pour l’entendre conter une confidence.

C’est au parfum, dernier témoin de l’écriture féminine, que l’acteur semble, au second abord, se révéler. L’histoire défilera sur tous vos écrans le 15 Octobre à 19h. Une fois encore, le N°5, parfum de toutes les premières fois, bouscule les conventions, inspire, et, sans tapage, risque de faire des adeptes.

Arpège de Jeanne Lanvin

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Une mère, une fille, une fragrance ainsi qu’un arpège pour figer en l’éternité l’âge de raison. Trente ans, segment de la vie où la malice se dissipe sous les premiers faits de la femme : la délicatesse d’une nouvelle fleur éclose ; ainsi Jeanne Lanvin loue son amour à Marie-Blanche, dite Marguerite, sa fille, pour ses trente premières années.

Nous sommes en 1927. Un an plus tôt fût attribué à Jeanne Lanvin la légion d’honneur, elle qui a dû travailler dès sa treizième année à l’atelier d’une chapelière Rue Faubourg-Saint-Honoré, voit son travail récompensé. De là naît l’envie d’avancer, de faire autre chose, de faire plus : créer une nouvelle fleur à la senteur ignorée. Ce qu’elle désire : surpasser la Nature elle même à travers une fragrance d’exception.

Elle charge André Fraysse et Paul Vacher de lui faire humer « la perfection ». Soixante essences florales dont l’iris, le jasmin, la rose et la néroli forment les premières notes. Elles sont combinées à l’aldéhydé, le tout couché sur un lit d’ambre et de vanille. Et, lorsque Marguerite, passionnée de musique s’exclame en le découvrant « On dirait un arpège. » La légende est née. passionnée de musique s’exclama en le découvrant

Arpège est une explosion succesive de senteurs. Colette, amie de Jeanne, le juge « impeccable de modernité » quant à Louise de Vilmorin, elle l’érige en « un parfum musical qui murmure une chanson heureuse, un luxe raffiné, un miracle d’élégance. »

Sous les traits du décorateur et architecte français Armand-Albert Rateau, la fragrance prend le visage d’une boule noire cachetée d’un dessin léger aux lignes ambrées où l’amour filial prend sens. Une mère, une fille et l’aube d’une caresse – l’emblème de la maison. Pour sceller le tout, un bouchon à godrons doré à l’or fin.

First de Van Cleef & Arpels

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Claude Saujet voulait un « parfum (…) qui sente comme un joyau » ; Jean-Claude Ellena lui composa le « dernier des classiques ». C’est ainsi que First, premier des jus joailliers, fit son entrée en 1976.

Ellena, actuel nez de la maison Hermès, met au monde le nectar olfactif qui, comme le souhaitait Pierre Arpels, constitue l’élément ultime de la parure féminine, invisible et envoûtante. Voguant sur la fougue raisonnée de ses trente ans, Jean-Claude Ellena travaille instinctivement, et emprunte au N°5 les stimulantes aldéhydes qui, soutenues par la jacinthe, confèrent à la senteur le sillage de l’opulente complexité du parfum à la Française, identifiable déjà en l’Arpège de Lanvin. Mais le talent du nez le pousse à l’originalité : il marie un bourgeon de cassis avec la mandarine, les accrochant, au milieu de 200 autres fleurs, au narcisse. La florale jasminée, sur fond d’ambre et de santal, marque la peau nue d’un vernis cristallin. Chose curieuse à noter dans la conception de la fragrance, les hommes se mirent en tête de donner un but précis à celle-ci : résister à une entière nuit d’amour…

C’est d’un parfum noble et sophistiqué dont Jacques Llorente dessine l’écrin. Il s’inspire du pendant d’oreille de la maison Van Cleef & Arpels – les Valenciennes – pour créer les rondes et voluptueuses courbes de la bouteille, puis clôt le tout d’un bouchon lui-même enserré d’un anneau d’éclat d’or précieux ; comme pour mimer la complexion de l’effluve à la femme.

First ou le dernier parfum fait de manière traditionnelle. Il repose exclusivement sur une cristallisation de la dimension mythique du glamour intemporel et du précieux Van Cleef & Arpels. Et cela lui a suffi. Bien entendu qu’il habille des millions de femmes sur la planète ; bien entendu que Jean-Claude Ellena aimerait « que les parfums ne soient pas portés, parce [qu’il] les voit comme des œuvres artistiques » et que, comme tout « écrivain d’odeurs », voir un travail créé dans l’intimité, recelant de secrets, exposé aux narines du monde entier, a de quoi empourprer.

Florabotanica de Balenciaga

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 Florabotanica, dernier opuscule olfactif de la griffe Balenciaga ; ultime parfum de l\’ère Ghesquière.

C’est une œuvre botanique, non seulement un essai de senteur ; c’est une création d’olfaction quasi-expérimentale entrée dans la réalité physique par la biais de l’imaginaire d’un Nicolas Ghesquière habité d’un classicisme authentique où la science-fiction côtoie, dans un trouble aérien, la mode. Une atmosphère contemporaine et romanesque sert d’écrin à ce parfum, ceignant le souvenir d’une collection imaginée en 2008, toute de fleurs magnétiques. Et c’est cette effective émanation visuelle qu’ont tenté de capter les parfumeurs Jean Christophe Hérault et Olivier Polge autour d’une rose hybride baptisée « rose expérimentale ».

Ils nous livrent une interprétation libre de l’extrait floral mais qui, dans un premier mouvement, s’aborde comme un masculin : la note poussée de Vétiver, l’ambre, la feuille de caladium assume l’accord de rose mêlée à la menthe et à l’œillet. Une effluve mystérieuse comme toute histoire de séduction avec les femmes. Bref, une émanation qui charme, une campagne publicitaire qui interroge : un flacon aux faux airs de tube testeur assiégé d’une myriade de plantes grimpantes aux couleurs toutes plus vives et acidulées ; se tenant en jonc, la fille Balenciaga, solitaire et frondeuse, fascine sous les traits de Kristen Stewart, de face, sans sourire. En une phrase : Florabotanica, la chimie de la rose, l’alchimie juvénile.